Lors d’une rencontre de l’Organisation mondiale du commerce à Genève, Gianni Infantino, président de la Fifa, a prévenu : il est possible que l’Europe ne puisse pas regarder la Coupe du monde féminine de football. La raison ? Les offres pour acheter les droits de diffusion seraient, selon lui, « ridiculement basses ».
Un manque de respect à l’égard du sport féminin
Le dirigeant sportif n’a pas hésité à épingler la France, l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie. Il dénonce des offres extrêmement faibles par rapport à ce qui est proposé habituellement pour le sport masculin, évoquant « un véritable affront pour les excellentes joueuses de la Coupe du monde de football et pour les femmes du monde entier ».
Sur Instagram, Gianni Infantino est revenu sur le détail de cet écart. Il affirme avoir reçu des propositions allant de 1 million à 10 millions de dollars pour les droits de diffusion, contre des offres de 100 à 200 millions habituellement pour la coupe du monde masculine, comme l’expliquent nos confrères du Guardian. L’Italie aurait formulé l’offre la plus basse.
Pour être très clair, c’est notre obligation morale et légale de ne pas brader la Coupe du monde féminine de football […] C’est pourquoi, si les offres continuent d’être aussi injustes, nous seront contraints de ne pas retransmettre les matchs dans ces 5 grandes puissances européennes […] Les chiffres d’audience de la Coupe du monde féminine de football représentent 50-60 % des chiffres de la Coupe du monde masculine (qui est l’événement le plus diffusé de la Fifa). Pourtant, les offres des diffuseurs dans ces 5 pays pour le mondial féminin sont 20 à 100 fois inférieures à celles du mondial masculin .»
Gianni Infantino, relayé dans le Guardian
Si l’Europe s’est défendue en expliquant qu’avec le décalage horaire, les matchs seraient diffusés en heures creuses, ce qui générerait forcément moins d’audiences, Infantino a jugé cette explication non recevable, rappelant que de nombreux matchs commenceront sur les coups de 9 ou 10 heures du matin.
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Vers une meilleure visibilité des sports féminins à la télé française ?
En France, seulement 5 % de l’ensemble des retransmissions sportives à la télévision française sont consacrées au sport féminin. La ministre des Sports, Amélie Ouéda-Castéra avait d’ailleurs réuni une commission début mars, évoquant notamment des pistes de solution pour remédier à ce déséquilibre aberrant.
Un « décret sur les événements d’importance majeure », visant à protéger ces programmes avec une diffusion en clair, garantissant l’accès gratuit au plus grand nombre de téléspectateurs, serait par ailleurs en discussion depuis quelques mois. Dans les colonnes du Parisien, la ministre en vantait déjà les mérites quelques mois plus tôt : « Il renforcera la protection des matchs des équipes françaises féminines de football et rugby, et celle du Tour de France féminin ». Ce décret, qui doit encore passer par les instances européennes, sera censément effectif à l’automne 2023… juste après le mondial.
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