Tout semble pouvoir être matière à complexe. Un nez trop gros, trop petit, trop en trompette ou trop corbeau. La peau. Les poils. La forme de son corps, celle de ses seins et même de ses tétons.
Je ne ferai pas la maligne, j’ai moi-même été la première à détester certaines parties de mon corps. Mais un jour, j’ai décidé de faire un travail pour en finir avec toute cette haine que je m’infligeais à moi-même. J’étais mon pire ennemi.
Sur le chemin vers l’acceptation de soi, j’ai compris tout un tas de leçons. Car rien n’est simple quand son cerveau nous persuade qu’une partie de notre corps est horrible.
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Le « défaut » physique ne fait pas le complexe
Adolescente, je disais à qui le voulait qu’un jour, je ferai refaire mon nez. Je le trouvais énorme et moche. J’utilisais des logiciels de retouche d’image pour le retravailler avant de poster des photos sur mon blog.
En grandissant, j’ai finis par comprendre que mon nez n’était non seulement pas moche, mais en plus pas particulièrement gros. C’était juste une obsession qui avait grandi de nulle part. À force, je ne voyais plus que mon nez, mon regard le déformais… Alors que mes ami•es me juraient qu’il était tout ce qu’il y a de plus normal.
À côté, de nombreuses personnes m’ont fait des remarques sur les cicatrices qu’a causé mon eczéma. Que voulez-vous, je n’ai jamais été gênée par cela, je m’en suis toute ma vie foutue royalement.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas « d’échelle » du complexe. J’ai croisé des personnes tout à fait à l’aise dans un physique qui ne correspondait pas forcément aux normes de beauté. J’en ai croisé d’autres détestant leur corps de mannequin.
Ce n’est pas parce que moi, je ne vois que mon complexe, que les autres ne voient que ça
Je sais que moi-même et beaucoup de mes ami•es avons tendance à croire que tout le monde voit l’affreux bouton qui a poussé cette nuit sur notre front.
Dans les faits, la triste réalité est que l’énorme majorité des gens que je croise ne l’ont pas remarqué. Ou si des personnes l’ont remarqué, elles n’en ont probablement rien à battre.
Anouk, 18 ans, se dé-taguant sur Facebook de cette photo à cause « du gros bouton d’acné apparent » (en revanche, rien à tamponner des cheveux qui collent au front ¯\_(ツ)_/¯)
Au fil des années, force est de constater que ce que je voyais comme un ÉNORME DÉFAUT était invisible au commun des mortels. Ouais, la leçon serait plutôt finalement que je ne suis pas le centre de l’univers, tout ne tourne pas autour de moi.
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On se sent bien mieux quand on arrête de vouloir se comparer
J’ai longtemps regardé en détail les parties du corps des autres sur lesquelles je complexais chez moi. C’était maladif. Et ça n’était pas une réussite.
Je trouvais du réconfort dans le fait de voir d’autres personnes partager ce que je voyais comme des défauts… Mais je considérais comme un coup de couteau chaque personne que je trouvais plus belle. Une trahison.
Je trouvais ça fou que cette amie trouve qu’elle avait quelques kilos en trop alors que la seule chose que je voyais était sa peau vierge de bouton et son petit nez mignon.
D’une manière générale, je faisais du mal à moi-même, mais aussi aux autres. D’un côté, il n’y a pas à se comparer car deux corps sont de toute manière différents et beaux à leur manière. De l’autre, je restais focalisée sur mes problèmes, devenant sourde à ceux des autres.
J’ai vraiment ressenti un soulagement le jour où j’ai décidé consciemment d’arrêter de faire ça.
La vie ne devient pas forcément plus simple une fois la raison du complexe disparue
J’ai eu un temps un appareil dentaire que j’ai accusé de tous les maux. Je me disais qu’on me considérait comme une gamine à-cause-de-lui, et personne ne voulait sortir avec moi parce que j’étais moche à-cause-de-lui. Et je me disais que tout irait mieux le jour où on me l’enlèverait.
Anouk, 16 ans, ne montrant que la gencive sur les photos pour qu’on ne voit surtout pas l’appareil dentaire
Sauf que quand ce jour est arrivé, il n’y a pas eu de miracle. Je n’ai pas soudainement été considérée comme une adulte indépendante et responsable, et je n’ai pas pécho du jour au lendemain.
Car le problème en l’occurence n’était pas ce détail physique (que d’ailleurs beaucoup ne remarquaient même pas), mais plutôt ce que j’étais.
Ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde, mais dans le miens, c’était vachement plus simple d’accuser ce défaut que mon comportement, mon attitude ou même mon look. Et autant vous dire que ça n’a pas été une partie de plaisir de m’en rendre compte.
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C’est possible de ne pas avoir de complexes
À force de parler sans cesse de complexes, on oublie parfois qu’une vie sans complexe est elle aussi possible. Et oui, je le dis sans tomber dans un côté niais ou bisounours : on peut tout à être à l’aise avec l’ensemble de son apparence.
Ce n’est pas forcément évident, mais c’est possible. Et c’est primordial de savoir que c’est possible.
Je ne suis pas tous les jours ravie de ce que je suis, et parfois, il arrive que je me trouve un peu bof. Mais je ne me déteste plus. En général, je me trouve même plutôt bonasse, et ça fait BEAUCOUP de bien !
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Les Commentaires
C'est pas seulement parce que le miroir inverse l'image. Je crois aussi que c'est parce que on est surtout habitués de se voir de face, du coup une photo de côté ou en biais nous révèle un point de vue de notre visage un peu "étrange" donc voilà... (C'est comme détester sa voix quand tu l'entends en enregistrement pour les premières fois.)
Sinon, faut aussi considérer que les caméras capturent les micro expressions, choses que nous ne pouvons pas voir à l'oeil (il me semble) donc encore on est pas habitués. Sinon, bah le fait que la caméra puisse juste prendre la photo avant que t'aies fait ton sourire, ou qu'il commence à baisser, que tu clignes des yeux... bref. Pleins de trucs qui arriveront pas devant un miroir.