Entre violence, surréalisme et sidération, l’extrait vidéo de la fameuse scène a fait le tour de la toile depuis le 10 juin dernier. Une caméra de vidéosurveillance a capturé l’incident qui s’est produit il y a trois jours à 2h40 : on y observe trois femmes dînant tranquillement dans un restaurant de Tangshan, dans la province du Hubei. Tout à coup, un homme s’approche des deux femmes et commence à caresser le dos de l’une d’entre elles sans son consentement. Cette dernière tente alors de le repousser, mais le prédateur sexuel ne se laisse pas faire et la frappe très violemment au visage.
Une explosion de violences gratuites contre des femmes
« En l’espace de quelques secondes, l’incident provoque une explosion de violences. »
Ces mots signent le triste constat du site d’information indépendant rapportant les tendances sociales en Chine, What’s on Weibo. En effet, rapidement, les amies de la victime essaient tant bien que mal de prendre sa défense. En vain. Plusieurs hommes présents dans le restaurant viennent alors à la rescousse… de l’agresseur ! Tous se mettent à frapper les trois femmes. Jet de chaise, coups de pied, bouteille de bière fracassée sur la tête de l’une d’entre elles… Les trois femmes sont molestées de longues minutes et cela ne s’arrête pas là.
D’après des extraits vidéos relayés par Zhang Zhulin, journaliste spécialiste de la Chine, sur son compte Twitter, l’agression des trois femmes a continué à l’extérieur du restaurant. Une d’entre elles auraient même été molestée par son propre compagnon, comme l’observe le média What’s on Weibo :
« La femme reçoit des coups de pieds dans la tête, est rouée de coups et traînée par les cheveux à plusieurs reprises, attaquée par au moins trois hommes. Lorsqu’une troisième femme tente de l’arrêter, elle est frappée à la tête par un homme qui semble être son propre conjoint. »
9 hommes arrêtés et deux femmes hospitalisées
Puis la bagarre dérape totalement : alors qu’un des hommes présents dans l’assemblée parait défendre la victime, celui-ci se met, sans raison apparente, à la frapper violemment dans un second temps. What’s on Weibo parle d’une « confusion extrême » qui règne durant l’incident tout en constatant ensuite que « le niveau de violence révoltant de cette attaque a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux vendredi et samedi. »
Selon un article du Global Times, quotidien chinois anglophone, neuf hommes suspects auraient été arrêtés à la suite de cette agression. Deux femmes auraient été hospitalisées à cause de leurs blessures. Mais leur pronostic vital ne serait pas engagé. Deux autres femmes souffrent quant-à-elle de blessures plus légères.
Toujours d’après le Global Times, les réactions des internautes sur cette séquence de violences gratuites et extrêmes ont été abondantes :
« De nombreux internautes se sont demandé comment il était possible que des femmes innocentes soient aussi violemment attaquées par des hommes et pourquoi si peu de personnes ont tenté de s’interposer pour stopper ces hommes et prendre la défense des femmes. »
Chine, pays de l’omerta sur les violences faites aux femmes
Cette séquence vidéo a relancé le débat sur le harcèlement sexuel, les violences sexistes ou encore conjugales dont sont victimes les femmes chinoises. Des sujets délibérément tus par la dictature communiste de Xi Jinping. Pour le journal britannique The Guardian, la population chinoise tente tant bien que mal de mettre en lumière ces graves problématiques sociétales :
« [La Chine] Un pays où le droit des femmes est un sujet de plus en plus abordé ces dernières années, malgré la pression exercée par une société patriarcale, la censure sur internet et une législation lacunaire en la matière. »
Pour appuyer ses propos, le quotidien britannique cite l’affaire Xiao Meili. Rappelez-vous, l’année dernière, cette célèbre figure féministe chinoise avait été agressée par un homme dans un restaurant. Celui-ci lui avait jeté un liquide brûlant au visage alors qu’elle lui avait simplement demandé d’arrêter de fumer.
Rappelez-vous aussi qu’en 2018, la censure chinoise avait une nouvelle fois frappé en bloquant tous les mots-clés liés au mouvement MeToo alors que de nombreuses femmes accusaient des professeurs d’universités de harcèlement sexuel… Au pays du communisme, l’omerta sur les violences faites aux femmes, malheureusement, semble continuer de rayonner.
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Image en Une : © Madmoizelle
Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est victime de violences conjugales, ou si vous voulez tout simplement vous informer davantage sur le sujet :
- Le 3919 et le site gouvernemental Arrêtons les violences
- Notre article pratique Mon copain m’a frappée : comment réagir, que faire quand on est victime de violences dans son couple ?
- L’association En avant toute(s) et son tchat d’aide disponible sur Comment on s’aime ?
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