Lektion des Tages (leçon du jour) : Comment pé-cho de l’Allemand?

15 mars 2012 |  by

La Cible

 

Trailer américain : Ce récit est tiré de faits réels seuls les noms ont été changés. Ils ont été vécus par moi même ainsi que quelques amies françaises ou étrangères vivant au pays de Goethe.

Voilà maintenant quelques mois que tu es en Allemagne et tu souhaiterais te trouver un compagnon teuton pour te réchauffer au pied de la cheminée pendant les longues soirées d’hiver (en regardant Inspecteur Derrick)? Voici donc pour toi une petie leçon de drague à l’allemande.

Bon soyons claires, soyons directes : l’Allemand ne drague pas.

Alors le beau Hans, avec ses cheveux blonds, sa carrure d’athlète, ses yeux bleus (vive les stéréotypes) et sa dentition digne d’un mannequin de pub Colgate, tu peux l’oublier si tu mets pas un peu les mains dans le cambouis. J’ai débarqué dans un pays où les hommes ne draguent pas, où les hommes ne font pas le premier pas (sauf si on considère qu’un premier pas peut éventuellement se faire au bout de 6 mois), où les hommes ont (un peu) peur des femmes je crois, un pays où le flirt du quotidien est inexistant, où la séduction n’est pas inscrite dans le patrimoine génétique de nos voisins d’outre Rhin….

Donc les sourires au coin à la cafeteria ou les petits regards furtifs mais tout de même suffisamment prolongés qui te donnent le signal « ouaaaai vas-y y a moyen là j’pense» tu peux oublier + faire  définitivement une croix là dessus.

Guten Tag Ich bin Hans

Je ne vais pas m’étendre sur le pourquoi du comment de la quasi-inexistence du flirt chez nos amis germains, mais en tout cas, si côté Français nous avons l’image de l’Allemand un peu coincé en relation sociale, côté Allemand les Français(es) ont une image bien plus sulfureuse …..voire olé olé.  Alors peut être est-ce la raison pour laquelle l’Allemand attend de nous, petites Françaises, que l’on fasse le premier pas?

Comme le disent les Allemands pour justifier leur incapacité à flirter «Liebe braucht Zeit» (qu’on pourrait traduire litteralement par «l’Amour a besoin de temps»)…. et apparament, le temps ils en ont … et BEAUCOUP.

Bon, il faut déjà se dire qu’en Allemagne dès le départ tu pars avec un sérieux handicap d’ordre culturel. En effet, lorsque tu débarques quelque part (dans une soirée par exemple) et que tu ne connais pas les personnes qu’on te présente, tu ne tapes pas la bise aux gens comme ça pour leur dire bonjour et briser un peu la glace (dans notre cas parlons plutôt d’iceberg). ACH QUE NEIN. En Germany, la première fois que tu rencontres quelqu’un, tu lui serres la main (oui, un peu comme lorsque tu rencontres pour la première fois ton patron potentiel lors de ton entretien d’embauche) …. et peu importe son âge, si c’est une fille, un garçon, si c’est en milieu professionnel ou dans une soirée SM : La loi stipule le serrage de main.

Règle de vie n°1 : Le serrage de main est valable pour environ 3 ou 4 fois. A partir de la 4ème fois (si t’es sympa) on te proposera un hug. Quant à la bise  (le signe suprême d’intimité) il faut compter peut être au bout de ….. dix voire 15 fois. (j’exagère à peine). Je ne vais pas vous raconter le jour où (première fois de ma vie que je débarque en Allemagne) je tape la bise à tooooute la famille de ma correspondante allemande dès la descente d’avion….

Donc voilà, désormais Hans et toi ne vous vous serrez plus la main, mais êtes passés au cap du hug (voire bise, wow respect). Mais comme cela fait maintenant trois mois qu’il ne se passe absolument RIEN (ah si, une fois Hans t’a filé les 20 centimes qu’il te manquait pour un café au distributeur de la salle de pause), tu décides de mettre un peu ta fierté de côté, de prendre les devants et prends ton courage à deux mains pour inviter Hans à boire un verre.

Le rendez vous est pris quelques jours plus tard. Ô joie.

Bon alors je te rembarre tout de suite. Si toi aussi tu réfléchis 48 heures en avance (72 heures chez moi) à la tenue parfaite pour ton premier date, si toi aussi tu consultes toutes tes copines et ta soeur pour avoir leur avis pour savoir si ta tenue (ton investissement du mois qui t’obligera à manger des pâtes jusqu’à la fin du mois, rappelons le) rend mieux avec les cheveux nouées ou lâchées (oui, tout de suite les questions existentielles se posent), tout ceci ne sert STRICTEMENT A RIEN pour un premier rendez-vous si tu espères que le bellâtre te couvre de regards enflammés des yeux de l’amooouuuur.

Le compliment sur la tenue (ou sur tes chaussures) que tu auras mis trois siècles et demi à trouver ne viendra pas. Pas la peine d’attendre.

(Mais au moins Hans, étant Allemand, ne sera pas en retard d’une seule petite minute. + 50 points)

Je te rassure, Hans n’est pas un goujat, non, Hans n’ose simplement pas montrer que tu lui plais par peur de se faire rembarrer. Même si, je le rappelle, tu as multiplié les signaux depuis 3 mois (regards appuyés limite psychopathes, sourires à la Cameron Diaz … j’avoue chez moi le résultat est pas terrible, ça fait un peu niaise).

…..

Voilà, tu y es, le rendez-vous se passe à merveille…. Enfin le seul truc c’est que en deux heures il n’y a eu de son côté encore AUCUN signal du genre «tu me plais, ne soyons pas que de simples potes» alors que toi de ton côté tu multiplies les signes encore et encore presque désespérément (rires cristallins aux blagues allemandes que tu ne comprends pas trop, phrases ambigues ou sous entendus … qui feront de gros bides). Vous échangez des banalités («oui, oui moi aussi j’aime beaucoup ce gardien de but qui évolue en Ligue 1»  ?????), et du coup t’as plus l’impression de dîner avec ton pote qu’avec un amant potentiel. (Sauf qu’avec ton pote tu te serais pas donné tout ce mal pour trouver des fringues adéquates et tu checkerais pas régulièrement pour savoir si tu as de la salade coincée entre les dents. Ma hantise.)

Le rendez-vous se termine le serveur (ou la serveuse) tend l’addition et demande : «zusammen oder getrennt?» (vous payez «ensemble ou séparément?») … parce que oui, en Allemagne, même si parfois vous êtes en couple depuis 54 mois, il arrive que vous payiez encore séparément. (véridique).

 

Là, on distingue trois schémas classiques :

1. Hans t’invite  = c’est dans la poche. JACKPOT.

2. Hans ne t’invite pas = cela ne veut pas dire forcément que c’est mort (Hans a besoin de temps et ne veut pas montrer tout de suite que tu lui plais beaucoup parce qu’il a peur que ce ne soit pas réciproque et cela malgré les 982 signaux que tu lui as envoyés au cours de la soirée je le re-re-re-re-re-rappelle)

3. Hans te laisse payer = Hans te laisse payer.

 

ça y est, la soirée touche à sa fin et tu tentes l’approche ultime sur le chemin pendant qu’il te raccompagne ….

Toi : «Il fait froid brrrr….» (en montrant de manière ostentatoire tes épaules frêles et dénudées)

Le bel Hans : «Oui, les nuits sont fraîches ici, mais à partir de la semaine prochain, ils annoncent des hausses de températures»

Toi : …….

Conclusion?

Tu te dis que tu vas finir seule dans ce pays à passer des soirées en solitaire devant Gute Zeit Schlechte Zeit (le «Plus belle la Vie» allemand) mais que au moins t’auras plus besoin d’investir dans des fringues hors de prix.

MAIS NON !

Hans te rappellera, et vous enchainerez plusieurs rendez vous sans que rien ne se passe. Et un jour …. Hans se lançera. (Sauf si tu le devances parce que tu en as marre de manger des pâtes pour payer tes fringues.)

Hans se pose des questions sur l'Amour en coupant du bois

Bon d’accord, j’ai été mauvaise langue je l’avoue. Il y a bien une situation particulière où l’Allemand osera te draguer : quand il a quelques verres dans le nez. Ca leur donne du courage.

à partir de ce constat deux options s’offrent à toi :

• faire boire ta proie (la bière : leur talon d’Achille)

• attendre …. longtemps

Je me suis longtemps demandée pourquoi nos amis allemands avaient un niveau assez catastrophique en matière de séduction (oui, une petite généralisation pour conclure le billet, t’as vu). Je pense que cette attitude provient de la culture du risque 0. Les Allemands sont généralement très prévoyants et ont  souvent tendance à faire en sorte d’éviter les imprévus (d’où les fameux stéréotypes de l’Allemand psycho-rigide, ponctuel, organisé etc.)  Or le flirt est une prise de risque, on ne sait jamais trop où l’on va, on se jette un peu dans le vide, rien n’est sûr ou acquis, il y a ce risque constant de l’échec  …. Ce sentiment d’incertitude et « d’insécurité » est généralement peu apprécié dans l’esprit teuton, où il est souvent préférable de privilégier la prévoyance face à l’imprévu …. ce qui, au final, est assez incompatible avec « l’art de la séduction ».

J’espère ne pas trop avoir découragé les potentielles candidates à l’expatriation outre-Rhin.

 

En tout cas, une fois l’affaire conclue avec notre cible et les premières étapes d’une relation amoureuse franchie,  le quotidien franco-allemand avec le bel Hans est parfois ….. mouvementé.

Suite au prochain épisode.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Belgique : au commencement…

8 octobre 2011 |  by

Lorsqu’un ami de longue date m’a un jour proposé de loger chez lui pendant une semaine, histoire de découvrir son merveilleux plat pays, tout un tas de stéréotypes me sont venus à l’esprit.
Si je vous dis « Belgique », Madmoizelles françaises, vous me répondrez sans doute : absence totale de gouvernement, gaufres, accent bizarre, Tintin, chocolat et blagues nulles.
C’est avec ce bagage culturel de mauvais goût que j’ai pris le Thalys, direction Bruxelles, pour un étrange dépaysement.
Petite précision : je ne suis restée que quelques heures dans la capitale, puisque j’ai passé une bonne partie de mon voyage dans les Ardennes belges (un charmant coin très couru, surtout durant 1914-1918 et 1939-1945…).

Attention, du second degré et des blagues un peu nazes se dissimulent dans cet article. Saurez-vous tout retrouver ? Lire la suite

Mon stage dans la mode à Los Angeles partie 2: Girls, girls, girls

29 juillet 2011 |  by

Dès ma première soirée je suis mise dans l’ambiance. Nadia l’ancienne coloc dont je prends la chambre, Lauren l’actuelle coloc américaine et Cécile sont là, autour de la table de la cuisine à parler de cul. Je ne suis pas dans Sex and the City mais bien dans The L World. Nadia et Cécile sont Lesbiennes. Elles parlent de leurs copines du moment et comment elles arrivent à leurs donner 10 orgasmes de suite. Je suis hallucinée mais pas choquée. Je me dis que c’est peut être ça avoir 30 ans et être célibataire. Parler de sexe crument avec ses copines, sans aucun malaise autour d’un bon vin. Ou alors c’est peut être ça les États-Unis. Moi qui avais une image coincée d’eux.

Ma première soirée gay à Los Angeles n’allait pas s’arrêter là !

« Le vendredi soir, c’est Truck Stop », me lance Cécile tout sourire.

C’est quoi ? Une sorte de repère pour motard ? Lire la suite

Mon stage dans la mode à Los Angeles, partie 1

17 juillet 2011 |  by

Partie 1 : préparation et arrivée à Los Angeles

 

En avril 2010, j’ai eu la chance de pouvoir partir 6 mois faire un stage dans un showroom à Los Angeles.

Pour ceux qui ne le savent pas, la majorité des célébrités ne s’habille pas seule, et elles ont des stylistes pour les conseiller lors de leurs apparitions publiques, sur les tapis rouges…et parfois les faire devenir des icônes de mode comme Rachel Zoé avec Nicole Richie.
Donc ce showroom dans lequel je travaillais, sert à faire le lien entre les créateurs, les stylistes, les célébrités, et les journalistes mode.

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Londres et ses rencontres, par Cakewalk

10 juillet 2011 |  by

« Si je devais résumer mon voyage avec vous aujourd’hui, j’dirais que c’est d’abord des rencontres. »

Bien que Londres, ce ne soit pas que ça.

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Je vis en ex-RDA (mais je me soigne), partie 2

3 juillet 2011 |  by

À lire avant celle-ci : la première partie de ce récit

Les frais d’inscription du master que je souhaitais effectuer s’élevaient à 7500€ pour un an. N’étant (malheureusement) pas une héritière fortunéee, je renonçais donc la mort dans l’âme à continuer mon cursus universitaire à Berlin et déposais d’autres candidatures dans les villes aux alentours.

C’est ainsi que je me suis installée à Magdebourg, une ville située à 1h30 de Berlin. Autant le dire franchement, en débarquant dans cette ancienne ville industrielle de l’ex Allemagne de l’Est j’ai détesté à peu près tout. Il faut s’imaginer une ville typique de l’ex RDA de 250 000 habitants qui, aux premiers abords paraît froide, austère et sans aucune âme, des grandes avenues vides sans charme, une population vieillissante pas vraiment chaleureuse, le brunch du dimanche servi dans les cafés/restaurants de 11h à 14h (WTF???), et le PIRE DU PIRE, des commerces qui ferment le samedi dès 14h. Au bout de 3 jours je regrettais déjà ma décision et je voulais regagner la mère patrie par le premier avion.

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Berlin : Je vis en ex-RDA (mais je me soigne) partie 1

16 juin 2011 |  by

Tout a commencé il y a 5 ans, j’avais 17 ans et j’étais une lycéenne lambda dans une ville paisible de la région parisienne. Notre classe d’Allemand avait organisé un voyage de cinq jours à Berlin/Dresde, en partenariat avec une classe de lycéens berlinois histoire de renforcer les liens franco-allemands.

Pour une raison qui m’est aujourd’hui encore inconnue, j’ai eu un coup de foudre pour ce pays et en particulier pour Berlin. C’était désormais clair (et catégorique) dans ma tête : il fallait absolument que je retourne là bas pour y vivre au moins un an. Et quand j’ai une idée en tête, elle se transforme généralement en obsession…

Mais pour ce projet, pour mon «German dream» (j’avoue, ça sonne carrément moins sexy) j’ai dû prendre mon mal en patience… car ce n’est en effet que trois ans plus tard, lors de ma 3ème année de Licence, que j’ai eu l’occasion de réaliser ce «rêve» grâce au programme Erasmus.

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Just married, version béninoise

13 juin 2011 |  by

En ces temps où les mariages semblent fleurir tels des marguerites sous le soleil printanier, je vais te raconter comment se passe un mariage béninois, ou plus précisément un mariage religieux catholique dans l’ethnie otammari que l’on trouve dans la région de l’Atacora, au Nord du Bénin.

Une telle précision n’a pas ici pour but de faire étalage de mes connaissances anthropo-géographiques, dignes du meilleur article de Wikipédia, mais simplement de mettre en contexte mon histoire. En effet, la géographie et l’ethnie ont énormément d’importance dans les us et coutumes béninois. Chaque ethnie a ses particularités. Ce que je vais te raconter ici n’aura peut-être aucune commune mesure avec ce qu’une autre personne aura vécu dans une autre région du Bénin ou au cœur d’une autre ethnie. Lire la suite

L’Australie par Alinoë, 2ème partie

7 juin 2011 |  by

Ayant effectué nos 3 mois de travail, S. et moi avons finalement repris la route, au volant de notre bolide, notre bien-aimé Toyota Land Cruiser, âgé de 25 ans.

Notre première étape est marquée par notre passage sur le célèbre Tanami Road : 1000 km de terre rouge reliant Halls Creek à Alice Springs, traversant le désert portant le même nom que la piste. Lire la suite

Madrid : les bars favoris de Tiwelle

3 juin 2011 |  by

J’ai vécu trois ans au total à Madrid. Cette ville qui n’a pas l’air, vue de l’extérieur, de dégager un sex appeal atomique, vaut pourtant le voyage. J’habite maintenant à Barcelone, et à chaque fois j’entends « et c’est quoi ce que tu préfères, Madrid, ou Barcelone? ». Cette question n’appelle bien sûr que les rivalités, et je préfère ne pas me jeter dans la gueule du loup en répondant catégoriquement. Je me contente de dresser les points positifs et négatifs de chaque ville, et c’est ce que je vais faire ici.

J’ai passé un an à Madrid en Erasmus, un an en stage et un an travaillant. Trois moments de la vie, trois visions différentes du panorama urbain.

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