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Ma première fois : le Wrestlemania Revenge Tour à Strasbourg

5 juin 2010 |  by  |  Sports de combat

Un char entier de chippendales jouant des maracas en sortant de la douche n’aurait pas suffit à me consoler si j’avais raté ça une seconde fois. Oui, les catcheurs de la WWE reviennent au Zénith de Strasbourg!
Septembre 2009, je suis installée devant mon ordinateur, fébrile, occupée à rafraichir inlassablement la page fnac.com jusqu’à ce que les « golden tickets » soient enfin mis en vente. Fébrile je le resterais jusqu’à ce fameux 14 avril 2010. Je suis excitée comme une puce, j’ai peur…Avec la boule au ventre des fans de Lady Gaga qui ont peur d’avoir payé trop cher leur billet pour un truc qui ne sera pas à la hauteur de leurs espérances les plus folles.

Mon précieux!

Le jour J, c’est vêtue de mon t-shirt « Batista » que je pars à l’assaut du Zénith ( que certains appellent « lampe d’Aladin » moi, il me fait penser à une cannette en alu écrasée). Un peu honteuse, Batista ayant fait un heel turn, ne risque-je pas le lynchage par tous les fans « marks » de John Cena? Quelques pas sur le parking et la rencontre d’autres spectateurs viennent à bout de mes craintes : ce soir le t-shirt kitschouille est de mise, peu importe la superstar qui y figure!

Les shows actuels de la WWE se targuent d’être un divertissement familial avant tout. C’est donc sans surprise que l’on croise des gamins heureux comme des rois accompagnés de leur géniteur tout aussi heureux. Parmi la faune catchesque, il faut mentionner aussi l’adolescent chevelu qui se balade ostensiblement pour que les autres, envieux sans nul doute, puissent admirer sa fausse ceinture de championnat autour de la taille. Il y a aussi tout une floppée de 20-35 ans qui ont suivi avec assiduité le catch du temps où Canal + en diffusait et plus récemment ceux qui ont découvert le catch sur NT1 avec la télévision numérique. Sans compter tous les sosies de John Cena arborant la panoplie complète de leur champion préféré : casquette et manchettes bleues ET t-shirt orange. Une explosion visuelle à te donner une crise d’épilepsie! Mais mon spécimen préféré reste le beauf! J’avoue, j’appréhendais de me retrouver cernée de relous-premier-degré. Finalement je n’en ai rencontré qu’un, et pas des moindres! Mais j’y reviendrai plus loin.

Revenons d’abord à ce qui nous amène en ces lieux. Une fois entrée, ce qui me saute aux yeux c’est l’immensité de la salle par rapport au ring qui semble minuscule en comparaison. Et pas d’écrans géants de part et d’autre pour ceux qui seraient tout en haut dans les gradins. Alors ok, ce n’est peut-être qu’un house show (« show de catch qui n’est pas télévisé ni enregistré » dixit Wikipedia), mais tout de même une fédération comme la WWE aurait eu les moyens d’en faire installer, non?

20h30 : le show commence à l’heure, réglés comme une horloge ces américains!

Justin Roberts, le ring announcer officiel de RAW entre en scène le premier, chauffe le public qui n’a pas besoin de grand chose pour s’enflammer. Et c’est parti pour le premier combat : Evan Bourne contre Chavo Guerrero. Petite déception, je m’attendais à ce que les catcheurs entrent en scène en grande pompe avec feu d’artifice, comme on les voit à la télé, mais en fait non.
Je me rend compte dès ce premier affrontement de l’interactivité entre les superstars et le public, très vite je me retrouve moi-même à hurler comme une furie pour encourager mon favori ou à conspuer le heel de service. Certains brandissent même des pancartes « You suck », « My duck is more awesome than the Miz », « Cena rules». L’ambiance générale bien qu’impressionnante est tout de même bon enfant et les blagues sont potaches. Pour en revenir au beauf, c’était bien le seul à hurler à contretemps « Chavoooooooooo » d’une voix se voulant sans doute féminine alors que personne d’autre dans la salle ne l’encourageait. Ses autres « encouragements » consistaient à brailler « Vache qui rit », « Banania » ou « Tequila » sans qu’on sache pourquoi. Je vous laisse imaginer le tableau. Et il était à côté de nous. VDM.

Tiens d’ailleurs, quand tu es spectateur d’une rencontre de catch il faut t’attendre à t’en prendre plein la tronche. Que ce soit la québécoise Maryse qui s’adresse au public strasbourgeois en disant « Bonsoir Paris », puis enchaînant en certifiant que « les français ne se brossent pas les dents et ne se rasent pas les jambes » ou encore Batista qui fait le guignol en imitant Cena et en se moquant des fans affichant la panoplie complète, il vaut mieux venir avec une bonne dose d’humour.

Les rencontres s’enchaînent, chacune avec ses moments marquants. Christian a mis le feu aux poudres et a démontré dans un match contre Dos Caras Jr qu’il n’était pas Captain Charisma pour des quetches. La rencontre éclair entre Chris Masters (Monsieur-je-fais-sautiller-mes-pectoraux) et Hornswoggle a apporté de la fraîcheur en même temps qu’une certaine rupture dans l’enchainement des matches. Le combat entre Maryse et Eve Torres était « arbitré » par la diva Kelly Kelly qui était plutôt là pour montrer son popotin musclé aux quatre coins du ring. RAW nous a gratifié d’un match triple menace des plus réjouissants opposant Ted DiBiase, Kofi Kingston et The Miz (qui a fait l’effort de parler en français!). Mark Henry, qui semble aussi grand que large, a failli faire exploser la tête du guerrier celte Sheamus en se laissant tomber dessus lourdement mais ça n’a pas empêché le heel le moins U.V.isé de la WWE de gagner.

La pression va crescendo au fur et à mesure jusqu’à l’ultime affrontement. Un tag team match (match par équipe) opposant Big Show et Batista à Randy Orton et John Cena! Le public est en délire, la tension à son comble. Il faut dire qu’ayant été les pires ennemis jusqu’à très récemment les cocos sont loin de faire une équipe convaincante.

Randy va t-il se retourner contre son coéquipier en plein match? John lui fait-il vraiment confiance?

Mystère, mystère.

La cloche retentit pour la dernière fois de la soirée. Le main event commence. Pendant que Batista prend des poses de statue grecque, Big Show et Cena se tiennent face à face. Ils sont près l’un de l’autre, très très près. On pourra croire qu’ils vont s’embrasser, et ils ont même l’air de se retenir de rire! Le match débute doucement, Batista fait son lâche en sortant du ring pour gagner du temps, puis le rythme s’accélère lorsque Randy-les-belles-cuisses (et je ne parle pas de ses fesses!) entre en jeu. Chacun nous montrent ses plus belles prises, Cena nous fait le coup du « You can’t see me » et Randy (qui fait bien la tête de psychopathe) nous fait la vipère en colère, portant par ci par là quelques RKO. La tension est à son apogée, on sent la fin toute proche et c’est…évidemment là que les gamins de devant ont innocemment brandi leur pancarte alors que tout se passait au sol GNNNNNPPPFFF!

Au final, c’est l’équipe Orton/Cena qui remporte le combat. Après s’être jaugés l’un l’autre du regard, ils finissent par se prendre par la main et lever les poings au ciel en signe de victoire. Qu’est-ce que c’est mignon! Les vaincus partent discrètement tandis que les vainqueurs saluent les fans fous de joie. Happy end, tout est bien qui finit bien.

Bonus : Randy-les-belles-fesses!

De la fesse ferme, du cuissot galbé, des muscles soigneusement huilés, j’étais venue pour voir ça bien sûr, ne nous voilons pas la face, mais j’étais loin de me douter que j’allais rire autant. Tout le monde joue le jeu : les catcheurs, le ring announcer, les spectateurs petits et grands. C’est extraordinaire! Chacun y trouve son compte et prend son pied. J’y retournerai, c’est sûr. Rendez-vous en novembre au Galaxie d’Amnéville?

Petit Précis de Catchologie

14 mai 2010 |  by  |  Sports de combat

Cela pourrait se présenter comme un test dans un magazine : êtes-vous smart ou mark? Rien à voir avec la voiture ou l’ancienne monnaie allemande comme on pourrait le croire d’un premier abord. C’est bien de catch qu’il s’agit. Le catch, cet univers impitoyable où le vocabulaire spécifique est aussi riche qu’un manuel d’architecture.

Un mark, dans le langage du fan, est une personne qui pense que les matchs sont réels et non écrits. A l’inverse, un smart (et nul doute que nous autres madmoizelles le sommes) est malin, il sait que le catch est un sport-spectacle où les lutteurs sont autant comédiens que sportifs de haut-niveau.

Comme dans toute pièce de théâtre, nous avons des protagonistes, souvent des clichés ambulants comme nous allons le constater mais il est nécessaire de bien situer qui est qui.

Typologie des personnages

Dans le catch comme au pays de Candy, il y a les méchants et les gentils. Et là, si tu veux te la péter en société, prends des notes jeune padawan.

Crédit : Bob Levey/WireImage

LE FACE

Le Face, ou baby-face, c’est un peu le gendre idéal, celui que ta maman rêve de te voir épouser. Beau gosse, courageux, loyal. Il pourrait être le héros d’un conte de fée moderne. Il est en communion avec son public qui lui pardonne ses éventuels gestes d’humeur.Voilà pour les grandes lignes, mais le Face a de multiples facettes.

Le Patriote, toujours prêt à servir son pays et à saluer le drapeau : John Cena, Hulk Hogan

Le Rebelle, c’est un face apprécié dans son genre mais perso je m’en méfierai : Randy Orton après son récent face-turn

Le Super Fort, rien ni personne ne peut en venir à bout, il est imbattable (ou presque) : Mark Henry, Undertaker, Big Show

L’original, toujours en décalage avec ses adversaires, ses apparitions apportent une certaine légèreté au spectacle : Hornswoggle, Santino Marella

LE HEEL

A l’inverse du face, il méprise le public et n’hésite pas à l’insulter. Fourbe et tricheur, il ne respecte ni les règles, ni les autres catcheurs. Le Heel est prêt à tout pour gagner une ceinture de championnat et le fait savoir. Il est souvent arrogant et égocentrique à l’instar de Chris Jericho ou de Drew McIntyre.

Cependant on trouve aussi des « méchants » populaires, notamment lors d’un récent heel-turn (quand un face devient soudainement heel). Exemple : L’attaque de Rey Mysterio par son ami de toujours Batista marque le heel-turn de ce dernier.

LE JOBBER

Pour mettre en valeur les superstars du catch, il est courant de faire appel à des faire-valoir, appelés jobbers. A nouveau sous les feux de la rampe aujourd’hui, le catcheur MVP a eu une période où il perdait systématiquement ces matchs. Hé oui quand on est engagé par la plus grande fédération américaine, il faut se préparer à endosser tous les rôles.

LE MANAGER

Certains catcheurs font leur entrée sur le ring accompagné d’un autre type de faire-valoir en la personne de leur manager. Le Great Khali, qui comme tu t’en doutes est très grand (2,23 m pour 190 kilos), fait son entrée avec Ranjin Singh qui s’agite tel un moucheron autour du Punjabi Playboy (je me demande où ils ont cherché ce surnom) créant ainsi un contraste de taille (*joke inside*).

Ici une entrée mémorable de l’Undertaker avec son manager de l’époque Paul Bearer lors de Wrestlemania XX

Tu noteras que pour les grands shows de ce type -Wrestlemania, c’est un peu notre 14 juillet à nous-, les entrées sont davantage soignées : silhouettes encapuchonnées, retraite aux flambeaux, chant grégorien, commentateur hystérique (mais ça c’est une constante en fait).

Cela dit s’il y a bien un chose à remarquer, c’est à quel point la WWE sait mettre en valeur ses poulains.

Outre le fait d’être face ou heel, chacun a son « gimmick », son truc qui le définit et qui permet une identification immédiate. Autour de ce gimmick viennent se greffer musique, lumières, voire feux d’artifices qui sont autant de briques servant la construction du personnage et sa crédibilité. Dans la vidéo ci-dessus, le gimmick de l’Undertaker est celui d’un défunt croque-mort revenu parmi les vivants doté de pouvoirs surnaturels. Une fois arrivé sur le ring, il ôte son chapeau à larges bords en révulsant les yeux et tirant la langue. A chaque fois que je le vois, je me dis que ce mec a dû jouer le rôle de la gamine dans l’Exorciste dans une autre vie.

Parmi les gimmicks notables, évoquons aussi John Cena le Marine, Batista l’Animal, R-Truth le rappeur ou encore Beth Phoenix la Glamazon.

Dans le catch, tout a son importance, cela va du costume jusqu’à la manière de filmer les superstars. Chaque détail est imaginé par l’équipe créative connue sous le nom de bookers. C’est dans leurs esprits plus ou moins farfelus que naissent les histoires qui nous sont racontées chaque semaine dans le ring.

Petit bonus pour te faire une idée

En mode Catcheuz : différentes façons de finir un match

6 mai 2010 |  by  |  Sports de combat

A moins de vivre recluse dans un âshram, tu n’as pas pu y échapper. En faisant les courses à Auchan, en allant acheter ton magazine préféré chez le buraliste, peut-être même ton petit frère t’a t-il déjà lessivé les oreilles avec sa nouvelle lubie. En vérité je vous le dis mes biens chères soeurs, les catcheurs sont les nouveaux Dieux du Ring. Même les Experts : Las Vegas en sont gagas, pas moins de deux références au catch dans les deux épisodes inédits de dimanche soir. C’est dire.

Toutefois, outre un tsunami marketing digne de Dora l’exploratrice, le catch c’est un sport avec des règles, c’est du sérieux.

Cette discipline, qui relève tout autant du sport que du spectacle, souffre de pas mal d’a priori.

« C’est trop violent », « ces mecs z’ont tout dans les muscles et rien dans la caboche », « c’est vulgaire », j’en passe et des meilleures.

Ces clichés, je les avais moi aussi. Jusqu’à ce vendredi soir fatidique où ma mère m’a appelée parce qu’un match passait on ze tivi. Je traîne des pieds, je râle pour la forme, le catch c’est violent et bon pour les beaufs. Mais je suis curieuse, je regarde donc. En 10 minutes, je suis conquise.

Je découvre d’abord que le catch ne s’apparente pas tant à la boxe qu’à la lutte. Mike Tyson peut remballer ses gants. Ok, il y a aussi un ring mais là s’arrêtent les similitudes. Ensuite, comme dans tout sport, il y a des règles du jeu à respecter et différentes façons de terminer un match.

Mettons-nous d’abord dans la peau de catcheuses professionnelles.

Photo: Bob Levey/WireImage

Le tombé

Après une série de prises destinées à affaiblir ton adversaire, tu tentes le tombé, c’est la méthode la plus commune pour remporter un match. Une fois au sol, tu dois lui river les épaules au sol et si elle ne se dégage pas quand l’arbitre a compté jusqu’à trois, c’est la victoire! S’il n’y avait qu’une chose à retenir sur les règles du jeu, c’est bien celle-ci.

La prise de soumission

Si ta concurrente est coriace, je te conseille alors de lui porter une prise de soumission. Ma préférée, c’est le Boston Crab qui consiste à attraper les jambes de son adversaire, le faire tourner sur le ventre et enfin s’asseoir sur son dos.

Chris Jericho portant son Boston Crab appelé ici « Walls of Jericho »

Dans ce cas, l’autre catcheur n’a pas beaucoup d’options : soit il parvient à attraper ou à toucher la corde du ring avec la main ou le pied, dans lequel cas tu dois le lâcher immédiatement, soit il abandonne en tapant le ring de sa main.

Le Count out ou décompte extérieur

Un match peut aussi prendre fin de cette manière : il peut arriver que ton adversaire se retrouve à l’extérieur du ring un peu trop longtemps, soit parce que tu l’as fais voltiger par dessus la troisième corde, soit parce que c’est une fourbe qui cherche à gagner du temps ou à préserver sa ceinture de championnat. L’arbitre se met alors à compter jusqu’à dix. Si elle ne remonte pas, à toi la victoire. Mais le rythme du combat y perd. A toi de choisir si tu entres dans ce jeu ou si tu vas la chercher pour lui botter les fesses comme il se doit sur le ring.

La disqualification

Il arrive aussi qu’une rencontre se termine de bien curieuse façon. En cas de non-respect des mises en garde de l’arbitre, d’intervention d’un troisième larron, d’utilisation d’une prise interdite ou même d’un objet – chaise, table, poubelle, ou la grande copine de Triple H quand il est très en colère j’ai nommé la massue- le match prend fin aussitôt.

Et toi, le catch ça te parle? Suis-tu assidûment les émissions de catch comme certains regardent les Feux de l’Amour? Aimerais-tu découvrir ce sport, voire le pratiquer?