Les mondes du cinéma et du sport qui sont, à première vue bien différents, comportent en réalité beaucoup de points communs : des acteurs et des performances, bonnes ou mauvaises, du spectacle, un public, de la concentration, des gestes ou des mots justes, du travail en équipe, de la compétition, de l’argent et j’en passe. Certaines d’entre vous (bouuuh les mauvaises langues, je vous entends hein !) n’hésiteront pas à rappeler que certains sportifs ont très probablement étudié l’Actors Studio pour feinter aussi bien l’effroyable attentat d’un tacle inexistant. (La première qui s’élève, le doigt en l’air, pour dénoncer Cristiano Ronaldo sera immédiatement renvoyée de l’établissement.)
Il arrive parfois que ces deux domaines se donnent rendez-vous pour travailler ensemble. Si quelques athlètes sont passés sur le grand écran (Vincent Moscato, Eric Cantona, Lino Ventura, Johnny Weissmuller ou Arnold Schwarzenegger) certains cinéastes ont consacré des œuvres à ce milieu qui attire et passionne tant. D’ailleurs, sachez que le tout premier film « sportif » se nomme « Course en sacs » et fut réalisé par les frères Lumière en 1895.
Petit coup d’œil sur différents films qui ont choisi le sport comme cadre diégétique.
Looking for Eric, Ken Loach, 2009, UK, FR, IT, BE (football)
Eric Bishop, postier à Manchester, traverse une mauvaise passe. Ses beaux fils trainent dans les magouilles, sa fille l’accable de reproches et sa vie sentimentale est un désert. Sur les murs de sa chambre, sur papier glacé, Cantona semble l’observer d’un œil malicieux. Un soir, Bishop s’adresse à son poster dans l’espoir d’obtenir de l’aide. Que ferait à sa place le plus grand joueur de Manchester United ? Bishop en est persuadé, le King Cantona peut l’aider à reprendre sa vie en mains…
> Une fois de plus, Loach associe parfaitement drame, drôlerie et fantaisie. Cantona n’est pas le comédien au jeu le plus sobre, mais on l’aime quand même.
Raging Bull, Martin Scorsese, 1980, USA (boxe)
Issu d’un milieu modeste, Jack La Motta, fut le héros de combats mythiques, notamment contre Robinson et Cerdan. Autodestructeur, paranoïaque, déchiré entre le désir du salut personnel et la damnation, il termine son existence, bouffi, en tant que gérant de boîte de nuit. Quand l’ascension et le déclin d’une vie deviennent épopée…
> « You fucked my wife ? » Ahhh Robert. Bob. Bobby. De Niro au top de l’Actors Studio dans ce long-métrage en noir et blanc inspiré par la vie du vrai Jack La Motta.
Billy Elliott, Stephen Daldry, 2000, UK (danse)
Dans un petit village minier du Nord-Est de l’Angleterre, Billy, onze ans, découvre qu’un cours de danse classique est donné dans les mêmes locaux que son cours de boxe. Une passion va bientôt naitre chez l’adolescent. Afin de réaliser son rêve, l’adolescent, soutenu par Mme Wilkinson, va devoir affronter les regards de son père et de son frère, mineurs en grève, pour qui la danse manque bien trop de virilité.
> Qui n’a jamais voulu avoir Billy Elliott pour ami ? On a toutes eu envie de danser dans les ruelles anglaises avec Jamie Bell. Un film drôle, dur et émouvant. Du vrai cinéma anglais, dans la lignée d’un Ken Loach.
Le vélo de Ghislain Lambert, Philippe Harel, 2000, FR, BE (cyclisme)
Au milieu des années 70, Ghislain Lambert, né le même jour qu’Eddy Merckx avec huit minutes d’écart, est un coureur cycliste belge dont l’ambition est de devenir un champion. Il parvient à intégrer une grande équipe mais comme porteur d’eau. Déterminé dans son rêve de victoire et de gloire sportive, Ghislain Lambert attend patiemment son tour.
> Un joli film sur les rapports humains dans le milieu sportif. Poelvoorde, souvent au top, y est pour beaucoup. Les fans de cyclisme apprécieront l’hommage rendu à leur sport.
The Wrestler, Darren Aronofsky, 2008, USA (catch)
Randy Robinson, dit The Ram, était une star du catch. Aujourd’hui, il se produit dans les maisons de quartier, et est incapable d’entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l’adoration de ses fans. Après avoir été foudroyé par une crise cardiaque durant un match, il doit abandonner cette passion qui pourrait lui être fatale. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et entame une liaison avec une strip-teaseuse. Mais son goût du spectacle et son amour pour le catch vont reprendre le dessus et le propulser de nouveau sur le ring.
> Mickey Rourke est effrayant. Mais même avec une telle tronche, c’est difficile de ne pas s’attacher à ce Randy. En plus de découvrir un sport, on découvre de beaux personnages.
La plus belle victoire, Richard Loncraine, 2003, USA (tennis)
Excellent joueur de tennis, Peter Colt fut classé au 11e rang mondial. Aujourd’hui il n’est plus que 119eet s’est reconverti en prof de sport pour femmes mûres et oisives. C’est alors qu’on lui offre la possibilité de disputer son dernier tournoi de Wimbledon. Lizzie Bradbury est la nouvelle étoile montante du tennis mondial et s’apprête à participer à son premier Wimbledon. Lorsque Peter débarque sur les courts, il n’a plus franchement envie de prendre sa retraite. Il remporte son premier match, et s’éprend de Lizzie…
> On est bien loin d’avoir là le meilleur film du mois, mais cette jolie romance étonne par son cadre inhabituel. Les filles, adeptes de tennis et ayant les hormones fragiles (comme moi quoi), ne pourront pas rester de marbre devant Paul Bettany une raquette à la main.
Million Dollar Baby, Clint Eastwood, 2004, USA (boxe)Rejeté depuis longtemps par sa fille, Frankie Dunn, vieil entraineur de boxe vit dans un désert affectif en évitant toute relation. Un jour, Maggie Fitzgerald, 31 ans, pousse la porte de son gymnase à la recherche d’un coach. Son objectif : remonter sur le ring afin de concrétiser le rêve d’une vie. Après avoir refusé à maintes reprises, Frankie se laisse convaincre par la détermination sans borne de la jeune femme. Une relation mouvementée mais intense se noue alors entre les deux personnages.
> « Bouleversant » doit surement être le qualificatif le plus utilisé pour parler de ce film. Le trio Eastwood-Swank-Freeman est simplement épatant.
Rasta Rocket, Jon Turteltaub, 1994, USA (bobsleigh)
Eliminé pour sa participation à l’épreuve du 100m lors des jeux de Séoul, le jamaïquain Derice Bannock se jure quoi qu’il arrive de représenter fièrement son pays lors d’une compétition Olympique. L’histoire d’un rêve fou de quatre jamaïquains qui ont juré de lever le drapeau de leur pays dans une discipline qui leur est complètement inconnue : le bobsleigh. Avec le soutien de leur coach, Irving Blitzer, les quatre athlètes n’ont plus que 6 mois pour être près à affronter la ville glaciale de Calgary.
> Inspiré d’une histoire vraie, mais très largement romancée, Rasta Rocket mêle habilement répliques cultes et émotions à travers ses personnages attachants.
Joue-la comme Beckham, Gurinder Chadha, 2002 USA, UK, DE (football)
Jess Bhamra, jeune fille d’origine indienne, vit avec sa famille en Angleterre. Ses parents aimeraient la voir finir ses études et faire un beau mariage dans le respect des traditions. Mais la demoiselle ne rêve que de ballon rond. Comme son idole, David Beckham, elle passe le plus clair de son temps à jouer au football. Lorsqu’une jeune Anglaise, Jules, l’invite à prendre place dans une équipe féminine, c’est le début d’une belle amitié et d’une grande aventure.
> Une chouette comédie sociale, comme seuls les britanniques savent nous proposer. Le film évite les clichés, ce qui est assez remarquable lorsqu’on traite d’un sujet comme le sport et les femmes, qui plus est dans une communauté bien spécifique.
Miracle, Gavin O’Connor, 2004, USA (hockey sur glace)
En 1960, Herb Brooks, joueur de hockey, connait une cuisante défaite contre les Soviétiques. Vingt ans plus tard, il est nommé entraîneur de l’équipe des États-Unis quelques mois seulement avant les JO de Lake Placid. Obsédé par l’idée de vaincre ces champions arrogants, il met sur pied une équipe de jeunes joueurs aguerris et très motivés. Contre toute attente, les Américains remportent une éclatante victoire contre les Soviétiques. Deux jours plus tard, les États-Unis battent la Finlande et obtiennent la médaille d’or.
>Inspiré d’une histoire vraie, le film retrace la fabuleuse aventure de cette équipe qui a marqué l’histoire du hockey. Sa Fédération internationale considère d’ailleurs ce Miracle comme l’événement numéro un de son histoire.
En janvier prochain sortira Le fils à Jo. Le réalisateur s’appelle Philippe Guillard et ne devrait pas être inconnu des amatrices du ballon ovale. En effet Guillard a évolué pendant les années 80 et 90 au Racing Club de France (aujourd’hui Racing Metro). Il est aussi un des créateurs de la fameuse marque Eden Park. Aujourd’hui, il est journaliste, acteur, scénariste, et consultant sportif sur Canal + (mais quelle hyperactivité !). Le pitch de son film : petit-fils d’une légende de rugby, fils d’une légende de rugby, et lui-même légende de rugby, Jo Canavaro élève seul son fils Tom qui est aussi bon en maths que nul sur un terrain. Pour un Canavaro, la légende ne peut s’arrêter là, quitte à monter une équipe de rugby pour Tom contre la volonté de tout le village et celle de son fils lui-même…
Un ancien sportif qui se reconvertit en acteur avant de passer derrière la caméra pour réaliser un film sur le sport. La boucle est bouclée.
Dis-nous quels sont les films « sportifs » qui t’ont marqués, touchés, bouleversés ou bien déçus ?
Toi, jeune demoiselle en short, maillot, combinaison, tutu ou caleçon, te reconnais-tu dans l’image du sport que présentent et véhiculent ces œuvres ?
Sources des résumés : Allociné
Plus rapides que Usain Bolt, plus titrées que Federer, plus viriles que Chabal, plus habiles que Karabatic, plus intraitables que David Douillet, plus éternelles que Jeannie Longo, plus bling-bling que Cristiano Ronaldo, plus hot que Roch Voisine, voici… les MadZ au sifflet !
Un blog écrit par des filles qui aiment un sport et veulent vous le faire partager, expliquer ses règles et ses attraits en le rendant accessible à toutes les lectrices, sportives ou non.
On ne se prétend pas spécialistes, on a simplement l’envie de faire partager le sport, ses vertus et son actualité à celles qui pratiquent, celles qui gardent un œil dessus, ou même celles qui découvrent et voudraient en savoir un peu plus.
Les MadZ prennent la télécommande et ce n’est pas pour zapper sur Plus belle la vie, mais bien pour des Stade 2 et compagnie ! On est des meufs, des vraies, mais on a parfois aussi du poil aux pattes, une bière dans une main et un vernis à ongles dans l’autre, un masque d’argile sur le visage et la télé allumée pour suivre l’actu sportive et vous la commenter. Si tu es dans le même cas que nous, envoie nous tes textes !

Flickr : Tulane Public Relations










