Archive for mars, 2011

One, two, three… Viva l’Algérie !

28 mars 2011 |  by  |  Foot

Cette semaine était sous le signe du ballon rond. Si les Bleus ont brillé face au Luxembourg, un autre match se jouait. Une rencontre très importante du côté du Maghreb, de la France également : Algérie-Maroc. Les Fennecs contre les Lions de l’Atlas ! Ziani (absent pour l’occasion) contre Chamakh ! Avec Gerets, ancien entraineur de l’Olympique de Marseille, aux commandes de l’équipe nationale marocaine.

Afin de comprendre ce que représente un derby de ce calibre, des explications s’imposent. Un Algérie-Maroc est un PSG-OM. Plein d’enjeux, avec un historique long comme un bras. Ambiance explosive dans les stades. De fervents supporteurs. Une fierté démesurée par moment. Des joueurs trop agressifs également. Une différence quand même ?
L’Algérie et le Maroc sont deux nations voisines dont les rapports connaissent des hauts et des bas. La politique vient alors polluer le football. Celle-ci ne se marie pas du tout avec le sport. Quel enjeu pour cette affiche ? Une place en Coupe d’Afrique des Nations, l’équivalent de l’Euro pour l’Europe.  Pour anecdote, les supporteurs étaient présents dans les gradins du stade à Annaba dés la matinée. Dans la soirée ils étaient 60000 !

 

Recevoir a un avantage considérable : le public acquis à sa sélection. Ainsi, c’est un stade aux couleurs algériennes qui a vu s’incliner l’équipe marocaine. Pour son plus grand bonheur certainement. Un match qui aura été fidèle aux habituelles confrontations entre les deux équipes. De l’agressivité, du jeu et des sifflets des supporteurs en plus d’un arbitrage contesté. Dés les premières minutes, Yebda ouvre la marque pour l’Algérie, sur pénalty. Côté marocain, le milieu de terrain éprouve beaucoup de difficultés, donc les ballons ne parviennent pas aux attaquants, à Chamakh… La seconde période est elle beaucoup plus à l’avantage des Marocains, qui ne réussissent pourtant pas à concrétiser leurs occasions face à un gardien algérien en très grande forme. Finalement le score reste le même 1-0 pour l’Algérie, plaçant l’équipe ex-æquo avec le Maroc dans les premières places de la poule.

Les Lions de l’Atlas pourront encore prendre leur revanche au match retour, qui aura lieu sur leurs terres en juin prochain !

Championnats d’Europe d’athlétisme en salle 2011

7 mars 2011 |  by  |  Athlétisme

Ce week-end ont eu lieu les championnats d’Europe d’athlétisme en salle à paris Bercy. Les français ont récolté 11 médailles ; retour sur ces trois jours hauts en couleurs !

Les trois grands champions de ce week-end sont sans conteste Leslie Djhone, Teddy Tamgho et Renaud Lavillenie. Le premier a gagné l’or sur le 400 mètres, en établissant aussi un nouveau record de France (45″54). Le deuxième a dominé le triple-saut avec un bond à 17,92m : médaille d’or + record du monde battu pour le parisien. Enfin pour le dernier, même régime : médaille d’or au saut à la perche et nouveau record de France avec 6,03m (le précédent record date de jean Galfione avec 6.02m).

leslie djhone

Mais n’oublions pas pour autant les 8 autres médailles françaises : bronze au 60m masculin (Christophe Lemaitre), argent au 60m haies (Garfield Darien), or au relais 4x40m masculin, bronze au relais 4x400m féminin, argent au saut en longueur masculin (Kafétien Gomis), argent au saut à la perche masculin (Jérôme Clavier), argent à l’heptathlon (Nadir El Fassi) et or au pentathlon Antoinette Nana Djimou Ida.

Pif paf, rien que ça. Un palmarès plutôt très satisfaisant, dans la continuité de ce qu’il s’est passé en Août dernier et qui augure de belles choses pour les championnats du monde en Septembre prochain à Daegu en Corée du Sud, même si la concurrence mondiale pourrait mettre quelques bâtons dans les roues de nos français.

Aïkido. Hein, aïkikoi ?

5 mars 2011 |  by  |  Sports de combat

Il y a toujours eu un certain prestige autour des arts martiaux : si vous faites du judo, du karaté, tout le monde vous considère avec un certain respect, l’œil brillant. Aaaaah le fantasme de celui qui sait se défendre, tel Jacky Chan ! Pas de chance pour ma pomme, mon héroïne préférée, aka Yoko Tsuno, n’avait pas décidé de faire du jiu-jitsu, mais de l’aï-ki-do. Du coup, quand je proclamais fièrement pratiquer ce merveilleux sport, au mieux on me regardait d’un air endormi « wadesdà ? », au pire « ah oui, je vois, ceux qui dansent avec des jupes ! ». Regard noir. Aucun effet supplémentaire chez l’interlocuteur. Personne ne me prend au sérieux, personne ne m’aime, je suis la réincarnation de Caliméro, beuh. Loin de me décourager face à ce peu d’engouement pour le dernier-né des arts martiaux japonais (le petiot a vu le jour en 1940, créé par Morihei Ueshiba), je m’en vais vous conter ce qu’on y fait (non, on ne danse pas, je vous voir venir !).

Petite leçon de moralité aïkidotesque

Y’a deux-trois trucs à savoir à propos de l’aïkido, en guise de préambule : c’est un art de défense, donc y’a pas de compét’. Mais y’a des ceintures (kyû), des dan (après les kyû), bref, une reconnaissance du « grade ». Il y a aussi beaucoup de respect (dans la plupart des clubs, on ne se classe pas par grade lors du salut, mais par ancienneté), on salue la moitié du temps, on travaille avec un partenaire et non un adversaire que l’on remercie en l’aidant à s’assouplir lorsque l’on finit une technique par une clé.

 

Et comment ça fonctionne, cette affaire-là ? Faut-y être musclé comme Popeye ?

Le principe fondamental, c’est d’utiliser la force de son attaquant. Concrètement : imaginez que le bonhomme pousse très fort sur une porte qui s’ouvre dans le sens de sa poussée ; vous, petite finaude, résistez et puis pouf, en une seule fois, relâchez votre pression. Que se passe-t-il ? La force de l’attaquant est trop forte, la porte s’ouvre, il fonce sur le mur en face, se casse le nez et a l’air idiot : sa force s’est retournée contre lui. Raison pour laquelle il ne faut pas être musclé comme un taureau pour faire de l’aïkido, ni dans la fleur de l’âge, ni doté d’aucune compétence d’ordre physique : je ressemble à un poulet et Liévain, membre éminent de mon ancien club, est raide comme un balai du haut de ses 80 ans.

 

Concrètement…

Le reste du temps, on ne fait pas qu’ouvrir des portes : on commence la séance par un échauffement (tout dépend de l’esprit du club, mais surtout, on assouplit les poignets qui seront fortement sollicités durant le cours – l’aïkido finit ses techniques en projection ou en clé de poignet, jamais d’attaques aux jambes) durant lequel on chute également (chutes avant, arrière et déplacement à genoux sont au programme). Ensuite, le professeur explique certaines techniques : il nous incombe de les reproduire, avec plus ou moins de précision selon notre grade. Parfois, la séance se termine par un randori : un ou plusieurs partenaires attaquent une personne, qui doit appliquer les techniques qui lui viennent, avec ou sans contraintes. C’est très physique, il faut être prêt, penser à tromper l’attaquant pour ne pas se faire piéger,…

 

Oui mais alors, on y danse ou non ?

Hé bien, non, on ne danse pas. On se déplace très souplement (personne ne vous demande d’être aussi soupe qu’une danseuse étoile, mais bien de ne pas vous déplacer comme un éléphant), avec rapidité, il faut apprendre à gérer la force, à connaître son corps, gérer l’espace,… C’est un sport de précision, à la fois intellectuel et à la fois physique : on sue lors d’un entraînement d’aïkido ! Et au cas où on se poserait la question…c’est efficace. L’aïkido demande une grande ouverture d’esprit et une moralité, parce qu’il peut très facilement casser des poignets, rompre des ligaments, faire des dégâts si il est bien exécuté : d’où l’immense importance du respect de son partenaire et du fait de se connaître, de pouvoir maîtriser ses gestes. L’aïkido forge l’esprit, le corps, la maîtrise de soi : je vais prêcher pour ma chapelle, mais c’est un sport complet, qui aide à se construire.

 

Quid des armes ?

L’aïkido se pratique à mains nues, mais peut être complété par l’emploi d’armes (en bois lors de l’entraînement) : le manche à balai (jo), le sabre (boken) et le couteau (tanto). On les manie comme si il s’agissait de vraies armes, tranchantes. Il y a tout un rituel pour donner l’arme à son partenaire, pour l’utiliser (et éviter de se couper les doigts, par exemple –ça peut toujours être pratique de garder ses dix doigts, pour écrire par exemple). Même les enfants peuvent s’en servir lors des cours, mais la notion de respect est toujours très importante : ce n’est pas un jeu, on essaie de leur faire prendre conscience de ce que c’est qu’une arme, de ce que ça implique. J’ai appris l’aïkido à 8 ans, et quand on avaient le droit d’utiliser le jo (la plus « inoffensive » et la moins complexe des armes), on se sentaient très fiers, c’était une belle récompense, et nous faisions attention à être irréprochables dans notre attitude pour que le privilège ne nous soit pas retiré.

 

Alors c’est vraiment pour tout le monde ?

Oui oui, c’est vraiment pour tout le monde ! Grand, petit, mince, costaud, fille, garçon, jeune, vieux,… On peut travailler avec chacun, quelles que soient ses caractéristiques physiques, l’aïkido se prête à toutes les situations. Ceci dit, par expérience, l’aïkido ne convient pas, seul, à un enfant hyperactif ou à quelqu’un qui a besoin de se dépenser énormément : il peut être complémentaire, apprend l’enfant à se contrôler, mais à côté de ça, il aura besoin d’un sport après lequel il pourra être vidé physiquement. Pour ma part, j’ai toujours couplé l’aïkido avec autre chose de plus explosif qui demandait moins de concentration : du volley, de la course à pied…