Chronique et test de Bayonetta (SEGA)

1 mars 2010 |  by  |  Tests super sérieux

Mais que faut-il penser de Bayonetta ?

Souvenez-vous, il y a quelques semaines sortait Bayonetta. Quoi ? ça ne vous dit rien ? Et pourtant, difficile de passer à côté de l’un des jeux les plus attendus de ce début d’année 2010… A grand renfort de trailers, d’affiches et de démos, Bayonetta s’est imposé comme LE jeu dont il fallait parler… Mais qui a dit qu’on ne devait en parler qu’en bien ?

Où l’on se demande de quoi on parle…

Commençons par une petite séance de rattrapage : Bayonetta est un jeu édité par SEGA qui met en scène une héroïne éponyme qui se veut forte, puissante, sexy -et accessoirement myope-… Mais ce n’est pas tout : Bayonetta est amnésique (enfin presque), c’est une sorcière (enfin presque), elle évolue dans le monde des humains (enfin presque) et ne se rappelle que d’une seule chose (enfin presq… non rien…) : elle doit taper sur des anges pour survivre.

Grosses ficelles, SEGA ? naaaaan ! Mais là où SEGA se lâche, c’est pour promouvoir son hit ! Une véritable prise de risque promotionnelle [irony inside]…

Où l’on s’en doute : « femmes à lunettes »…

Allez-y, faites le test. Tapez dans votre moteur de recherches favori « femme à lunettes » et « Bayonetta » et vous verrez, le constat est plus que prévisible… J’imagine déjà les gens du marketing chez SEGA, en train de se frotter les mains, quand on leur a présenté le jeu pour la première fois.. « Pourquoi se casser la tête ? Les développeurs nous présentent une héroïne charmante qui prend des poses suggestives et qui, en plus, porte des lunettes.. Inutile de chercher plus loin et faisons confiance aux journalistes et bloggeurs ! ».

Et nos amis les journalistes vidéoludiques ne se sont pas fait prier pour prendre la balle au vent. De blagues salaces en regards lubriques (oui, oui, c’est tout à fait possible de retranscrire un regard lubrique dans un article !), tout y passe, et sans complexes !

Prise de risque, SEGA ? à fooooooond…! …

Où l’on arrête de tourner autour du pot !

… Sauf que… Bah en fait, si !

Derrière tout ce tapage médiatique de bon goût et sa volonté bien assumée de faire dans le gras et le lourd pour faire parler de Bayonetta, l’éditeur prend, avec ce titre, de nombreux risques. Le plus grand étant de se couper d’une partie de la communauté des joueurs… et surtout, vous vous en doutez, des joueuses… Parce que malgré tout, Bayonetta a tout de l’héroïne qui marque, et pas seulement par son tour de poitrine. Et si l’on s’éloigne quelques instants de la dimension « fans service » et que l’on s’attarde sur le jeu en lui-même, Bayonetta prend vie, son caractère se construit, son monde se dévoile.

Du beau travail, SEGA ? Peut-être bien….

Où l’on ouvre les yeux

Car même si SEGA n’est que l’éditeur de ce jeu, ils ont su faire confiance aux développeurs de Platinum Games, qui eux, n’en sont pas à leur coup d’essai. De l’énergique Viewtiful Joe à la série des Devil May Cry sans oublier le poétique Okami, la réputation des membres du studio, et, en particulier, d’Hideki Kamiya, n’est plus à défendre.
A chaque fois, Kamiya ne crée pas des jeux, mais des univers : de véritables expériences qui font doucement glisser les joueurs hors du temps. Référencé, assumé, rythmé, le monde de Bayonetta est aussi troublant que troublé. Un monde où tout est faussé, où les bons ne sont pas si bons et où les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Les graphismes dérangent… et au fil du jeu, les joueurs s’interrogent, bousculés par la redistribution des cartes et le chamboulement des codes. Car dans Bayonetta, ce qui est beau est également laid et les scènes de combats de la belle, musicalement rythmés, finissent par enivrer celles et ceux qui tiennent le pad.

Une œuvre réussie, Bayonetta ? ça en a tout l’air !

Où l’on fait le bilan…

Mon but ici n’est pas de faire une critique exhaustive du jeu. D’autres s’en sont déjà chargés avec brio. D’autant plus que donner son avis sur Bayonetta, c’est un peu comme un numéro de funambule. Difficile de donner un avis tranché, argumenté, sans tomber dans les clichés. Bayonetta se vit, se découvre, agace, déstabilise et finalement, impressionne. N’est-ce pas une raison suffisante pour partir à la chasse aux anges ?

__ Article écrit par Fillye



2 Comments


  1. En effet, malgré les énooormes ficelles utilisées pour le scénario et la présentation du jeu, « Bayonetta » est un bon titre, bien rythmé, qui donne envie de mettre la pagaille chez les anges. Mention spéciale pour les combos !

  2. SachaMyrtille

    =D, Enfin un jeu qui rattrape, le massacre sans nom des Devil may cry.
    Parce que le un passe mais les autres…
    Pour moi, Bayonetta est un tour de force. Ici Kamiya montre a Capcom comment on réussit à faire passer du kitch et de l’énorme. Un petit jeu qui m’a beaucoup fait plaisir. Mon seul regret? le collector australien qu’on en verra pas ici hélas, avec une reproduction des magnifique revolver de la belle brune…(J’ai même trouvé que la bande son méritait de se placer en sonnerie téléphone. Héléna Noguerra, très bon parti de la part de Platinum Games.)

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