Emma Doucet est une petite vieille comme on les aime, avec un sale caractère. En réalité, elle se laisse vivre sans trop réfléchir depuis que son mari, le Grand Amour de sa vie, est mort.
Un soir, Emma fait une mauvaise chute en essayant de récupérer ses clopes, planquées par son aide à domicile. Quand elle se relève, c’est le début des ennuis : elle n’a plus envie de dormir, elle a une mine affreuse, et les mouches commencent à lui tourner sérieusement autour. Mais il y a surtout ce trou dans sa poitrine. Alors voilà : Emma est morte. Pire ! On l’a tuée. Il va falloir la jouer fine, histoire de comprendre ce qui s’est passé sans éveiller les soupçons…
Drôle et touchant en même temps, Ma Vie Posthume est un délice. Une histoire de zombie bien différente de ce dont on a l’habitude et, par jeux de flashbacks, une très belle histoire d’amour. C’est aussi un regard sur le deuil, sur le quotidien des personnages âgées, sur les relations de famille (la délicieuse nièce d’Emma essayant par tous les moyens de la coller en maison de retraite pour revendre sa maison)…
Le scénario est de Hubert (Miss Pas Touche) et le dessin du talentueux Zanzim (avec qui il avait déjà travaillé sur l’excellent La Sirène des Pompiers). Ma Vie Posthume est vraiment le genre de petits titres originaux et rafraîchissants qui fait du bien. C’est joliment écrit et raconté, et l’on va de surprise en surprise : une jolie œuvre qui sort de l’ordinaire, pleine d’humour et d’humanité.
Ma vie posthume, Tome 1 sur Amazon (premières pages en lecture)
1916. Un étrange mal décime les populations et a mis fin à la Guerre. Mais on peut difficilement s’en réjouir puisque les villages sont l’un après l’autre atteints par la maladie, et que, pour couronner le tout, les hommes doivent faire face à une invasion de vampires, plus mortels encore que le virus.
Lord Henry Baltimore était dans les tranchées, et aujourd’hui il traque sans relâche un vampire en particulier. Sans doute le plus dangereux. Leurs destins sont irrémédiablement liés, et pour avoir une chance d’en finir avec la culpabilité qui le ronge, tout en calmant sa soif de vengeance, il doit le retrouver.
Sombre et violent, Lord Baltimore est d’abord un roman écrit par Christopher Golden, et illustré par Mike Mignola. Ils ont ensuite travaillé à l’adapter en comics, avec Ben Stenbeck au dessin. Ce dernier n’a pas le talent de Mignola (qui pourrait ?) mais réussit la prouesse de relever le défi avec brio, et confère une ambiance sombre et glauque à l’histoire.
Il n’y a sans doute pas ici l’humour noir d’un Hellboy, mais on retrouve avec plaisir les personnages torturés et les méchants déglingues qui font le charme de tout ce que touche Mignola. Un premier tome qui promet.
La série des 7 chez Delcourt avait connu un beau succès, tout à fait mérité. Le principe était simple et en même temps très original : 7 one-shot (histoire complète), avec 7 duos scénaristes/dessinateurs, sur 7 thèmes complètement différents. Oui mais reprenant toujours comme fil conducteur un groupe de 7 personnages. Le meilleur de la série était sans aucun doute (même s’ils sont tous bien) 7 Missionnaire, avec Ayrole au scénario, qui parlait de 7 moines loser envoyés évangélisés les vikings.
Delcourt a la très bonne idée de remettre ça (oui, soyons d’accord, réutiliser une recette qui a fonctionné n’est pas toujours une bonne idée, mais là aucun risque de redite ou de tourner en rond, puisque ce sont toujours des auteurs différents). Et ça commence ce mois-ci avec 7 Survivants, une histoire qui fait peur.
Dans les Alpes, plusieurs personnes, dans plusieurs voitures et ne se connaissant pas, paumés dans une tempête de neige et sans aucune information sur où ils sont (même les GPS ne fonctionnent plus) finissent par atterrir dans un tunnel. Un très long tunnel, qui semble même sans fin. Un neurologue accompagné de sa femme et de son frère, deux criminels en fuite et un flic qui les poursuit, et un homme qui tombe en panne.
Mais comment expliquer que chacun de leur côté roule, roule, pour toujours finir par repasser par les mêmes endroits, et qui sont ces hommes bizarres qui ne semblent pas leur vouloir que du bien ?
Un soupçon de fantastique pour au final, une véritable plongée dans la nature humaine. Et quand on y pense, la haine n’est-elle pas encore plus dangereuse qu’une tripotée de zombie ?
Encore une fois, donc, un bon one-shot qui se lit avec plaisir. Il faut aimer les histoires qui font peur, les scènes dégueus et les scénarios assez simple (il faut quand même raconter une histoire qui se tienne dans une bd de 64 pages), mais vraiment, je ne peux que vous conseiller cette série, et d’attendre vous aussi impatiemment les six prochains…
Bon, je n’ai pas complètement fini mes chroniques de l’année, mais j’ai envie, aujourd’hui, de dresser un petit bilan très personnel de ce qui a été, selon moi, le meilleur de la bande dessinée, du manga, et du comics (même si pour cette dernière catégorie, j’en ai moins lu) sur tout 2010. Je me dis que ça peut aussi te servir, jeune madmoizelle, à piocher pour trouver quelques idées cadeaux, à J-4. Histoire de briller de mille feux sous le sapin, lors du déballage de cadeau. (les liens sur les titres renvoient vers les chroniques, histoire de te faire une idée).
D’abord. Rappelons la meilleure bd de 2009, et d’ailleurs la meilleure bd du monde à mes yeux. Sublime, émouvante, sexy et délicieuse. Mauvais Garçons, de Dabitch et Flao. Comment te dire. Le dessin de Flao, la plume de Dabitch, des mauvais garçons et du flamenco. Un genre d’équation parfaite.
Cette année, l’histoire la plus touchante, la bd qui m’a collé un sourire en béton armé pour plusieurs heures, c’est Lydie. Une histoire d’amour entre une mère et sa fille décédée, entre cette maman que le sort abime, et tous les habitants de sa rue, qui se plient en quatre pour la voir sourire…
La bd la plus poétique, troublante et étrange, c’est Cœur de Papier. Une histoire sur l’enfance, l’amitié, la maladie, mais bien plus encore…Pleine d’onirisme, de rêveries, de cruauté et de beauté.
La plus adorable bd romantique, c’est Comme ton Ombre, avec au scénario l’auteure de la Rose Écarlate. Un premier tome tout frais et mignon, qui se dévore comme une sucrerie.
La meilleure série fantastique, c’est Zombillénium, d’Arthur de Pins. Drôle et à mille lieue des titres habituels du genre, l’auteur y distille son dessin génial et son talent pour les dialogues qui font mouche. Les monstres c’est plus ce que c’était, et plus d’une Madmoizelle a adoré…Juste derrière quand même, je voudrais reparler de Chambres Noires, une histoire de fantômes et d’escrocs, drôle et barrée, avec un dessin très très beau.
La meilleure série comics, c’est Fables, qui est juste absolument géniale. Le monde des Fables, dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre vous ont déjà succombé…Toujours en comics, une jolie surprise qui s’appelle Scalped, un premier tome violent et prenant, dans la moiteur d’une réserve indienne…
La meilleure série manga, c’est sans conteste Pluto, qui se retrouve d’ailleurs en sélection un peu partout dans les festivals. Une histoire mi-polar mi-SF, un hommage au père du manga comme on le connait aujourd’hui, Tezuka, et tout le talent d’Urasawa, peut-être le meilleur mangaka, et assurément un scénariste de génie. Je n’oublie toutefois pas mon péché mignon, le shojo, avec Cat Street, la nouvelle adorable série de l’auteure d’Hana Yori Dango
Et puis il y a les meilleures suites, parce qu’il y en a deux ex aequo. Freaks’ Squeele, la série aussi géniale que barrée sur des wannabe super héros un rien loser, et Geek and Girly, mon coup de cœur à moi. Malheureusement l’éditeur arrête la publication, mais les deux adorables auteures ont promis de continuer la série sur un autre support !
La palme du plus beau dessin compte également des ex aequo, avec le merveilleux Yaxin the Faun, et le fabuleux Dernier des Mohicans. Je pèse mes mots hein, avec ces deux bd je me suis pris une claque à chaque case.
Ensuite on fait encore plus fort avec un double ex aequo, parce que je serais incapable de les départager. Je décerne le prix (très subjectif, je suis toute seule comme jury, héhé) de la bd la plus drôle, et de la bd la plus stylée à Manabé Shima, le carnet de voyage le plus classe, le plus hilarant, le plus génial du monde, par le tout aussi génial Florent Chavouet, et à Monkey Bizness, qui, derrière un titre digne d’un son de rap US, une couverture chatoyante, et un éditeur qui déboite (sans compter des auteurs au CV plutôt classe : ce sont les mecs des Lascars) cachent une merveille d’humour crétin, de violence gratuite, et de répliques cultes, ça a été ma plus grosse meilleure surprise de l’année. Je m’attendais à un truc pas mal, j’en suis ressorti K.O.
Enfin, la Madmoizelle de l’année, c’est clairement Milady de Winter, aussi sexy qu’effrontée, battante et séductrice. On adore la détester, et puis elle en a tellement bavé qu’on s’attache quand même à elle. C’est une peste, oui, mais une adorable peste…Juste derrière tout de même, la douce Elinor Jones. Tout le contraire de Milady par le caractère, mais pleine de rêve et de créativité. Une héroïne romantique et en même temps très moderne (l’histoire se passe à l’époque victorienne).
Et puis bien sûr, pour d’autres bd, il y a les chroniques bd de Pénélope !
Voilà voila. Une année riche en découverte, en nouveaux talents, en amûûûr, en humour crétin et en dessins qui te mettent une claque. Une année délicieuse en somme, que j’ai aimé partagé avec vous toutes, Mesdemoizelles (instant émotion). Et avec 2011 c’est reparti pour un tour !
Macchabée Strips c’est un joyeux mélange de Lenore (si tu ne connais pas encore Lenore, tu peux foncer les yeux fermés, ça c’est du conseil express) et des Hapy Tree Friends.
Des strips en 4 case, muets pour la plupart (quelques yeah par ci par là) avec un dessin adorable, qui racontent les (més)aventures d’un petit garçon zombie, qui meurt très souvent, tue tout aussi souvent ses potes, et éclate constamment la gueule de son chien, déterré dans un cimetière.
C’est rigolo, un peu débile (donc forcément, j’adore) et barré juste ce qu’il faut. Et le livre a vraiment la forme d’un cercueil, tout comme sur la photo. De quoi se la jouer stylé au pied du sapin.
Pour moi il y a trois genre de shojos. Le shojo génialissime, celui qui me fait rire, pleurer, et qui me fait me sentir comme une midinette que le beau gosse du collège aurait enfin regardé (même si en vrai il regardait la fille derrière) (oui, j’ai un gros problème d’addiction aux comédies romantiques en tout genre), celui qui se lit avec plaisir, mais qui ne me rend pas toute chose quand même, et le vraiment nul. Celui dont le scénario est plus que bancale (si encore on arrive à déceler un scénario) et dont le dessin pique vraiment trop les yeux (pourtant je suis bon public et j’accepte même les erreurs de jeunesse). Je ne parle bien entendu jamais ici de la troisième catégorie. Bon on peut se dire qu’en le faisant je vous éviterais quelques achats catastrophes, mais 1) tous les goûts sont dans la nature, les mangas que je détestent sont peut être vos préférés 2) je suis incapable de dire ‘c’est nul’, quand je n’aime pas, je fais comme si ça n’existait pas.
Bref, tout va bien donc, pour Mad Love Chase, qui passe cette première épreuve du feu et ne rentre donc pas, à mon sens, dans la catégorie nul. Mais ça n’est pas un ‘génialissime’ non plus. Mad Love Chase est à l’entre deux, un dessin raisonnable, et un scénario pas super développé (attention, je suis aussi capable de lire des mangas qui n’ont même pas de scénario, je pense notamment à Host Club, qui me rend hystéro, mais qui vire au n’importe quoi toutes les deux pages). Bref, Mad Chase Love se lit avec plaisir, si on le prend comme un shojo sans prétention.
C’est l’histoire du fils du roi des Démons, qui, contraint à un mariage forcé, s’enfuit. Le voilà sur terre, métamorphosé en ado, et Leven, son chat, transformé en jeune femme archi sexy. Il intègre alors un lycée, Leven devenant l’infirmière du bahut, et qui veille toujours d’un œil sur son maitre. Ce qui ne va pas être de tout repos, puisque le roi envoie trois de ses chasseurs à sa recherche, un vampire (qui prend le poste d’homme de ménage du lycée), un loup garou et un zombie, qui deviennent tous deux des élèves. Mais leur tâche n’est pas facile puisque tout d’abord, le prince des démons à changé d’apparence (seul un tatouage dans son dos permet de le reconnaitre) et de personnalité (de solitaire et taciturne, c’est devenu un benêt a la recherche du grand amour), et puis surtout, ce sont trois parfaits crétins (surtout le vampire).
Mad Love Chase est donc une comédie légère avec une pointe de fantastique, qui ne révolutionne pas le genre mais reste plaisant à lire.
Mad Love Chase, Tome 1 sur Amazon
Petite info, J’aime les sushis, Tome 2 (lien amazon) est sorti également.
C’est une de mes premières chroniques sur le blog, et c’est avec joie que j’ai accueilli la sortie du deuxième et dernier tome de Rockabilly Zombie Superstar. Tout ce qui fait le charme d’Ankama à mes yeux s’y trouve. Un graphisme excellent, un univers et des références bien barrés, un brin d’humour crétin, et toujours un excellent résultat.
Au programme, donc, un sosie un brin pourri d’Elvis, des zombies et des humains finalement plus dangereux que leurs homologues putréfiés, une Dodge vintage, une pin up très rock’n'roll, et tout ce que l’Amérique compte de plus authentique.
Un deuxième tome plus riche en action que le précédent, mais toujours aussi barré.
Qui saurait résister à un cocktail réussi de rockabilly et de zombies ?

Rien qu’au titre, tu peux déjà imaginer le programme. C’est l’histoire d’un sosie d’Elvis un peu pourri dans un monde blindé de zombie. Un looser magnifique qui ne va commencer à vivre sa vie à fond que le jour où il ne sera plus qu’un mort vivant. Ce que nous sert Ankama dans ce premier tome de Rockabilly Zombie, c’est un road trip rock’n'roll en pleine putréfaction.
Le label 619, dirigé par Run, l’auteur du déjà culte Mutafukaz, nous offre ici une virée en Dodge old school, bien au-delà des limites de vitesse autorisée, avec un autoradio crachant du Elvis quand il veut bien, quelques arrêts dans des cafétérias crasseuses, et quelques drôles de rencontres. Des zombies pas très sympas, forcément, des flics hargneux, et une serveuse délicieusement rétro…
Difficile de résumer cette plongée hallucinogène dans une Amérique profonde plus vraie que nature, même si tout semble dérailler à chaque page, mais c’est un vrai coup de coeur… A découvrir !
Rockabilly Zombie Superstar tome 1 (lien amazon) , de Nikopek et Lou, éditions Ankama, 14.90€