Ratman est à première vue un shonen au graphisme léché et au scénario plutôt original (les super-héros sont plutôt du domaine des comics américains d’habitude) mais qui reste assez classique. Puis glissé au milieu de la lecture, un premier élément un peu…troublant…à se demander si c’est mal traduit, ou si le mangaka était bizarrement inspiré ce jour-là…puis un deuxième. Et au fur et à mesure de la lecture, on comprend qu’en fait Ratman réussit à glisser au milieu d’un shonen classique un humour complètement débile tout en discrétion. Bien sûr comme dans tout shonen il y a de la blague bien évidente, mais à côté de ça, l’absurde apparait sans crier gare même dans les moments de tensions. Et c’est rafraichissant.
Les avancées technologiques sont telles que dans Ratman, devenir un super-héros est possible. Ça n’est pas forcément donné à tout le monde car c’est une question de destin. Un jour, on le devient, si on est au bon endroit au bon moment.
Depuis tout petit, Shuto rêve d’en devenir un. Le souci c’est que ça fait marrer tout le monde, parce qu’adolescent, tout petit, il l’est toujours. Alors ses camarades le charrie en l’imaginant comme ‘le plus petit des super-héros’.
Malgré tout, il garde au fond de lui ce rêve, et abreuve tout le monde avec sa passion.
Et puis un jour, son heure semble enfin venu. Voilà qu’on lui propose de réaliser son rêve…ou presque.
De super-héros, le voilà devenu super-vilain…ou comment passer du rêve au cauchemar.
Mais Shuto n’a pas dit son dernier mot, et ça n’est ni son costume effrayant, ni les missions qu’on lui donne qui l’empêcheront de faire le bien.
Graphiquement, donc, Ratman est déjà une réussite. Le dessin est beau, les costumes et les personnages aussi. L’univers créé est prenant, et le passage du monde des super-héros dans le manga se fait bien. L’originalité donc, c’est cette pointe d’humour crétin un peu partout. Qui peut parfois passer pour des facilités scénaristiques, mais qui rend Ratman un peu à part, et vraiment plaisant à lire.
Décidément, il m’arrive de plus en plus souvent d’être agréablement surprise par une bd que j’ai commencée en me disant que ça allait être juste sympa, pour finalement la dévorer avec un plaisir incroyable.
Big Crunch en fait partie. La couverture comme le titre ne m’inspiraient pas plus que ça et pourtant !
Big Crunch, c’est du comics à la française, et si l’exercice est clairement casse-gueule, Rémi Gourrierec a vraiment réussi son coup.
A Paris, des évènements étranges ont agité le quotidien, et fait les gros titres un moment. Sans qu’on sache pourquoi, une personne dans la ville se transforme tout à coup en un monstre incontrôlable qui détruit tout sur son passage. Heureusement, en même temps que ce phénomène, Cosmos est arrivé. Cosmos, un super-héros comme dans les comics, masqué et qui terrasse l’ennemi. Ou plutôt le maitrise jusqu’à ce qu’il retrouve forme humaine. Car grâce à Cosmos, les humains transformés ont pu retrouver leur vie sans séquelle.
Aujourd’hui c’est devenu la routine, et quand une transformation a lieu, personne ne s’inquiète, Cosmos n’est pas loin.
Oui mais si, une fois, il ne venait plus ? Peut-on vraiment s’en remettre à une seule personne, qui plus est un total inconnu face à un danger dont on ne sait rien ?
Big Crunch se déroule justement au moment où Cosmos disparait sans explication. On va ainsi suivre trois frangins, deux ados et un plus petit, ainsi qu’une amie de l’un d’entre eux, qui se retrouvent embarqués malgré eux dans une histoire qui les dépasse. En parallèle, un journaliste part à la recherche d’informations sur le héros…
Le dessin, la narration, très rythmée et découpée en chapitre, mais aussi et surtout une histoire vraiment originale font de ce premier tome une très très jolie surprise. Les personnages sont attachants et le fait qu’ils ne soient pas adultes rend tout ça encore plus crédible. Ce sont des enfants, ils agissent sans se poser de questions.
C’est drôle, vraiment prenant, et je l’ai refermé le sourire aux lèvres. Impatiente de connaitre la suite de leurs aventures…
Dans le comics, il y a ceux qui reprennent des super-héros déjà existants pour leur faire vivre de nouvelles aventures, et puis ceux qui tentent d’en créer un nouveau (peu de ceux-là restent dans les annales, le lecteur de comics ne va pas abandonner si facilement Spiderman ou Thor…). Et puis, il y a des grands malades, comme J. Michael Straczynski (également créateur de la série Babylon 5) qui, plutôt que d’en créer un…décident d’en créer 113. Bien sûr, ils ne sont pas tous aussi développés, n’empêche que ces cent treize-là n’existaient pas ailleurs que dans son esprit avant la première page de ce génialissime Rising Stars.
1969, une boule de feu traverse le ciel d’une petite ville américaine. On n’en saura pas beaucoup plus sur ce phénomène, mais ces conséquences ont toute leur importance. Car tous les enfants dans le ventre de leur mère à ce moment-là vont développer des pouvoirs. Parfois complètement inutiles, d’autre fois incroyables. Le gouvernement américain, face à tout ça, prend rapidement les choses en main, en essayant de ne pas provoquer de crise ou de panique. Tous les enfants en questions sont rassemblés, étudiés, et dans le même temps on leur apprend à découvrir et à développer leurs capacités.
C’est sur un évènement dramatique, bien des années plus tard, que tout commence. Un meurtre. Plus exactement le second meurtre, et en très peu de temps, d’un des ‘spéciaux’. Les deux victimes sont inconnus du public, et pour cause, leurs pouvoirs sont assez inutiles. Mais l’un d’eux était invulnérable (ce qui en soit parait cool, sauf qu’être invulnérable sans être puissant n’a pas grand intérêt), et l’on peut se demander comment le tueur a trouvé le moyen de lui régler son compte.
Et il n’y a qu’une seule explication. Le tueur connait ses victimes, leurs pouvoirs mais aussi leurs failles. C’est l’un d’eux, un des spéciaux, qui a décidé de faire le ménage parmi leurs rangs. Alors Poète, l’un des plus solitaires et des plus taciturnes de la bande, part à sa poursuite, sans vraiment savoir, pour l’instant, qui de ses cent dix camarades restant a bien pu péter les plombs…
Rising Stars est donc un projet à moitié fou. Celui de créer une histoire incroyablement dense, au sein d’un univers créé de toute pièce, avec un nombre impressionnant de personnages, qu’ils soient importants pour l’intrigue, ou bien seulement secondaire.
C’est comme un Cluedo à grande échelle, où le tueur, caché parmi ses victimes, frappe sans qu’on puisse savoir à l’avance où il le fera, et de manière chaque fois différente.
Et plus encore que le ‘Qui ?’ la question qui hante Poète, c’est ‘Pourquoi ?’. Il va le savoir bien assez tôt, et comprendre que cette vague de crimes va avoir des conséquences inimaginables, que ce soit pour ses congénères, ou pour le reste de l’humanité…
Rising Stars était déjà paru en France il y a une dizaine d’année (ce qui m’a surpris d’ailleurs, car la série n’a pas pris une ride), mais ne s’était jamais terminée, l’éditeur en question (Semic) ayant coulé. Delcourt reprend donc le flambeau et publiera, en trois tomes, l’histoire complète.
Et c’est une très bonne nouvelle car ce comics est vraiment excellent. Que ce soit son scénario hyper prenant, ses personnages géniaux, le dessin vraiment très bon, et même les couleurs, Rising Stars est une petite tuerie. Tantôt drôle ou dramatique, on s’en prend pleins les yeux. L’avalanches de spéciaux pourrait vite tourner indigeste mais il n’en est rien, J. Michael Straczynski réussit le pari fou de rendre ses 113 héros accessibles. Au moins une vingtaine d’entre eux ont une histoire, des pouvoirs et un caractère bien développés, et l’on plonge avec délectation dans cette enquète hors-norme.
A lire absolument si vous aimez les comics, impossible que vous en ressortiez déçu.
Super Rabbit est un ancien super-héros déchu. Le genre loser pathétique, bedonnant et légèrement alcoolo. Il a connu ses heures de gloire avec Mousse Costeau, mais ce succès semble bien derrière lui.
Et quand Mousse enchaine les unes de journaux et les flashs infos grâce à ses actes héroïques, Rabbit est convoqué à l’ANPE, parce que les contribuables n’ont pas que ça à faire, de payer des héros inutiles, et que s’il ne se remue pas fissa les fesses, il va falloir qu’il se trouve un travail de mec normal.
Drôle et un peu crétin, Super Rabbit est un hommage aux comics, mais aussi à tous les losers, qui finalement ont toujours quelque chose à prouver, planqué derrière leur bedaine.
Avec un graphisme rétro aux couleurs un peu passées Super Rabbit est une vraie bonne surprise. Sûrement parce que j’aime les super-héros, surement parce que j’aime les losers. En tout cas j’ai passé un vrai bon moment avec Super-Rabbit, qui est vachement plus cool que ce qu’on pourrait croire, malgré son slip rouge.
De la baston, de l’humour, et du quotidien de super héros. La recette d’un bon comics comme j’aime.
Brit n’est pas exactement un petit minet, à peine sorti de l’adolescence. Il a déjà deux guerres mondiales derrière lui, et sa chérie, stripteaseuse de son état, à l’âge d’être sa petite fille.
N’empêche que Brit est indestructible, et qu’il est un peu la seule solution pour sauver le monde dès qu’un super vilain taré vient foutre le bordel.
Mais la politique anti-vieux des entreprises fonctionne aussi chez les super héros, et le gouvernement américain commence à se dire qu’il serait peut-être temps de remplacer le vieux croulant par du sang neuf. Mais comment mettre ce genre de mec à la retraite, et surtout, comment découvrir le secret de ses capacités hors du commun ?
Bizarrement, tout ne va pas se passer aussi en douceur qu’on l’espérait en haut lieu. En même temps Brit n’a jamais fait dans la dentelle, il ne va pas commencer quand on se met à vouloir disséquer son cerveau…
Brit, donc, est rigolo, bourré d’actions et de méchants très méchants. Et forcément les mecs du gouvernement ne sont pas en reste niveau très méchants. Mais Brit prend aussi le temps d’évoquer les problèmes de couple (pas évident de vivre une relation sereine quand on ment tout le temps, ni quand on a le triple de l’âge de sa dulcinée), et de parler, donc, de l’âge. Parce qu’au delà des super-héros, c’est un problème qui revient souvent dans notre société. A la moindre faiblesse, on aimerait bien ranger les vieux au placard…Sauf que c’est plus compliqué quand le vieux en question a des super-pouvoirs…
Voici bien une bd qui mélange les genres ; une bande-dessinée classique, éditée par Shampooing, dans un format manga, et qui rend hommage aux comics…
De ce joyeux mélange ressort une histoire pleine d’humour et d’action.
Un auteur de comics, reçoit un coup de fil pour un boulot, un soir. Il accepte de rencontrer son client aussitôt, mais on ne lui explique rien jusqu’à ce qu’il soit amené dans un immense manoir…Où on ne lui explique rien non plus, on le somme de se coucher en lui promettant de tout lui dire dès le lendemain. Mais il n’aura pas à attendre aussi longtemps, car un homme masqué fait irruption dans sa chambre pour l’enjoindre de l’aider dans ses aventures…
C’est en fait l’oncle de sa cliente, qui, fan de la première heure du comics ‘le Fantôme des Everglades’, a finit par se prendre pour le héros de la série…Et vit dans un monde, très proche du notre, mais peuplé de supers vilains, d’atroces monstres et de sublimes demoiselles en détresse.
C’est avec un dessin en noir et blanc, et un trait qui oscille entre bd et comcis (mais un très bon trait !), que l’ont suit avec délices, et fous rires, les aventures de ce super héros. L’action ne s’arrête jamais, les personnages sont très bons, et l’auteur s’amuse à nous montrer les scènes en mode ‘réel’ et celles qui se déroulent dans la tête du vieil homme.
En bref, un premier tome d’une petite série très agréable, et un bel hommage au monde du comics et à ses fans
Je t’en parlais pour la sortie du tome 3, et puis c’est chez Ankama alors forcément…
Oui MAIS. Chaque tome de Freaks Squeele est encore meilleur que le précédent. Le dessin est encore plus sublime, l’action encore plus explosive, l’humour encore plus dingue, et bref, non vraiment, jeune madmoizelle, tu dois lire Freaks Squeele.
Pour reprendre les bases, Freaks Squeele raconte le quotidien (fort mouvementé) de trois jeunes gens dans leur école…de super-héros. Chance, Ombre et Xiong Mao sont devenus potes dès leur entrée en première année, et on les suit, années après années (oui, comme dans Harry Potter). Chance est une demoiselle cornue, aussi adorable que parfois un peu cruche (mais surtout adorable, en fait), Ombre un mystérieux homme-loup, et Xiong Mao…bah on sait pas vraiment ce qu’elle fait là, au début, mais elle est très sérieuse.
Bref bref bref, ces trois losers (oui parce que c’est pas exactement les stars de l’école) vont avoir une vie étudiante…particulièrement mouvementée. Où ils se feront des amis, mais aussi des ennemis, où ils se bastonneront plus que de mesure, où ils apprendront pleins de choses, plus souvent lors de leurs folles aventures que sur les bancs de l’école…
Freaks Squeele, c’est explosif et drôle, et ça a le même effet que les céréales Crunch dans les pubs, sauf en vrai (perso j’ai testé, ces céréales ne m’ont jamais réveillés). On en prend plein la tête et les yeux. Cette série fourmille d’action, de références hilarantes, et l’univers est juste absolument impeccable. Le dessin comme je le disais plus haut est grandiose. On a l’impression d’être devant un film avec des effets spéciaux de malade, voir même, c’est encore meilleur que ça.
Je le redis, Freaks Squeele, c’est à découvrir absolument !
Freaks Squeele, Tome 4 sur Amazon
Petit bonus – Une version collector du tome 4 est également sortie, avec un jeu de plateau tiré de l’univers de la série en plus !
Bon, je n’ai pas complètement fini mes chroniques de l’année, mais j’ai envie, aujourd’hui, de dresser un petit bilan très personnel de ce qui a été, selon moi, le meilleur de la bande dessinée, du manga, et du comics (même si pour cette dernière catégorie, j’en ai moins lu) sur tout 2010. Je me dis que ça peut aussi te servir, jeune madmoizelle, à piocher pour trouver quelques idées cadeaux, à J-4. Histoire de briller de mille feux sous le sapin, lors du déballage de cadeau. (les liens sur les titres renvoient vers les chroniques, histoire de te faire une idée).
D’abord. Rappelons la meilleure bd de 2009, et d’ailleurs la meilleure bd du monde à mes yeux. Sublime, émouvante, sexy et délicieuse. Mauvais Garçons, de Dabitch et Flao. Comment te dire. Le dessin de Flao, la plume de Dabitch, des mauvais garçons et du flamenco. Un genre d’équation parfaite.
Cette année, l’histoire la plus touchante, la bd qui m’a collé un sourire en béton armé pour plusieurs heures, c’est Lydie. Une histoire d’amour entre une mère et sa fille décédée, entre cette maman que le sort abime, et tous les habitants de sa rue, qui se plient en quatre pour la voir sourire…
La bd la plus poétique, troublante et étrange, c’est Cœur de Papier. Une histoire sur l’enfance, l’amitié, la maladie, mais bien plus encore…Pleine d’onirisme, de rêveries, de cruauté et de beauté.
La plus adorable bd romantique, c’est Comme ton Ombre, avec au scénario l’auteure de la Rose Écarlate. Un premier tome tout frais et mignon, qui se dévore comme une sucrerie.
La meilleure série fantastique, c’est Zombillénium, d’Arthur de Pins. Drôle et à mille lieue des titres habituels du genre, l’auteur y distille son dessin génial et son talent pour les dialogues qui font mouche. Les monstres c’est plus ce que c’était, et plus d’une Madmoizelle a adoré…Juste derrière quand même, je voudrais reparler de Chambres Noires, une histoire de fantômes et d’escrocs, drôle et barrée, avec un dessin très très beau.
La meilleure série comics, c’est Fables, qui est juste absolument géniale. Le monde des Fables, dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre vous ont déjà succombé…Toujours en comics, une jolie surprise qui s’appelle Scalped, un premier tome violent et prenant, dans la moiteur d’une réserve indienne…
La meilleure série manga, c’est sans conteste Pluto, qui se retrouve d’ailleurs en sélection un peu partout dans les festivals. Une histoire mi-polar mi-SF, un hommage au père du manga comme on le connait aujourd’hui, Tezuka, et tout le talent d’Urasawa, peut-être le meilleur mangaka, et assurément un scénariste de génie. Je n’oublie toutefois pas mon péché mignon, le shojo, avec Cat Street, la nouvelle adorable série de l’auteure d’Hana Yori Dango
Et puis il y a les meilleures suites, parce qu’il y en a deux ex aequo. Freaks’ Squeele, la série aussi géniale que barrée sur des wannabe super héros un rien loser, et Geek and Girly, mon coup de cœur à moi. Malheureusement l’éditeur arrête la publication, mais les deux adorables auteures ont promis de continuer la série sur un autre support !
La palme du plus beau dessin compte également des ex aequo, avec le merveilleux Yaxin the Faun, et le fabuleux Dernier des Mohicans. Je pèse mes mots hein, avec ces deux bd je me suis pris une claque à chaque case.
Ensuite on fait encore plus fort avec un double ex aequo, parce que je serais incapable de les départager. Je décerne le prix (très subjectif, je suis toute seule comme jury, héhé) de la bd la plus drôle, et de la bd la plus stylée à Manabé Shima, le carnet de voyage le plus classe, le plus hilarant, le plus génial du monde, par le tout aussi génial Florent Chavouet, et à Monkey Bizness, qui, derrière un titre digne d’un son de rap US, une couverture chatoyante, et un éditeur qui déboite (sans compter des auteurs au CV plutôt classe : ce sont les mecs des Lascars) cachent une merveille d’humour crétin, de violence gratuite, et de répliques cultes, ça a été ma plus grosse meilleure surprise de l’année. Je m’attendais à un truc pas mal, j’en suis ressorti K.O.
Enfin, la Madmoizelle de l’année, c’est clairement Milady de Winter, aussi sexy qu’effrontée, battante et séductrice. On adore la détester, et puis elle en a tellement bavé qu’on s’attache quand même à elle. C’est une peste, oui, mais une adorable peste…Juste derrière tout de même, la douce Elinor Jones. Tout le contraire de Milady par le caractère, mais pleine de rêve et de créativité. Une héroïne romantique et en même temps très moderne (l’histoire se passe à l’époque victorienne).
Et puis bien sûr, pour d’autres bd, il y a les chroniques bd de Pénélope !
Voilà voila. Une année riche en découverte, en nouveaux talents, en amûûûr, en humour crétin et en dessins qui te mettent une claque. Une année délicieuse en somme, que j’ai aimé partagé avec vous toutes, Mesdemoizelles (instant émotion). Et avec 2011 c’est reparti pour un tour !
Mais où va-t-on si les Super Vilains deviennent gentils ? Depuis quelques années en tout cas, le monde du comics a pris pas mal de densité. Il n’y a plus de super héros au grand cœur et au passé lourd (leurs parents sont morts broyés par un ascenseur sadique, et la femme de leur vie les a quitté pour un chauve machiavélique) qui luttent sans vergogne contre le crime, et des très méchants au rire sardonique (rapport au fait qu’ils n’ont pas de vie sociale, la mort de leur parent les ayant rendu nostalgiques et silencieux, la trahison de leur épouse les ayant rendu fort secrets, et incapables de faire confiance). Aujourd’hui, on a décidé que c’était plus compliqué que ça. Qu’ils avaient des qualités, mais aussi des défauts, qu’ils aimaient bien s’amuser, et que leurs intentions n’étaient pas toujours altruistes.
Ça a donné par exemple le génialissime Wanted (qui n’a rien à voir avec le film dont il est prétendument tiré), ou surtout The Boys, qui est une série aussi trash qu’irrévérencieuse, où une brigade spéciale est créée pour ramener les super héros dans le droit chemin quand ils accumulent vraiment trop de conneries.
Il y en a pleins d’autres bien sûr, et maintenant il y a aussi Incognito. C’est l’histoire d’un mec, qui fut un Super Vilain il y a bien longtemps, mais qui n’a pas eu le choix quand il s’est fait choppé : soit il devenait un petit employé de bureau sans histoire, blindé de cachetons pour endormir ses super pouvoirs, soit il crevait (le choix était vite fait). Mais quand on a connu l’ivresse de la toute puissance, difficile d’être le mec que même la secrétaire sexy mais pas très fine ne remarque pas. Et quand par un concours de circonstances, ses pouvoirs reviennent, Zak va s’en servir, à sa propre surprise…pour faire le bien.
Alors les super vilains deviendraient-ils gentils ? Pas si sûr…
Sombre et drôle à la fois, Incognito c’est un joyeux bordel, parfois trash, où les super vilains s’accumulent et sont soumis, comme nous tous simples mortels, à leur libre arbitre…A leurs risques et périls.
L’occasion de créer un super héros aussi humain que détestable, qui finalement ne fait le bien que pour le plaisir de tabasser quelqu’un. On ne change jamais vraiment.
Peut-être as-tu déjà entendu parler de Kick-Ass, et si ce n’est pas le cas, ça devrait l’être dans les prochaines semaines. Car cet excellent comics vient d’être adapté au cinéma (sortie en France le 21 avril) et que le film va faire du bruit. Moi-même, depuis que j’ai refermé la bd, j’ai très très hâte de le voir, même si voir Nicolas Cage dans le casting me fait réprimer un frisson (la dernière fois que l’équation ‘film de super-héros + Nicolas Cage’ a eu lieu, ça a donné Ghost Rider, on peut donc difficilement ne pas avoir peur…). Mais commençons donc, aujourd’hui, par parler de l’excellent Kick-Ass en comics, qui mérite à lui seul le déplacement.
Dave Lizewski est un ado tout ce qu’il y a de plus banal. Ce n’est pas le beau gosse de la classe, ce n’est pas le petit qui se fait racketter à la sortie non plus. Ni incroyablement intelligent ni foncièrement bête, il se contente de vivre sa petite vie banale en parlant comics avec ses potes, en aimant secrètement la plus jolie fille de la classe, et en donnant le change devant son père, abattu depuis la mort de la mère de Dave quelques années plus tôt (par un accident cardio-vasculaire, quelque chose de triste et de douloureux, donc, mais rien de tragique à transformer le petit Dave en un héros assoifé de vengeance). Mais une idée aussi saugrenue que coriace germe dans l’esprit de Dave. Pourquoi, avec l’immense succès du comics et des super-héros, personne n’a-t-il jamais essayé d’en devenir un ? Le voici donc qui se fabrique un costume qui claque, et qui sort dans les rues de son quartier affronter le mal…Mais le petit ado sans histoire face aux bad boys, c’est le genre de combat perdu d’avance, et sa première tentative se révèle un échec plus que cuisant…Mais c’est trop tard, Dave est déjà un super-héros dans sa tête, et il repart très vite dans les rues de sa ville, afin de devenir aux yeux du monde celui qu’il rêve d’être, Kick-Ass, un super-héros dans notre monde à nous, dénué de super-pouvoir.
Drôle et trash, Mark Millar (au scénario) et John Romita Junior (au dessin) nous offre avec Kick-Ass le super-héros qu’on attendait tous. Parce qu’il est comme nous. Kick-Ass c’est un regard sur notre société, où tout le monde voudrait être une rock star, quelles qu’en soit les conséquences. Et finalement il ne serait pas si dingue de voir débarquer un mec en costume de plongée, annonçant qu’il est un super-héros. D’ailleurs dans la série, Kick-Ass donne rapidement des idées à d’autres, et il ne sera vite plus tout seul pour protéger sa ville des super-vilains…
