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Blue Spring Ride

5 août 2013  |  Coups de coeur, Manga

Voilà un nouveau shojo super mignon, dont les deux premiers volumes sont parus en France il y a un mois. Blue Spring Ride est la nouvelle série de Io Sakisaka, que l’on avait découverte avec Strobe Edge. Si vous aimez les histoires au ton mélancolique qui font la part belle aux émotions, vous allez être ravi(e)s.

Au collège, Futaba était une adolescente timide et réservée. Elle était mal à l’aise avec les garçons, mais le doux Tanaka, lui, était différent. Malheureusement, il avait déménagé avant qu’elle ne puisse lui faire part de ses sentiments.

A partir de la quatrième, elle a petit à petit été mise à l’écart par ses amies, qui voyaient dans sa timidité une tactique pour faire craquer les garçons. Son entrée au lycée étant l’occasion de repartir à zéro, elle fait tout pour paraitre la moins féminine possible, dans l’espoir de se faire des amis. Elle mange comme quatre, parle fort, essaie de renvoyer l’image d’une fille qui n’accorde pas d’attention à son apparence et surveille constamment son comportement tant elle a peur de se retrouver seule à nouveau.

Mais voilà qu’au détour d’un couloir, elle croise un garçon qui ressemble beaucoup au Tanaka de ses souvenirs… Et ce garçon à l’air glacial pourrait bien lui faire voir la vie autrement.

Avec un dessin fin, joli et pétillant, Io Sakisaka dresse avec beaucoup de délicatesse le portrait d’une adolescente d’aujourd’hui. On reconnait en elle tous ces sentiments contradictoires, cette envie d’être accepté mais aussi d’être soi-même, toutes les questions que l’on peut se poser, les doutes, les problèmes familiaux dont on voudrait se détacher…Si le ton de Blue Spring Ride est vraiment mélancolique, et si tout n’est pas toujours rose pour les différents personnages, la mangaka insuffle beaucoup d’humour et de légèreté dans son récit.

En lisant ce début de série, j’ai beaucoup pensé au si joli Sawako. On retrouve ici la même finesse, les mêmes émotions qui nous submergent. Les héros sont un peu perdus, ne savent pas trop où ils vont, mais ils ont vraiment l’envie d’être heureux qui les pousse à se remettre en question et à toujours aller de l’avant. Et puis, plus qu’une histoire d’amour, l’auteur nous raconte l’histoire d’un petits groupes de personnages, qui se compose au fur et à mesure. Chacun avec ses problèmes, ses secrets, et ses rêves. Il est plus ici question d’amitié que d’amour finalement, et c’est rafraichissant.

Blue Spring Ride est un très joli shojo, qui ravira, à n’en pas douter, les fans du genre.

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Kamakura Diary tome 1, de Akimi Yoshida

Yoshino est une jeune femme de 22 ans qui enchaine les histoires décevantes avec des garçons rencontrés dans des bars. Sa grande sœur l’appelle alors qu’elle est chez un nouveau garçon, et lui apprend la mort de leur père.

Yoshino a deux sœurs, Sachi, l’ainée, la plus sérieuse et la plus adulte, qui travaille comme infirmière, et Chika, la benjamine. Leur père est parti avec une autre femme quand Yoshino avait sept ans, leur mère a fait de même quand elle s’est remariée peu après, confiant la garde des trois filles à leur grand-mère, décédée peu avant que le commencement de ce manga. Depuis, le trio continue de vivre dans la maison où elles ont grandi.

Elles se rendent aux obsèques avec cette impression étrange, pour Yoshino, de venir dire adieu à un inconnu. Entre son souvenir de petite fille, qui lui raconte un père aimant, et l’homme qui n’a pas donné signe de vie pendant toutes ces années, qui était-il vraiment ? Ce moment qui ne devait être qu’une formalité pourrait bien bouleverser pas mal de choses dans le quotidien des trois jeunes femmes…

Kamakura Diary est un titre tout en simplicité et en finesse. L’auteure prend le temps de raconter le quotidien de ses héroïnes, notamment les interrogations de Yoshino, qui se contentait jusque là de vivre sans trop se poser de questions, ni sur son passé, ni sur son avenir. Les dessins sont jolis, mais c’est surtout, vraiment, la sensibilité de l’histoire qui nous touche profondément. Que ce soit dans les dialogues, qui semblent banals sans jamais être anodins, ou dans les émotions qui transparaissent sur les visages des personnages, c’est la vie, celle à laquelle nous sommes tous confrontés, qui nous est racontée. L’occasion d’aborder le deuil, l’absence, l’amitié, l’amour, le mensonge, la maladie, les doutes, l’avenir…et plus que tout, le lien familial, à travers ces sœurs aussi différentes que complémentaires.

Une jolie surprise, et un très joli moment de lecture.

Kamakura Diary tome 1

Des jolies suites mangas parues ces derniers temps

18 avril 2013  |  Coups de coeur, Les suites

Un petit point sur quelques séries mangas bien chouettes dont les suites viennent de paraitre.

Barakamon, d’abord, qui est en passe de devenir un de mes mangas préférés du monde entier. Une petite île japonaise, un jeune calligraphe très urbain qui y est envoyé comme une punition, et qui va, contre toute attente, se faire très rapidement à la vie sur place. Ce quatrième tome est aussi délicieux que les précédents. Léger, drôle, et bourré d’énergie. Le genre de lecture qui fait un bien fou.

Il y a ensuite The Earl and the Fairy, qui s’est achevée il y a quelques semaines avec le quatrième tome. Un shojo teinté de fantastique, où une jeune doctoresse en féerie est embauchée par un mystérieux noble anglais…Enquêtes, romances et rebondissements au programme. On peut regretter que certains points, pourtant intéressants, ne soient qu’effleurés, et que l’histoire s’achève finalement assez vite, mais cette petite série est vraiment agréable à lire, délicate et jolie.

Et puis il y a Silver Spoon, le nouveau titre de l’auteure de Fullmetal Alchemist. Très différent de tous ses précédents titres, elle s’est cette fois-ci inspirée de sa propre jeunesse, et nous raconte le quotidien d’un lycée agricole, que l’on découvre en même temps que le héros, qui n’y connait strictement rien en agriculture. Après un premier volume introductif, le deuxième prend un rythme plus lent et très agréable. Petit à petit, Yûgo s’intègre à sa classe, et apprend de plus en plus de choses. C’est d’ailleurs assez dingue comme on se retrouve fasciné par les diverses explications (par exemple, Yûgo visite trois élevages de vaches laitières différents , manière de décrire différents modes de production laitière) alors même que le sujet ne nous intéressait pas forcément.

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Vicomte de Valmont tome 1

14 avril 2013  |  Non classé

Chiho Saîto, la mangaka auteure du Vicomte de Valmont, était déçue de ne pas trouver d’adaptation des Liaisons Dangereuses en manga. Elle s’est donc dit qu’elle allait le faire elle-même.

L’adaptation court sur deux tomes, et est donc forcément raccourcie, mais reprend bien entendu la trame du roman. L’intrigue se concentrant sur le personnage du Vicomte de Valmont. Ce dernier, libertin notoire, entretient une relation épistolaire avec la marquise de Merteuil. Veuve à la réputation sans faille, qui n’a pourtant rien à envier, dans le privé, à son sulfureux ami. Tous deux s’amusent à séduire, tout autant qu’à humilier, les nobles qui font partie de la bonne société qui les entoure. Leurs cibles sont la jeune Cécile de Volanges, une adolescente promise à un homme assez âgé, et Madame de Tourvel, jeune épouse très pieuse, mais éternellement délaissée par son mari.

Cette adaptation n’a pas de grande prétention, mais c’est une bonne surprise. Le dessin, très marqué shojo, est joli, et si l’histoire est simplifiée, perdant peut-être un peu de réalisme au passage, Le Vicomte de Valmont n’en reste pas moins un moment de lecture agréable.

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No longer heroine tome 1

20 mars 2013  |  Coups de coeur

Voici une nouvelle petite tuerie, toute fraichement parue chez Delcourt : No longer heroine.

Hatori est folle amoureuse de Rita, son ami d’enfance (et accessoirement le garçon le plus populaire de son lycée). Mais, persuadée qu’il faut que jeunesse se fasse, et qu’il n’est pas prêt pour une vraie relation, elle le laisse enchainer les histoires sans lendemain en le couvant d’un œil attendri. Elle se contente d’une histoire d’amour qui n’existe que dans sa tête, persuadée qu’un jour, Rita prendra conscience qu’elle est la seule et unique, qu’il n’a attendu qu’elle et qu’ils s’aimeront pour toujours. Sa meilleure amie a beau la prévenir qu’à force de repousser sa déclaration, elle risque bien de se faire piquer son prince charmant, Hatori n’écoute rien. Elle sait qu’elle est l’héroïne de sa propre histoire, elle ne peut pas être un vague personnage secondaire.

Oui mais voilà, un jour, Rita semble s’être trouvé une VRAIE copine. Le genre avec qui on rigole, avec qui on a des gestes tendres…le genre auquel on s’attache. Hatori panique. Ça n’était pas du tout le plan. Il est temps de passer à l’attaque. Oui, mais comment ?

No longer heroine, c’est le shojo que j’attendais ! Aussi bon que les meilleurs teenage movies, c’est drôle, très drôle (l’adaptation est signé Noémie Alazard, et les dialogues en VF sont vraiment réussis). C’est émouvant aussi, j’ai même versé une larme (bon j’ai la larme très facile hein). Et surtout, plus que tout, c’est réaliste. Même si on n’a pas vécu exactement la même chose, on se reconnaitra forcément en Hatori. Pour l’histoire qu’elle vit dans sa tête (et le crush qu’on a toutes eu), pour ses moments de paniques, de dépression, d’euphorie aussi. Momoko Kôda retranscrit vraiment ces moments de l’adolescence où plus rien ne compte, où l’on a l’impression qu’on ne pourra pas vivre sans l’autre alors qu’on ne lui a même pas dit ce qu’on ressentait. L’histoire est pleine de rebondissements, et l’héroïne est aussi changeante qu’on l’est dans la vraie vie. Elle aimerait détester la nouvelle venue, mais elle est adorable. Elle se jure d’oublier Rita, mais elle pense à lui H24. Elle demande conseil à sa meilleure amie, mais elle n’écoute rien.

Le dessin est très joli (il m’a un peu fait penser à l’excellent Lovely Complex), dynamique, et avec beaucoup de références qui deviennent parodiques, quand les personnages prennent des expressions rappelant d’autres mangas.

No longer heroine, c’est un shôjo qui ne se prend pas au sérieux, hilarant et qui, en même temps, nous parle et réveille en nous de nombreux souvenirs. Gros coup de cœur.

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