Posts Tagged ‘science fiction’

Winterworld

23 août 2013  |  Comics

Une nouvelle ère glaciaire s’est abattue sur la Terre depuis un bon moment déjà, si longtemps que plus personne ne se souvient de comment était le monde, avant. Ça et là, des petits groupes d’humains ont formé des tribus pour tenter de survivre. Revenus à des modes de vies des plus archaïques, c’est la loi du plus fort qui domine.

Scully est un commerçant ambulant qui n’a aucun état d’âme à faire affaire avec les pires crapules, tant que cela lui permet de s’enrichir. Après qu’une tractation ait mal tourné, il se voit contraint de recueillir Wynn, une jeune orpheline. Il s’attache à elle et cela ne va pas vraiment lui réussir…

Ce comics en noir et blanc qui date des années 80 est peuplé de personnages au cœur aussi froid que les paysages dans lesquels ils évoluent. Les rares survivants semblent avoir perdus leur humanité, se concentrant uniquement sur leur propre personne. Abrupte et souvent violent, ce titre de science fiction est très prenant, et l’immersion dans ce monde étrange et pourtant familier se fait instantanément. On s’attache à ce duo improbable, et l’on voit peu à peu Scully s’ouvrir, alors même qu’il est conscient que penser à quelqu’un d’autre qu’à lui-même réduit considérablement ses chances de survivre. Mais qu’est ce qui compte vraiment. Survivre longtemps seul ou ressentir des émotions, même si elles impliquent beaucoup de dangers ?

Parfois drôle mais souvent très dur, ce titre est une très bonne surprise. L’historie est dense et riche en rebondissement, et le dessin signé Jorge Zaffino, brut et réaliste, colle parfaitement au propos de Chuck Dixon.

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Cosmik Roger et les femmes (tome 7)

21 juin 2013  |  Non classé

Septième et dernier tome des aventures de Cosmik Roger, cette série publiée chez Fluide Glacial nous emmène sur les routes interstellaires avec Roger, qui a pour mission de trouver une nouvelle planète habitable pour faire face à l’explosion démographique sur terre.

Ce job qui semble aussi solitaire que dangereux se révèle une vraie routine pour notre héros, qui passe sa vie entre visite de nouvelles planètes plutôt hostiles, soirées au bistrot et nuits de folie avec des extra-terrestres aux formes plus ou moins humanoïdes.

Composé de 11 histoires pré-publiées dans le magazine Fluide Glacial, ce septième volume a pour thème principal les femmes. Car sous la combinaison de ce cosmonaute pas très futé se cache un cœur qui bat, et qui espère bien trouver l’amour quelque part.

Humour un peu trash et jolies pépés, pleines de tentacules ou non, sont au programme de cette série de science-fiction pas comme les autres.

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Monkey Bizness tome 2 Les cacahuètes sont cuites

Aaaaaaah Monkey Bizness. Le premier tome, Arnaque, Banane et Cacahuètes fait assurément partie de mes bd-préférées-du-monde-entier. Attirée par la couverture fluo sans bien savoir à quoi m’attendre (même si le simple fait que la bd soit éditée au label 619 chez Ankama est un gage de qualité), je suis restée scotchée par tant de génie. Drôle, très drôle, remarquablement bien écrit, merveilleusement dessiné et servi par une colorisation ultra classe, ce livre a définitivement tout pour lui.

Et puis hier est sorti le tome 2. Les nombreux fans l’attendaient fébrilement, même si après une aussi bonne surprise, on a toujours un peu peur d’être déçu la deuxième fois. Que ça soit moins drôle, que ça s’essouffle un peu…Ici il n’en est rien, Les cacahuètes sont cuites est aussi hilarant que son prédécesseur.

Pour re-situer un peu, Monkey Bizness prend place dans le futur, longtemps après que les humains se soient tellement bouffés entre eux que les rares survivants ont fini par retourner à l’état sauvage. Les animaux ont pris leur place, et rats, hyènes, homards, éléphants et reptiles en tous genres cohabitent avec le même talent que les idiots qui étaient là avant eux.

Parmi eux, Hammerfist le gorille et Jack Mandrill le babouin vivent une douce vie de bohème faite de de cuites et de violence gratuite. Leur petit hobby étant d’aller d’un quartier de Los Animales à l’autre pour se battre avec des animaux qui n’avaient rien demandé.

Après un premier tome riche en rebondissements, voilà qu’un mystérieux individu essaie à plusieurs reprises d’attenter à leur vie. Qui ? Pourquoi ? C’est ce qu’ils vont tenter de découvrir. Mais d’abord, il va falloir qu’ils trouvent où dormir, puisqu’on vient de brûler leur mobil home.

ElDiablo (le scénariste) et Pozla (le dessinateur) sont notamment connus pour leur travail sur la série les Lascars, mais ils font plein d’autres choses tout aussi cool. ElDiablo a, entre autre, écrit le très bon Pizza Roadtrip, dessiné par Cha et paru à l’automne dernier.

Avec Monkey Bizness, on sent qu’ils se font vraiment plaisir et le résultat est jubilatoire. Les dialogues sont excellents, avec un Hammerfist au langage toujours soutenu et Jack plus…spontané, les personnages sont aussi nombreux que géniaux, tous légèrement stupides et complètement déglingués, et le dessin de Pozla est un vrai bonheur. Proche du street art ses décors sont bordéliques mais pleins de détails et ses animaux ont des gueules tout simplement parfaites. L’association de leurs deux talents donnent une histoire sous acide, ultra rythmée, bourrée de clins d’œil au cinéma, des films de gangster aux blockbuster SF, qui pourrait nous faire frôler l’indigestion si ça n’était pas si bon.

Dans Monkey Bizness il y a de l’émotion, beaucoup d’émotion. De l’amour, du suspens, de l’amitié à toute épreuve, des drames, des secrets enfouis, de l’espoir, du désir. Mais le duo ne nous laisse pas le temps de verser une larmichette entre deux fous rires. A déconseiller peut-être aux âmes sensibles parce qu’on ne ressort pas indemne d’une rencontre avec ces deux-là, mais si vous êtes amateur-rice d’humour trash et parfois absurde, foncez, cette série est une vraie petite bombe.

Pour vous mettre dans l’ambiance, le très bon trailer, réalisé par Pozla :

http://www.dailymotion.com/videox10f8p5

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L’Entrevue, de Manuele Fior

31 mai 2013  |  Coups de coeur

Raniero, la cinquantaine, est psychologue dans une clinique psychiatrique. Sa femme s’apprête à le quitter, et, le soir où commence l’histoire, il a un étrange accident de voiture.

Nous sommes en Italie, en 2048. Le lendemain de l’accident, il se voit confié une nouvelle patiente, Dora, 21 ans. Si les parents de la jeune fille l’ont fait internée, c’est d’abord parce qu’elle ‘voit des choses’, mais aussi, et peut-être surtout, parce qu’ils n’apprécient pas son mode de vie. Dora appartient à la nouvelle convention, qui se base sur une non-exclusivité sexuelle et émotive. Le monde est en pleine mutation et pour elle, cette manière d’envisager les relations est celle de l’avenir.

Mais bien plus que ses mœurs qu’une partie de la population jugerait dissolus, ce qui intéresse Raniero chez Dora, ce sont ses visions. Car il a les mêmes. La nuit, lui comme elle voient d’étranges formes géométriques et lumineuses dans le ciel. Puisqu’ils semblent être les seuls à les observer, s’agit-il d’hallucinations ? En tout cas la jeune femme affirme à son psychologue qu’elle communique avec des extra-terrestres, et qu’ils lui ont donné le pouvoir de lire dans les pensées.

Manuele Fior, auteur du très remarqué Cinq mille kilomètres par seconde (Fauve d’Or au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2011), revient avec une bande dessinée de science fiction étrange et envoûtante. Ici, pas de vaisseaux monumentaux, ni de batailles intergalactiques, juste les liens subtils qui se nouent entre un homme qui n’avait plus ni espoir ni attentes, et une jeune femme qui a la vie devant elle et bien l’intention de la croquer à pleines dents. L’univers qui les entoure, créé par l’auteur, est déstabilisant, étonnant, et il faudra un temps d’adaptation au cours de la lecture pour s’y habituer. Le monde dans lequel évoluent Raniero et Dora est en même temps très réaliste et…différent. Un peu comme cette impression de décalage avec la réalité que l’on a parfois. Comme si l’histoire se passait à quelques millimètres du cours des choses tel que nous l’imaginons (je ne sais même pas si ce que je dis est compréhensible, je crois qu’il faut lire L’entrevue pour comprendre cette sensation étrange). Il se dégage en tout cas de cet avenir un mélange d’ombres oppressantes et de luminosité pleine d’espoir. Pendant que l’on lit l’histoire superbe et banale de ces deux-là, le monde, lui, semble achever un cycle, et en commencer un nouveau.

Si Cinq mille kilomètres par seconde était très coloré, L’entrevue est tout en noir et blanc, contribuant peut-être encore plus à ce jeu d’ombres et de lumière, à cette sensation d’être toujours à l’exacte moment où le soleil se couche, ou bien peut-être à celui où il se lève. Le dessin est lui très beau, doux, vibrant, et comme chargé de beaucoup de mélancolie. Il y a le regard lourd et profond de Raniero, et puis Dora, ses grands yeux, son visage long, ses traits un peu étranges mais surtout fascinants. Comme elle le fait avec Raniero, elle débarque sur les pages de la bande dessinée, et nous subjugue. Si lui, si nous, semblons empêtrés dans le présent, elle ne se soucie de rien, marche loin devant, d’un pas décidé et insouciant. Dès l’instant où on la rencontre, elle est déjà cette silhouette au loin que l’on cherche à rattraper coûte que coûte.

L’entrevue est un titre tout en subtilité et en poésie, qui nous raconte une histoire universelle tout en nous faisant perdre tous nos repères. Une sensation troublante et agréable, et un auteur qui prouve à nouveau son grand talent.

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Saga tome 1

Après les excellents Les Seigneurs de Bagdad et Y le dernier homme, Brian K. Vaughan, qui s’est illustré comme excellent scénariste sur de nombreuses autres séries encore, revient chez Urban Comics avec Saga.

Alana et Marko sont ennemis par leur naissance, car leurs planètes d’origines s’affrontent dans une guerre sanguinaire depuis des années. Pourtant, ils s’aiment. Et ils s’aiment même tellement qu’ils ont donné naissance à une petite fille. Petite métisse qui a les cornes de son père, les ailes de sa mère. Pour certains cette naissance est une aberration, pour d’autres, elle est l’espoir. Mais pour l’instant, pour lui donner une chance de survivre, et de grandir dans ce monde dangereux, il faut fuir.

Saga est donc une série de science fiction, et c’est surtout un comics absolument géniale. L’univers est hyper dense, et peuplé de créatures dingues. Très vite, les deux tourtereaux sont la proie des pires crapules, qui en veulent autant à ce qu’ils voient en eux, des traitres, qu’au fruit de leurs entrailles. Et ils ne pourront se fier qu’à leur instinct pour savoir à qui faire confiance.

Le scénario, très rythmé, est explosif. Les dialogues sont aussi violents que pleins d’humour. C’est d’ailleurs tout le piment de Saga. Une histoire très dure, mais où l’absurde s’invite régulièrement, rendant la lecture beaucoup plus légère.

Le très beau dessin réaliste de Fiona Staples parvient à rendre crédible les créatures les plus barrées. Des hommes à tête de vieille télé ? Ok. Une femme-araignée ? Ok aussi, et même, on se surprend à la trouver jolie.

Voilà une série de SF sombre, où une toute petite fille parvient à amener, page après page, un peu de lumière et d’espoir.

Une fois encore, Brian K. Vaughan nous captive, de la première à la dernière case.

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