Quelques suites de séries sont parues dernièrement, et ces nouveaux tomes sont aussi bons que les précédents…
Je ne suis pas un homme : Tome 2 , suite et fin de ce titre sombre et captivant dont le tome 1 a été chroniqué ici.
Le tome 2 de Berry Dynamite est lui aussi paru. Par l’auteur de Lovely Complex, ce shojo délirant raconte les déboires d’une jeune fille montée sur Tokyo pour devenir une star du rock…Et qui se retrouve dans un duo pop ultra kawaïï. (chronique du tome 1 ici).
Et enfin, l’un de mes gros gros coup de coeur de 2010, Chambres Noires, dont le tome 2 vient de paraitre. Une famille un peu foldingue et une ambiance freaks, dans le genre Famille Addams, un graphisme sublime, et pour ce tome, une tournure de plus en plus sombre…Mais qui reste toujours un grand plaisir à lire. Vraiment le genre de petites séries comme j’aime !
Los Angeles, en mai. Brittany Spice, une star pour ado déchue, passée de l’adorable jeune fille à la garce trash, termine une course-poursuite avec des paparazzis en se tirant une balle dans la tête en pleine rue.
Août de la même année, les deux enfants de Virginia, une autre chanteuse, plus âgée, plus célèbre, plus aimée encore, sont enlevés. Et c’est Angela Falcone qui est sur l’affaire. Une enquêtrice que son physique plus qu’avantageux handicape, personne ne semblant prendre au sérieux une aussi jolie fille. Et quand les flics pensent ne pouvoir trouver aucune piste, c’est Virginia elle-même qui leur jette au visage un quelconque magazine people, dans lequel le kidnappeur relate l’enlèvement, photos à l’appui. Mais il y a bien plus urgent, d’après les menaces du criminel, il ne reste plus beaucoup de temps à vivre pour les deux enfants…
Bien sûr, Brittany Spice rappelle une certaine Britney Spears d’il n’y a pas si longtemps, et Virginia une certaine Madonna. Et ce petit détail nous plonge encore plus vite dans cette bd. Un polar parfois violent et brûlant sous le soleil de L.A., pleins de jolies filles et d’illusions. Après tout il n’y a pas que les stars qui savent jouer la comédie.
Voici une nouvelle adaptation d’un polar en bd chez Casterman/Rivages/Noir, tout comme pour Scarface présenté il y a quelques jours.
Billy, un indien de la tribu Hopi, cherche à revendre un diamant d’une grande valeur chez un prêteur sur gage seulement quelques jours après un cambriolage qui a mal tourné. Mais vu la qualité de la pierre, les enquêteurs pensent qu’il y a autre chose, et demandent à un ancien flic indien à la retraite de les aider grâce à ses contacts dans la réserve. Mais ils sont loin d’être les seuls à s’intéresser à la provenance de ce diamant…Entre enquête et chasse au trésor, l’Homme Squelette est en fait l’adaptation d’une vieille légende Hopi par Tony Hillerman, qui reprend les personnages habituels de ses romans.
Une histoire entre légendes indiennes et travers bien humain, du mensonge à l’avidité…
Quand on te dit Scarface, tu penses Tony Montana. J’ai moi-même vu le film une bonne trentaine de fois, mon mec étant très légèrement fan, mais jamais en entier, vu que je m’endors à chaque fois. Pourtant je suis amoureuse d’Al Pacino (dont c’était l’anniversaire hier).
Bref, ce qu’on ne sait pas forcément, c’est qu’au départ, Scarface n’est pas du tout l’histoire d’un cubain qui fait fortune dans la drogue. C’est une histoire de gangster, oui, mais plus classique. Et c’est d’abord un roman inspiré de la vie d’Al Capone, aujourd’hui adapté en bd par le talentueux Christian de Metter, dans la très belle collection d’adaptation de polars Rivages/Casterman/Noir.
Tony Guarino, un gamin de Chicago d’origine italienne, se met à travailler pour un caïd du coin. Quand ça commence à sentir le roussi pour lui, il part à la guerre se faire oublier quelques temps (nous sommes au début du XXème siècle). Il en revient avec une balafre qui le défigure, et se fait une place dans la pègre sous le nom de Tony Camonte. Très vite, son talent, son culot, et son ambition lui font gravir les échelons de la hiérarchie mafieuse et il en devient le patron. Mais une vie de violence peut-elle connaitre un happy end ?
Sombre, dense et violent, Scarface séduira les fans de films de gangster. On y retrouve vraiment l’atmosphère d’un Parrain, et plus encore à Public Ennemies. Le dessin de Christian de Metter est comme d’habitude très beau et rend à merveille l’ambiance de l’époque.
Le comics américain n’est pas uniquement peuplé de super-héros en collant, loiiiiin de là. Si on commence à y plonger le nez, on peut vite y perdre la tête et se retrouver passionné. Car il y a de nombreuses perles.
Delcourt, qui a déjà publié plus d’un gros succès comics en France (ne parlons que de Walking Dead) lance une nouvelle collection : Dark Night, entièrement dédiée au comics.
Le Frisson est un polar, bien sombre et original. Le scénario est signé par le romancier Jason Starr (the Follower, Panic Attack).
Tout débute en Irlande, par une déclaration d’amour. Mais quand Adana décidé de se donner à son amoureux, là, sur la falaise, ce dernier a une attaque. En rentrant chez elle complètement paniquée, son père va lui apprendre son cruel destin…De nombreuses années plus tard, à New York, des hommes sont retrouvés, les uns après les autres, assassinés et mutilés de manière particulièrement sadique et étrange. Martin Cleary, un flic de Boston plus tout jeune, semble savoir des choses qui pourraient aider les enquêteurs…s’ils veulent bien l’écouter…
Sombre, parfois un peu gore, et teinté d’un soupçon de mythologie celtique, le Frisson est un vrai bon petit polar, et un passage réussi pour Jason Starr du roman à la bd, grâce au dessin de Mick Bertilorenzi. Une première sortie qui annonce la couleur pour la collection Dark Night : du tout bon.
Il y a des séries comme ça, où déjà les noms des auteurs annoncent que ça va être bien. Corbeyran (le Chant des Stryges) et Christophe Bec (Sanctuaire, Prométhée…). Bref, un peu du lourd.
Doppelgänger est une série assez classique dans son trait, et ce qu’il faut d’étrange pour être bien prenante. C’est l’histoire d’un mec qui arrive dans la ville où vivait sa mère pour son enterrement. Ça ne tiendrait qu’à lui il repartirait aussi sec, mais le notaire lui explique qu’il y a pas mal de choses à voir pour le testament. Le voici donc obligé de passer la nuit dans une petite pension. Pension où réside d’autres occupants, dont une jeune femme trouble, qu’il avait d’ailleurs déjà croisé plus tôt dans la journée. Mais il y a bien plus bizarre. Depuis l’enterrement de sa mère, il se retrouve régulièrement nez à nez avec…son double (un dopplegänger donc) qui se barre en courant à chaque fois qu’il essaye de s’approcher…
Qu’est ce que tout cela veut dire ? Surtout que dans le village, les évènements aussi inquiétants qu’inexplicables, animaux retrouvés morts, objets qui se brisent, se multiplient depuis son arrivée…
Dopplegänger (qui sera une série en 2 tomes) est donc un thriler fantastique ce qu’il faut d’inquiétant pour passionner les amatrices du genre…De quoi jouer à se faire peur, et ne plus trop savoir à qui se fier, tant tous les personnages semblent avoir des choses à cacher…
L’autre jour, j’avais un peu la flemme de bouquiner. Plutôt envie de rester zoner devant l’ordi (pour changer). Mais voilà, à côté de moi il y avait le tome 1 de Soil, et j’ai décidé d’y jeter un œil…pour ne plus le lâcher. Je crois que j’ai lu là le manga le plus étrange et le plus dérangeant qu’il m’ait été donné de rencontrer (et pourtant j’en ai lu, des mangas étranges et dérangeants…).
Soil est une ‘ville nouvelle’, le genre de quartier résidentiel qui pousse en un instant, et ressemble à une petite banlieue tranquille et familiale (mais tu as vu Edwards au Main d’Argent et Desperate Housewives, tu sais bien que ça n’existe pas, les petites banlieues familiales et tranquilles). Pendant la nuit, il y a eu une coupure de courant, due à la chute d’un poteau électrique à l’extérieur de la ville. Seulement, au même moment, une adorable famille de Soil a disparu, sans laisser de trace. Et, fait étrange, toutes les plantes autour de la maison ont disparu aussi (sans même qu’il ne reste une racine). Yokoi et Onada doivent enquêter sur tout ça, et ça ne sera pas de tout repos…
Le mangaka reprend ici les codes du thriller, du film d’horreur, et nous sert une histoire flippante, tarée, mais bourrée d’humour. N’empêche que ces gens, d’apparence gentils et propres sur eux, sont tous vraiment dérangeants, et l’atmosphère devient vite irrespirable. Le duo d’enquêteurs est bien barré (une jeune recrue super stressée, et un vieux pervers libidineux), et les situations deviennent de plus en plus étranges au fil de la lecture.
Le trait, qui rappelle plutôt certains comics américains que le manga classique, donne un cachet supplémentaire à cette ambiance en même temps aseptisée et répugnante.
Bref, Soil c’est cool, ça fait peur, et c’est addictif. Parfaite petite réussite pour le premier manga des éditions Ankama (tu as vu, cette fois j’ai réussi à tenir jusqu’à la fin pour te glisser que c’était Ankama, et ainsi ne pas commencer par : ‘c’est du Ankama, donc c’est trop bien’, je progresse grandement dans l’argumentation).
Bon, je n’ai pas complètement fini mes chroniques de l’année, mais j’ai envie, aujourd’hui, de dresser un petit bilan très personnel de ce qui a été, selon moi, le meilleur de la bande dessinée, du manga, et du comics (même si pour cette dernière catégorie, j’en ai moins lu) sur tout 2010. Je me dis que ça peut aussi te servir, jeune madmoizelle, à piocher pour trouver quelques idées cadeaux, à J-4. Histoire de briller de mille feux sous le sapin, lors du déballage de cadeau. (les liens sur les titres renvoient vers les chroniques, histoire de te faire une idée).
D’abord. Rappelons la meilleure bd de 2009, et d’ailleurs la meilleure bd du monde à mes yeux. Sublime, émouvante, sexy et délicieuse. Mauvais Garçons, de Dabitch et Flao. Comment te dire. Le dessin de Flao, la plume de Dabitch, des mauvais garçons et du flamenco. Un genre d’équation parfaite.
Cette année, l’histoire la plus touchante, la bd qui m’a collé un sourire en béton armé pour plusieurs heures, c’est Lydie. Une histoire d’amour entre une mère et sa fille décédée, entre cette maman que le sort abime, et tous les habitants de sa rue, qui se plient en quatre pour la voir sourire…
La bd la plus poétique, troublante et étrange, c’est Cœur de Papier. Une histoire sur l’enfance, l’amitié, la maladie, mais bien plus encore…Pleine d’onirisme, de rêveries, de cruauté et de beauté.
La plus adorable bd romantique, c’est Comme ton Ombre, avec au scénario l’auteure de la Rose Écarlate. Un premier tome tout frais et mignon, qui se dévore comme une sucrerie.
La meilleure série fantastique, c’est Zombillénium, d’Arthur de Pins. Drôle et à mille lieue des titres habituels du genre, l’auteur y distille son dessin génial et son talent pour les dialogues qui font mouche. Les monstres c’est plus ce que c’était, et plus d’une Madmoizelle a adoré…Juste derrière quand même, je voudrais reparler de Chambres Noires, une histoire de fantômes et d’escrocs, drôle et barrée, avec un dessin très très beau.
La meilleure série comics, c’est Fables, qui est juste absolument géniale. Le monde des Fables, dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre vous ont déjà succombé…Toujours en comics, une jolie surprise qui s’appelle Scalped, un premier tome violent et prenant, dans la moiteur d’une réserve indienne…
La meilleure série manga, c’est sans conteste Pluto, qui se retrouve d’ailleurs en sélection un peu partout dans les festivals. Une histoire mi-polar mi-SF, un hommage au père du manga comme on le connait aujourd’hui, Tezuka, et tout le talent d’Urasawa, peut-être le meilleur mangaka, et assurément un scénariste de génie. Je n’oublie toutefois pas mon péché mignon, le shojo, avec Cat Street, la nouvelle adorable série de l’auteure d’Hana Yori Dango
Et puis il y a les meilleures suites, parce qu’il y en a deux ex aequo. Freaks’ Squeele, la série aussi géniale que barrée sur des wannabe super héros un rien loser, et Geek and Girly, mon coup de cœur à moi. Malheureusement l’éditeur arrête la publication, mais les deux adorables auteures ont promis de continuer la série sur un autre support !
La palme du plus beau dessin compte également des ex aequo, avec le merveilleux Yaxin the Faun, et le fabuleux Dernier des Mohicans. Je pèse mes mots hein, avec ces deux bd je me suis pris une claque à chaque case.
Ensuite on fait encore plus fort avec un double ex aequo, parce que je serais incapable de les départager. Je décerne le prix (très subjectif, je suis toute seule comme jury, héhé) de la bd la plus drôle, et de la bd la plus stylée à Manabé Shima, le carnet de voyage le plus classe, le plus hilarant, le plus génial du monde, par le tout aussi génial Florent Chavouet, et à Monkey Bizness, qui, derrière un titre digne d’un son de rap US, une couverture chatoyante, et un éditeur qui déboite (sans compter des auteurs au CV plutôt classe : ce sont les mecs des Lascars) cachent une merveille d’humour crétin, de violence gratuite, et de répliques cultes, ça a été ma plus grosse meilleure surprise de l’année. Je m’attendais à un truc pas mal, j’en suis ressorti K.O.
Enfin, la Madmoizelle de l’année, c’est clairement Milady de Winter, aussi sexy qu’effrontée, battante et séductrice. On adore la détester, et puis elle en a tellement bavé qu’on s’attache quand même à elle. C’est une peste, oui, mais une adorable peste…Juste derrière tout de même, la douce Elinor Jones. Tout le contraire de Milady par le caractère, mais pleine de rêve et de créativité. Une héroïne romantique et en même temps très moderne (l’histoire se passe à l’époque victorienne).
Et puis bien sûr, pour d’autres bd, il y a les chroniques bd de Pénélope !
Voilà voila. Une année riche en découverte, en nouveaux talents, en amûûûr, en humour crétin et en dessins qui te mettent une claque. Une année délicieuse en somme, que j’ai aimé partagé avec vous toutes, Mesdemoizelles (instant émotion). Et avec 2011 c’est reparti pour un tour !
Monster est, sans conteste, un incontournable du manga. Le genre de titre qu’il faut avoir lu, impérativement, avant de pouvoir librement critiquer le manga et dire que c’est nul, parce que c’est exactement le genre de titre qui risque de faire changer d’avis. Petit conseil cependant, mieux vaut lire Monster avant XXth Century Boys, un autre chef d’œuvre d’Urasawa, il l’a écrit avant, et la claque risque d’être moins grande tellement XXth Centtury Boys est énorme, mais Monster vachement bien quand même. (oui la prochaine fois je te parlerais de XXth). Urasawa est aussi l’auteur de Pluto, dont je te parlais il y a quelques mois, et qui est sélectionné à Angoulême.
L’histoire se déroule en pleine Guerre Froide. C’est l’histoire d’un chirurgien japonais qui officie dans un hôpital allemand. Un jour, un petit garçon arrive avec une balle dans la tête, et juste après, le maire, lui aussi en mauvaise posture. Le chirurgien décide d’opérer le petit garçon, suivant la règle du premier arrivé, contre l’ordre de son supérieur. Il sauve l’enfant, mais est aussitôt viré. Le lendemain, tous les grands pontes de l’hôpital sont retrouvés sauvagement assassinés, il est tout de suite suspecté…C’est le début pour lui d’une longue enquête, à travers les années et les pays, pour découvrir la vérité.
Urasawa est un scénariste de génie, et on se perd dès les premières pages dans ce polar violent mais passionnant. Il sait aussi créé des personnages denses et surprenants, et les 18 tomes défilent à la vitesse de la lumière. Cette année, son éditeur, Kana, publie la version luxe, très belle, composée de volumes doubles, retravaillés par l’auteur.
Un classique incontournable, autant pour les fans de mangas que pour les amatrices de polars (même celles qui n’ont jamais ouvert un manga, promis vous ne regretterez pas, ou alors vous m’envoyez des lettres d’insultes après).
Je profite de la sortie du tome 4 (sur 5) de cette excellente série, pour te la faire découvrir.
Cellule Poison est sans conteste l’un des meilleurs polars en bd, et c’est avec un plaisir total que j’ai dévoré les 4 premiers tomes…
Claire, jeune fliquette, devient Clara, et infiltre un réseau de prostitution qui démarre en Albanie pour arriver jusqu’en France. Mais ce genre de chose se fait rarement sans égratignure, et Claire n’en ressortira pas indemne. Très bon polar d’infiltration, Cellule Poison décrit également le monde de la prostitution, sans gros effets ni fantasmes, et l’on plonge ainsi dans ce milieu froid et dégueulasse. Mais parce que l’auteur, Laurent Astier, ne se contente pas d’un banal jugement sans profondeur, en plus de décortiquer tous les rouages de ces réseaux, il plonge également son lecteur dans l’histoire de l’Albanie, pays meurtri par l’Histoire.
Tu l’auras compris, j’adore vraiment cette série, aussi passionnante qu’intelligente. C’est le genre d’histoire dans laquelle on s’immerge totalement, suivant avec appréhension le cheminement de Claire/Clara dans ce milieu hostile. La mise en couleur est elle aussi excellente et en met pleins les yeux (on est pas forcément dans une mise en couleur réaliste, plutôt dans des atmosphères) et rajoute encore à l’impression d’être dans l’histoire.
Sombre et brillant, le genre de polar qui séduira toutes les amoureuses du genre, lectrices de bd ou pas. A lire absolument.
Cellule Poison, tome 4 sur Amazon (avec les premières pages)