Posts Tagged ‘musique’
La carrière des Funny Pills n’est pas des plus brillantes. Le groupe de rock est cantonné aux bars minables et n’attire pas les foules. A qui la faute ? C’est peut-être un peu celle de Dave, leur manager, qui parle plus qu’il n’agit. Mais cette fois-ci, il a un super plan à leur proposer : être musiciens sur un bateau de croisière. Ils devront jouer quelques classiques de variété, mais pourront aussi interpréter leurs propres morceaux. Arrivés sur place, ils découvrent que le célèbre producteur Phil Canichor est en vacances sur le navire.
Dans cette bd, Lucie Durbiano fait évoluer des personnages drôles et hauts en couleur. Il y a Mick, le chanteur dragueur, et les musiciens Francis, Charlie et Tobie. Il y a aussi Dave, Cheree, leur seule et unique groupie, le capitaine du bateau, Phil Canichor, sa femme, ou encore Anaïs, une dame âgée très riche… Il y a des histoires qui se terminent, d’autres qui commencent pendant ces quelques jours un peu hors du temps. On passe d’un personnage à l’autre, mais l’auteure ne perd pour autant jamais le fil des intrigues créées pour chacun. Il faudra plusieurs lectures pour noter tous les petits détails cachés en arrières plans, qui sont aussi savoureux que l’action en elle-même. Les dialogues sont drôles, et le dessin joli, frais et pétillant.
Un joli titre, parfait pour les beaux jours, paru dans la collection Bayou chez Gallimard.
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Dans le Japon occupé de la fin des 60′s, Kaoru vient d’emménager dans une nouvelle ville. D’un naturel timide, il est habitué aux déménagements incessants et ne s’est jamais vraiment fait d’amis. Tout ce qu’il a trouvé pour s’évader, et se sentir bien, c’est de passer du temps sur les toits des écoles qu’il fréquente.
Malheureusement pour lui, quand il essaie d’accéder au toit de son nouvel établissement, un colosse garde l’accès…C’est Sentarô, un élève de sa classe turbulent et bagarreur. Exactement le genre de type que Kaoru fuit pour éviter les problèmes.
Lui qui voulait être transparent, va se retrouver à fréquenter Sentarô, mais aussi (et surtout sans doute) la jolie Ritsuko. A leur contact, il va découvrir une autre facette de la musique, qu’il pratique avec sérieux depuis des années. Car si Kaoru joue du classique au piano avec talent, Ritusko est la fille d’un disquaire, et Sentarô, lui, est un batteur passionné de jazz. Sans même qu’ils en aient vraiment conscience, c’est le début d’une amitié sur fond de notes de musiques…
Ce premier tome de Kids on the slope annonce une très très jolie série. C’est d’abord une histoire d’amitié, racontée avec finesse et sensibilité. Il y a ces deux garçons que tout oppose, mais que le destin semble avoir voulu rapprocher. Il y a Ritsuko aussi, l’amie d’enfance de Sentarô. Kaoru ne sait jamais sur quel pied danser avec elle. Est-elle comme ça avec tout le monde, ou la gentillesse qu’elle lui témoigne trahit-elle autre chose ? Et quelle est vraiment la nature de la relation qui unit les deux amis d’enfance ?
Cette série est aussi l’occasion pour l’auteur de raconter un Japon en proie à de grands bouleversements sociaux par le prisme de ces adolescents encore insouciants, mais qui devront bientôt s’engager dans leur vie d’adulte. Et puis il y a bien sûr la musique, ce jazz tout droit venu des États-Unis, qu’à la première écoute certains voient comme des bruits bizarres, mais que Kaoru va apprendre à aimer passionnément.
Le dessin est simple mais très joli et plein de douceur, et l’histoire oscille entre humour et émotion. Un joli manga à la croisée des genres, qui séduira les passionné(e)s de musiques, de shojos, et celles et ceux qui s’intéressent à l’Histoire du Japon.
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Frantz Duchazeau est un magicien. Feuilletez une de ses bd, vous y verrez un trait épuré, mais très beau. Commencez la lecture et là, la musique et les sons résonnent à vos oreilles, les images s’animent. Ça n’est plus une simple bande dessinée que vous lisez, vous regardez un carton des années 30. De la magie, je vous dis…
J’ai découvert le superbe dessin de Frantz Duchazeau avec Dieu qui pue, Dieu qui pète, avec Fabien Vehlmann. Les deux auteurs avaient mis en bd des petits contes africains, pour un résultat aussi beau que génial. Il m’a ensuite mis une des plus grosses claques de ma vie de lectrice avec Meteor Slim, l’histoire tragique et magnifique d’un aspirant bluesman. Il a réalisé, seul ou non, d’autres très belles bd, comme Gilgamesh ou les Jumeaux de Conoco Station.
Il revient ce mois-ci avec Blackface Banjo, un nouveau bijou dans la lignée de Meteor Slim…
Le blackface est une forme théâtrale comique qui a connu un grand succès aux Etats-Unis au XIXème siècle, et a perduré jusqu’à la moitié du XXème siècle. Des comédiens blancs se grimaient en noirs pour amuser le public avec des sketchs d’un goût plus que douteux (la communauté noire n’était pas la seule à être la cible du théâtre comique américain de l’époque, les juifs, les irlandais, les italiens et les allemands avaient eux aussi droits à leurs spectacles parodiques et racistes). C’est dans ce contexte que commence Blackface Banjo, alors que le Coon Coon Clan, un gang de criminels noirs, provoque des incendies lors de représentations de blackface.
Un jeune mendiant noir unijambiste danse sur sa jambe de bois en espérant tirer quelques piécettes de son spectacle. Il est remarqué par un vendeur ambulant qui l’embauche pour faire partie de sa troupe. Il s’y découvre un véritable don pour le banjo et devient dès lors Blackface Banjo. Mais la route vers le succès est longue, semée d’embuches et de déceptions…
Comme à chaque fois, Frantz Duchazeau nous emmène avec lui dans un univers que l’on connait peu, nous le rend familier en nous le montrant de l’intérieur, et nous bouleverse. Dans Blackface Banjo il est question d’amitié, d’amour, de racisme, de pauvreté et de gloire, et puis surtout de musique. Car la musique est partout dans ses bd, résonne à nos oreilles alors que l’on ne fait que lire. C’est une sensation assez dingue. Le dessin lui, est magnifique, très léger, simple, mais vivant. On a vraiment l’impression de voir les personnages se mettre à bouger, évoluer d’une case à l’autre, une simple expression sur un visage peut nous faire rire ou nous mettre les larmes aux yeux. Les dialogues sont d’ailleurs assez rares, mais les attitudes en disent bien plus long que des mots.
Le contexte choisi par l’auteur est dur, parfois violent. Pourtant, Frantz Duchazeau parvient à rendre sa bande dessinée très lumineuse, grâce à son héros, qui, même s’il est pauvre, noir et handicapé, à une époque où un seul de ces trois éléments suffirait à lui assurer une vie difficile, a envie de croire que le sort lui réserve un avenir meilleur.
Un livre magnifique, plein d’humour et de poésie, qui fait pleurer et rire, et qui reste en nous bien après l’avoir refermé…
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Nanami donne bien du fil à retordre à son grand père…enfin c’est plutôt le contraire !
Ils vivent tous les deux au Japon, pendant que la mère de la jeune fille fait carrière dans l’opéra en Italie. Mais pour l’adolescente à l’esprit rebelle et passionnée de musique punk, le quotidien avec un grand père dépensier, et les règles strictes du lycée privée où elle est scolarisée sont autant de raisons d’avoir des envies d’évasion.
Mari Yamazaki, l’auteure du remarqué Thermae Romae raconte, dans ce one shot paru dans la jolie collection Ecritures ce duo formé par une adolescente pleine de rêves et son grand-père, qui essaie de faire au mieux pour élever sa petite-fille, même si elle grandit bien trop vite pour lui.
C’est une histoire pleine d’humour, d’amour familiale, de musique et d’ambition. Nanami a envie d’être libre, et son optimisme est communicatif. L’histoire est inspirée de l’adolescence de Mari Yamazaki, qui bouillait à l’époque des mêmes envies (et a parcouru le monde, depuis). Son dessin est classique, mais très joli, et les petites histoires qui composent Pil forment un quotidien bien rythmé.
Un manga différent et une chronique familiale pleine de tendresse.
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Il est des destins méconnus et un peu tristes, comme celui du Chanteur sans nom.
Vedette dans les années 30 et 40, ce chanteur de bluettes n’a pourtant laissé quasiment aucune trace aujourd’hui. Pourtant, ami de Piaf et d’Aznavour, il était destiné, lui aussi, à briller longtemps…
La première fois que le scénariste a croisé la route de ce chanteur au nom énigmatique, il a été intrigué…puis le hasard, ou le destin, l’a ramené à son souvenir assez souvent pour qu’il s’y intéresse vraiment.
Dans la bd, il met en scène un jeune homme, qui lors d’un petit boulot dans une maison de retraite, a trouvé une boite pleine de vieux souvenirs, et qui s’est donné pour mission de rendre tous ces objets à l’entourage d’un homme dont il ne connait rien. C’est ainsi que, accompagné du fantôme du Chanteur sans nom, il va découvrir, à travers les histoires que lui raconteront ceux qu’il va rencontrer, un homme que l’on devrait détester, mais qui a laissé dans le coeur de tous un souvenir doux et heureux.
Car Rolland Avellis, de son vrai nom, était un petit escroc égoïste, en plus d’être un chanteur caché derrière son loup. Pourtant, bien plus que cela, ce dont se souviennent ses proches, c’est d’un homme qui savait toujours leur redonner le sourire (il a d’ailleurs longtemps vécu chez Edith Piaf, avec comme mission de la faire rire).
Un destin hors norme, et une biographie pleine de l’amour de ceux qui l’ont connu, qui redonne vie à un homme qui a connu la lumière, avant de retomber dans l’oubli. Le dessin et la mise en couleur rendent, eux, parfaitement l’ambiance de l’époque et l’atmosphère des cabarets.
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Retrouvez les nouveautés et les coups de coeur BD de Zaelle / Elsa, 26 ans, passionnée de bande dessinée. Vous pouvez