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Kamakura Diary tome 1, de Akimi Yoshida

Yoshino est une jeune femme de 22 ans qui enchaine les histoires décevantes avec des garçons rencontrés dans des bars. Sa grande sœur l’appelle alors qu’elle est chez un nouveau garçon, et lui apprend la mort de leur père.

Yoshino a deux sœurs, Sachi, l’ainée, la plus sérieuse et la plus adulte, qui travaille comme infirmière, et Chika, la benjamine. Leur père est parti avec une autre femme quand Yoshino avait sept ans, leur mère a fait de même quand elle s’est remariée peu après, confiant la garde des trois filles à leur grand-mère, décédée peu avant que le commencement de ce manga. Depuis, le trio continue de vivre dans la maison où elles ont grandi.

Elles se rendent aux obsèques avec cette impression étrange, pour Yoshino, de venir dire adieu à un inconnu. Entre son souvenir de petite fille, qui lui raconte un père aimant, et l’homme qui n’a pas donné signe de vie pendant toutes ces années, qui était-il vraiment ? Ce moment qui ne devait être qu’une formalité pourrait bien bouleverser pas mal de choses dans le quotidien des trois jeunes femmes…

Kamakura Diary est un titre tout en simplicité et en finesse. L’auteure prend le temps de raconter le quotidien de ses héroïnes, notamment les interrogations de Yoshino, qui se contentait jusque là de vivre sans trop se poser de questions, ni sur son passé, ni sur son avenir. Les dessins sont jolis, mais c’est surtout, vraiment, la sensibilité de l’histoire qui nous touche profondément. Que ce soit dans les dialogues, qui semblent banals sans jamais être anodins, ou dans les émotions qui transparaissent sur les visages des personnages, c’est la vie, celle à laquelle nous sommes tous confrontés, qui nous est racontée. L’occasion d’aborder le deuil, l’absence, l’amitié, l’amour, le mensonge, la maladie, les doutes, l’avenir…et plus que tout, le lien familial, à travers ces sœurs aussi différentes que complémentaires.

Une jolie surprise, et un très joli moment de lecture.

Kamakura Diary tome 1

Good ending, la version garçon du shojo ?

8 septembre 2012  |  Coups de coeur

Good ending est-il un shojo ou un shonen ? je ne saurais le dire. Mais c’est en tout cas une bonne petite série, qui raconte les choses un peu différemment.

Seiji est un lycéen timide, tombé raide dingue d’une fille de son lycée, sans jamais lui avoir adressé la parole. Il se contente de l’observer de loin, jusqu’à ce qu’une fille de sa classe, Yuki, décide sans qu’il ne lui ai rien demandé de l’aider à conquérir sa belle…

Inspiré des jeux de drague qui cartonnent au Japon, Good ending se veut un ‘manuel de séduction à l’usage des garçons timides’, histoire de mieux comprendre les filles. Je ne sais pas si en cela c’est vraiment efficace, mais cette série est vraiment agréable à lire. Le graphisme est beau, les personnages attachants. C’est plein d’humour et de rebondissement, et d’amouuur bien entendu.

Ge-good Ending, Tome 1 sur Amazon

Cette semaine est également paru le tome 3 de Piece, mon dernier gros coup de cœur shojo. Cette suite continue d’être délicieuse, pleine de nostalgie, de secrets qui se dévoilent lentement, et de jolis personnages. Je le conseille absolument aux amatrices de shojos !

Piece, un nouveau shojo coup de coeur chez Kana

Décidément, Kana, après avoir tardé à introduire des shojos à son catalogue, fait les choses très bien. Leurs titres sont toujours de qualité, avec une préférence pour les oeuvres pleines de sensibilités plutôt que pour celles axées sur l’humour. C’est donc rarement la grosse déconnade, mais l’émotion et l’amûûr sont là.

Personnellement, j’ai surtout été marquée par des titres comme Cat Street (série terminée) ou encore Sawako et Akuma to love song (qui continuent de paraître régulièrement, et ne perdent rien de leur qualité au fil des tomes, contrairement à pas mal de séries qui s’essoufflent mais qu’on fait durer sans trop qu’on comprenne pourquoi (enfin si, l’appât du gain)).

Piece est une nouveauté, et c’est à nouveau un gros coup de cœur. Hinako Ashihara a déjà publié chez nous le Sablier (qui était déjà aussi gai qu’un jour de pluie, mais très très joli).

Mizuho est une étudiante comme les autres. À ceci près, sans doute, qu’elle ne semble pas capable d’exprimer le moindre sentiment. Elle vit tout avec beaucoup de détachement, sans se rendre compte qu’elle blesse ceux qui l’aiment.

Une de ses camarades de lycée, Haruko, vient de mourir d’un cancer du sein. Elle se rend aux funérailles même si elle a très peu parlé à cette fille discrète, presque effacée. La cérémonie ressemble d’ailleurs plus à une fête de retrouvailles d’anciens élèves qu’à un jour de deuil. Elle y retrouve pas mal de têtes qui lui rappellent des souvenirs d’une vie pas si lointaine.

Soudain, la mère d’Haruka l’aborde. Et lui raconte comment Haruka lui parlait régulièrement de leur grande amitié (qui n’a jamais existé). Au nom de cette relation, elle a un service à lui demander…

Contre toute attente, ce service est un vrai déclic dans la vie de Mizuho. Elle va partir, avec acharnement, à la recherche des bouts de la vie d’Haruka que celle-ci a caché à tout le monde. Narumi et Yanai, deux de ses camarades vont se joindre à tout ça… Et finalement ces trois jeunes adultes partent peut-être plus à leur propre recherche qu’à celle des secrets de cette fille dont ils ne connaissaient presque rien…

Piece joue sur les flashbacks, qui font évoluer l’histoire et se mêlent à la manière d’un puzzle. Au fur et à mesure que les protagonistes avancent dans leur enquête, ils se remémorent leur propre passé, et évoluent sans même s’en rendre compte. Comme s’ils étaient restés bloqués dans leurs années lycées et que d’y fouiller un peu pouvait enfin les en libérer.

Dans la narration teintée de nostalgie, où se mêlent le passé et le présent, on pense à des titres comme Nana. Le dessin est joli et clair, les personnages mystérieux mais attachants. On apprend à les connaître au fur et à mesure de l’histoire, tout comme eux-même se découvrent. Ce déclic qui intervient en eux, cette envie encore discrète mais bien présente de devenir heureux m’a également fait penser aux histoires sombres mais finalement pleines d’espoir d’Inio Asano.

Piece décrit ce moment où l’on devient adulte, où l’on décide de changer pour rencontrer le bonheur, où on fait la paix avec ses souvenirs d’adolescent, pour pouvoir avancer.

Un très beau shojo, sensible et bien mené.

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Ratman, des super-héros, du manga…

24 avril 2012  |  Coups de coeur

Ratman est à première vue un shonen au graphisme léché et au scénario plutôt original (les super-héros sont plutôt du domaine des comics américains d’habitude) mais qui reste assez classique. Puis glissé au milieu de la lecture, un premier élément un peu…troublant…à se demander si c’est mal traduit, ou si le mangaka était bizarrement inspiré ce jour-là…puis un deuxième. Et au fur et à mesure de la lecture, on comprend qu’en fait Ratman réussit à glisser au milieu d’un shonen classique un humour complètement débile tout en discrétion. Bien sûr comme dans tout shonen il y a de la blague bien évidente, mais à côté de ça, l’absurde apparait sans crier gare même dans les moments de tensions. Et c’est rafraichissant.

Les avancées technologiques sont telles que dans Ratman, devenir un super-héros est possible. Ça n’est pas forcément donné à tout le monde car c’est une question de destin. Un jour, on le devient, si on est au bon endroit au bon moment.

Depuis tout petit, Shuto rêve d’en devenir un. Le souci c’est que ça fait marrer tout le monde, parce qu’adolescent, tout petit, il l’est toujours. Alors ses camarades le charrie en l’imaginant comme ‘le plus petit des super-héros’.

Malgré tout, il garde au fond de lui ce rêve, et abreuve tout le monde avec sa passion.

Et puis un jour, son heure semble enfin venu. Voilà qu’on lui propose de réaliser son rêve…ou presque.

De super-héros, le voilà devenu super-vilain…ou comment passer du rêve au cauchemar.

Mais Shuto n’a pas dit son dernier mot, et ça n’est ni son costume effrayant, ni les missions qu’on lui donne qui l’empêcheront de faire le bien.

Graphiquement, donc, Ratman est déjà une réussite. Le dessin est beau, les costumes et les personnages aussi. L’univers créé est prenant, et le passage du monde des super-héros dans le manga se fait bien. L’originalité donc, c’est cette pointe d’humour crétin un peu partout. Qui peut parfois passer pour des facilités scénaristiques, mais qui rend Ratman un peu à part, et vraiment plaisant à lire.

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Bonne nuit Punpun, la nouvelle merveille d’Inio Asano

13 février 2012  |  Coups de coeur

Inio Asano est un mangaka incroyable, dont j’ai déjà eu l’occasion de parler pour La fin du monde, avant le lever du jour, un recueil d’histoires courtes. Dans chacun de ses titres, il raconte la vie ordinaire avec une délicatesse, une pudeur, un humour souvent noir, mais également une humanité qui prennent aux tripes, et laissent à chaque fois sur le carreau.

Au premier regard, les oeuvres d’Inio Asano ont l’air crues, plutôt trash, et signées par un dépressif. Tout est moche, la vie est injuste, et la nature humaine n’est pas très belle à voir. Mais très vite on se rend compte que c’est tout le contraire. Les histoires que racontent Inio Asano sont comme une petite fleur au milieu d’une décharge. De la beauté, de la poésie, au milieu du chaos.

Après plusieurs titres très ancrés dans le réel, ce nouveau manga, qui est cette fois-ci une série, peut surprendre. D’abord par son héros, que l’on découvre sur la couverture (très jolie au passage, comme souvent les titres de chez Kana sont également de beaux objets). Un espèce d’oiseau, au trait un peu tremblotant, et très naïf. Toute sa famille est comme ça, quand le reste du monde, lui, est tout a fait normal. Et ce n’est que le premier détail qui s’éloigne un peu de la réalité…

Et pourtant, Bonne nuit Punpun est la vie, la vraie. L’histoire d’un petit garçon comme tous les petits garçons. Il a une amoureuse, un peu étrange, une bande de copains, avec qui il entre petit à petit dans l’adolescence. Et puis un jour, suite à une violente dispute, son père envoie sa mère à l’hôpital. Le quotidien de Punpun en est forcément bouleversé. Son père est parti, sa mère se repose (et n’a pas l’air très pressée de retrouver son fils de toute façon), et c’est son oncle qui s’occupe de lui.

Il voit tout ça avec son regard d’enfant, sans trop comprendre ni d’ailleurs, oser poser de questions (et puis au final, personne n’y répondrait vraiment).

Bonne nuit Punpun est une merveille, où Inio Asano raconte avec le talent qui est le sien tout ce qui donne cette saveur si particulière à la vie. Les jolies moments comme les plus durs, l’amitié, l’amour, la peur, les sourires, et tous les petits détails qui font grandir.

A réserver sans doute à celles qui aiment les tranches de vie, les histoires du quotidien, mais qui, pour ma part, est un vrai coup de cœur.

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