Posts Tagged ‘Japon’

Assassination Classroom

4 octobre 2013  |  Manga, Nouveautés de la semaine

L’auteur de Neuro revient aujourd’hui en France avec Assassination Classroom, nouvelle série à succès du magazine de prépublication Shonen Jump.

Cette série déjantée prend place dans le prestigieux collège Kunugigaoka, plus précisement dans la classe de 3ème E, comme ‘échec’. Cette classe de laissés pour compte qui ont échoué dans leurs études est retiré de tout, planant comme une menace motivante pour le reste de l’établissement.

Un jour, un agent du gouvernement arrive dans la classe et présente aux élèves leur nouveau professeur. Une créature surpuissante qui vient de détruire la lune, et menace de faire de même avec la Terre dans un an exactement. Sa seule volonté en attendant est d’être le professeur principal de la classe E. Ne voyant pas d’autre solution, les hautes autorités ont accepté, puis ont fourni des armes à tous les collégiens présents dans la salle avec un seul objectif : tuer cet ennemi avant que l’année ne soit écoulée.

Mais assassiner une sorte de poulpe géant aux capacités de régénérations impressionnantes et qui se déplace à la vitesse de la lumière ne sera pas chose aisée.

C’est sur ce pitch complètement farfelu que démarre Assassination Classroom. Les héros sont des adolescents presque comme les autres, à ceci près qu’ils sont en échec scolaire et que leur quotidien est désormais rythmé par les plus extravagantes tentatives de meurtre sur leur enseignant. En attendant qu’un de leurs plans soit un succès, celui qu’ils ont nommé Professeur Koro va faire son job, et contre toute attente il est assez bon prof…

Et si le meurtre avait des vertus pédagogiques ? Au fur et à mesure du premier tome, on découvre les différents protagonistes de l’histoire. Chaque membre de la classe a un passé qui l’a amené à échouer dans cette classe. Mais le Professeur Koro, aussi étrange soit-il, va les amener à regarder à nouveau vers l’avenir.  Chacun des élèves va devoir puiser dans ses propres capacités, et développer son potentiel pour augmenter ses chances. Dans le même temps, les liens entre eux se renforcent. Car le ‘poulpe’ a été très clair : pour avoir une chance de l’abattre, il faudra qu’ils s’y mettent tous ensemble.

Si l’idée de départ est déjantée, Yusei Matsui livre ici un shônen dans les règles de l’art. Plein d’humour et d’action, le fond de l’histoire est centré sur des valeurs propres au genre : l’importance de l’amitié, les efforts pour s’améliorer et la victoire face au mal.  Avec acharnement et ingéniosité, le Professeur Koro va ramener ses élèves, pour qui plus personne n’avait d’espoir, dans le droit chemin, tout en les initiant au crime…

Assassination Classroom est drôle, très dynamique et délivre un message positif avec un sujet pourtant délicat. Le trait du mangaka est plein d’énergie, et sa créature nous réserve à n’en pas douter encore bien des surprises.

Retrouvez Assassination Classroom tome 1 et tome 2 sur Amazon et chez votre libraire préféré.

Scumbag Loser tome 1

19 septembre 2013  |  Manga

Masashiko n’a qu’une obsession : se rassurer sur le fait qu’il n’est pas le pire des losers. Pour se faire il traque tous ceux qui lui paraissent pouvoir détenir le titre à sa place et les photographie pour sa collection personnelle. Dans sa classe, il est persuadé qu’il y a pire que lui en la personne de Yamada, un adolescent renfermé, sale et encore plus malmené par ses camarades que ne l’est notre ‘héros’.

Mais quand Yamada affirme, photo à l’appui, qu’il a une petite amie des plus mignonnes, Masashiko renchérit avec des photos de la belle Haruka Mizusawa. Quand le lendemain elle intègre son lycée, et même sa classe, il ne sait plus comment se sortir de ce guêpier…Jusqu’à ce qu’elle affirme haut et fort et le sourire aux lèvres qu’ils sortent bien ensemble. Le début d’un conte de fée ?Bien au contraire. Car l’adolescent sait très bien que la jolie fille en face de lui n’est pas du tout qui elle prétend être…

Nouveau manga des éditions Ki-oon, Scumbag Loser est un seinen horrifique original et plein de surprises. Réservé à un public averti, le titre nous oblige malgré nous à nous attacher à ce personnage particulièrement détestable tant la situation dans laquelle il se trouve empire un peu plus à chaque page. Le dessin est très bon, et suffirait à lui seul à nous donner quelques frissons tant il s’en dégage une atmosphère glaciale.

Parfois violent et souvent très glauque, il faudra avoir l’estomac bien accroché pour tenir face au malaise grandissant qui se dégage des pages de ce titre. Les amateurs d’horreurs et de mangas dérangeants seront servis.

Retrouvez Scumbag loser tome 1 sur Amazon et chez votre libraire préféré.

Tokyo Ghoul tome 1

8 septembre 2013  |  Manga

Ken Kaneki est un jeune japonais de 18 ans, timide et passionné de littérature. Il se rend régulièrement dans un petit café pour y admirer une jeune fille qu’il trouve très belle. Un jour, la chance lui sourit et ils commencent à discuter, avant se donner rendez-vous.

Une vie bien ordinaire, à ceci près que Tokyo est peuplé de goules, des créatures qui dévorent les humains et qui font de plus en plus de victimes. Quand le rendez-vous de Ken tourne au cauchemar, le pire survient. Retrouvé inconscient et gravement blessé, il se fait greffer les organes de l’autre victime trouvée auprès de lui, et décédée avant que les médecins ne puissent la sauver. Ce qui lui sauve sa vie va également la gâcher, car l’autre victime était en fait une goule à l’apparence humaine. Ken Kaneki n’est plus un humain, mais pas tout à fait une goule. C’est un hybride qui va se retrouver torturer par son nouvel appétit, alors qu’il conserve en lui toute sa part d’humanité…

Tokyo Ghoul est un shônen sombre et surprenant. Au lieu d’un apprenti héros qui se retrouverait à se battre contre les forces du mal, Ken doit lutter contre ses propres démons, tout en découvrant, de l’intérieur, que rien n’est tout noir ou tout blanc. Il retrouve sa vie d’avant, mais intègre aussi malgré lui la société des goules.

Si quelques éléments manquent pour l’instant au scénario (depuis quand les goules sont-elles apparues ? comment se fait-il que les gens continuent à sortir la nuit s’ils se font si souvent dévorer ?), Tokyo Ghoul reste une histoire vraiment prenante, qui prend le temps de développer les personnages tout en distillant quelques très bonnes scènes d’action. Les références à la littérature, notamment à l’oeuvre de Kafka, sont également aussi originales que passionnantes.

Le dessin est très beau, fin et dense, et rend finalement les goules plus fascinantes à regarder qu’effrayantes.

Ce premier tome annonce une série intéressante, où s’entremêlent scènes de bastons bien réelles et combat intérieur entre la goule et l’humain qui cohabitent en Ken. Une très bonne surprise qui donnait un grand succès au Japon.

Retrouvez Tokyo ghoul tome 1 sur Amazon et chez votre libraire préféré.

Dans un recoin de ce monde

3 septembre 2013  |  Coups de coeur, Manga

Rêveuse et maladroite, Suzu grandit dans le Japon des années 30, entourée de ses parents, de son grand frère et de sa petite sœur. Entre l’école et les corvées à la maison, elle prend parfois le temps de dessiner des paysages et des mangas pleins d’humour.

Quelques années plus tard, en 1944, elle quitte Hiroshima pour Kure, où se trouve une base militaire. Elle part épouser Shûsaku, qu’elle ne connait pas, et intègre par la même occasion le foyer de sa belle-famille. Malgré sa maladresse, elle travaille sans relâche pour aider aux tâches quotidiennes, et fait doucement la connaissance de son époux. Si elle s’applique chaque jour à faire de son mieux, le monde qui l’entoure part peu à peu en lambeaux. Le Japon est mis en difficulté par l’ennemi, et les bombardements s’intensifient, pendant que la nourriture ne s’achète plus qu’au marché noir.

Ce manga de Fumiyo Kouno, que l’on connait surtout pour Le Pays des cerisiers et Pour Sanpei, est d’une délicatesse rare. Si le titre prend place dans une période très dure de l’histoire du Japon, que l’auteure prend soin de nous montrer dans ses détails plutôt que de manière crue, ce qui fait la préciosité de ce titre, c’est la manière qu’a la mangaka de magnifier le quotidien.

Le récit est fait de petits instants de vie et de scénettes pleines d’humour qui rappellent parfois les strips américains de l’époque. On s’attache très vite à la jeune Suzu, qui essaie toujours de faire au mieux pour les autres, mais qui ne peut s’empêcher de laisser déborder ce qu’elle ressent au fond d’elle quand elle se retrouve seule.

Le dessin est rétro et très fin, proche de l’estampe. Par l’intermédiaire de Suzu et de son talent de dessinatrice, Fumiyo Kouno s’amuse à glisser parmi les cases des plans, des recettes, des courriers adressés à la famille de la jeune fille, qui rendent dynamique le récit, alors même que son rythme est très doux (c’est aussi étrange qu’agréable).

Dans un recoin de ce monde a la douceur et la poésie que renferme déjà son titre. Un très joli manga, agréable comme une jolie promenade et tendre comme l’éclosion de sentiments troubles. Mais c’est aussi, entre les lignes, un témoignage bouleversant du quotidien des familles japonaises pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Retrouvez Dans un recoin de ce monde tome 1 sur Amazon et chez votre libraire préféré.

Barakamon, manga feel-good

Même si j’en ai déjà parlé dans la sélection de bd feel good, et dans le best of du premier semestre 2013, je me rends compte que je n’ai pas encore consacré un article entier à Barakamon. Mais cette série est tellement géniale qu’elle mérite que je vous explique plus en détail pourquoi il faut absolument la découvrir !

Seishû Handa est un jeune calligraphe aussi talentueux qu’arrogant. Quand un conservateur de musée critique son travail, il voit rouge et l’assomme. Pour le punir et le faire réfléchir à sa conduite, le père de Seishû l’envoie se mettre au vert sur une toute petite île. Le jeune homme est un pur citadin et s’apprête à vivre un enfer dans ce petit bout de campagne reculé…

Mais le quotidien qu’il va y découvrir va le transformer totalement. Lui qui se voyait déjà vivre reclus à travailler sa calligraphie sans relâche ne peut pas faire un pas sans que les enfants du voisinage ne viennent l’embarquer de force dans leurs aventures. Spécialement Naru, une petite fille qui est aussi espiègle qu’elle déborde d’énergie.

Parties de pèche, fêtes traditionnelles, chasses aux insectes, cours de calligraphie improvisés, goûters, promenades, avec Barakamon ne vous attendez pas à de l’action trépidante, à une tension palpable ou à des rebondissements imprévisibles. Cette série c’est…la vie, tout simplement. L’amitié, les fous rires, les découvertes, le farniente. Le soleil et l’orage, les discussions sans queue ni tête, les rencontres imprévues et les célébrations improvisées. Et tous ces petits riens sont racontés avec une telle justesse qu’on se retrouve à rigoler tout en étant au bord des larmes pour un simple coup de fil qui vire au n’importe quoi.

Si Seishû et Naru sont les personnages centraux et forment un duo génial, tous les autres, nombreux, personnages sont excellents et diablement attachants.

En plus de la joie de vivre qui rayonne littéralement des pages de cette série, c’est aussi une plongée rafraichissante dans un Japon méconnu, celui de la campagne, dont on avait  eu un aperçu dans Manabé Shima de Florent Chavouet. La campagne nippone, c’est un rythme très particulier, un quotidien à part qui fait honneur à la simplicité.

L’auteure, Satsuki Yoshino, nous initie également l’air de rien à l’art de la calligraphie. Même quand on n’éprouvait pas d’intérêt particulier pour le sujet, on se surprend à lire les explications de Seishû, surnommé Maitre Handa par son nouvel entourage, avec passion. Plus encore, ses recherches pour parvenir à créer des calligraphies plus personnelles sont de vrais moments de poésie, et on se retrouve submergé d’émotion devant chacune de ses œuvres, qui marquent au fil de la lecture l’évolution du jeune homme dans son nouvel environnement.

Graphiquement, le trait de la mangaka est simple mais tout en finesse, et les personnages débordent d’expressivité. Elle abandonne parfois son style réaliste pour des visages plus caricaturaux, mais le mélange est savamment dosé.

Barakamon, c’est comme un shoot d’ondes positives, et on devient vite accro. Pour ma part, je termine chaque tome tellement chamboulée que la série a détrôné dans mon cœur Yotsuba& !, que je pensais pourtant à jamais indétrônable. Une petite merveille que je ne peux que vous recommander très très chaudement, si vous n’avez rien contre un voyage dépaysant, dans le quotidien d’une petite île japonaise où résonnent des fous rires communicatifs.

Barakamon tome 1 sur Amazon et chez votre libraire préféré. Parution du tome 6 le 22 août 2013. Série en cours.