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Dans le Japon occupé de la fin des 60′s, Kaoru vient d’emménager dans une nouvelle ville. D’un naturel timide, il est habitué aux déménagements incessants et ne s’est jamais vraiment fait d’amis. Tout ce qu’il a trouvé pour s’évader, et se sentir bien, c’est de passer du temps sur les toits des écoles qu’il fréquente.
Malheureusement pour lui, quand il essaie d’accéder au toit de son nouvel établissement, un colosse garde l’accès…C’est Sentarô, un élève de sa classe turbulent et bagarreur. Exactement le genre de type que Kaoru fuit pour éviter les problèmes.
Lui qui voulait être transparent, va se retrouver à fréquenter Sentarô, mais aussi (et surtout sans doute) la jolie Ritsuko. A leur contact, il va découvrir une autre facette de la musique, qu’il pratique avec sérieux depuis des années. Car si Kaoru joue du classique au piano avec talent, Ritusko est la fille d’un disquaire, et Sentarô, lui, est un batteur passionné de jazz. Sans même qu’ils en aient vraiment conscience, c’est le début d’une amitié sur fond de notes de musiques…
Ce premier tome de Kids on the slope annonce une très très jolie série. C’est d’abord une histoire d’amitié, racontée avec finesse et sensibilité. Il y a ces deux garçons que tout oppose, mais que le destin semble avoir voulu rapprocher. Il y a Ritsuko aussi, l’amie d’enfance de Sentarô. Kaoru ne sait jamais sur quel pied danser avec elle. Est-elle comme ça avec tout le monde, ou la gentillesse qu’elle lui témoigne trahit-elle autre chose ? Et quelle est vraiment la nature de la relation qui unit les deux amis d’enfance ?
Cette série est aussi l’occasion pour l’auteur de raconter un Japon en proie à de grands bouleversements sociaux par le prisme de ces adolescents encore insouciants, mais qui devront bientôt s’engager dans leur vie d’adulte. Et puis il y a bien sûr la musique, ce jazz tout droit venu des États-Unis, qu’à la première écoute certains voient comme des bruits bizarres, mais que Kaoru va apprendre à aimer passionnément.
Le dessin est simple mais très joli et plein de douceur, et l’histoire oscille entre humour et émotion. Un joli manga à la croisée des genres, qui séduira les passionné(e)s de musiques, de shojos, et celles et ceux qui s’intéressent à l’Histoire du Japon.
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Quelques suites de séries dont j’avais apprécié le début :
Chez Ki-oon d’abord, il y a la suite de Prophecy. C’est un seinen ultra sombre, très documenté et prenant sur la cybercriminalité. Paperboy, un homme au visage masqué par un journal en papier, poste des vidéos de lui sur Youtube en prophétisant des ‘punitions’ qu’il va mettre en œuvre dans un délai très court. A chaque fois, ces cibles ont ‘pêchés’ sur Internet. Qu’ils se soient vantés d’actes malfaisants sur les réseaux sociaux où qu’ils utilisent n’importe lequel des autres moyens qui sont à leur disposition pour faire le mal et blesser des gens, Paperboy les punira d’une façon toute aussi cruelle. Tandis que la police tente de l’arrêter, la population voit chaque jour un peu plus cet homme masqué comme un héros. Tetsuya Tsutsui est l’auteur, entre autre, de l’excellent Manhole. Prophecy a été écrit pour Ki-Oon, qui est un éditeur français. Il nous plonge dans un policier hyper réaliste qui nous interroge sur les dérives de notre société. Le dessin est lui aussi très réaliste (et beau), et ce deuxième tome nous fait surtout voir l’action du côté de l’enquêtrice chargée de l’affaire. (ma chronique du tome 1)
Toujours chez le même éditeur, il y a aussi Gisèle Alain dont le deuxième tome vient de paraitre. Cette jolie petite série nous présente le quotidien d’une jeune fille de bonne famille devenue logeuse, et qui décide d’être, en plus, femme à tout faire. A la demande de ceux qui font appel à elle, elle va donc devoir organiser des déménagements, tenir compagnie à une dame âgée…Le graphisme de la série est très doux (et encore plus beau dans ce deuxième tome) et l’histoire, où chaque chapitre est une nouvelle aventure, est pleine d’humour et de légèreté. A l’image de Gisèle, qui par son énergie et son optimisme bouleverse la vie de ses proches. Une très jolie série, différente et agréable à lire. (ma chronique du tome 1)
Chez Kurokawa ensuite, il y a le quatrième tome de Blood Lad. L’histoire de Staz, vampire ultra-puissant et chef de territoire dans le monde des démons, qui préfère largement s’intéresser à la culture japonaise que de se bastonner à longueur de journées. Jusqu’au jour où Fuyumi, une jeune japonaise, atterrit dans son monde, et se retrouve transformée en fantôme. Le garçon jure de lui rendre sa forme humaine, et pour ça il va falloir qu’il sorte de sa petite vie pépère…Cette série mêle baston et humour crétins, avec un soupçon de magie et beaucoup beaucoup de monstres en tout genre. Le graphisme est vraiment chouette, et les monstres sont aussi horribles que très cools. (ma chronique du tome 1)
Et puis enfin Reverend D chez Pika, par Tôru Fujisawa, l’auteur de GTO (mais de nombreuses autres séries toutes aussi déjantées). Ici, le Japon est en proie à des catastrophes aussi nombreuses qu’incompréhensibles. D’abord, il a ces cadavres que l’on retrouve changés en sable. Yui Izumi est une adolescente comme les autres, à ceci prêt qu’elle a des dons de voyance. Et ses dons vont être bien utile à deux jumeaux, prêtres noirs, chargés de combattre les forces du mal. Tôru Fujisawa distille dans l’univers très sombre et violent qu’il a créé, juste assez d’humour un peu débile pour qu’on reconnaisse sa patte au premier coup d’oeil (ça, et son superbe dessin). Le scénario est un peu tiré par les cheveux, mais les scènes de combats en mettent pleins les yeux. Un manga bourré d’action, avec un graphisme explosif, très chargé mais parfaitement maitrisé. (ma chronique du tome 1)
Prophecy tome 2, Gisèle Alain tome 2
, Blood Lad tome 4
et Reverend D tome 2
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Kazuo Kamimura est un auteur d’un immense talent, dont le trait plein de délicatesse rappelle les estampes japonaises. Il a signé des titres tels que Lady Snowblood ou Lorsque nous vivions ensemble, dans les années 70-80, avant de disparaitre prématurément en 1986. Dans Maria, il a décidé de s’attaquer à plusieurs grands tabous C’est un titre très sensuel, mais qui remue aussi en nous beaucoup de questionnements…
Maria est une adolescente japonaise, dans les années 70. Issue d’une famille de nouveaux riches, personne sur son passage ne peut l’ignorer. Il y a sa beauté d’abord, sauvage et délicate en même temps, son caractère impétueux ensuite. Maria ne s’enferme pas dans un genre, vit des histoires charnelles avec des hommes comme avec des femmes. Mais lorsque l’amour la croise, il la bouleverse, la change et l’emplit de gravité bien plus qu’elle ne l’aurait pensé…
Désirs adolescents et adultes, homosexualité et hétérosexualité, adultère, inceste, Maria et les personnages qui croisent sa route vivent tous des histoires en même temps très libres et tourmentées.La jeune fille fait voler en éclat tous leurs secrets. Tous ceux qui la rencontrent deviennent fous d’amour et de désirs pour elle, son regard lucide sur le monde, son apparent détachement, et son immense liberté. Car Maria ne s’enferme dans aucuns des rôles qu’on voudrait lui voir jouer, fille de bonne famille, adolescente sage…
Ce manga, assez rétro dans son dessin, dans sa narration, est en même temps très moderne dans les tabous qu’il bouscule (même si on aimerait bien que l’homosexualité ne soit plus un tabou…mais l’actualité nous montre le contraire) et dans sa manière de les aborder. L’histoire est crue et en même temps pleine de poésie, pleine d’ellipses et de secrets que l’on ne devine qu’à demi-mot. Le rythme est lent et doux, mais bousculé à chaque instant par Maria, entière et pleine d’une joie de vivre qui n’accepte aucune concession. Le dessin de Kazuo Kamimura est sublime, d’une grande finesse. On se retrouve comme tous les personnages, fasciné par toute la sensualité que dégage de Maria. les illustrations qui ouvrent chaque chapitre sont de vrais tableaux.
Un manga sulfureux, surprenant, et une héroïne aussi explosive qu’envoûtante.
Le mangaka Tôru Fujisawa est surtout connu pour sa série GTO qui relate les aventures (très) déjantées d’un jeune prof qui ne voit dans son nouveau métier que la possibilité de draguer de jeunes étudiantes…avant de s’impliquer dans son travail et de réussir à nouer une relation solide avec des élèves à problèmes. Ses séries sont souvent assez différentes mais partagent les mêmes qualités : un beau dessin, clair et riche de détails, des personnages charismatiques et une narration très cinématographique. Et l’auteur parvient toujours à lier scènes d’actions explosives, regard sur la société, et humour complètement débile.
Il revient cette fois-ci chez Pika avec Reverend D, un seinen en 2 volumes teinté de fantastique…
Tokyo, de nos jours. Yui Izumi est une lycéenne comme les autres, à ceci près que depuis petite, elle a des visions. Elle voit dans sa tête des gens mourir, peu avant que cela se produise réellement. Et en ce moment son don est encore plus dur à vivre, car des meurtres mystérieux ont lieu partout en ville : on retrouve les cadavres transformés en sable rouge…La jeune fille ne va pas tarder à croiser la route d’une petite équipe des plus étranges, composée d’un vieux flic toujours la clope au bec, et de jumeaux très bizarre. Ils sont pasteurs, ils sont très doués pour la baston, et ils sont accompagnés de cochons qui parlent. Leur organisation, les Reverends D, lutte contre les Enfants de Salomon, des démons qui sont bien décidés à réduire tous les habitants du pays en sable…
Tôru Fujisawa parvient à créer un univers très dense et sombre, et à le parsemer d’un humour crétin et particulièrement WTF. Si à certains moments on se demande où il veut en venir, on est en même temps complètement happé par l’intrigue et le dessin de l’auteur, qui a encore gagné en finesse et en maturité. Un scénario catastrophe, des démons meurtriers, mais aussi de calmes scènes de lycée, le tout blindés de répliques hilarantes, voilà le cocktail étonnant mais réussi de Reverend D, qui ravira tous les fans de l’auteur.
Raizô Katana est un ado timide et solitaire. Il vit à l’époque Sengoku (équivalent de notre XV-XVIème siècle) et vit tout seul. Sa mère est morte, il n’a plus de famille, et la corne qui orne son front fait peur à tout le monde. Mais sa vie se retrouve bouleversée lorsqu’il tombe sur Kagari, une jeune fille sublime,inconsciente après s’être échouée près de chez lui. Il la soigne, et quand elle reprend conscience elle lui explique être une femme ninja partie à la recherche de son seigneur, un jeune homme avec une corne sur la tête…
Ce shonen nous plonge dans le Japon ancien. Les scènes d’actions s’enchainent car les ennemis du nouveau seigneur sont nombreux. Mais ses pires problèmes ne viennent pas de l’extérieur…Ses fidèles sujets sont bien plus dangereux pour son existence paisible. Il y a la jolie Kagari d’abord, mais aussi Kisarabi, une guerrière mystérieuse (et très sexy) et enfin Himemaru, spécialiste des potions en tout genre, et à l’esprit légèrement dérangé…
Rappi Rangai enchaine les bastons, mais pas seulement sur le terrains, car la petite équipe chargé de protéger leur nouveau seigneur se divise bien vite quand il s’agit de se partager ses faveurs. Et Raizô qui avait l’habitude de faire fuir les filles ne sait plus trop comment gérer la situation…Surtout que pour assoir son pouvoir, il doit épouser une jeune princesse…
Ça part un peu dans tous les sens, mais Rappi rangai reste un shonen plutôt rigolo. Ce n’est que le premier tome, chargé de présenter les personnages, et on peut supposer que l’intrigue va gagner en épaisseur au fil du temps. On en apprend quand même déjà un peu sur le Japon de cette époque, et il a le mérite de présenter les kunoichi, ou femmes ninja. Le dessin est joli et l’humour toujours présent. Les filles ne sont pas très très habillées mais ça fait partie des spécificités du shonen. Un premier tome rigolo, avec une intrigue qui gagne en profondeur sur la fin, laissant augurer du bon pour la suite.
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