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Les Contes de l’ère du Cobra, tome 1

Ah, Enrique Fernandez… Après l’Île sans Sourire et Aurore, voici une nouvelle preuve qu’il sait aussi bien raconter les histoires que les dessiner. Un trait superbe et reconnaissable au premier coup d’œil, et un vrai talent de conteur.

Il revient donc avec Les Contes de l’ère du Cobra. Une histoire inspirée de mille contes, une aventure qui mêle humour et drame, violence et légèreté, un peu coquine parfois, où l’amour et le bonheur devront lutter pour gagner contre la cruauté et la quête de pouvoir. On y croise les Mille et une Nuits, mais bien d’autres récits encore, chuchotés à travers le monde…

Irvi et Sian s’aiment, mais le destin les force à se séparer. La douleur assombrit le cœur d’Irvi, qui se transforme en un tueur sanguinaire et mélancolique. Mais sa puissance sert les desseins de celui qui deviendra le Cobra, un homme en réalité bien malheureux qui estime qu’on doit l’aimer pour sa grandeur et non pour sa personnalité.

Plus le temps passe et plus l’histoire est triste, à croire que le bonheur a décidé de s’enfuir. Mais il est parfois des rencontres qui changent tout, et font renaître une flamme au milieu des cendres…

Les amatrices de contes seront charmées par cette bande dessinée, dont l’histoire envoûtante alterne entre aventure, combats et légèreté. Des personnages hauts en couleurs, des amitiés improbables, et des méchants qui finalement sont bien à plaindre, tant ils sont seuls. Et puis l’Amour, le Grand Amour, qui connaît bien des obstacles mais qui jamais ne s’éteint.

Le tout servi par le dessin somptueux et la mise en couleur magique d’Enrique Fernandez. C’est à la fois un voyage et un feu d’artifice. Un véritable bijou ciselé avec tout le talent d’un auteur à (re)découvrir…

Les contes de l’ère du Cobra : Les amants sur Amazon

Le Long Hiver – 1914

5 mai 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

1914, la guerre débute et c’est avec insouciance et volonté que les hommes partent à la guerre. Convaincus qu’elle ne durera pas longtemps, tout à leur soif de revanche sur les allemands.

Baptise a laissé chez lui sa femme Camille et son fils Jules, et leur écrit régulièrement des lettres pour leur raconter son quotidien. Mais, alors qu’il est déjà ébranlé par la mort, sous ses yeux, de son meilleur ami, c’est finalement de chez lui que le plus dur va arriver. Pendant son absence, son fils fait une mauvaise chute, et meurt.

Dès lors, Baptise se jette à corps perdu dans les combats, semblant habité d’une rage sans fin, et voulant sans doute regarder la mort en face, pour lui demander des comptes.

Mais avant son départ, sa femme lui avait remis un charme à garder autour de son cou, lui faisant promettre de ne pas le retirer. Et s’il a accepté en riant, le sort semble fonctionner. Malgré les risques, aucune balle de l’atteint, et très vite, plus personne ne veut l’approcher.

Car en plus de passer pour un fou, les soldats sont tous persuadés que les balles qui évitent Baptiste finiront forcément sur eux.

Mais parmi les légendes que se murmurent les soldats, il n’est pas le seul sujet de conversation. Plusieurs survivants rapportent d’étranges apparitions sur les champs de batailles. Chevalier en armure monté à cheval, archer, et d’autres apparaitraient au milieu des combats pour venir en aide aux soldats français.

Entre grande Histoire et monde fantastique, les frontières sont souvent plus troubles que l’on ne peut l’imaginer, et le sort va amener Baptiste bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer…

Cette bande dessinée mêle avec succès les genres. Ce premier tome est surtout un récit historique, empreint de l’atmosphère de l’époque, que ce soit au milieu des soldats ou dans les villages où les femmes se retrouvent seules, sans leurs époux. La narration laisse la part belle à l’épistolaire, et le récit sous forme d’échange de lettres est trèsagréable à lire. Au fil du récit, apparaissent petit à petit des touches de fantastique qui surprennent et fascinent en même temps. Un très bon premier tome, prenant, étonnant, et qui donne envie de connaitre la suite.

Le Long Hiver, Tome 1 : 1914 sur Amazon

Conquistador tome 1

Cortés et son armée t débarqué en Amérique pour l’Espagne, mais l’homme est bien plus motivé par les richesses qu’il peut acquérir pour son compte personnel que par un quelconque amour pour son roi. Profitant du fait qu’aux yeux du peuple aztèque, lui et ses soldats sont des envoyés des dieux, tout puissants et immortels, sa soif de pouvoir n’a pas de limites.

Cette fois-ci, c’est après le trésor de l’empereur Moctezuma qu’il en a, et pour l’obtenir il envoie une équipe hétéroclite, composée des meilleurs de ses hommes…Et dirigée par une femme. Parmi les membres de ce groupe, il y a Hernando Royo, un soldat que rien ne semble arrêter, surtout pas les états d’âme…Mais on ne s’attaque jamais sans conséquence à des dieux puissants…

Cette bd d’aventure, pleine de rebondissements, teintée de fantastique, nous plonge dans l’Histoire. Le dessin est beau, et les personnages différents et intéressants.Les apparences sont souvent trompeuses, et on est tout de suite happé par cette mission qui n’a rien d’innocent. Reste à savoir qui des dieux ou des hommes sont les plus dangereux…

Conquistador sur Amazon (premières pages en lecture)

Fables, les contes de fées version comics

20 avril 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  8 Comments

Fables, j’en ai déjà parlé, mais on ne parle jamais trop des bonnes choses. Et puis Urban Comics réédite la série, ce qui me donne une très bonne raison de me répéter.

Donc, c’est presque un ordre : vous devez lire Fables.

Le monde des contes de fée est envahi par un ennemi violent qui ne laisse pas le choix à ses habitants : pour survivre, les personnages de contes s’enfuient vers le monde des humains, notre monde…

Ils y établissent une petite communauté, à New-York. De l’extérieur, ils sont comme tout le monde, mais ils ont reconstitué un endroit accueillant, régi par les mêmes codes que chez eux. Le Roi est devenu Maire, et les différents personnages des contes occupent chacun une place respectable dans ce mini Royaume : Blanche-Neige est adjointe du Maire, le Grand Méchant Loup détective privé…

Et c’est d’ailleurs avec lui que l’histoire commence. Un meurtre d’une rare violence a eu lieu et le Loup mène l’enquête.

Fables, c’est d’abord un univers dense, travaillé, et passionnant. Mais plus encore, un vrai plaisir régressif que de retrouver tous les héros qui ont bercé notre enfance. Sauf que si l’on y croise Cendrillon ou Jack (celui du Haricot Magique), ici c’est à l’adulte que nous sommes devenus que l’histoire s’adresse, et dans la vraie vie, les gentils ne gagnent pas toujours.

Clairement culte pour tous ceux qui l’ont eu entre les mains, ce comics est tout simplement génial. Les différentes histoires nous plongent à chaque fois dans un monde plus riche et complexe. Les auteurs se font vraiment plaisir et nous proposent un éclairage nouveau sur toutes ces histoires lues et relues, comme sur le Prince Charmant, devenu un multi-divorcé qui tente de reconquérir ses ex-femmes/princesses, et tant d’autres délicieux arrangements avec les contes. Ce serait cruel de trop en dévoiler, mais je peux vous promettre que le scénario est vraiment très bon. Drôle, prenant, riche.

Le dessin, assez rétro, peut surprendre, tout comme la mise en couleur. Mais très vite on est tellement captivé qu’on oublie ce qui avait pu déranger sur les premières pages. (Il faut savoir que l’intérieur n’est pas de James Jean, le merveilleusement talentueux dessinateur des couvertures). Et puis les personnages sont parfaits, tout comme les décors…

Là où Fables frappe très fort, c’est en parvenant à marier tout ce petit monde qu’on a croisé mille fois avec des histoires différentes, modernes, et captivantes. Ce premier volume a des allures de polar, mais les auteurs s’amusent aussi avec les genres…

Un incontournable donc, pour les nostalgiques des contes de fées, les fans de polar, les amatrices de comics… pour tout le monde en fait. Goûtez-y, vous m’en direz des nouvelles !

Fables, tome 1 sur Amazon

Fables, tome 15 (la suite de la série est elle aussi chez Urban Comics) sur Amazon

Et Urban Comics m’a proposé de vous faire découvrir les premières pages ! (Cliquez sur les pages pour qu’elles s’affichent en grand)

 

Aliénor tome 1

19 avril 2012  |  Non classé  |  No Comments

Cette bande dessinée est la première d’une série dédie aux Reines de Sang.

Aliénor, Duchesse d’Aquitaine, mariée à 15 ans à Louis XII fut l’une des premières reines à agir sur la politique du pays…Et a marquer l’histoire.

Aliénor est une jeune femme de caractère, bien entendu, être une femme, d’autant plus aussi jeune, devrait l’obliger à rester à sa place, mais elle n’en fait qu’à sa tête. S’attirant autant d’ennemis que d’alliés qu’elle séduit. Car si le jeune Roi lui est tout entier dévoué, il n’est pas le seul…

Intrigante, calculatrice et menteuse, Aliénor est insupportable. Et pourtant, on ne peut qu’admirer sa force de caractère, car sa condition de femme ne l’arrête pas une seconde, à une époque où elle devrait se cantonner à jouer les potiches.

Son histoire est fascinante, et très bien racontée dans ce premier tome. Cette série sera l’occasion de découvrir des parties moins connues de notre Histoire, et des personnages qui l’ont influencée. Des personnages qui, et ça n’est pas si courant à cette époque où elles étaient censées s’effacer derrière leur mari, sont des femmes.

Les reines de sang, Tome 1 : Aliénor, la légende noire sur Amazon

Beauté tome 2

12 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Le tome 2 de cette merveilleuse bande dessinée est sorti mi-mars, je remets donc ici un lien vers ma chronique du premier tome. Cette suite est toujours aussi délicieuse, un dessin magnifique et un scénario tout aussi bon. Pas envie d’en raconter plus pour ne pas spoiler mais Beauté est une série à découvrir, vraiment vraiment.

Beauté, Tome 2 : La reine indécise sur Amazon

Gyakushu tome 3, suite et fin

12 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Il est sorti, il est beau, et il termine superbement cette excellente saga.

Gyakushu, dont je vous parlais pour la sortie de son tome 1 ici, se termine avec son troisième tome. Au final, un comics sombre, violent, torturé, mais aussi une formidable aventure, pleine de bastons, de personnages hauts en couleur (même si c’est en noir et blanc) et de secrets de famille.

Le scénario est grandiose, et le dessin vraiment à la hauteur. Chaque case est superbe. Un vrai vrai gros coup de cœur que je vous recommande donc chaudement :)

Gyakushu !, Tome 3 sur Amazon

Les Seigneurs de Bagdad

7 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Dans le zoo de Bagdad, une lionne discute avec les autres animaux. Elle a un plan pour s’évader et besoin de tous. Mais difficile de les convaincre de lui faire confiance, alors que dans la nature elle est le prédateur et les autres sont les proies.

Au sein même de son petit groupe, composé de son fils, d’une autre femelle et d’un mâle, tout le monde ne rêve pas vraiment de retrouver la dureté de la vie sauvage, alors qu’ici ils ont tranquillité et viande à volonté.

Mais voilà, nous sommes en 2003, et c’est finalement par un bombardement qu’ils se retrouvent à l’extérieur…et qu’il vont devoir expérimenter plus dur encore que la difficile vie sauvage. Le monde dans lequel ils sont libres n’est que violence et danger. Celui de la guerre des Hommes.

Ce comics en un tome, au dessin sublime, est inspiré d’un fait divers réel. Quatre lions se sont bien échappés du zoo de Bagdad suite aux bombardements américains. L’occasion pour les auteurs d’imaginer cette histoire rude et belle, donnant la parole aux animaux sans dénaturer leurs caractères, leur instinct, leurs pulsions.

L’éditeur Urban Comics est en train de rééditer une partie du catalogue Panini, et autant dire qu’ils choisissent des titres de qualité (je reviendrais sur d’autres). Ici, ils ont repassé Les Seigneurs de Bagdad dans un format comics classique (contre un format bd lors de la première édition), et en plus d’être un excellent comics, c’est un très bel objet. Une histoire complète assez dur mais un vrai plaisir à lire.

Les Seigneurs de Bagdad

Monogatari

12 février 2012  |  Non classé  |  No Comments

Passionnées du Japon, de son histoire, voilà une bd étonnante qui devrait vous plaire.

En effet, le monogatari désigne la littérature classique japonaise, née au XIIème siècle. De grands récits épiques qui s’ancrent dans la réalité politique de l’époque.

Ce Monogatari-là est une bande dessinée qui leur rend hommage, avec respect et passion.

L’histoire débute en 1150. Au moment du décès de l’Empereur, tous ceux qui pourraient accéder au trône complotent dans leur coin. Et ceux dont les manigances ont échoué ne vont pas se laisser faire…

Riche d’un nombre impressionnant de personnages (c’est d’ailleurs pourquoi l’auteur les a dessiné sous des traits animaliers comme il l’explique au début de l’ouvrage, afin que l’on ne s’y perde pas) Monogatari nous plonge au milieu d’intrigues tordues et cruelles, tant l’a soif de pouvoir peut rendre certains fous.  On suit ainsi plusieurs familles, dont la destinée va être en un instant bouleversé, quand viendra le moment de choisir son camp.

Dans un format carré original, et avec un très joli dessin, cette bande dessinée nous raconte le Japon Ancien, de manière très documenté mais pourtant passionnante. La hiérarchie, les rapports entre les familles, le sens de l’honneur, sont autant d’éléments très importants Mais Alexandre Akirakuma, l’auteur, glisse des histoires dans l’Histoire. Romances, trahisons, batailles, tous les éléments d’une grande fresque épique sont là.

Une jolie surprise.

Monogatari sur Amazon (avec les premières pages en lecture)

Rising Stars

29 janvier 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  No Comments

Attention tuerie !

Dans le comics, il y a ceux qui reprennent des super-héros déjà existants pour leur faire vivre de nouvelles aventures, et puis ceux qui tentent d’en créer un nouveau (peu de ceux-là restent dans les annales, le lecteur de comics ne va pas abandonner si facilement Spiderman ou Thor…). Et puis, il y a des grands malades, comme J. Michael Straczynski (également créateur de la série Babylon 5) qui, plutôt que d’en créer un…décident d’en créer 113. Bien sûr, ils ne sont pas tous aussi développés, n’empêche que ces cent treize-là n’existaient pas ailleurs que dans son esprit avant la première page de ce génialissime Rising Stars.

1969, une boule de feu traverse le ciel d’une petite ville américaine. On n’en saura pas beaucoup plus sur ce phénomène, mais ces conséquences ont toute leur importance. Car tous les enfants dans le ventre de leur mère à ce moment-là vont développer des pouvoirs. Parfois complètement inutiles, d’autre fois incroyables. Le gouvernement américain, face à tout ça, prend rapidement les choses en main, en essayant de ne pas provoquer de crise ou de panique. Tous les enfants en questions sont rassemblés, étudiés, et dans le même temps on leur apprend à découvrir et à développer leurs capacités.

C’est sur un évènement dramatique, bien des années plus tard, que tout commence. Un meurtre. Plus exactement le second meurtre, et en très peu de temps, d’un des ‘spéciaux’. Les deux victimes sont inconnus du public, et pour cause, leurs pouvoirs sont assez inutiles. Mais l’un d’eux était invulnérable (ce qui en soit parait cool, sauf qu’être invulnérable sans être puissant n’a pas grand intérêt), et l’on peut se demander comment le tueur a trouvé le moyen de lui régler son compte.

Et il n’y a qu’une seule explication. Le tueur connait ses victimes, leurs pouvoirs mais aussi leurs failles. C’est l’un d’eux, un des spéciaux, qui a décidé de faire le ménage parmi leurs rangs. Alors Poète, l’un des plus solitaires et des plus taciturnes de la bande, part à sa poursuite, sans vraiment savoir, pour l’instant, qui de ses cent dix camarades restant a bien pu péter les plombs…

Rising Stars est donc un projet à moitié fou. Celui de créer une histoire incroyablement dense, au sein d’un univers créé de toute pièce, avec un nombre impressionnant de personnages, qu’ils soient importants pour l’intrigue, ou bien seulement secondaire.

C’est comme un Cluedo à grande échelle, où le tueur, caché parmi ses victimes, frappe sans qu’on puisse savoir à l’avance où il le fera, et de manière chaque fois différente.

Et plus encore que le ‘Qui ?’ la question qui hante Poète, c’est ‘Pourquoi ?’. Il va le savoir bien assez tôt, et comprendre que cette vague de crimes va avoir des conséquences inimaginables, que ce soit pour ses congénères, ou pour le reste de l’humanité…

Rising Stars était déjà paru en France il y a une dizaine d’année (ce qui m’a surpris d’ailleurs, car la série n’a pas pris une ride), mais ne s’était jamais terminée, l’éditeur en question (Semic) ayant coulé. Delcourt reprend donc le flambeau et publiera, en trois tomes, l’histoire complète.

Et c’est une très bonne nouvelle car ce comics est vraiment excellent. Que ce soit son scénario hyper prenant, ses personnages géniaux, le dessin vraiment très bon, et même les couleurs, Rising Stars est une petite tuerie. Tantôt drôle ou dramatique, on s’en prend pleins les yeux. L’avalanches de spéciaux pourrait vite tourner indigeste mais il n’en est rien, J. Michael Straczynski réussit le pari fou de rendre ses 113 héros accessibles. Au moins une vingtaine d’entre eux ont une histoire, des pouvoirs et un caractère bien développés, et l’on plonge avec délectation dans cette enquète hors-norme.

A lire absolument si vous aimez les comics, impossible que vous en ressortiez déçu.

Rising Stars, Tome 1 sur Amazon