Il est des destins méconnus et un peu tristes, comme celui du Chanteur sans nom.
Vedette dans les années 30 et 40, ce chanteur de bluettes n’a pourtant laissé quasiment aucune trace aujourd’hui. Pourtant, ami de Piaf et d’Aznavour, il était destiné, lui aussi, à briller longtemps…
La première fois que le scénariste a croisé la route de ce chanteur au nom énigmatique, il a été intrigué…puis le hasard, ou le destin, l’a ramené à son souvenir assez souvent pour qu’il s’y intéresse vraiment.
Dans la bd, il met en scène un jeune homme, qui lors d’un petit boulot dans une maison de retraite, a trouvé une boite pleine de vieux souvenirs, et qui s’est donné pour mission de rendre tous ces objets à l’entourage d’un homme dont il ne connait rien. C’est ainsi que, accompagné du fantôme du Chanteur sans nom, il va découvrir, à travers les histoires que lui raconteront ceux qu’il va rencontrer, un homme que l’on devrait détester, mais qui a laissé dans le coeur de tous un souvenir doux et heureux.
Car Rolland Avellis, de son vrai nom, était un petit escroc égoïste, en plus d’être un chanteur caché derrière son loup. Pourtant, bien plus que cela, ce dont se souviennent ses proches, c’est d’un homme qui savait toujours leur redonner le sourire (il a d’ailleurs longtemps vécu chez Edith Piaf, avec comme mission de la faire rire).
Un destin hors norme, et une biographie pleine de l’amour de ceux qui l’ont connu, qui redonne vie à un homme qui a connu la lumière, avant de retomber dans l’oubli. Le dessin et la mise en couleur rendent, eux, parfaitement l’ambiance de l’époque et l’atmosphère des cabarets.
Le chanteur sans nom sur Amazon (avec quelques pages en lecture)
Gweny erre sur les plages de son île à la recherche d’une bouteille…Voilà déjà cinq ans que son père, qui avait trouvé une carte au trésor dans une bouteille jetée à la mer, est parti à sa recherche et n’a plus donné de nouvelles. Son plan est donc aussi absurde que simple : peut-être un jour trouvera-t-elle une autre bouteille, avec une copie de la carte, ce qui lui fera un point de départ pour partir à sa recherche.
Contre toute attente, la jeune fille finit par réellement trouver une carte sur le rivage, et part à l’aventure, accompagnée par un équipage de pirates (forcément, quand il s’agit d’un trésor, ils ne sont jamais les derniers sur le coup). C’est le début d’un délicieux n’importe quoi, car rien de ce qui va suivre ne va se dérouler comme on aurait pu l’imaginer…
Au dessin, Jason, un des auteurs les plus connus de la bd indé. Au scénario, Fabien Vehlmann, valeur sûre qui n’a à son actif que des perles. De Seuls à Jolies Ténèbres en passant par Les Cinq Conteurs de Bagdad.
L’île aux cent mille morts mêle donc leurs talents respectifs, pour un petit bijou d’absurde, qui fleure bon l’aventure mais n’oublie jamais d’être drôle. Une jolie surprise.
Btooom, c’est le nouveau jeu en ligne que cartonne partout dans le monde. Ryuta est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde dessus, et il y passe tout son temps.
Un jour, il se réveille en pleine forêt, sans aucun souvenir de ce qui a pu l’amener-là…avant de devoir comprendre en quatrième vitesse qu’il n’est pas seul, et à priori plutôt dans un milieu hostile. Et pour cause : le jeune homme se trouve sur une île, dans une version réelle de son jeu préféré. Les règles sont simples, chacun des ‘joueurs’ (qui n’ont rien demandé) sont dotés de 8 explosifs. Chacun a un lot d’armes qui répondent à une utilisation différente qu’ils devront découvrir par eux-même. Pour sortir d’ici, ils doivent ramener 8 puces, prises sur le corps d’autres personnes.
C’est donc dans une lutte à mort que le jeune homme s’engage, bien loin du confort de son fauteuil.
Ce thème de lutte à mort est assez classique dans l’univers du manga (ne citons que le plus culte, Battle Royal), mais fait mouche dès que le scénario est bien fichu, ce qui est le cas ici. Avec un joli graphisme qui plus est.
L’auteur prend le temps de développer ses personnages, et les règles du ‘jeu’ nous sont apprises en même temps que Ryuta les découvre, souvent au péril de sa vie.
Une bonne surprise que ce Btooom, qui ravira les adeptes du genre.
Du temps, pas si lointain pourtant, où j’étais libraire, ce deuxième tome de Sasmira était un genre de légende urbaine. Il faut dire que cela fait 15 ans que le premier volume est sorti, et s’est imposé comme un immense classique de la bande dessinée. Un classique, dont la suite tardait tant à venir qu’on y croyait plus du tout…Et pourtant, voici le tome 2. Vicomte, l’auteur, s’est fait assisté pour celui-ci de Claude Pelet, mais cela ne gâche rien, et ravira sans aucun doute tous ceux qui patientaient sagement (tout comme ceux qui avaient cessé de l’attendre).
Pour celles qui ne connaissent pas l’histoire de Sasmira, un petit résumé tout d’abord.
Stan est un vrai coureur, mais Bertille en est malgré tout éperdument amoureuse. Un jour, le jeune homme fait une étrange rencontre. Une vieille femme s’adresse à lui, semble le connaitre, mais meurt dans ses bras. Cet instant le bouleverse et l’obsède, il sent qu’il doit aller plus loin…Avec pour seul indice une photo jaunie que détenait la dame, et avec l’aide de Bertille, il va découvrir où cette photo a été prise, et décide de se rendre sur place…Mais la jeune femme note quelque chose d’étrange sur la photo, et part rejoindre Stan…Ils ne se doutent pas une minute de l’aventure qui les attend.
L’histoire prend son temps, toute en subtilité et en mystère, le dessin est classique, mais impeccable. Si Sasmira ne m’a pas autant bouleversé que ce qui semble être le cas pour beaucoup de lecteurs, il n’en reste pas moins que c’est une excellente bd. Et l’attente a donc valu le coup, car le tome 2 est aussi bon que le précédent. Pas de facilités ou de lenteurs, l’histoire continue avec la même qualité, autant dans le scénario que dans le dessin.
Une très bonne série à découvrir si ça n’est pas déjà fait, une suite pour celles qui l’attendaient. Un soupçon de fantastique et une bande dessinée qui a durablement marqué les esprits…
Ovide recherche son frère jumeau Gédéon, disparu alors qu’il était parti à la pêche, quelque part aux abord de leur village québecois, Lac-à-l’Ombre. A force de ténacité, il retrouve le chien de son frangin, qui le mènera jusqu’à un lac que tous les habitants du coin évitent, tant les légendes qui circulent à son propos font froid dans le dos.
Sur ce lac, gelé par l’hiver glacial, il fait la rencontre d’une jeune-femme, dont le corps est plongé dans l’eau. Elle lui dit être une sirène, et avoir besoin de son aide pour s’échapper. Le quotidien de ce père de famille, mais aussi celui de tous les habitants du village, va se retrouver bouleversé par cette rencontre…
Cette bande dessinée, qui mêle le quotidien d’un petit village québecois à tout un monde fantastique, inspiré de la mythologie amérindienne, est édité dans la collection Glénat Québec. C’est comme si un univers à la Magasin Général (le scénariste de La bête du lac a d’ailleurs travaillé sur les couleurs de la série) se retrouvait confronté à des monstres marins et à tout un monde qu’ils n’auraient pu imaginer.
Ce mélange donne une bande dessinée vraiment agréable, avec un beau dessin, où les femmes du village sont jalouses d’une sirène, et où les plus anodines des parties de pêches peuvent très, très mal tourner…
La Bible nous raconte comment Marie a été visitée par un ange, lui apprenant sa Destinée…Mais Joseph, lui, quelqu’un lui a dit ?
C’est sur cette question que Michel Faure a inventé la trame de cette bd. Un ange venu du Ciel pour trouver l’élu, celui qui élèvera le fils de Dieu comme son propre fils.
Et cet ange a les traits d’une femme, sublime, qui attire toutes les convoitises. Et qui va donc vite comprendre que, malgré sa pureté à elle et son grand respect des humains, les hommes sont eux, loin d’être tous bons et purs…Comment trouver celui qui conviendra pour sa mission ? Malgré les obstacles et les mauvaises expériences, elle se dirige vers la Galilée, pour accomplir sa destinée…et fera finalement de belles rencontres, en croisant notamment la route de trois hommes : Balthazar, Melchior et Gaspard…trois noms qui rappellent forcément des choses…
On est loin ici d’une bande dessinée religieuse, mais bien d’une aventure qui s’inspire d’un passage de la Bible. L’auteur prend des libertés tout en restant respectueux du Texte Saint et de ses personnages.
Le dessin est beau. Classique et coloré. Et l’univers riche et dense. L’héroïne, ange sexy malgré elle, est intrigante, et les personnages qu’elle croise sont eux aussi très travaillés.
Une bande dessinée qui plaira aux amateurs de bande dessinée historique, car Jésus Marie Joseph s’inscrit dans une époque bien réelle, difficile et violente.
1887. La Tour Eiffel est en pleine construction, et les français investissent des sommes astronomiques pour creuser le canal de Panama.
Mais c’est dans la sombre Perle Pourpre que tout se joue. L’un des bordels les plus réputés de la capitale.
Les femmes y sont sublimes et les clients puissants. Ce soir, justement, une animation un peu spéciale. La virginité d’une jeune demoiselle est mise aux enchères. Chimère, 13 ans, est vendue par la famille qui l’a élevée pour enfin rentabiliser leur investissement.
Mais la petite en a déjà tellement vu, tellement bavé, que son innocence ne ressemble plus du tout à ce que son air doux laisse croire. Et elle va se faire remarquer dès son premier soir en faisant grimper ses propres enchères.
Chimère(s) 1887 est une histoire dans l’Histoire. Une plongée dans l’univers feutré, torride et secret d’un bordel parisien du XIXème. Ce sont autant des histoires de femmes que des intrigues politiques, car les hommes les plus riches et les plus influents de la capitale se pressent et se croisent à la Perle Pourpre.
Le dessin de cette bande dessinée est très beau, les couleurs superbes, et l’atmosphère est parfaitement rendu. Et difficile de dire ce qui est le plus passionnant, entre cette découverte de l’intimité d’un bordel, de ses codes et de ses règles, et cette impression de vivre vraiment la face cachée d’une période de l’Histoire. Et puis il y a Chimère, bien sûr, qui sous ses airs de petite fille sans histoire cache bien des secrets. Comme toutes les filles de la Perle Pourpre, d’ailleurs…
Il y a un peu plus d’un an je te présentais la série Lord of Burger (je te laisse lire ma chronique de l’époque pour en savoir un peu plus). Fin juin, ce sont trois tomes qui sont sortis ! En effet, le premier opus a été entièrement retravaillé, réécrit par endroit, certaines scènes et personnages ont été rajoutés, et cela prend donc deux tomes. Le troisième est lui, une totale nouveauté.
Le format précédent (à mi-chemin entre bd et manga) est passé à un format bd plus classique, mais qui finalement est plaisant à lire également (même si j’aime toujours les formats un peu originaux).
Comme la première fois, c’est une histoire, une série, que j’aime beaucoup. drôle, intéressante et pleine de peps. Et cette suite est dans la lignée du premier tome (qui est devenu deux, tout ça), j’ai pris beaucoup de plaisir à la lire !
Lord of Burger tomes 1 , 2
et 3
sur Amazon (avec chaque fois quelques pages en lecture).
Attention gros GROS coup de cœur que ce Curiosity Shop. J’aimais la couverture, déjà, mais l’intérieur ne m’a pas déçu un instant…
Décembre 1913, en Espagne. Maxima n’a pas vu son père depuis trois ans. Trois ans qu’il l’a envoyée en pension, et que son comportement (qui n’a pour seule but que de se faire renvoyer) provoque l’effet contraire, elle est à chaque fois privée de sortie.
Pourtant cette fois, ça y est, elle a atteint son objectif, elle rentre chez elle, libre.
Mais ça n’est pas le visage inquiet mais aimant de son père qui l’attend à son retour. Car il est mort. Un suicide, lui dit-on…Un père qui attend sa fille se suicide-t-il vraiment ? Et pourquoi ? Mais dès son arrivée, Maxima, que sa mère surnommait Curiosity, découvre qu’il n’était pas vraiment celui qu’elle imaginait…et qu’elle ne peut se fier à personne.
La voilà qui s’enfuit pour Madrid, échapper à un destin dont elle ne veut pas. Ou alors suivre exactement le chemin que son père lui a tracé ?
L’ombre de la Guerre plane déjà, et le futur de Maxima n’est fait que d’absence et de doute. Pourtant, cette demoiselle aussi belle que caractérielle, intrépide et courageuse, n’arrêtera jamais d’aller de l’avant, pour découvrir la vérité.
Le dessin est absolument splendide (tout comme la mise en couleur), le scénario très prenant, mêlant l’histoire de cette héroïne à la grande Histoire, dans un contexte sombre et inquiétant. On y croise des personnages tous plus denses qu’il n’y parait, et il flotte malgré tout une certaine légèreté sur cette bande dessinée, sans doute grâce à l’optimisme à toute épreuve de Maxima, aussi jolie que têtue, aussi insupportable qu’attachante. Science et ésotérisme, religion et politique, pauvreté et bourgeoisie, tout se mélange en un cocktail délicieux. Comme à chaque fois que j’ai un gros coup de cœur, j’ai du mal à être satisfaite de mes alignements de mots mais vraiment : foncez !
Curiosity shop, Tome 1 sur Amazon (avec quelques extraits, pour admirer le superbe dessin…)
Perle Blanche est un dyptique (mais qui continue de donner envie de lire la suite à la fin du tome 2…) plein d’action, d’humour, et au dessin très très très beau.
Perle et Blanche sont sœurs, sans être du même sang. L’une est aussi blanche que l’autre noire, mais elles luttent ensemble contre l’esclavagisme, et causent bien des soucis à ceux venus en Afrique pour faire fortune de cette manière. Mêlant piraterie et vaudou, elles semblent aussi mystérieuses que dangereuses pour leurs ennemis, qui veulent s’en débarasser au plus vite.
Perle Blanche mêle ainsi les genres sans jamais en faire trop, et le duo d’auteurs nous offrent ici une bd d’action des plus agréables. Les personnages sont intéressants, les scènes d’actions se succèdent, et on en regretterait presque le fait que ça soit une série courte (ce qui d’habitude me plait toujours). J’aime le vaudou, j’aime la piraterie, j’aime les filles à fort caractère. je ne peux donc que vous conseiller cette série
Perle blanche, Tome 2 sur Amazon (avec quelques extraits)
