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Pour les vacances, deux enfants vont passer quelques jours chez leurs grands-parents. Leur mémé est gentille, douce, bavarde. Leur pépé est moins facile à cerner. Un peu bougon, solitaire, les enfants ne savent jamais trop s’il est fâché ou content.
Ce séjour, un peu comme une bulle hors du temps, est toujours un bon moment passé tous les quatre…
Loïc Dauvillier et Marc Lizano ont signé l’an dernier l’Enfant Cachée, qui a eu beaucoup de succès. L’occasion pour les Éditions de la Gouttière de sortir une intégrale de la jolie série du duo, la Petite Famille. Ce titre, initialement paru en 3 volumes, mais indisponible depuis plusieurs années, est un très joli moment de lecture.
Les deux auteurs (et Jean-Jacques Rouger, qui signe la colorisation) racontent ici une histoire en même temps intime et universelle. Ce rapport fragile et fort, délicat et finalement si simple, qu’on a dans une famille. En lisant la Petite Famille, ce sont forcément tous nos souvenirs d’enfance qui nous reviennent en tête, tant ils ont su raconter les regards, les silences et les petits moments tous simples qui en font toute la saveur. Mais au-delà de ce lien, cette bd est aussi l’occasion d’aborder le passé de ces anciens qui ont toujours été vieux aux yeux d’un enfant. Il y est aussi question, avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, du deuil, et de ce vide inattendu laissé par ceux qui partent.
L’histoire et le dessin sont aussi pétillants et joyeux l’un que l’autre, mais laissent aussi la part belle aux émotions. Ce joli titre est tout public et parlera autant aux enfants, qui se reconnaitront dans les personnages des deux enfants, qu’aux adultes.
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‘Bienvenue aux Mères Anonymes’. C’est la petite phrase amicale qui accueille les membres de ce cercle de discussion pas comme les autres. A la manière des Alcooliques Anonymes et consorts, dans ce petit groupe, des mamans racontent leur parcours, leurs doutes, leurs peurs et leurs échecs sans jamais (ou presque) être jugées.
Il y a celles qui sont dépassées, celles qui attendent toujours la venue de leur instinct maternel, celles qui doivent gérer le quotidien de mère célibataire, celles qui se comparent aux stars ‘épanouies depuis qu’elles sont maman’.
Gwendoline Raisson et Magali Le Huche signent ici une bd toute en finesse et surtout très vraie. Je n’avais pour ma part jamais rien lu d’aussi juste sur la maternité. Chaque strip fait mouche, oscillant entre humour et émotion. Car les héroïnes de Mères Anonymes cherchent à être de bonnes mères, et en même temps à être simplement heureuses et bien dans leur peau. Les milles avis contradictoires, les angoisses disproportionnées, les copines qui ont toujours des anecdotes d’accouchements qui ont mal tourné, les petites phrases innocentes mais déprimantes que leur balancent leurs enfants, ce corps qu’il faut se réapproprier…Tout y passe, et c’est tant mieux. Parce qu’après tout, il vaut mieux en rire, non ?
Le dessin plein de légèreté de Magali le Huche colle parfaitement aux mots de Gwendoline Raisson. Elle a su croquer des femmes plus vraies que nature, et les attitudes et expressions des personnages sont souvent aussi drôles que ce qui se dit.
Si vous avez des mamans dans votre entourage, ou que vous l’êtes vous-même, Mères Anonymes est le cadeau à leur faire, ou à vous faire. Rigolo et déculpabilisant, c’est un peu comme si deux bonnes copines vous racontaient leurs pires galères. Ça n’apportera aucune solution miracle, mais ça fait du bien quand même.
Les premières planches sont à découvrir sur le site de l’éditeur.
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Florent Maudoux est un auteur extrêmement talentueux. Plus qu’une simple bd, c’est tout un univers qu’il a créé avec Freaks’ Squeele. Et si la série principale est excellente, les deux spin-off qu’il a imaginé sont du même niveau. Ainsi, après le très beau Rouge, dessiné par Sourya, qui aborde l’adolescence de Xiong Mao, c’est au tour de l’énigmatique Funérailles d’avoir sa série rien qu’à lui, et cette fois-ci Florent Maudoux officie au scénario comme au dessin.
Avant de fuir parce que vous n’avez jamais lu Freaks’ Squeele : sachez que vous pouvez (et devriez vraiment) lire Funérailles. Si on retrouve le superbe dessin de Florent Maudoux, et son talent pour raconter les histoires, Funérailles prend place dans une époque lointaine, et ne se base donc pas sur la série principale. Le ton est aussi très différent. C’est d’ailleurs assez bluffant de voir comment il arrive à transposer son style d’un genre à l’autre, sans perdre une miette de ce qui rend sa narration si addictive.
Il était une fois…
…un chevalier valeureux mais pauvre, épris d’une superbe princesse. Le jeune homme parvint à se faire un nom à la seule force de son épée, et pu ainsi épouser l’élue de son cœur. Neuf mois plus tard, le couple eut un fils, Scipio, promis à un brillant avenir…Si Funérailles était un conte de fée, c’est cette histoire qui nous serait racontée. Mais les contes ne sont que ce qu’on veut bien nous montrer, et l’intrigue qui se déroule en coulisse est toujours bien plus complexe que l’on ne l’imagine.
Ici, le beau chevalier n’est pas le seul maitre de sa si admirable destinée, et la naissance de l’héritier marque le début, et non la conclusion, de cette histoire. Car dans le secret de la chambre où elle accouche, la princesse, prêtresse de la maison de l’Araignée, donne naissance à…deux garçons en parfaite santé. Un tel évènement est annonciateur de drames à venir, et la conseillère de Lucianne la convainc aussitôt de se débarrasser du second bébé, avant que quiconque ne soit mis au courant.
Ce que les deux femmes ignorent, c’est que l’enfant a survécu au triste sort qu’elles lui réservaient, y laissant au passage un bras et une partie de son visage. Élevé par un chirurgien de talent, le garçon, baptisé Pretorirus du Serpent par son père d’adoption, grandit, s’instruit…et finit par croiser la route de Scipio.
On ne peut se soustraire au Destin, et tous les habitants de Rem savent que le jour où naitront deux enfants identiques entrainera la fin de la Civilisation. Ce qu’ils ignorent, c’est que ce jour est déjà arrivé…Funérailles prend racine dans les contes et légendes anciennes, mais aussi, comme l’expliquait Florent Maudoux en interview, dans des éléments de notre histoire récente comme la Guerre du Vietnam. On retrouve également, comme dans les deux autres séries, pleins d’éléments de pop culture, des mangas aux jeux vidéos, du comics au cinéma. Et ce mélange d’influences est parfait, offrant un univers aussi riche que dingue.
Le dessin est superbe, et tous les personnages sont beaux, même (et surtout) les freaks et estropiés qui vivent dans les bas-fonds de la cité. L’histoire est ici en couleurs (contrairement à la première édition de Freaks’ Squeele qui est en partie en noir et blanc) mais la colorisation ne s’impose jamais trop pour ne pas dévorer les milles détails qui composent chaque case. Les décors sont grandioses, mais savent aussi s’effacer dans les moments les plus importants de l’histoire. Et s’il se passe énormément de choses dans ce tome, si les personnages interagissent beaucoup, les regards à eux seuls ont bien des choses à raconter. Il y a celui de Scipio, au départ débordant de la joie naïve d’un enfant et qui s’endurcit au fil des pages, quand l’œil valide de Pretorius conserve toujours la même énergie et la même force puisées dans les épreuves qu’il a déjà traversé.
La fin de ce premier volume s’ouvre sur un univers complètement différent, et on ne peut que trépigner d’impatience en attendant la suite (mais le sixième tome de Freaks’ Squeele nous permettra de patienter…).
Funérailles, c’est un livre beau, autant par le dessin que l’objet lui-même (la tranche noire nous plongeant avant même de l’ouvrir dans une atmosphère angoissante), mais c’est aussi, et surtout, une histoire captivante, pleine d’intrigues qui s’entremêlent et de personnages charismatiques. Une saga très sombre, à l’univers dense, qui s’annonce vraiment excellente. Derrière les apparences flamboyantes, la réalité fait froid dans le dos.
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Nanami donne bien du fil à retordre à son grand père…enfin c’est plutôt le contraire !
Ils vivent tous les deux au Japon, pendant que la mère de la jeune fille fait carrière dans l’opéra en Italie. Mais pour l’adolescente à l’esprit rebelle et passionnée de musique punk, le quotidien avec un grand père dépensier, et les règles strictes du lycée privée où elle est scolarisée sont autant de raisons d’avoir des envies d’évasion.
Mari Yamazaki, l’auteure du remarqué Thermae Romae raconte, dans ce one shot paru dans la jolie collection Ecritures ce duo formé par une adolescente pleine de rêves et son grand-père, qui essaie de faire au mieux pour élever sa petite-fille, même si elle grandit bien trop vite pour lui.
C’est une histoire pleine d’humour, d’amour familiale, de musique et d’ambition. Nanami a envie d’être libre, et son optimisme est communicatif. L’histoire est inspirée de l’adolescence de Mari Yamazaki, qui bouillait à l’époque des mêmes envies (et a parcouru le monde, depuis). Son dessin est classique, mais très joli, et les petites histoires qui composent Pil forment un quotidien bien rythmé.
Un manga différent et une chronique familiale pleine de tendresse.
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Pour fêter ses dix ans, le joli éditeur la Boîte à Bulles met en avant, chaque mois, un des plus jolis titres de son catalogue, agrémenté d’une jaquette collector.
J’avais déjà eu l’occasion de vous parler du Cabinet Chinois de Nancy Peña, et ce mois-ci c’est Fille perdue, de Nabiel Kanan, qui est à l’honneur.
Beth est une adolescente qui passe ses vacances dans un camping avec ses parents. Elle s’ennuie énormément, et ressent enfin une vague d’excitation remplir son ventre quand elle croise une jeune fille un peu plus âgée qu’elle, et qui ne semble avoir aucune limite, aucune barrière. Très vite cette fille, dont le caractère semble si opposé au sien, occupe toutes ses pensées. Elles vont passer un bout des vacances ensembles, à discuter, écouter de la musique, et au contact de cette ‘amie’ aussi mystérieuse qu’imprévisible, Beth va changer, grandir, se perdre un peu.
Fille perdue décrit joliment cette envie d’évasion, de surprise, de transgresser les règles propre à l’adolescence. Il ne se passe pas énormément de choses, au fil des pages, mais les réels changements sont intérieurs. D’ailleurs Nabiel Kanan dit bien plus par son dessin que par ses mots, et les regards donnent toute sa profondeur à l’histoire. Son trait est épuré, surprenant, mais très beau. Des centaines de petits traits forment des décors, mais aussi des personnages, de manière très graphique. Pourtant, l’atmosphère qui se dégage de cette bd n’a rien de froid. La bouche sensuelle de Beth, le regard sombre de sa nouvelle amie, la chaleur écrasante de l’été, que l’on devine à l’incroyable luminosité qui se dégage de toute la place laissée au blanc dans les cases, autant de détails qui donnent à cet instant de lecture une ambiance et un rythme particuliers.
Un très joli titre, différent et beau.
Retrouvez les nouveautés et les coups de coeur BD de Zaelle / Elsa, 26 ans, passionnée de bande dessinée. Vous pouvez