Niveau coolitude, le label 619 se pose là. Un humour légèrement crétin vraiment parfait, des dessinateurs ultra talentueux, et un univers génial. Même si le label 619 se nourrit de plein de choses, c’est surtout la culture américaine qui l’inspire : un savoureux mélange de 50′s et 90′s, de rock et de hip hop, avec également une belle place à la culture latino, entre folklore et lucha libre, et un soupçon de guerre des gangs. Bref, pour ma part, c’est tout ce que j’aime, et je sais qu’à chaque fois que j’ouvre un titre de cette collection, éditée par Ankama et dirigée par Run (l’auteur du cultissime Mutafukaz), je vais me prendre une grosse claque. C’est le cas avec Doggybags, qui revient ici pour un deuxième opus.
C’est encore une compilation de trois one-shots (histoires complètes) par des auteurs différents. Leurs points communs étant la surdose d’action, d’hémoglobine et de cinglés. Avec toujours (ou presque) une pointe d’humour, et un dessin qui en met pleins les yeux. Un bel hommage aux pulps, aux comics old school et au cinéma de Tarantino, entre autres.
Pour ce deuxième tome on retrouve : Ozanam et Kieran, qui ont déjà travaillés ensemble sur We Are The Night, pour un road-trip complètement barré où un loser veut débarrasser la planète d’un troupeau d’aliens ultra sexy ; Run (Mutafukaz) est ensuite au scénario pour les deux histoires suivantes, avec pour l’une Guillaume Singelin (The Grocery, King David) au dessin, qui nous amène à la rencontre de gardes-frontière États-Unis/Mexique assez antipathiques, et pour l’autre Mathieu Bablet (La Belle Mort), pour une tuerie dans un avion inspirée d’un fait-réel.
Bref, on n’est pas au pays des Petits Poneys ici, ça dézingue à coups de pieds, de pelle, de marteau. Âmes sensibles s’abstenir, clairement, mais pour les autres, Doggybags se déguste comme un plat très épicé. Ça picote mais on en redemande. Surtout que si les histoires sont complètement barrées, le dessin, lui, est toujours très très bon. Les mecs signés chez 619 sont vraiment excellents, avec chacun un style bien personnel, ce qui fait de cette BD un très beau défouloir. En plus, Doggybags fourmille de bonus où se mêlent textes explicatifs (pour mieux savourer les histoires) et fausses pubs délirantes.
Du tout bon, un mélange explosif de gore et d’énergie à l’état brut, servi par des dessinateurs plus que talentueux. Gros coup de cœur.
Aux Etats-Unis, de nos jours, un vieux et son petit-fils jouent aux dames dans un parc. Le lieu n’est pas anodin. Si le grand-père l’a choisi, c’est pour fêter un anniversaire, celui de la mort de deux hommes, Sacco et Vanzetti. De quoi piquer la curiosité du jeune homme. Et c’est ainsi que le petit vieux revient sur un épisode de l’histoire dont on ne se souvient plus. Une erreur judiciaire, mais plus encore, un pan de l’histoire des Etats-Unis dont on ne parle plus.
Sacco et Vanetti étaient tous les deux italiens, venus aux Etats-Unis dans l’espoir de jours meilleurs. Tous deux, via des parcours différents, sont devenus anarchistes. Luttant, avec des centaines d’autres. Il furent exécutés en 1927, à Boston. mais avant leur mise à mort, leur situation a provoqué des dizaines de manifestations, partout dans le monde. Parce que la Justice va parfois un peu trop vite en besogne pour désigner des coupables, même sans vraies preuves…
Dense et très documenté, cette bande dessinée nous plonge dans les Etats-Unis des années 20, à travers le regard d’un fils d’immigré italien qui a vécu tout ça par le regard de ceux qui l’entouraient (il était lui-même trop jeune pour participer activement à la lutte à ce moment-là). C’est un instantané vraiment intéressant de ce qu’était la vie à ce moment-là, et également un regard sur la Justice, et la Politique, qui s’entremêlent parfois un peu trop volontiers quand il s’agit de servir des intérêts communs…
American Tragedy : L’histoire de Sacco & Vanzetti sur Amazon
Fables, j’en ai déjà parlé, mais on ne parle jamais trop des bonnes choses. Et puis Urban Comics réédite la série, ce qui me donne une très bonne raison de me répéter.
Donc, c’est presque un ordre : vous devez lire Fables.
Le monde des contes de fée est envahi par un ennemi violent qui ne laisse pas le choix à ses habitants : pour survivre, les personnages de contes s’enfuient vers le monde des humains, notre monde…
Ils y établissent une petite communauté, à New-York. De l’extérieur, ils sont comme tout le monde, mais ils ont reconstitué un endroit accueillant, régi par les mêmes codes que chez eux. Le Roi est devenu Maire, et les différents personnages des contes occupent chacun une place respectable dans ce mini Royaume : Blanche-Neige est adjointe du Maire, le Grand Méchant Loup détective privé…
Et c’est d’ailleurs avec lui que l’histoire commence. Un meurtre d’une rare violence a eu lieu et le Loup mène l’enquête.
Fables, c’est d’abord un univers dense, travaillé, et passionnant. Mais plus encore, un vrai plaisir régressif que de retrouver tous les héros qui ont bercé notre enfance. Sauf que si l’on y croise Cendrillon ou Jack (celui du Haricot Magique), ici c’est à l’adulte que nous sommes devenus que l’histoire s’adresse, et dans la vraie vie, les gentils ne gagnent pas toujours.
Clairement culte pour tous ceux qui l’ont eu entre les mains, ce comics est tout simplement génial. Les différentes histoires nous plongent à chaque fois dans un monde plus riche et complexe. Les auteurs se font vraiment plaisir et nous proposent un éclairage nouveau sur toutes ces histoires lues et relues, comme sur le Prince Charmant, devenu un multi-divorcé qui tente de reconquérir ses ex-femmes/princesses, et tant d’autres délicieux arrangements avec les contes. Ce serait cruel de trop en dévoiler, mais je peux vous promettre que le scénario est vraiment très bon. Drôle, prenant, riche.
Le dessin, assez rétro, peut surprendre, tout comme la mise en couleur. Mais très vite on est tellement captivé qu’on oublie ce qui avait pu déranger sur les premières pages. (Il faut savoir que l’intérieur n’est pas de James Jean, le merveilleusement talentueux dessinateur des couvertures). Et puis les personnages sont parfaits, tout comme les décors…
Là où Fables frappe très fort, c’est en parvenant à marier tout ce petit monde qu’on a croisé mille fois avec des histoires différentes, modernes, et captivantes. Ce premier volume a des allures de polar, mais les auteurs s’amusent aussi avec les genres…
Un incontournable donc, pour les nostalgiques des contes de fées, les fans de polar, les amatrices de comics… pour tout le monde en fait. Goûtez-y, vous m’en direz des nouvelles !
Fables, tome 15 (la suite de la série est elle aussi chez Urban Comics) sur Amazon
Et Urban Comics m’a proposé de vous faire découvrir les premières pages ! (Cliquez sur les pages pour qu’elles s’affichent en grand)
Tout comme pour les Seigneurs de Bagdad, l’éditeur Urban Comics reprend la publication de la série 100 Bullets. En publiant, mais également en rééditant les premiers volumes, en cartonné cette fois-ci (les titres chez Panini avaient une couverture souple).
L’occasion pour moi de découvrir une très très bonne série de comics, sous forme d’histoires assez courtes découpées en chapitres.
Imaginez un héros à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. Et puis un soir, un mystérieux inconnu l’aborde, lui raconte quelques détails que le principal intéressé ignorait sur son propre passé. Il lui parle plus précisément de la personne coupable de son malheur actuel… Et puis, pour accompagner sa petite histoire, un ‘présent’ : une arme, et 100 balles non identifiables. Libre ensuite à notre héros de faire ce que bon lui semble.
Chaque chapitre suit un personnage complètement différent, abîmé par la vie, et qui va se retrouver seul à négocier avec son libre-arbitre. D’abord comprendre, peut-être, ensuite réagir…
100 Bullets est un comics sombre, souvent violent. Il capte en quelques pages un tournant dans la vie de ces personnages, qui ne demandaient plus rien, et qu’on met face à un choix irréversible. Les auteurs nous promènent parmi tous ces gens qui se contentaient d’en vouloir au destin, et à qui on propose aujourd’hui un nom, un visage, sur lequel déverser sa tristesse, sa haine, ses envies de vengeances.
Il y a l’ancienne membre d’un gang, encore toute jeune, qui sort de prison et se retrouve immensément seule, son mari et son fils ayant été tués pendant son incarcération. Ou ce barman solitaire, qui était un père de famille heureux jusqu’à ce qu’on retrouve sur son ordinateur des images pédophiles. Ou encore un joueur, un peu tricheur, pour qui la situation commence à sentir le roussi…
100 Bullets se dévore ou se picore, mais se lit en tout cas avec beaucoup de plaisir. L’atmosphère des bas-fonds est parfaitement rendue à travers le dessin un peu torturé, et le thème permet une infinité de variations. De personnages, de situations, de choix. Car clairement, 100 Bullets nous interroge sur notre propre libre arbitre. Que ferions-nous, si l’on avait tout perdu et qu’on nous servait le coupable sur un plateau ?
1967 à Houston. La communauté noire se soulève pour réclamer les droits qui lui sont dus.
Jack est un cameraman blanc, qui va se lier d’amitié avec un professeur noir, actif dans le mouvement de protestation Les deux hommes vont se rapprocher, et leurs deux familles se rencontrent au milieu des tensions de l’époques, en faisant fi des regards courroucés des voisins, et du qu’en-dira-t-on.
Mais quand, lors d’une manifestation, Jack est le seul témoin de la blessure par balle d’un policier, on l’appelle à la barre pour témoigner de ce qu’il a vu. Ce procès risque de faire condamner à mort plusieurs étudiants manifestants. Et ce que dira Jack va autant jouer dans sa nouvelle amitié, que dans la montée des tensions entre les deux communautés…
Le silence de nos amis est autobiographique, le scénariste étant l’un des enfants de Jack, aujourd’hui adulte. Cette histoire d’amitié fragile dans un contexte très tendu offre un regard différent et chargé d’espoir sur ce moment de l’Histoire. Pas de bons sentiments, juste la réalité et ses détails aussi insignifiants soit-ils (par exemple le moment de la rencontre entre les enfants des deux familles, où ils sont tous fascinés par les cheveux des autres).
Je suis toujours sensible aux histoires dans l’Histoire, et le Silence de nos amis est une vraie réussite du genre, qui raconte de l’intérieur une situation complexe.
Zodiaque est la nouvelle série de one shot de chez Delcourt (chez la plupart des éditeurs, on retrouve de plus en plus ce système qui permet de lire, au choix, un seul titre et de parfaitement le comprendre, ou d’acheter la série complète, et de découvrir ainsi une histoire plus dense). Les deux premiers tomes viennent de paraitre. Le Défi du Bélier, et le Secret du Taureau (au cas où le titre de la série n’était pas assez clair, oui il va être questions de signes astrologiques).
Cette série légèrement fantastique raconte donc une histoire différente à chaque fois, mais elles sont toutefois toutes liées.
Dans le premier tome, on suit Stephen Aries, flic de Chicago, qui enquête sur un tueur en série. Ce dernier donne des indices avant de commettre ses crimes, mais la police n’arrive jamais à l’arrêter à temps…Son surnom ? le Bélier. Mais les secrets de son passé rattrape le policier, et semble se mêler inextricablement à l’enquête, faisant de lui le principal suspect…
Dans le deuxième, John Bull est un ex trader reconverti, qui gère tranquillement la fondation qu’il a fondé grâce à sa fortune passée. Mais une jeune journaliste vient le voir, avide d’en savoir plus sur son succès aussi rapide que légendaire dans le monde de la bourse…
Si les histoires, les personnages, les lieux, semblent n’avoir rien à voir, les héros cachent bien des secrets, liés, à ce que l’on en devine à leur signe astrologique. Pour certaines personnes, notre signe astrologique en dit long sur notre caractère, mais si pour quelques élus, c’était bien plus que ça ?
Dans cette série, le fantastique se mêle au quotidien, à travers la vie de 13 personnages (il y aura les douze signes du zodiaque, plus un mystérieux).
On peut un peu regretter que le format one shot empêche un développement aussi dense que le sujet l’aurait mérité. Raconter une histoire de cette manière oblige un peu à faire l’impasse sur le développement de la psychologie des personnages. Cependant, Zodiaque reste une série agréable à lire, avec de bons scénarios et un dessin agréable. Et pour l’instant il n’y a que deux tomes, mais l’histoire pourrait bien prendre de l’épaisseur avec les suivants…
Dans le comics, il y a ceux qui reprennent des super-héros déjà existants pour leur faire vivre de nouvelles aventures, et puis ceux qui tentent d’en créer un nouveau (peu de ceux-là restent dans les annales, le lecteur de comics ne va pas abandonner si facilement Spiderman ou Thor…). Et puis, il y a des grands malades, comme J. Michael Straczynski (également créateur de la série Babylon 5) qui, plutôt que d’en créer un…décident d’en créer 113. Bien sûr, ils ne sont pas tous aussi développés, n’empêche que ces cent treize-là n’existaient pas ailleurs que dans son esprit avant la première page de ce génialissime Rising Stars.
1969, une boule de feu traverse le ciel d’une petite ville américaine. On n’en saura pas beaucoup plus sur ce phénomène, mais ces conséquences ont toute leur importance. Car tous les enfants dans le ventre de leur mère à ce moment-là vont développer des pouvoirs. Parfois complètement inutiles, d’autre fois incroyables. Le gouvernement américain, face à tout ça, prend rapidement les choses en main, en essayant de ne pas provoquer de crise ou de panique. Tous les enfants en questions sont rassemblés, étudiés, et dans le même temps on leur apprend à découvrir et à développer leurs capacités.
C’est sur un évènement dramatique, bien des années plus tard, que tout commence. Un meurtre. Plus exactement le second meurtre, et en très peu de temps, d’un des ‘spéciaux’. Les deux victimes sont inconnus du public, et pour cause, leurs pouvoirs sont assez inutiles. Mais l’un d’eux était invulnérable (ce qui en soit parait cool, sauf qu’être invulnérable sans être puissant n’a pas grand intérêt), et l’on peut se demander comment le tueur a trouvé le moyen de lui régler son compte.
Et il n’y a qu’une seule explication. Le tueur connait ses victimes, leurs pouvoirs mais aussi leurs failles. C’est l’un d’eux, un des spéciaux, qui a décidé de faire le ménage parmi leurs rangs. Alors Poète, l’un des plus solitaires et des plus taciturnes de la bande, part à sa poursuite, sans vraiment savoir, pour l’instant, qui de ses cent dix camarades restant a bien pu péter les plombs…
Rising Stars est donc un projet à moitié fou. Celui de créer une histoire incroyablement dense, au sein d’un univers créé de toute pièce, avec un nombre impressionnant de personnages, qu’ils soient importants pour l’intrigue, ou bien seulement secondaire.
C’est comme un Cluedo à grande échelle, où le tueur, caché parmi ses victimes, frappe sans qu’on puisse savoir à l’avance où il le fera, et de manière chaque fois différente.
Et plus encore que le ‘Qui ?’ la question qui hante Poète, c’est ‘Pourquoi ?’. Il va le savoir bien assez tôt, et comprendre que cette vague de crimes va avoir des conséquences inimaginables, que ce soit pour ses congénères, ou pour le reste de l’humanité…
Rising Stars était déjà paru en France il y a une dizaine d’année (ce qui m’a surpris d’ailleurs, car la série n’a pas pris une ride), mais ne s’était jamais terminée, l’éditeur en question (Semic) ayant coulé. Delcourt reprend donc le flambeau et publiera, en trois tomes, l’histoire complète.
Et c’est une très bonne nouvelle car ce comics est vraiment excellent. Que ce soit son scénario hyper prenant, ses personnages géniaux, le dessin vraiment très bon, et même les couleurs, Rising Stars est une petite tuerie. Tantôt drôle ou dramatique, on s’en prend pleins les yeux. L’avalanches de spéciaux pourrait vite tourner indigeste mais il n’en est rien, J. Michael Straczynski réussit le pari fou de rendre ses 113 héros accessibles. Au moins une vingtaine d’entre eux ont une histoire, des pouvoirs et un caractère bien développés, et l’on plonge avec délectation dans cette enquète hors-norme.
A lire absolument si vous aimez les comics, impossible que vous en ressortiez déçu.
2014. Le nouveau Pape vient d’atterrir à Houston pour une apparition publique historique. Car le successeur de Benoit XVI marque un changement notable. En plus de ses idées modernes, il est noir et né en Afrique.
Autant dire que sa première poignée de main avec le président Obama est des plus symboliques. Mais malgré une organisation rodée et une sécurité à son maximum, un drame se produit. Dans l’immense stade où sont réunis les fidèles par milliers, plusieurs coups de feu retentissent.
Le Pape, grièvement blessé, est amené d’urgence à l’hôpital, et de son côté le FBI s’affaire pour arrêter le coupable le plus rapidement possible…
Mais ça n’est pas un, mais trois suspects, qu’ils retrouvent avec une arme, parmi la foule…
Cette bande dessinée d’anticipation, qui s’inscrit dans un futur très proche, est une réelle réflexion sur notre société, ses changements, ses possibles évolutions. Ce n’est pas seulement l’enquête en elle-même, mais bien tout le contexte imaginé par Will Argunas, qui pousse à s’interroger. Car tout est finalement très réaliste, tout pourrait vraiment se produire…Une bd policière aussi originale que passionnante.
Aaaaah…Guillaume Singelin, aka Blacky. C’est bien simple, je suis amoureuse de son trait depuis que j’ai croisé King David. Chacune de ses cases est une grosse claque, il a un talent dingue.
Autant dire, donc, que j’attendais the Grocery avec impatience, car tous les petits bouts aperçus çà et là mettaient clairement l’eau à la bouche. Et le résultat ? Du pur label 619. Beau, drôle, légèrement crétin et méchant.
Pour rappel, le label 619 chez Ankama, ce sont, entre autre, des petites bombes comme Mutafukaz ou Monkey Bizness, autant dire du très très lourd.
Elliott vient d’arriver dans un quartier légèrement malfamé de Baltimore, avec son père. Ce dernier y a acheté une épicerie. Le petit, plutôt timide, va très vite trouver ses marques et se faire des potes, dans son petit coin de rue. Et quelle bande de potes. Sixteen et les autres, dealers de dopes, pas du genre à traîner sur les bancs de l’école.
Par petites scénettes, on entre donc dans le quotidien du quartier et de la petite bande. On croise les habitants, les gentils comme les beaucoup moins… Car bien sûr dans The Grocery, comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un très très très méchant. C’est aussi l’occasion pour les auteurs d’aborder sans parti pris les conditions de vie dans ces quartiers pauvres américains.
Encore une fois, le style graphique de Singelin fait mouche. Ses personnages sont ultra classes et tout l’univers qu’il a créé est à la fois cradingue et superbe. Le scénario, signé Aurélien Ducoudray, n’est pas en reste. Ça part dans tous les sens, c’est souvent très drôle et parfois trash (certaines scènes sont vraiment violentes).
En fait on retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans le fabuleux Mutafukaz, et si le résultat est très différent, il est tout aussi excellent. Une bd qui va vite devenir culte chez les amateurs du genre. Un énorme coup de cœur.
8 décembre 1980. Alors que John Lennon meurt assassiné, un autre petit John (en hommage au premier d’ailleurs) nait à Paris, d’une mère américaine et d’un père français.
2009, John Duval débarque à New York, dans l’appartement de sa mère. Mais quand le lendemain il ouvre les yeux, il est bien au même endroit…mais en 1960.
Sans rien comprendre à ce qui lui arrive, et sans savoir comment retrouver sa vie, le voici donc plongé dans un quotidien où la musique que lui a fait écouter toute son enfance prend toutes ses racines. Et c’est d’ailleurs quand la fille de ses rêves le délaissera pour un jeune chanteur de folk au talent prometteur répondant au nom de Bob Dylan qu’il prendra une décision qui va (encore) changer sa vie, et cette fois-ci celle de beaucoup d’autres.
Seul, dans sa chambre, il écrit une chanson qui va offrir à son groupe un succès phénoménal. Son titre : Yesterday. Au cas où ça vous rappellerait quelque chose…
Le scénariste, David blot, animateur sur Radio Nova, est évidemment un passionné de musique. C’est pourquoi on sent tout de suite le plaisir qu’il prend à imaginer le quotidien des mecs qui ont, pour toujours, marqué l’histoire de la musique. Plus encore, il s’amuse à imaginer ce que serait le monde sans les Beatles, si quelqu’un leur avait tout volé avant même qu’il ne le crée.
Yesterday, dont le dessin retranscrit vraiment bien l’atmosphère de l’époque, est donc aussi intéressant par son histoire que par son contexte, et, même si c’est une fiction où l’histoire serait réécrite, il n’en reste pas moins qu’on croise, comme des vieux potes, des artistes qui n’imaginent pas une minute ce qu’ils deviendront dans quelques années…
Les premières pages en lecture : Yesterday sur le site de l’éditeur



