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La vie de Tom Katz a perdu ses couleurs depuis la disparition en mer d’Anna, sa femme. Cela fait dix ans qu’il se contente de mettre un pied devant l’autre sans trouver un réel sens à sa vie. Paradoxalement, c’est depuis ce drame que ses livres deviennent immanquablement des best-sellers. Alors, il ne fait qu’écrire, et n’a plus jamais quitté Londres, où le souvenir d’Anna lui offre une présence apaisante.
Mais aujourd’hui Tom a envie d’aller mieux, et il a un nouveau projet de roman qui pourrait bien lui changer les idées. Il part à Santorin, en Grèce, dans un luxueux hôtel peuplé de stars et de milliardaires. Il y croise une célèbre journaliste anglaise qui lui parle de Missise Brown, une jeune femme qui sème le trouble dans l’hôtel depuis quelques temps, sans jamais que personne ne l’ait vu. L’inconnue réside dans la plus belle chambre du Kios Hotel et privatise, sans jamais en profiter, tout ce que l’établissement a de meilleur. Quoi de mieux qu’un tel personnage pour inspirer un écrivain ?
Raphaël Drommelschlager est l’auteur du remarqué Paris-New York New-York Paris. Il revient ici avec un nouveau polar surprenant et très bien construit. Dans Londres Santorin : aller-retour, les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent être, et l’intrigue n’avance à aucun moment comme on aurait pu l’imaginer. Flirtant très légèrement avec le fantastique, l’histoire rappelle les enquêtes que savait si bien écrire Agatha Christie. Ici, comme dans ses romans, on trouve des personnages charismatiques, qui ont tous d’inavouables secrets. Très vite, on ne sait plus démêler le vrai du faux, ni qui manipule qui, on imagine que chaque nouveau protagoniste a quelque chose à se reprocher, et l’auteur nous mène par le bout du nez. C’est une expérience de lecture assez grisante, il faut l’avouer.
Le dessin de l’auteur est très agréable, mais c’est surtout la colorisation qui confère une atmosphère particulière au titre. Car si la vie de Tom Katz est en noir et blanc depuis qu’Anna a disparu, la bd a elle aussi perdu toutes ses couleurs. Le trait est sépia et non noir, le ciel et les ombres se colorent parfois de sépia également, mais à part cela, tout est blanc et vide. Il se dégage de ce choix beaucoup de fraicheur et en même temps, de mélancolie.
Londres Santorin : Aller-retour est une très bonne surprise, qui ravira les amateurs d’enquêtes pleines de rebondissements.
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L’élite de la planète, de la meilleure photographe au scientifique le plus brillant, est invitée à une étrange soirée. Une fois sur place, leur hôte, porte-parole d’une organisation internationale, leur expose les desseins de ceux qui sont aux commandes : un jeu à l’échelle planétaire, des missions taillées sur mesure pour chacun d’eux, et à la fin, un seul gagnant qui saura le pourquoi du comment de toute cette aventure.
Être le meilleur dans ce qu’on fait manque cruellement de challenge, et c’est sans doute pourquoi chacun des invités accepte sans hésitation cette proposition. Des équipes sont alors formées et parmi elles, un groupe de cinq personnages que l’on va suivre tout au long de la série. Leur première mission semble particulièrement banale, ils doivent trouver un vieux jazzman, mais elle va se révéler pleines de surprises…
Ce premier tome de Cutting Edge annonce une très très bonne série. Le scénario est particulièrement originale, le dessin, bien que classique, est très réussi, entre franco-belge et comics. Les personnages sont beaux et charismatiques, et les paysages superbement rendus. Ça tombe bien puisque la bd nous fait voyager dans le monde entier. On prend vite conscience, et la couverture nous l’avait déjà glissé, que chaque moment de cette histoire, chaque personnage, chaque détail, est un rouage de quelque chose de bien plus grand et mystérieux. Celui ou celle qui se cache derrière ce projet aussi fou que secret n’a rien laissé au hasard, mais les joueurs sont, eux, complètement laissés à eux-même…Pourtant, ils ont tous été choisi pour des caractéristiques bien particulières, qui se complètent, et qui leur permettront d’avancer dans cette aventure…
Un dessin très agréable, une histoire remarquablement bien construite et pleine de rebondissements inattendus…Un vrai régal !
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Cameron Daltrey est agent de probation à LA, spécialisé dans les très vilains garçons avec super-pouvoirs. Il paye leur caution, mais est chargé de les retrouver s’ils ne se présentent pas à leur convocation. Au départ il bossait en solo, mais après avoir légèrement dérapé avec un de ces criminels désobéissants, il n’a plus le droit d’accomplir la deuxième partie du job…Accro à la baston, il a trouvé la parade. Une cagoule ornée d’un code barre, et il peut lui-même jouer les chasseurs de prime, en toute impunité. Malheureusement, mener une double vie faite de mensonges et cumuler deux boulots à plein temps, ça ne laisse pas beaucoup de place pour avoir une vie perso.
Scénarisé par Joe Casey (auteur notamment chez DC et Marvel, mais également scénariste de Butcher Baker, publié en France chez Ankama) et dessiné par Charlie Adlard (surtout connu en France pour son travail sur Walking Dead), Codeflesh est un polar sombre et violent, découpé en chapitres où s’entremêlent à chaque fois une nouvelle mission et la vie amoureuse chaotique de Cameron. Les super-pouvoirs sont présents de manière finalement assez discrète, et le héros n’a pour lui que son masque, ses deux poings et la rage qui l’habite.
Le titre s’est fait en ‘creator-owner’, un statut un peu particulier où les auteurs détiennent les droits de la bd. Une position moins sûre financièrement, mais qui leur laisse par contre toute liberté dans le ton, le dessin, leur rythme de travail…Et on sent qu’ils ont vraiment pris du plaisir à faire ce titre (impression confirmée d’ailleurs dans la postface, où le duo raconte la genèse du comics).
Graphiquement, c’est très beau, et un peu torturé. Chacun des criminel à un charisme et une gueule impressionnants. Le noir est omniprésent, rongeant les visages et les décors pour ne montrer que ce qu’il faut. Le titre fait la part belle au monde de la nuit, avec une colorisation dans les tons froids, sauf pour quelques incursions dans le club de striptease où travaille Maddy, la petite amie de Cameron, où le violet apporte une pause sexy dans des tons chauds très à propos.
Ça se bastonne sévèrement dans Codeflesh, mais les auteurs distillent beaucoup d’humour dans les dialogues. Il y a aussi, entre les lignes, une réflexion sur les apparences et sur la difficulté de choisir le bon équilibre entre sa passion (même quand elle implique de tabasser des super-vilains) et sa vie privée.
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Le deuxième volet du tryptique Abymes vient de paraitre, et c’est toujours aussi bien et original. Pour rappel, l’idée de Valérie Mangin, la scénariste : trois histoires liées les unes aux autres par le thème de la mise en abyme (une histoire dans l’histoire). Avec à chaque fois un artiste comme personnage principal, et un dessinateur différent. Le premier tome s’intéressait à Balzac, le deuxième se penche sur le réalisateur Clouzot, et le troisième sera sur la scénariste elle-même.
Henri-Georges Clouzot est un cinéaste encore jeune, mais déjà connu au moment où se déroule la bande dessinée. Le tournage de son prochain film, juste après la guerre, est très mouvementé car on lui reproche ses relations avec l’ennemi pendant l’Occupation. Mais plus encore que les manifestations et les critiques de la presse, c’est au sein du tournage que les problèmes s’accumulent. Clouzot pousse à bout l’actrice principale, Suzy Delair, les réactions avec l’équipe sont très tendues, et, fait inquiétant, un plaisantin remplace les rushs par des scènes réelles qui n’auraient jamais dû se retrouver sur bobines. Le réalisateur frise la folie, et tout le monde se demande si le film pourra voir le jour…
Une nouvelle fois, Valérie Mangin mêle l’Histoire à la fiction, et on a vite du mal à démêler, si l’on ne connait pas bien la vie du cinéaste, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Elle s’amuse avec cette idée de mise en abyme, où l’histoire du film se mêle à l’histoire réelle, et inversement, nous perdant pour mieux nous surprendre ensuite. A nouveau, c’est aussi une plongée au frontière de la folie que l’on retrouve dans ces pages, pour un polar surprenant et très agréable à lire. Le dessin, cette fois-ci signé Loïc Maltani, est classique mais réussi, et s’adapte vraiment au ton de l’histoire, entre bd historique et polar.
Quelques suites de séries dont j’avais apprécié le début :
Chez Ki-oon d’abord, il y a la suite de Prophecy. C’est un seinen ultra sombre, très documenté et prenant sur la cybercriminalité. Paperboy, un homme au visage masqué par un journal en papier, poste des vidéos de lui sur Youtube en prophétisant des ‘punitions’ qu’il va mettre en œuvre dans un délai très court. A chaque fois, ces cibles ont ‘pêchés’ sur Internet. Qu’ils se soient vantés d’actes malfaisants sur les réseaux sociaux où qu’ils utilisent n’importe lequel des autres moyens qui sont à leur disposition pour faire le mal et blesser des gens, Paperboy les punira d’une façon toute aussi cruelle. Tandis que la police tente de l’arrêter, la population voit chaque jour un peu plus cet homme masqué comme un héros. Tetsuya Tsutsui est l’auteur, entre autre, de l’excellent Manhole. Prophecy a été écrit pour Ki-Oon, qui est un éditeur français. Il nous plonge dans un policier hyper réaliste qui nous interroge sur les dérives de notre société. Le dessin est lui aussi très réaliste (et beau), et ce deuxième tome nous fait surtout voir l’action du côté de l’enquêtrice chargée de l’affaire. (ma chronique du tome 1)
Toujours chez le même éditeur, il y a aussi Gisèle Alain dont le deuxième tome vient de paraitre. Cette jolie petite série nous présente le quotidien d’une jeune fille de bonne famille devenue logeuse, et qui décide d’être, en plus, femme à tout faire. A la demande de ceux qui font appel à elle, elle va donc devoir organiser des déménagements, tenir compagnie à une dame âgée…Le graphisme de la série est très doux (et encore plus beau dans ce deuxième tome) et l’histoire, où chaque chapitre est une nouvelle aventure, est pleine d’humour et de légèreté. A l’image de Gisèle, qui par son énergie et son optimisme bouleverse la vie de ses proches. Une très jolie série, différente et agréable à lire. (ma chronique du tome 1)
Chez Kurokawa ensuite, il y a le quatrième tome de Blood Lad. L’histoire de Staz, vampire ultra-puissant et chef de territoire dans le monde des démons, qui préfère largement s’intéresser à la culture japonaise que de se bastonner à longueur de journées. Jusqu’au jour où Fuyumi, une jeune japonaise, atterrit dans son monde, et se retrouve transformée en fantôme. Le garçon jure de lui rendre sa forme humaine, et pour ça il va falloir qu’il sorte de sa petite vie pépère…Cette série mêle baston et humour crétins, avec un soupçon de magie et beaucoup beaucoup de monstres en tout genre. Le graphisme est vraiment chouette, et les monstres sont aussi horribles que très cools. (ma chronique du tome 1)
Et puis enfin Reverend D chez Pika, par Tôru Fujisawa, l’auteur de GTO (mais de nombreuses autres séries toutes aussi déjantées). Ici, le Japon est en proie à des catastrophes aussi nombreuses qu’incompréhensibles. D’abord, il a ces cadavres que l’on retrouve changés en sable. Yui Izumi est une adolescente comme les autres, à ceci prêt qu’elle a des dons de voyance. Et ses dons vont être bien utile à deux jumeaux, prêtres noirs, chargés de combattre les forces du mal. Tôru Fujisawa distille dans l’univers très sombre et violent qu’il a créé, juste assez d’humour un peu débile pour qu’on reconnaisse sa patte au premier coup d’oeil (ça, et son superbe dessin). Le scénario est un peu tiré par les cheveux, mais les scènes de combats en mettent pleins les yeux. Un manga bourré d’action, avec un graphisme explosif, très chargé mais parfaitement maitrisé. (ma chronique du tome 1)
Prophecy tome 2, Gisèle Alain tome 2
, Blood Lad tome 4
et Reverend D tome 2
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