Alice du Pays des Merveilles court gaiement derrière son pote le Lapin Blanc. puis tout à coup, c’est le drame. Elle tombe dans un trou (encore, décidément cette Alice quelle maladroite). Et la voilà qui atterrit dans une jungle hostile et pleine de singe. Pire : les singes la prennent tous pour un mec qui s’appelle Tarzan, et qui a quitté cette jungle il y a bien longtemps.
Le souci c’est qu’Alice ne va pas avoir vraiment le temps de leur expliquer leur méprise, le Tigre, nouveau roi de la forêt, est bien décidé à supprimé Tarzan avant qu’il ne lui reprenne son titre…
Je pense que ce résumé donne une idée du ton d’Alice au Pays des Singes : délicieusement crétin. Bourré de rebondissement, c’est le genre de bd complètement absurde qui fait du bien. On suit donc la fuite d’Alice, aidé par le singe Mandrill, qui finit par la croire quand elle dit qu’elle n’est pas Tarzan, pour essayer de rentrer chez elle avant que le Tigre ne tombe sur elle. Dans sa course, elle croisera pleins de singes, un vieux lord anglais très sympa, une plante carnivore en mal d’aventures, et d’autres encore…
Tebo (Captain Biceps) signe ici un titre tout public drôle et déchainé. La pauvre petite Alice n’a pas trente seconde de répits (mais elle se fait pleins de potes, ça compense). Au dessin, le très très talentueux Keramidas (Luuna) mélange les signes et rend en plus cette aventure superbe à regarder. La forêt est magnifique, et le Tigre majestueux…La course poursuite est donc également une très jolie balade pour les yeux.
Rigoler et en prendre pleins les mirettes, que demander de mieux ?
Alice au pays des singes (avec les première pages en lecture, et, petit bonus, 10 albums dédicacés seront glissés parmi les précommande passées jusqu’au 30 avril sur Amazon)
Deux suites de séries coups de cœur sont parues tout récemment. Petite piqure de rappel donc, avec un lien vers leurs chroniques en cliquant sur le titre.
D’abord le deuxième tome de 3 Souhaits, une série bourrée d’action au pays des Mille et Une Nuits. Au programme, encore plus d’actions, des révélations et toujours ce superbe dessin qui en met plein la vue.
3 Souhaits, Tome 2 : La cité aux mille colonnes sur Amazon, avec quelqes pages en lecture
Et puis, l’une des grosses claques de la fin 2011 pour moi, Gyakushu. Cette série, qui sera en trois tomes, est en même temps sombre et lumineuse, violente et poétique. Un roman graphique où s’entremêlent des sentiments très fort et des scènes de bastons mémorables. Le tout dans un univers dense et passionnant. Où comment le Roi des Voleurs a qui on a tout pris, revient pour se venger. On nous prévient dès le début que ça ne finira pas bien, et effectivement, ce deuxième tome n’est pas riche en bonnes nouvelles non plus, n’empêche que c’est beau, prenant, et qu’on en ressort un peu abasourdie.
Attention d’abord, âmes sensibles s’abstenir. Minus est trash, glauque, et sans concessions.Pas vraiment étonnant de la part de Rica, qui avait déjà marqué les esprits avec E dans l’eau.
Minus est ce genre de mec, comme il y en a des tonnes, qui regarde le reste du monde avec mépris et condescendance. Mais, parce que c’est bien plus confortable, il fait semblant d’être un genre de branleur sympathique, sympa avec ses parents parce que c’est moins fatigant, sociable avec ses collègues, mais pas trop, parce qu’il n’a pas particulièrement envie que ces minables soient ses amis, et avec cet air suffisamment investi pour que personne ne se penche sur la qualité très douteuse de son sérieux au travail.
Au final, on se demande assez vite qui est vraiment le plus minable. Minus est seul, n’a ce job que parce que son père l’a pistonné, et a pour principal hobby de regarder des pornos cheap et glauques sur internet.
Tout ça, c’est jusqu’à ce jour où Minus reçoit, semble-t-il par erreur, une de ses poupées made in Japan, destinée à satisfaire tous les fantasmes. Et avec ‘Tsuki’, il va très vite perdre pied. Et oublier tous ses efforts pour ne jamais faire de vague. Forcément, quand on saute tout ce qui bouge, notamment la totalité de ses collègues de bureau, on peut repasser pour la discrétion. Le branleur sympathique devient une sorte de déchet obsédé par la chose, encore plus pathétique qu’il ne l’était jusque là secrètement. Minus a sans doute touché le fond…mais il y a peut-être de l’espoir, même pour les pires raclures…
Que ce soit au niveau du scénario, ou du dessin, Rica n’aime pas vraiment la guimauve. Le dessin, assez excellent (j’allais dire beau, mais concrètement, ses personnages ne répondent pas vraiment au qualificatif beau), proche du comics underground américain. Ses atmosphères, cette manière de raconter de manière crue et presque viscérale la descente aux enfers de son anti-héros, font mouche. C’est pleins de corps nus, couverts de sueur, qui s’entremêlent, d’insectes et de noirceur. Et pourtant, Minus est lumineux. Je l’ai même refermé en me disant que Minus était mignon, c’est dire si Rica sait faire ce qu’il veut de notre cerveau.
2315. La race humaine perd peu à peu ses instincts, dont celui de se reproduire. Pour remédier à l’énorme baisse de la natalité, des scientifiques ont l’idée d’incorporer des gènes animaux dans l’ADN humain. Les naissances reprennent, mais ce ne sont plus seulement des hommes, mais plutôt des hommes-rhinocéros et autres femmes-puma. Et petit à petit, cet instinct animal prend le dessus sur leur humanité…
Mais est-ce vraiment un accident ou bien l’œuvre d’une personne malfaisante ? C’est ce que va vite découvrir Vanessa, elle-même femme-panda, dont la simple existence semble intéresser beaucoup de gens, notamment l’homme responsable de cette catastrophe…
Une série SF au très beau dessin et à l’univers original, Pandamonia regorge d’action et de filles sexy. Que pour le coup je trouve vraiment sexy et pas à moitié dérangeantes comme celles des pub Orangina. Une bonne série qui soulève aussi bien des questions. Sur l’homme, sur la science et la manière dont on l’utilise…
Pandamonia, Tome 1 sur Amazon (premières pages en lecture)
Je t’en parlais comme d’un coup de cœur à l’occasion de la sortie du tome 1, et je suis toute aussi enthousiaste après lecture du tome 2.
Je te laisse aller jeter un œil via le lien pour un résumé de la série, mais cette bd vaut vraiment le détour ! Un univers passionnant, des personnages denses et attachants, et un dessin magnifique…
Une petite merveille !
L’Appel des Légendes est le premier tome d’une série cool. Une série qui mixe action et magie, humour et baston.
Cathya Mac Findly est une jeune femme, spécialiste des contes et légendes. Fraichement diplômée, elle obtient un job des plus étonnant. Elle va diriger une section secrète, le Groupe d’Intervention Cryptozoologique. Une petite équipe chargée de résoudre des mystères, et d’accomplir des missions, toutes liées au Petit Peuple. Oui mais voilà, entre connaitre le monde des fées comme il est raconté dans les contes, et la vérité, il y a un pas. Accompagnée par 4 coéquipiers, la voici qui part pour sa première mission : trouver Excalibur.
Dans le descriptif de l’éditeur, on parle d’un mix de MIB, Hellboy et Merlin l’Enchanteur. je ne saurais mieux dire. Drôle, décalé, bourré d’action, l’Appel des Légendes remet les fées au goût du jour (et elles ne sont pas toujours très sympas). Un dessin de qualité, et une histoire qui va de rebondissement en rebondissement. Une plongée dans le fantastique version XIX ème siècle (ce qui rappelle donc MIB, ils sont là, c’est juste qu’on ne le sait pas), et des personnages intéressants (entre autre un ancien soldat, recruté pour son don pour ‘sentir’ les personnages magiques, et qui avait passé ces derniers mois à l’asile). Bref, une vraie bonne petite série d’action.
Les bd de chez Drugstore sont toujours atypiques, souvent dérangeantes, et en tout cas vraiment d’une qualité indéniable. On n’aimera pas tout, forcément, mais quand même, voir leur logo sur la bd est la preuve qu’une grande attention a été portée au titre avant qu’il ne soit édité.
Ivan Brun avait déjà pas mal fait parlé de lui avec son précédent opus chez l’éditeur, No Comment. Une bd sans texte, avec un dessin faussement mignonnet, et des thèmes très trash. Avec War Songs il reprend le même principe, mais cette fois-ci en se concentrant sur le sujet de la guerre.
Businessmen sans cœur, terroristes, jeunes soldats, victimes innocentes et vrais pourris, War Songs passe, d’une scènette à l’autre, d’un coin de la planète à l’autre, d’une vie à une autre. La mise en page très sobre, l’absence de parole et le trait si particulier d’Ivan Brun apporte à ses histoire une apparente légèreté qui les rend finalement encore plus dures et crues.
En quelques pages, un jeune un peu paumé se fait embrigader, des gens meurent, d’autres s’enrichissent.
Un regard sans concession sur notre société et ses dérives. Dérangeant mais surtout très vrai.
Les bd d’action, ce n’est pas forcément le genre vers lequel je me tourne naturellement. Pourtant j’adore ça, mais il est vrai que souvent, quand les scènes de bastons claquent, le scénario fait un peu défaut.
Mais pas dans 3 Souhaits. Prenez les contes des 1001 nuits, mixez-les avec le meilleur du jeu vidéo et du film d’action, et vous aurez une bd à l’univers particulièrement bien foutu, avec un graphisme vraiment classe, et une histoire qui envoie.
Après le massacre de toute sa famille, un petit garçon est sauvé et élevé par Sinan, un homme aux pouvoirs puissants. Ce dernier lui explique que c’est Allah lui-même qui lui a confié ses pouvoirs pour lutter contre Saladin, seigneur sanguinaire qui gouverne le peuple musulman par la violence.. Vingt ans plus tard, celui que l’on appelle désormais le kabyle se retrouve à Jérusalem, avec pour mission de faire comprendre au Roi Baudoin, actuel roi de la ville, et à Saladin, que Sinan a pour ambition de rendre Jérusalem à ‘ses croyants les plus fidèles’. Mais rien ne se passe comme prévu, et de tueur de talent pour le compte de Sinan, le voilà qui deviendra…génie de la lampe. Et pour retrouver sa liberté, il devra accomplir trois missions, qui seront les trois souhaits de son nouveau maître. La course contre la montre commence…
Petit à petit, des détails nous rappellent les contes des mille et une nuits, d’Aladin à Ali Baba. La force de 3 Souhaits, c’est de mélanger cet univers de conte, à une narration, un rythme très moderne. Les scènes de combat et les personnages fantastiques rappellent bien plus certains jeux vidéos ou romans d’heroic fantasy que la version souriante et très bleue du génie dans l’Aladin made in Disney.
Un vrai bon premier tome, donc, autant dans le scénario, qui mêle les genres avec talent, que dans le très beau dessin, superbement mis en valeur par une mise en couleur pleine de détail et parfaitement maitrisée. Un coup de cœur !
3 Souhaits, Tome 1 sur Amazon
L’éditeur a réalisé une petite bande annonce Dailymotion, qui permet de se faire une idée
Enjoy !
Et le blog du dessinateur (en italien).