Je ne t’ai jamais aimé est la réédition d’une bd de Chester Brown, épuisée depuis longtemps. Cet auteur, né à Montréal, fait partie du monde de la bande dessinée indépendante anglo-saxonne, et est pote avec des mecs comme Joe Matt par exemple.
Ce titre est autobiographique, il retrace l’adolescence de Chester, et surtout ses relations avec les filles. De sa petite voisine, amoureuse de lui depuis qu’ils sont gamins, à celle pour qui il craque, en passant par sa mère, qui souffre de troubles mentaux. Et puis il y a aussi son petit frère, toujours un peu plus sage que lui, et les mecs du lycée, pour qui c’est devenu une sorte de running gag d’essayer de faire jurer Chester, qui ne dit jamais de gros mots. Ce n’est pas, comme on pourrait s’y attendre avec ce genre de sujet, l’histoire d’un loser en mal d’amour, Chester ayant pas mal de succès. C’et simplement le quotidien d’un garçon maladroit et timide, qui apprend petit à petit la complexité des sentiments.
Sobre et épuré, Je ne t’ai jamais aimé ne sombre jamais dans le larmoyant ou le graveleux. Ce sont simplement des scénettes de vie qui ont marqué Chester, des évènements, des jeux d’enfants, des discussions, qui ont participé à faire de lui ce qu’il est aujourd’hui.
Love Blog, tu connais peut-être déjà. C’est le blog de Gally et Obion, tous deux auteurs de bd et amoureux dans la vraie vie. Un jour ils ont décidé de faire un blog à deux, qui parle d’eux, mais surtout de la partie la plus intime de leur couple. En effet le Love Blog, et la bd qui en découle sont ‘réservés aux adultes’. Expériences un peu folles, discussions sur l’oreiller et fantasmes, tout y passe, et les auteurs mêlent réalité et fiction, pour créer finalement deux personnages qui sont eux mais pas complètement quand même.
Suite au succès du blog, Delcourt a décidé de l’éditer. Les auteurs ont bien sûr sélectionné et retravaillé leurs notes pour en faire un joli livre. Et ça donne un mélange de bd du quotidien, comme les Petits Riens de Trondheim par exemple, et d’érotisme rigolo, dans la même veine que le Happy Sex de Zep.
Mais Love Blog, bien que parlant crument et sans détour de sexualité, n’est jamais vulgaire. Parce qu’il y est surtout question d’amour, de plaisir, et d’un érotisme ludique. Les auteurs ne se prennent pas pour des pornstars, ils s’amusent juste par le biais de notes drôles et coquines.
A découvrir, donc, surtout si tu as aimé Happy Sex.
Puzzle est un petit bijou. La grande fan de shojo qui sommeille en moi a été totalement bluffée. Si tu aimes Nana, Comme Elles, C’était Nous ou encore Lollipop, tu peux être assurée que tu vas adorer Puzzle. Ce manga délicat et tendre, et parfois très triste, nous amène à la rencontre de nombreux personnages, dont le destin va se croiser au fur et à mesure des pages.
Ça ressemble à un recueil de nouvelles, mais petit à petit on se rend compte que les protagonistes sont ceux que l’on avait rencontrés dans les histoires précédentes. Ce sont des petits moments de vie, d’amour, qui s’entremêlent dans un ballet délicat. Il y a cette fille qui ne comprendra jamais les sentiments de son meilleur ami, il y a celle qui est persuadé depuis le premier regard que cet homme, qui fait le même trajet qu’elle tous les matins, est fait pour elle, ou encore ce garçon qui n’essaie plus d’aimer depuis qu’il a trahi son meilleur ami juste avant que ce dernier ne meurt dans un accident.
Tout en finesse, en même temps nostalgique et plein d’humour, Ryô Ikuemi nous amène dans son joli monde, et je suis définitivement sous le charme.
On pourra dire que c’est un shojo classique, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel plaisir en lisant un tome 1 (les deux premiers tomes sont sortis simultanément, et le plaisir de lecture reste entier dans le second opus). Dans ce genre de manga, surtout au début, les histoires ou le dessin sont souvent un peu maladroit. Ici il n’y a que de jolies choses. Une valse des sentiments émouvante et délicieuse. A savourer sans modération.
La première fois que j’ai entendu parler de Gloria, c’était sur Madmoizelle. J’ai ainsi découvert le quotidien de cette femme comme les autres, et plein d’humour. Gloria paraît toutes les semaines dans Version Fémina, soit en illustration pleine page, soit en strip d’une page.
Le nouveau tome de Gloria vient de sortir, et on y retrouve tout l’humour de Marianne Maury Kaufmann (l’auteure). Cet opus compile certaines des strips tirés du magazine, mais compte également de nombreux inédits. Gloria a la quarantaine, pas de mec, un ado à élever, des copines et une maman qui l’appelle encore très souvent. Elle aime le chocolat, les chaussures, et discuter du sens de la vie.
Drôle et attachante, cette Gloria c’est un peu notre maman, voir nous, dans quelques années.
Peut-être connais-tu déjà Fabrice Tarrin. Dessinateur de bd et blogueur, tu peux le retrouver là. Après Journal Intime d’un Lémurien, parait une seconde mise en bd des pages de son blog avec Charlotte Gainsbourg mon amour, où l’auteur se penche sur son enfance. Il y est question de Charlotte Gainsbourg, donc, dont il tombe éperdument en la voyant à la télé chanter Lemon Incest avec son père. Mais il est aussi question de sa famille, ses grands parents, son frère, sa mère et son addiction aux sectes…Petit à petit, le Fabrice lémurien grandit, ne se départit pas complètement de son affection pour Charlotte, se met à la bd et aux caméras cachés.
C’est finalement pleins de petites tranches de vies, drôles et tendre, qui nous sont présentées dans cette bande dessinée. L’occasion de retrouver ce personnage pour les amatrices du blog, ou bien de lire une autobiographie légère et sans prétention pour les autres. Un joli moment en tout cas.
Fan d’Égypte ancienne, cette série est faite pour toi ! La bonne nouvelle c’est qu’il ne s’agit pas ici d’une série à rallonge (comme il y en a malheureusement trop en bd). Le huitième et dernier tome de la saga Sur Les Terres d’Horus vient de paraitre.
Cette bd se déroule dans l’Égypte de Ramsès II, et mêle habilement l’Histoire, et les histoires, plus anecdotiques mais non moins importantes, de famille, d’amour, d’amitié ou de haine.
La scénariste, Isabelle Dethan, qui a également écrit, entre autres, le Roi Cyclope, Khéti, fils du Nil et le Tombeau d’Alexandre est spécialiste de l’Égypte ancienne. Rien d’étonnant, donc, à ce que Sur les Terres d’Horus soit aussi bien documenté que passionnant. On y découvre plus en détail la vie égyptienne à cette époque, notamment à la cour du Pharaon. Les rites, traditions et personnages importants, nous sont racontés ici de manière romancée, sans pour autant écorcher ou enjoliver la vérité.
Une excellente saga d’aventure, qui permet en même temps de passer un bon moment de lecture, et d’apprendre pleins de choses sur une des périodes les plus passionnantes de l’Histoire.
Ce manga, j’ai vraiment failli passer à côté…pour un détail en plus, dans le résumé, je lis que les deux héros ont 12 ans, je le repose en me disant que ça va être gnangnan comme tout…Et puis finalement je me suis laissée tenter, à mon plus grand plaisir !
Parce qu’A Fleur de Peau réussit à être en même temps sérieux, nostalgique et profond, sans pour autant rendre ces ‘enfants’ (parce qu’à 12 ans on n’est pas encore bien grand, quand même), trop adultes, ce qui auraient pu rendre l’histoire invraisemblable…
Natsume a 12 ans, et malgré son âge, c’est déjà une mannequin qui commence à avoir du succès. Mais quand ses parents décident de partir reprendre la pension de famille, très loin de la capitale, elle n’a d’autre choix que de les suivre, et de se réhabituer à la vie ‘banale’ d’une fillette de 12 ans. Mais malgré elle, et ce depuis bien avant le mannequinat, quelque chose l’éloigne des autres. Une sorte de vide, de nostalgie, de recul par rapport au monde qui l’entoure. Elle parvient cependant à se faire quelques copines dans sa nouvelle école.
Et puis voilà qu’elle rencontre un garçon de son âge, Kôichiro, et elle croit voir en lui cette même différence…Un peu malgré elle, elle n’aura dès lord de cesse de se rapprocher de lui.
Tendre et dur parfois, A Fleur de Peau parle de l’adolescence, de ce besoin qu’on ressent tous de s’affirmer. De la difficulté à être soit-même en même temps. L’amitié, l’amour, la famille. George Asakura parvient à tisser une histoire toute en sensibilité, qui dépeint le quotidien de cette petite ado un peu perdue, et restitue en même temps l’atmosphère d’un petit village tranquille et sans histoire. A découvrir.
Mari Okazaki est une mangaka culte. Elle a très vite su imposer son style, et sa narration si particulière. Ses mangas sont pour la grande majorité adressés à des jeunes femmes, et traitent sans détour d’amour, de sexualité, mais aussi de la relation d’une femme avec son corps, ou encore du monde du travail. Dans certaines de ses œuvres elle n’hésite pas à mélanger quotidien et fantastique, créant ainsi des atmosphères oniriques et étranges.
Dans Complément Affectif par contre, tout est très réaliste. C’est en fait la quête d’amour d’une jeune femme. Fujii a vécu une rupture douloureuse d’avec son premier amour. Surtout parce que la fin de cette histoire l’a rendue désabusée et mélancolique. Elle travaille dans une grande agence de communication, et a du mal à faire des concessions dans son travail au profit de sa vie privée. Pourtant elle reste une grande romantique, et une petite voix au fond d’elle est persuadée qu’elle trouvera le grand amour.
Ce récit très féminin, laisse la part belle aux émotions, et ne néglige pas les moments de doutes, ou de tristesse que peut vivre Fujii. Petit à petit, elle se rapproche d’autres femmes, dont on va également suivre le parcours amoureux et professionnel. Ce qui est intéressant c’est qu’on découvre en même temps le fonctionnement d’une agence de communication, et le monde du travail au Japon.
C’est bien simple, comme pour tous les mangas de Mari Okazaki, on aime ou on déteste (enfin personnellement, j’ai beaucoup de mal à lire la plupart de ses mangas, mais j’adore Complément Affectif, moins barré et plus proche de ma propre vie). Ce que j’adore dans ce manga c’est que l’auteure prend son temps, et expérimente pleins de choses différentes. Par exemple un bout d’une discussion entre femmes sera uniquement représentées visuellement par leurs pieds qui avancent dans un couloir (le dialogue étant lisible dans les bulles). Son dessin très féminin et aérien se prête parfaitement à ce genre d’exercices. Elle n’hésite pas également à fondre les cases les unes dans les autres, ou à inclure ici et là des éléments décoratifs (fleurs, poissons…) qui bien loin d’alourdir l’ensemble créés une atmosphère étonnante.
En fait ce que j’aime chez Mari Okazaki, c’est cette capacité à parler d’une chose finalement très classique et universelle (la recherche du grand amour) en y mettant toujours sa touche personnel, faisant de l’histoire de Fujii un instant précieux, et en même temps quelque chose dans lequel on se reconnaitra toutes…
Actuellement, 8 tomes de Complément Affectif sont sortis en France, la série est en cours…
Et bien et bien et bien. Je te parlais du premier tome de Mathilde, la nouvelle bd de Jenny (auteure du manga Pink Diary) il y a quelques temps, ici, et voici que sort le deuxième tome.
Et je dois dire que si j’avais bien aimé le premier tome, j’ai adoré le second ! Quand le premier était un peu lent à se mettre en place (mais finalement on se rend compte que c’est souvent le cas dans les bd, c’est un format court et il faut bien que l’auteur présente les personnages, la situation, les lieux…), ici on rentre enfin dans le vif du sujet. Mathilde, 25 ans, un couple qui ne ressemble plus à grand chose, et un nouveau boulot des plus palpitants, assistante d’un auteur à succès. Palpitant parce que riche en découverte pour cette demoiselle dont le quotidien se retrouve transformé. La voici qui partage presque la vie de Paul Duval (l’auteur à succès donc) et de son fils, un jeune homme un peu sauvage que Mathilde arrive peu à peu à apprivoiser. Elle qui jusque là vivotait grâce à son petit boulot de caissière, change de rythme de vie, et se retrouve pleine de responsabilités. Mais tout ça lui fait mettre entre parenthèse ses soucis de couple…à ses risques et périls !
Le joli dessin de Jenny devient de plus en plus pétillant, et c’est avec un vrai plaisir que j’ai plongé dans ce tome 2, sans voir le temps passer. Une jolie série qui sortira deux fois par an, à découvrir
Simple comme l’amour a l’air d’un shojo, comme ça. Avec un titre pareil on ne peut s’attendre qu’à une histoire un peu nunuche. Pourtant à travers les lignes, ce manga est une chronique d’adolescence mais aussi une manière de découvrir la vie dans la campagne japonaise.
Tout d’abord, ce titre surprend par son dessin un peu vieillot, assez éloigné de ce que l’on a l’habitude de voir. Pourtant on se rend vite compte que ce trait colle parfaitement à l’atmosphère lente et nostalgique qui se dégage de ce petit village.
C’est l’histoire d’une adolescente qui s’ennuie un peu dans sa vie de tous les jours, et dans son école qui ne compte que six élèves. Mais voilà que ses habitudes se retrouvent bouleversées par un nouvel élève, un garçon de son âge, qui vient d’une grande ville. Voilà la demoiselle tiraillée par ses sentiments, entre l’agacement face à ce monsieur je sais tout, et l’attirance qu’elle éprouve malgré elle, et parfois sans vraiment s’en rendre compte, pour ce beau garçon mystérieux et différent de ce qu’elle a toujours connu.
Simple comme l’amour ne satisfera pas les accros aux shojos survoltés à l’humour ravageur, mais c’est une jolie chronique douce et tendre de cette période qu’est l’adolescence…
