Posts Tagged ‘dargaud’

Le bel âge tome 1

5 février 2012  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Ce sont les histoires de trois filles, qui ne se connaissent pas. Trois filles dont la vie ne se ressemble pas, au premier regard. L’une s’enlise dans sa thèse et y abime son histoire d’amour, l’autre se contente un peu trop de l’instant présent, jusqu’à ce que la réalité la rappelle durement, la dernière, enfin, hurle sa détresse la tête enfoncée dans son oreiller, au milieu d’une rupture difficile et d’un boulot inintéressant.

Hélène, Lila et Violette ont la vingtaine et sont, chacune à leur manière, un peu paumées dans cet instant de flottement entre l’adolescence et l’âge adulte. L’impression d’être seule au monde, de perdre pied, de ne plus savoir si ça a un sens.

On pense à Bastien Vivès, que ce soit dans la finesse du trait ou dans la manière de raconter ces instants sur le fil. Mais ça n’est pas du tout une copie pourtant (les deux auteurs ont d’ailleurs déjà travaillé ensemble). Plutôt un même talent pour saisir ces moments-là où, après des années à avoir voulu grandir vite vite vite, on se retrouve face à la vraie vie, on nous demande de ‘prendre nos responsabilités’. Et on a juste envie, finalement, de redevenir tout petit, et d’être insouciant.

Mais on sent dans le Bel âge et dans ses jolies héroïnes, derrière les doutes, les silences et les larmes, un vrai optimisme, un rayon de soleil après la pluie. Parce que devenir adulte, ça n’est peut-être pas si nul, finalement…

C’est un très joli premier tome que ce Bel âge, le dessin est beau, et l’histoire, même si elle passe sans prévenir d’une des filles à l’autre, se lit avec fluidité et plaisir. On se reconnaitra forcément dans l’une d’entre elles, et, même si elles ne savent pas ce qu’elles veulent, on ne peut pas leur en vouloir, on a tous vécu ça un jour. Elles pourraient être agaçantes mais Merwan sait les rendre touchantes, en les racontant avec pudeur et douceur. Et maintenant j’ai hâte de lire la suite, parce que j’ai envie de les voir sourire.

Le Bel Age, Tome 1 sur Amazon

Pico Bogue tome 5 Légère contrariété

31 décembre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Beaucoup se voudraient les héritiers de Calvin et Hobbes, mais peu y sont parvenus. Pico Bogue si. Dès le premier tome, avec sa sœur Ana Ana, Pico s’est imposé comme le nouveau gamin infernal, à la langue bien pendue. Du genre à te donner envie de ne jamais avoir d’enfant, mais en fait si quand même.

Pico Bogue est drôle, très drôle, et pose un regard d’enfant mais pas complètement sur le monde.

Bien sûr on pourrait lui reprocher de ne pas parler tout à fait comme les vrais gamins de son âge, mais les mots de Dominique Roques font mouche à chaque fois, et rajoute au petit côté désuet de l’univers de la bd.

Cette fois-ci, donc, Pico et Ana Ana profitent de leurs vacances d’été pour s’adonner à une lente torpeur, faite de glande dans la piscine gonflable, de balades en vélo et de discussions dans les arbres. Mais ces moments délicieux prennent un tournant dramatique quand leurs parents viennent leur annoncer que des amis les ont invité pour une semaine sur un voilier, et que les deux enfants vont donc devoir être gardés par quelqu’un.

Trahison, lâcheté et abandon. Les deux adorables sales gosses vont en faire baver à l’avance à leurs parents pour cette semaine où ces monstres les laissent orphelins. Désobéissances, petites piques assassines, grandes tirades tragiques, finalement ils trouvent dans tout ça une très bonne raison d’être encore plus inventifs dans leur vengeance. Et de notre côté à nous, forcément, c’est hilarant.

Drôle, donc, pétillant et avec un petit charme rétro des plus agréable, Pico Bogue est exactement le genre de petit plaisir qu’on savoure tomes après tomes, sans se lasser ni tourner en rond.

Chronique des tomes 2 et 3.

Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété sur Amazon

Protocole Pélican

Voici la nouvelle série du duo Ponzio/Marazano, dont je vous avais déjà parlé par ici à propos de Genetiks.

Ces deux noms réunis sur une couverture, c’est la promesse d’un titre hors norme, qui soulève à chaque fois mille questions sur nous-même, sur notre société, et égratigne au passage quelques tabous.

Après Le Complexe du Chimpanzé, qui se passait dans l’Espace, puis Genetiks, dans le milieu médical, voici donc le Protocole Pélican. Un nouveau titre toujours aussi dingue et captivant.

Un peu partout à travers le monde, des hommes et des femmes, de tout âge, sont enlevés. Quand ils revoient enfin la lumière, c’est celle, blafarde, d’une cellule.

Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils sont en fait les premiers sujets d’une étude aussi secrète que mystérieuse. Même les gardiens, enfermés eux aussi dans cette prison hors-norme, pour six mois, et qui n’auront rien le droit de divulguer de ce qui s’y passe ensuite, n’ont pas le droit de poser de questions. Ainsi, personne ne semble savoir qui sont ces prisonniers, ce qu’ils ont fait pour arriver là, et ce qu’on recherche à travers cet énigmatique protocole Pélican.

Observés, analysés, questionnés, le comportement qu’on leur inflige manque clairement d’humanité. Les questions s’accumulent, avec une au centre : pourquoi ?

Ces deux auteurs sont passés maitres dans l’art de la bd d’anticipation. Le style graphique de l’un, très proche de la photo retouchée, ajoute au côté malsain, et en même temps incroyablement cinématographique du scénario de l’autre. On est en même temps mal à l’aise et passionnés. On a l’impression d’observer des fourmis prises au piège dans la gelée d’un vivarium. Les personnages sont denses et incroyablement humains. Ce qu’ils vivent est violent et sordide, et chaque case, on ne peut que ce demander ce qui justifie un tel traitement…Pourtant, dans le même temps, on se retrouve fasciné, et l’on devient nous aussi observateurs, à rechercher les failles, les détails, qui expliqueraient tout ça…

C’est donc un premier tome sombre et prenant, qui met mal à l’aise mais fascine en même temps. Une nouvelle série dans la lignée de ce que nous ont déjà offert Ponzio et Marazano. A éviter si vous fuyez les ambiances glauques, mais du très très très bon, à nouveau.

Le Protocole Pélican, Tome 1 sur Amazon

Pour en finir avec le cinéma

13 décembre 2011  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Voilà une bd bien étonnante. A mi chemin entre les jours. Entre essai sur le thème du cinéma et remise en question autobiographique, Blutch, l’auteur, nous laisse nous perdre dans les méandres de son esprit tourmenté.

Ainsi, le héros, dont on ne sait pas bien s’il est l’auteur lui-même ou un personnage de fiction, sans doute un peu des deux, s’interroge, dans une sorte d’obsession qui le rend fou, sur le cinéma. Ses héros, son évolution, ses scènes cultes. L’effet qu’il produit sur le spectateur. Ses enjeux.

Comme un papillon qui butine, des brigues de son dialogue se passent tantôt avec l’une ou l’autre femmes qui ont marqués sa vie. Toujours dévêtues, mutines, posant à chaque fois les questions qui font mouches, ou donnant un avis contradictoire, et relançant le débat. On croise Burt Lancaster, Michel Piccoli, Brigitee Bardot et tant d’autres, parfois le temps d’une case, parfois celui de quelques pages.

Pour en finir avec le cinéma est comme un jeu de ping pong un peu étourdissant, et en même temps une réflexion profonde de l’auteur sur un sujet qui le fascine, et qu’il maitrise. Le tout servi par son très beau dessin, et une touche d’humour qui empêche le récit de perdre son rythme.

Une expérience que cette bande dessinée, quelque chose de différents. Comme une montagne de papiers, avec des réflexions jetées dessus, qui aurait pris vie. Une plongée dans l’intimité la plus profonde de Blutch, dans sa tête, qui nous demande de, nous aussi, nous interroger sur notre vision du cinéma, sur ce qu’il nous fait, sur ce qu’il provoque en nous.

Pour en finir avec le cinéma sur Amazon (avec extraits)

Atar Gull

Il y a vraiment des bd coup de point que l’on ne voit pas venir. Et Atar Gull en fait clairement partie. Adapté d’un roman d’Eugène Sue, il émane de cette bande dessinée une force incroyable.

Cela se passe au XIXème, 1830 plus exactement, en Afrique noire. Le capitaine Benoît vient chercher une nouvelle cargaison d’esclaves. Parmi eux, Atar Gull. Fils de roi, tout en muscle, il est clairement l’une des pièces maitresses de son ‘chargement’. Mais la traversée ne se passera pas comme prévu, et les esclaves vont être récupéré par un pirate…qui les revendra ensuite en Jamaïque.

Du point de vue de l’époque, Atar Gull est ‘chanceux’, car son nouveau maître est un ‘gentil’, qui veille à ce que ses esclaves soient traités comme des êtres humains (mais peut-on vraiment dire ça de personnes que l’on possède ?).

Mais derrière le caractère docile et imperturbable du jeune esclave se cache bien autre chose. Atar Gull, fils d’un roi réduit lui-même en esclavage. Atar Gull, qui, encore enfant, avait décidé de ne jamais pleurer.

Atar Gull, donc, nous raconte l’esclavage sans jamais prendre parti ou tomber dans le larmoyant. Pourtant, chaque nouveau personnage nous pousse à nous interroger un peu plus. C’est une œuvre forte, autant par son thème, son héros, que par le dessin de Brüno, puissant et superbe. Atar Gull a également une grande puissance romanesque, avec le destin d’un homme chargé de drames et d’émotions sombres et destructrices. Une lecture bouleversante, donc, qui laisse des traces une fois la bd refermée…

Atar Gull sur Amazon (avec extraits)

Coeur de Glace

Honte à moi, dans mon best of 2010, en parlant du meilleur de 2009, je n’ai parlé que du fabuleux Mauvais Garçons, en oubliant Jolies Ténèbres, alors que bon, c’est bien un incontournable aussi…de ceux qui remuent le cœur et les tripes et marquent à jamais.

En tout cas, parce qu’une fois qu’on a goûté à ce genre de sensations fortes avec une bd entre les mains on a du mal à s’en passer (et c’est très rare, d’être remuée à ce point, retrouver cette émotion n’en est donc que plus précieux), j’étais fébrile en commençant Cœur de Glace. Parce qu’au scénario il y a Marie Pommepuy, l’une des deux membres de Kerascoët (au dessin sur Jolies Ténèbres), et qui avait également participé au scénario.

Cœur de Glace est une adaptation libre de La Reine des Neiges, conte de Hans Christian Andersen. Une adaptation délicieuse et cruelle. Car, tu le sais déjà grâce à Jack, les contes sont en même temps poétiques et horribles. Un mélange de jolies choses et d’atrocités…

C’est l’histoire d’une petite fille, Gerda, qui part à la recherche de Kay, son ami d’enfance, emmené par la Reine des Glaces. Pendant son périple elle rencontrera sorcières et ogres, animaux magiques et enfants monstres. Elle souffrira beaucoup, grandira, car son chemin sera long et semé d’embûche, mais ne perdra jamais vraiment son but…

Gros coup de cœur pour moi que ce Coeur de Glace, qui m’a rappelé en même temps les contes de mon enfance, mais aussi, Jolies Ténèbres donc (ce fut un plaisir) mais aussi la merveilleuse série Fables, autant dans le dessins que l’histoire. Le dessin n’est cette fois ci par des Kerascoët, mais c’est finalement parfait aussi, le trait de Patrick Pion, ainsi que la colorisation donnant un côté très old school à l’ensemble, donnant l’impression d’une bd ancienne.

J’ai frissonné, sourit, et me suis retrouvé touchée par ce conte où merveilles et cruautés sont parfaitement dosées.

Un petit bijou que ce Cœur de Glace, de quoi commencer l’année en beauté…

Coeur de glace sur Amazon

2010, le très très meilleur (qui peut servir de mine d’idées cadeaux de dernière minute)

Bon, je n’ai pas complètement fini mes chroniques de l’année, mais j’ai envie, aujourd’hui, de dresser un petit bilan très personnel de ce qui a été, selon moi, le meilleur de la bande dessinée, du manga, et du comics (même si pour cette dernière catégorie, j’en ai moins lu) sur tout 2010. Je me dis que ça peut aussi te servir, jeune madmoizelle, à piocher pour trouver quelques idées cadeaux, à J-4. Histoire de briller de mille feux sous le sapin, lors du déballage de cadeau. (les liens sur les titres renvoient vers les chroniques, histoire de te faire une idée).


D’abord. Rappelons la meilleure bd de 2009, et d’ailleurs la meilleure bd du monde à mes yeux. Sublime, émouvante, sexy et délicieuse. Mauvais Garçons, de Dabitch et Flao. Comment te dire. Le dessin de Flao, la plume de Dabitch, des mauvais garçons et du flamenco. Un genre d’équation parfaite.

Cette année, l’histoire la plus touchante, la bd qui m’a collé un sourire en béton armé pour plusieurs heures, c’est Lydie. Une histoire d’amour entre une mère et sa fille décédée, entre cette maman que le sort abime, et tous les habitants de sa rue, qui se plient en quatre pour la voir sourire…

La bd la plus poétique, troublante et étrange, c’est Cœur de Papier. Une histoire sur l’enfance, l’amitié, la maladie, mais bien plus encore…Pleine d’onirisme, de rêveries, de cruauté et de beauté.

La plus adorable bd romantique, c’est Comme ton Ombre, avec au scénario l’auteure de la Rose Écarlate. Un premier tome tout frais et mignon, qui se dévore comme une sucrerie.

La meilleure série fantastique, c’est Zombillénium, d’Arthur de Pins. Drôle et à mille lieue des titres habituels du genre, l’auteur y distille son dessin génial et son talent pour les dialogues qui font mouche. Les monstres c’est plus ce que c’était, et plus d’une Madmoizelle a adoré…Juste derrière quand même, je voudrais reparler de Chambres Noires, une histoire de fantômes et d’escrocs, drôle et barrée, avec un dessin très très beau.

La meilleure série comics, c’est Fables, qui est juste absolument géniale. Le monde des Fables, dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre vous ont déjà succombé…Toujours en comics, une jolie surprise qui s’appelle Scalped, un premier tome violent et prenant, dans la moiteur d’une réserve indienne…

La meilleure série manga, c’est sans conteste Pluto, qui se retrouve d’ailleurs en sélection un peu partout dans les festivals. Une histoire mi-polar mi-SF, un hommage au père du manga comme on le connait aujourd’hui, Tezuka, et tout le talent d’Urasawa, peut-être le meilleur mangaka, et assurément un scénariste de génie. Je n’oublie toutefois pas mon péché mignon, le shojo, avec Cat Street, la nouvelle adorable série de l’auteure d’Hana Yori Dango

Et puis il y a les meilleures suites, parce qu’il y en a deux ex aequo. Freaks’ Squeele, la série aussi géniale que barrée sur des wannabe super héros un rien loser, et Geek and Girly, mon coup de cœur à moi. Malheureusement l’éditeur arrête la publication, mais les deux adorables auteures ont promis de continuer la série sur un autre support !

La palme du plus beau dessin compte également des ex aequo, avec le merveilleux Yaxin the Faun, et le fabuleux Dernier des Mohicans. Je pèse mes mots hein, avec ces deux bd je me suis pris une claque à chaque case.

Ensuite on fait encore plus fort avec un double ex aequo, parce que je serais incapable de les départager. Je décerne le prix (très subjectif, je suis toute seule comme jury, héhé) de la bd la plus drôle, et de la bd la plus stylée à Manabé Shima, le carnet de voyage le plus classe, le plus hilarant, le plus génial du monde, par le tout aussi génial Florent Chavouet, et à Monkey Bizness, qui, derrière un titre digne d’un son de rap US, une couverture chatoyante, et un éditeur qui déboite (sans compter des auteurs au CV plutôt classe : ce sont les mecs des Lascars) cachent une merveille d’humour crétin, de violence gratuite, et de répliques cultes, ça a été ma plus grosse meilleure surprise de l’année. Je m’attendais à un truc pas mal, j’en suis ressorti K.O.

Enfin, la Madmoizelle de l’année, c’est clairement Milady de Winter, aussi sexy qu’effrontée, battante et séductrice. On adore la détester, et puis elle en a tellement bavé qu’on s’attache quand même à elle. C’est une peste, oui, mais une adorable peste…Juste derrière tout de même, la douce Elinor Jones. Tout le contraire de Milady par le caractère, mais pleine de rêve et de créativité. Une héroïne romantique et en même temps très moderne (l’histoire se passe à l’époque victorienne).

Et puis bien sûr, pour d’autres bd, il y a les chroniques bd de Pénélope !

Voilà voila. Une année riche en découverte, en nouveaux talents, en amûûûr, en humour crétin et en dessins qui te mettent une claque. Une année délicieuse en somme, que j’ai aimé partagé avec vous toutes, Mesdemoizelles (instant émotion). Et avec 2011 c’est reparti pour un tour !


Pour l’Empire tome 2

16 décembre 2010  |  Séléction Angoulême 2011  |  No Comments

Pour l’Empire est une bd étonnante, en même temps récit épique et éthéré, où l’on ne sait plus vraiment s’il est question d’histoire ou de fantastique, avec un graphisme vivant et tranchant, et des couleurs incroyables, en même temps violentes et pleines de magies.

Je n’ai pas lu le premier volume, mais dans ce deuxième opus, on suit une troupe de guerriers, en quête de la terre promise. Mais, eux qui s’attendent à ne traverser que paysages de désolations et difficultés, découvrent avec surprise, sur leur chemin, une vallée luxuriante et accueillante, pleine de fruits. Le confort fait relâcher sa garde, et ils vont dès lors apprendre à leur dépends à ne pas toujours se fier aux apparences, et qu’une frêle femme peut cacher une guerrière sanguinaire.

Pour l’empire, Tome 2 : Les femmes sur Amazon

Quai d’Orsay

5 décembre 2010  |  Séléction Angoulême 2011  |  1 Comment

Christophe Blain est connu, notamment, pour Gus, une bd composée de strips plus ou moins longs, mais toujours hilarants, racontant le quotidien d’un cow boy un peu loser.

Il reprend cette construction sur Quai d’Orsay, mais s’associe à Abel Lanzac, qui fut conseiller dans un ministère, pour raconter avec humour le quotidien de ce monde très fermé.

Arthur est embauché pour s’occuper ‘des langages’ au sein du ministère des Affaires Etrangères. Sa mission, écrire les discours du ministre. Mais déjà que la tâche en soi n’est pas simple, il va vite s’apercevoir que TOUT LE MONDE met son grain de sel dans l’affaire, et il va vite se retrouver à modifier son discours au fil des conseils donnés par un peu n’importe qui, et à suivre les directives aussi vagues que farfelues de son Ministre. Car Alexandre Taillard de Worms est des ces hommes au charisme si fort que tout le monde le suit, même si personne ne comprend jamais où il veut en venir. Et le pire dans tout ça, il s’avère qu’au final il a quasiment toujours raison.

Drôle et farfelu, Quai d’Orsay nous plonge dans le quotidien en ébullition de cette phase cachée du Pouvoir. Certaines scènes sont aussi absurdes qu’hilarantes, et la bd nous fait réfléchir sur tout l’envers du décor. Passionnant et surtout complètement barré , mais peut-être pas autant que ceux qui nous dirigent.

Quai d’Orsay Tome 1 : Le Conseiller sur Amazon

Cellule Poison T4

27 septembre 2010  |  Coups de coeur  |  No Comments

Je profite de la sortie du tome 4 (sur 5) de cette excellente série, pour te la faire découvrir.

Cellule Poison est sans conteste l’un des meilleurs polars en bd, et c’est avec un plaisir total que j’ai dévoré les 4 premiers tomes…

Claire, jeune fliquette, devient Clara, et infiltre un réseau de prostitution qui démarre en Albanie pour arriver jusqu’en France. Mais ce genre de chose se fait rarement sans égratignure, et Claire n’en ressortira pas indemne. Très bon polar d’infiltration, Cellule Poison décrit également le monde de la prostitution, sans gros effets ni fantasmes, et l’on plonge ainsi dans ce milieu froid et dégueulasse. Mais parce que l’auteur, Laurent Astier, ne se contente pas d’un banal jugement sans profondeur, en plus de décortiquer tous les rouages de ces réseaux, il plonge également son lecteur dans l’histoire de l’Albanie, pays meurtri par l’Histoire.

Tu l’auras compris, j’adore vraiment cette série, aussi passionnante qu’intelligente. C’est le genre d’histoire dans laquelle on s’immerge totalement, suivant avec appréhension le cheminement de Claire/Clara dans ce milieu hostile. La mise en couleur est elle aussi excellente et en met pleins les yeux (on est pas forcément dans une mise en couleur réaliste, plutôt dans des atmosphères) et rajoute encore à l’impression d’être dans l’histoire.

Sombre et brillant, le genre de polar qui séduira toutes les amoureuses du genre, lectrices de bd ou pas. A lire absolument.

Cellule Poison, tome 4 sur Amazon (avec les premières pages)