Posts Tagged ‘dargaud’

Asgard tome 1

30 mars 2012  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Les vikings m’ont toujours intéressés. Notamment leurs contes et légendes. Et les monstres marins me fascinent. Autant dire qu’Asgard avait tout pour me plaire…

Asgard n’aurait pas du vivre. Né skraëling, infirme de naissance, son père n’a pu se résoudre à le tuer même si pour son peuple un skraëling est une malédiction. Pourtant Asgard, avec sa jambe d’acier, n’en a pas moins été un des légendaires guerriers de la Hilde, avant de se retirer et de devenir chasseur.

Désormais il poursuit les proies les plus dangereuses, et cette fois-ci, c’est le terrifiant Ragna Rök, monstre marin, qui n’a jamais laissé un seul survivant pour témoigner de son existence…Histoire de mêler business et plaisir, il cherche celui qui sera prêt à payer le prix fort pour débarrasser les eaux du Fjöordland de cette calamité. Mais lui qui a toujours vécu en loup solitaire, se retrouve à baby sitter une jeune fille qu’il a justement sauvé d’une attaque de Ragna Rök. Se pourrait-il qu’au milieu du danger, celui dont les dieux ne voulait pas finisse par s’attacher à quelqu’un ?

Voilà une vraie bonne bande dessinée d’aventure comme je les aime. Un univers de légende, une multitude de personnages, plusieurs intrigues qui se mêlent les une aux autres et un monstre qui semble invulnérable. Le tout servi par un dessin vraiment beau et une superbe mise en couleur. Ce premier tome est déjà riche en rebondissement et on se laisse prendre par le souffle d’aventure qui se dégage de ses pages. C’est également une manière de découvrir le peuple viking, pas seulement à travers ses guerriers, mais aussi ses personnages politiques, ses pécheurs, ses paysans, ses mites et ses traditions…

Un très gros coup de cœur.

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Les monstres de Mayuko

20 mars 2012  |  Non classé  |  No Comments

Mayuko est une petite fille japonaise. Elle s’amuse à lancer des boules de neiges sur deux statues porte-bonheur, le renard Kitsune et le chien Tanuki.

Dans la nuit, elle se lève, fiévreuse, et se retrouve face à un Kistune en chair et en os, qui lui propose de l’amener jusqu’à sa maman. Elle n’a pas vraiment confiance, mais se laisse quand même guider. La voici plongée dans un univers fantastique, entre rêve et cauchemar, où elle ne sait plus qui croire et écouter…

A l’image de sa couverture, les monstres de Mayuko est une bande dessinée au dessin sublime et à la mise en couleur aussi étrange qu’envoûtante, très poétique. C’est une balade, une rêverie, peuplée de yokaïs, un instant suspendu et surprenant.

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Shrimp T1

8 mars 2012  |  Non classé  |  No Comments

Albert est cuistot dans un petit resto, spécialiste de la croquette aux crevettes.

Il est aussi secrètement amoureux d’une cliente et voisine, Mia. Il perd tous ses moyens dès qu’il la voit. Et c’est carrément la tête qu’il perd quand Mia vient au restaurant avec son petit ami. Surtout quand il entend qu’ils ont prévu d’aller en vacances à Las Palmas, la destination paradisiaque de ses rêves.

Comme un coup du destin, le petit ami oublie son billet au restaurant, et sur une impulsion, Albert décide de prendre sa place. Deux semaines sur des plages de rêves avec l’élue de son cœur, comment refuser cette chance ?

Sauf qu’au lieu de cocotiers, de sables fins et du high level de la croquette, le voilà embarqué dans un vaisseau spatial remplit de chinois qui lui veulent tout sauf du bien.

Surréaliste ? et ça n’est que le début…

Shrimp est donc un tantinet absurde, et drôle. Cette bd mêle le quotidien a un soupçon de science fiction, et d’une histoire banale, ce premier tome nous projette dans le grand n’importe quoi…ça promet pour la suite.

Shrimp, tome 1 : Le grand large

Pablo tome 1 Max Jacob

8 mars 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Suis-je trop sensible aux couvertures ? je ne sais pas, en tout cas celle-ci ne donne vraiment pas la mesure de l’excellente bd qui se cache à l’intérieur…

Pablo racontera en quatre tomes les débuts de Pablo Picasso.

L’histoire débute alors qu’il débarque à Paris, quelques toiles sous le bras. On le suit dans son quotidien, qui influencera énormément l’évolution de sa peinture. Ses amis, ses relations dans le monde de l’art, les femmes…Tout est là.

Ce premier tome de Pablo est tout simplement passionnant. Parce que même si on a tous l’impression de le connaitre un peu, ici c’est l’homme, et les expériences qui ont fait de lui cet artiste incroyable, que l’on nous raconte. Que ce soit par le texte ou le dessin (très beau à l’intérieur alors qu’il ne m’avait pas accroché sur la couverture), l’ambiance du Montmartre du début du siècle est parfaitement rendu. Et ça n’est pas seulement la vie de Pablo qui nous est contée mais, en parallèle, celle de Fernande, modèle qui deviendra son premier grand amour et qu’il peindra plus d’une centaine de fois.

Difficile d’en dire plus car ce sont dans les détails, la manière douce et lente, pourtant pleine d’ellipses, de raconter, que Pablo prend toute sa saveur. Mais pour les passionnées d’art cette bd est à mon sens immanquable. L’occasion de découvrir l’envers du décor, et l’homme qui se cache derrière les toiles.

Pablo tome 1 Max Jacob

La fille de l’eau

18 février 2012  |  Non classé  |  No Comments

Un accident de pédalo. C’est ce qu’explique le jeune homme trempé à la femme qui l’amène chez elle le temps qu’il se sèche et se remette. Enfin jeune homme…sous le tee-shirt, des bandages qui cachent les formes de l’adolescente…

Qui est-elle, pourquoi ces mensonges ? La voici en tout cas, sous cette fausse identité, dans la sublime maison d’un architecte défunt, où vivent encore sa femme et son fils…

La fille de l’eau est un étrange huis-clos où chacun ment, où les apparences sont trompeuses…Nous même on ne comprend les choses qu’au fil des pages, à travers les discussions entre les personnages.Un rien fantastique, parfois drôle et à d’autres moments plus sombre, cette bd est intrigante, différente. Le dessin est très beau et rend cette atmosphère un peu étrange, comme si le temps était suspendu sans qu’on sache bien pourquoi. Un danger, une révélation ?

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Le bel âge tome 1

5 février 2012  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Ce sont les histoires de trois filles, qui ne se connaissent pas. Trois filles dont la vie ne se ressemble pas, au premier regard. L’une s’enlise dans sa thèse et y abime son histoire d’amour, l’autre se contente un peu trop de l’instant présent, jusqu’à ce que la réalité la rappelle durement, la dernière, enfin, hurle sa détresse la tête enfoncée dans son oreiller, au milieu d’une rupture difficile et d’un boulot inintéressant.

Hélène, Lila et Violette ont la vingtaine et sont, chacune à leur manière, un peu paumées dans cet instant de flottement entre l’adolescence et l’âge adulte. L’impression d’être seule au monde, de perdre pied, de ne plus savoir si ça a un sens.

On pense à Bastien Vivès, que ce soit dans la finesse du trait ou dans la manière de raconter ces instants sur le fil. Mais ça n’est pas du tout une copie pourtant (les deux auteurs ont d’ailleurs déjà travaillé ensemble). Plutôt un même talent pour saisir ces moments-là où, après des années à avoir voulu grandir vite vite vite, on se retrouve face à la vraie vie, on nous demande de ‘prendre nos responsabilités’. Et on a juste envie, finalement, de redevenir tout petit, et d’être insouciant.

Mais on sent dans le Bel âge et dans ses jolies héroïnes, derrière les doutes, les silences et les larmes, un vrai optimisme, un rayon de soleil après la pluie. Parce que devenir adulte, ça n’est peut-être pas si nul, finalement…

C’est un très joli premier tome que ce Bel âge, le dessin est beau, et l’histoire, même si elle passe sans prévenir d’une des filles à l’autre, se lit avec fluidité et plaisir. On se reconnaitra forcément dans l’une d’entre elles, et, même si elles ne savent pas ce qu’elles veulent, on ne peut pas leur en vouloir, on a tous vécu ça un jour. Elles pourraient être agaçantes mais Merwan sait les rendre touchantes, en les racontant avec pudeur et douceur. Et maintenant j’ai hâte de lire la suite, parce que j’ai envie de les voir sourire.

Le Bel Age, Tome 1 sur Amazon

Pico Bogue tome 5 Légère contrariété

31 décembre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Beaucoup se voudraient les héritiers de Calvin et Hobbes, mais peu y sont parvenus. Pico Bogue si. Dès le premier tome, avec sa sœur Ana Ana, Pico s’est imposé comme le nouveau gamin infernal, à la langue bien pendue. Du genre à te donner envie de ne jamais avoir d’enfant, mais en fait si quand même.

Pico Bogue est drôle, très drôle, et pose un regard d’enfant mais pas complètement sur le monde.

Bien sûr on pourrait lui reprocher de ne pas parler tout à fait comme les vrais gamins de son âge, mais les mots de Dominique Roques font mouche à chaque fois, et rajoute au petit côté désuet de l’univers de la bd.

Cette fois-ci, donc, Pico et Ana Ana profitent de leurs vacances d’été pour s’adonner à une lente torpeur, faite de glande dans la piscine gonflable, de balades en vélo et de discussions dans les arbres. Mais ces moments délicieux prennent un tournant dramatique quand leurs parents viennent leur annoncer que des amis les ont invité pour une semaine sur un voilier, et que les deux enfants vont donc devoir être gardés par quelqu’un.

Trahison, lâcheté et abandon. Les deux adorables sales gosses vont en faire baver à l’avance à leurs parents pour cette semaine où ces monstres les laissent orphelins. Désobéissances, petites piques assassines, grandes tirades tragiques, finalement ils trouvent dans tout ça une très bonne raison d’être encore plus inventifs dans leur vengeance. Et de notre côté à nous, forcément, c’est hilarant.

Drôle, donc, pétillant et avec un petit charme rétro des plus agréable, Pico Bogue est exactement le genre de petit plaisir qu’on savoure tomes après tomes, sans se lasser ni tourner en rond.

Chronique des tomes 2 et 3.

Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété sur Amazon

Protocole Pélican

Voici la nouvelle série du duo Ponzio/Marazano, dont je vous avais déjà parlé par ici à propos de Genetiks.

Ces deux noms réunis sur une couverture, c’est la promesse d’un titre hors norme, qui soulève à chaque fois mille questions sur nous-même, sur notre société, et égratigne au passage quelques tabous.

Après Le Complexe du Chimpanzé, qui se passait dans l’Espace, puis Genetiks, dans le milieu médical, voici donc le Protocole Pélican. Un nouveau titre toujours aussi dingue et captivant.

Un peu partout à travers le monde, des hommes et des femmes, de tout âge, sont enlevés. Quand ils revoient enfin la lumière, c’est celle, blafarde, d’une cellule.

Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils sont en fait les premiers sujets d’une étude aussi secrète que mystérieuse. Même les gardiens, enfermés eux aussi dans cette prison hors-norme, pour six mois, et qui n’auront rien le droit de divulguer de ce qui s’y passe ensuite, n’ont pas le droit de poser de questions. Ainsi, personne ne semble savoir qui sont ces prisonniers, ce qu’ils ont fait pour arriver là, et ce qu’on recherche à travers cet énigmatique protocole Pélican.

Observés, analysés, questionnés, le comportement qu’on leur inflige manque clairement d’humanité. Les questions s’accumulent, avec une au centre : pourquoi ?

Ces deux auteurs sont passés maitres dans l’art de la bd d’anticipation. Le style graphique de l’un, très proche de la photo retouchée, ajoute au côté malsain, et en même temps incroyablement cinématographique du scénario de l’autre. On est en même temps mal à l’aise et passionnés. On a l’impression d’observer des fourmis prises au piège dans la gelée d’un vivarium. Les personnages sont denses et incroyablement humains. Ce qu’ils vivent est violent et sordide, et chaque case, on ne peut que ce demander ce qui justifie un tel traitement…Pourtant, dans le même temps, on se retrouve fasciné, et l’on devient nous aussi observateurs, à rechercher les failles, les détails, qui expliqueraient tout ça…

C’est donc un premier tome sombre et prenant, qui met mal à l’aise mais fascine en même temps. Une nouvelle série dans la lignée de ce que nous ont déjà offert Ponzio et Marazano. A éviter si vous fuyez les ambiances glauques, mais du très très très bon, à nouveau.

Le Protocole Pélican, Tome 1 sur Amazon

Pour en finir avec le cinéma

13 décembre 2011  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Voilà une bd bien étonnante. A mi chemin entre les jours. Entre essai sur le thème du cinéma et remise en question autobiographique, Blutch, l’auteur, nous laisse nous perdre dans les méandres de son esprit tourmenté.

Ainsi, le héros, dont on ne sait pas bien s’il est l’auteur lui-même ou un personnage de fiction, sans doute un peu des deux, s’interroge, dans une sorte d’obsession qui le rend fou, sur le cinéma. Ses héros, son évolution, ses scènes cultes. L’effet qu’il produit sur le spectateur. Ses enjeux.

Comme un papillon qui butine, des brigues de son dialogue se passent tantôt avec l’une ou l’autre femmes qui ont marqués sa vie. Toujours dévêtues, mutines, posant à chaque fois les questions qui font mouches, ou donnant un avis contradictoire, et relançant le débat. On croise Burt Lancaster, Michel Piccoli, Brigitee Bardot et tant d’autres, parfois le temps d’une case, parfois celui de quelques pages.

Pour en finir avec le cinéma est comme un jeu de ping pong un peu étourdissant, et en même temps une réflexion profonde de l’auteur sur un sujet qui le fascine, et qu’il maitrise. Le tout servi par son très beau dessin, et une touche d’humour qui empêche le récit de perdre son rythme.

Une expérience que cette bande dessinée, quelque chose de différents. Comme une montagne de papiers, avec des réflexions jetées dessus, qui aurait pris vie. Une plongée dans l’intimité la plus profonde de Blutch, dans sa tête, qui nous demande de, nous aussi, nous interroger sur notre vision du cinéma, sur ce qu’il nous fait, sur ce qu’il provoque en nous.

Pour en finir avec le cinéma sur Amazon (avec extraits)

Atar Gull

Il y a vraiment des bd coup de point que l’on ne voit pas venir. Et Atar Gull en fait clairement partie. Adapté d’un roman d’Eugène Sue, il émane de cette bande dessinée une force incroyable.

Cela se passe au XIXème, 1830 plus exactement, en Afrique noire. Le capitaine Benoît vient chercher une nouvelle cargaison d’esclaves. Parmi eux, Atar Gull. Fils de roi, tout en muscle, il est clairement l’une des pièces maitresses de son ‘chargement’. Mais la traversée ne se passera pas comme prévu, et les esclaves vont être récupéré par un pirate…qui les revendra ensuite en Jamaïque.

Du point de vue de l’époque, Atar Gull est ‘chanceux’, car son nouveau maître est un ‘gentil’, qui veille à ce que ses esclaves soient traités comme des êtres humains (mais peut-on vraiment dire ça de personnes que l’on possède ?).

Mais derrière le caractère docile et imperturbable du jeune esclave se cache bien autre chose. Atar Gull, fils d’un roi réduit lui-même en esclavage. Atar Gull, qui, encore enfant, avait décidé de ne jamais pleurer.

Atar Gull, donc, nous raconte l’esclavage sans jamais prendre parti ou tomber dans le larmoyant. Pourtant, chaque nouveau personnage nous pousse à nous interroger un peu plus. C’est une œuvre forte, autant par son thème, son héros, que par le dessin de Brüno, puissant et superbe. Atar Gull a également une grande puissance romanesque, avec le destin d’un homme chargé de drames et d’émotions sombres et destructrices. Une lecture bouleversante, donc, qui laisse des traces une fois la bd refermée…

Atar Gull sur Amazon (avec extraits)