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Nanja Monja de Shizuka Ito

7 février 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Après Soil, un manga très différent, mais tout aussi cool et étonnant.

Taro est un ado qui vit dans le petit village de Hananoki. Son grand père, qui l’élevait seul, vient de mourir, et Taro a donc arrêté l’école, attendant de savoir ce qu’il va bien pouvoir faire de sa vie, seul et sans un sou en poche. Un soir qu’il observe les étoiles, passionné d’astrologie, il assiste à une scène incroyable : une jeune fille escalade le grand arbre sacré de la forêt proche du village, et tombe. Il se précipite pour l’aider, mais ne trouve que ses vêtements…Mais il n’imagine pas ce qui l’attend à son retour à la maison…C’est le début d’un quotidien pas banal, pour le jeune Taro !

Nanja Monja est vraiment un manga délicieux. Joli et poétique (avec un côté un peu Miyazaki, c’est un peu l’argument qu’on te ressert dès qu’un manga a un vague rapport avec la nature, mais là c’est vrai), Nanja Monja mélange les genres pour former un cocktail délicieux. C’est le quotidien d’un petit village japonais, ce sont les mythes et légendes, apparaissant via un peuple magique et rigolo, peuplant la forêt, c’est aussi le quotidien d’un ado, avec ses potes et le deuil de sa seule famille, mais il y a encore bien d’autres choses (une jeune fille portée disparue dans la région, enlevé par des mecs plus que louches…). Un joli dessin et un rythme ni trop lent, ni trop bourré de rebondissement, Nanja Monja se savoure vraiment. Une petite merveille, pour les adeptes de manga !

Nanja Monja, Tome 1 sur Amazon

Coeur de Glace

Honte à moi, dans mon best of 2010, en parlant du meilleur de 2009, je n’ai parlé que du fabuleux Mauvais Garçons, en oubliant Jolies Ténèbres, alors que bon, c’est bien un incontournable aussi…de ceux qui remuent le cœur et les tripes et marquent à jamais.

En tout cas, parce qu’une fois qu’on a goûté à ce genre de sensations fortes avec une bd entre les mains on a du mal à s’en passer (et c’est très rare, d’être remuée à ce point, retrouver cette émotion n’en est donc que plus précieux), j’étais fébrile en commençant Cœur de Glace. Parce qu’au scénario il y a Marie Pommepuy, l’une des deux membres de Kerascoët (au dessin sur Jolies Ténèbres), et qui avait également participé au scénario.

Cœur de Glace est une adaptation libre de La Reine des Neiges, conte de Hans Christian Andersen. Une adaptation délicieuse et cruelle. Car, tu le sais déjà grâce à Jack, les contes sont en même temps poétiques et horribles. Un mélange de jolies choses et d’atrocités…

C’est l’histoire d’une petite fille, Gerda, qui part à la recherche de Kay, son ami d’enfance, emmené par la Reine des Glaces. Pendant son périple elle rencontrera sorcières et ogres, animaux magiques et enfants monstres. Elle souffrira beaucoup, grandira, car son chemin sera long et semé d’embûche, mais ne perdra jamais vraiment son but…

Gros coup de cœur pour moi que ce Coeur de Glace, qui m’a rappelé en même temps les contes de mon enfance, mais aussi, Jolies Ténèbres donc (ce fut un plaisir) mais aussi la merveilleuse série Fables, autant dans le dessins que l’histoire. Le dessin n’est cette fois ci par des Kerascoët, mais c’est finalement parfait aussi, le trait de Patrick Pion, ainsi que la colorisation donnant un côté très old school à l’ensemble, donnant l’impression d’une bd ancienne.

J’ai frissonné, sourit, et me suis retrouvé touchée par ce conte où merveilles et cruautés sont parfaitement dosées.

Un petit bijou que ce Cœur de Glace, de quoi commencer l’année en beauté…

Coeur de glace sur Amazon

2010, le très très meilleur (qui peut servir de mine d’idées cadeaux de dernière minute)

Bon, je n’ai pas complètement fini mes chroniques de l’année, mais j’ai envie, aujourd’hui, de dresser un petit bilan très personnel de ce qui a été, selon moi, le meilleur de la bande dessinée, du manga, et du comics (même si pour cette dernière catégorie, j’en ai moins lu) sur tout 2010. Je me dis que ça peut aussi te servir, jeune madmoizelle, à piocher pour trouver quelques idées cadeaux, à J-4. Histoire de briller de mille feux sous le sapin, lors du déballage de cadeau. (les liens sur les titres renvoient vers les chroniques, histoire de te faire une idée).


D’abord. Rappelons la meilleure bd de 2009, et d’ailleurs la meilleure bd du monde à mes yeux. Sublime, émouvante, sexy et délicieuse. Mauvais Garçons, de Dabitch et Flao. Comment te dire. Le dessin de Flao, la plume de Dabitch, des mauvais garçons et du flamenco. Un genre d’équation parfaite.

Cette année, l’histoire la plus touchante, la bd qui m’a collé un sourire en béton armé pour plusieurs heures, c’est Lydie. Une histoire d’amour entre une mère et sa fille décédée, entre cette maman que le sort abime, et tous les habitants de sa rue, qui se plient en quatre pour la voir sourire…

La bd la plus poétique, troublante et étrange, c’est Cœur de Papier. Une histoire sur l’enfance, l’amitié, la maladie, mais bien plus encore…Pleine d’onirisme, de rêveries, de cruauté et de beauté.

La plus adorable bd romantique, c’est Comme ton Ombre, avec au scénario l’auteure de la Rose Écarlate. Un premier tome tout frais et mignon, qui se dévore comme une sucrerie.

La meilleure série fantastique, c’est Zombillénium, d’Arthur de Pins. Drôle et à mille lieue des titres habituels du genre, l’auteur y distille son dessin génial et son talent pour les dialogues qui font mouche. Les monstres c’est plus ce que c’était, et plus d’une Madmoizelle a adoré…Juste derrière quand même, je voudrais reparler de Chambres Noires, une histoire de fantômes et d’escrocs, drôle et barrée, avec un dessin très très beau.

La meilleure série comics, c’est Fables, qui est juste absolument géniale. Le monde des Fables, dans les Etats-Unis d’aujourd’hui. Plusieurs d’entre vous ont déjà succombé…Toujours en comics, une jolie surprise qui s’appelle Scalped, un premier tome violent et prenant, dans la moiteur d’une réserve indienne…

La meilleure série manga, c’est sans conteste Pluto, qui se retrouve d’ailleurs en sélection un peu partout dans les festivals. Une histoire mi-polar mi-SF, un hommage au père du manga comme on le connait aujourd’hui, Tezuka, et tout le talent d’Urasawa, peut-être le meilleur mangaka, et assurément un scénariste de génie. Je n’oublie toutefois pas mon péché mignon, le shojo, avec Cat Street, la nouvelle adorable série de l’auteure d’Hana Yori Dango

Et puis il y a les meilleures suites, parce qu’il y en a deux ex aequo. Freaks’ Squeele, la série aussi géniale que barrée sur des wannabe super héros un rien loser, et Geek and Girly, mon coup de cœur à moi. Malheureusement l’éditeur arrête la publication, mais les deux adorables auteures ont promis de continuer la série sur un autre support !

La palme du plus beau dessin compte également des ex aequo, avec le merveilleux Yaxin the Faun, et le fabuleux Dernier des Mohicans. Je pèse mes mots hein, avec ces deux bd je me suis pris une claque à chaque case.

Ensuite on fait encore plus fort avec un double ex aequo, parce que je serais incapable de les départager. Je décerne le prix (très subjectif, je suis toute seule comme jury, héhé) de la bd la plus drôle, et de la bd la plus stylée à Manabé Shima, le carnet de voyage le plus classe, le plus hilarant, le plus génial du monde, par le tout aussi génial Florent Chavouet, et à Monkey Bizness, qui, derrière un titre digne d’un son de rap US, une couverture chatoyante, et un éditeur qui déboite (sans compter des auteurs au CV plutôt classe : ce sont les mecs des Lascars) cachent une merveille d’humour crétin, de violence gratuite, et de répliques cultes, ça a été ma plus grosse meilleure surprise de l’année. Je m’attendais à un truc pas mal, j’en suis ressorti K.O.

Enfin, la Madmoizelle de l’année, c’est clairement Milady de Winter, aussi sexy qu’effrontée, battante et séductrice. On adore la détester, et puis elle en a tellement bavé qu’on s’attache quand même à elle. C’est une peste, oui, mais une adorable peste…Juste derrière tout de même, la douce Elinor Jones. Tout le contraire de Milady par le caractère, mais pleine de rêve et de créativité. Une héroïne romantique et en même temps très moderne (l’histoire se passe à l’époque victorienne).

Et puis bien sûr, pour d’autres bd, il y a les chroniques bd de Pénélope !

Voilà voila. Une année riche en découverte, en nouveaux talents, en amûûûr, en humour crétin et en dessins qui te mettent une claque. Une année délicieuse en somme, que j’ai aimé partagé avec vous toutes, Mesdemoizelles (instant émotion). Et avec 2011 c’est reparti pour un tour !


Le petit Chaperon Rouge d’Amoretti

6 décembre 2010  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Aaaah, je me dis que certaines d’entre vous vont certainement me maudire. Parce qu’elles vont devoir re-contacter en vitesse toutes les personnes à qui elles ont envoyé leur liste de Noël pour mettre ce livre tout en haut de la liste. Bon déjà, je vous en parle un peu en avance car il ne sort que la semaine prochaine, mais je sais qu’il y a des fans de François Amoretti par ici.

Le petit Chaperon Rougeest une réédition d’une version illustrée par François Amoretti, qu’il avait auto-édité. Cependant, la version actuelle a été entièrement retravaillée (je n’ai jamais vu la première édition, mais celle-ci est sublime), et s’est ajoutée une seconde partie, où François Amoretti et Audrey Alwett se sont amusés à imaginer ‘ce qu’il advint dans le ventre du loup’.

La première partie est donc la version originale du conte, illustrée, et la seconde une bande dessinée.

Et c’est bien simple, c’est magnifique. L’ouvrage est tout en noir et blanc, avec quelques touches de rouges sur la première partie, ce qui rend parfaitement hommage à la finesse du trait d’Amoretti. La deuxième partie est délicieusement drôle, et tout le livre a la saveur si particulière de l’univers du dessinateur. Un monde plein de poésie, d’onirisme, de magie, et d’humour.

Un vrai délice donc, que ce joli livre.

Et cerise sur le macaron, François Amoretti a eu la gentillesse de répondre à quelques unes de mes questions (forcément quand on est si talentueux, on est aussi charmant).

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- Pouvez-vous vous présenter pour les lectrices de Madmoizelle qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis François Amoretti, je suis illustrateur. Je dessine essentiellement des univers féminins: lolitas, pinups. Mais aussi des contes comme Alice au pays des merveilles ou le Petit chaperon rouge. Je suis très influencé par les « vieux » illustrateurs comme John Tenniel et Arthur Rackham, j’apprécie aussi beaucoup Gil Elvgren, celui-ci plus récent. Je ne fais pas que des livres, quoi que ces derniers m’occupent trop mais avant j’étais aussi producteur pour le groupe japonais Kokusyoku Sumire, et interprète pour des groupes japonais de tournée en France.

- Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce Petit Chaperon Rouge ? Ressemble-t-il au Alice au Pays des Merveilles, que vous avez illustré, également dans la collection Blackberry, il y a quelques mois ?

Le seul point commun avec Alice est le fait que les deux ouvrages sont des contes. Ensuite la forme change beaucoup: illustrations, mise en page, le format. De plus le Petit chaperon rouge est un livre en noir et blanc et une seule couleur, rouge. Alors que ma version d’Alice était le conte original tel quel, le Petit chaperon rouge est en deux parties: le conte de Charles Perrault, sans modifications et une suite, non plus en illustrations mais en bande dessinée où nous suivons les aventures du chaperon rouge dans le ventre du loup. Histoire pensée par Audrey Alwett. C’est un récit d’imagination qui reste très poétique mais recèle pas mal d’humour.

- Qu’est ce qui vous touche particulièrement dans ce conte ?

J’ai eu du mal à faire ma place dans le milieu de l’édition et le Petit chaperon rouge marque mes débuts. Je craquais à force de refus d’éditeurs pour mes projets et je décidais il y a deux ans de sortir le Petit chaperon rouge en auto-prod. A mes yeux ce conte, qui est pourtant un classique, n’aurait aucune chance de voir le jour. Imaginez une histoire ayant pour trait le viol, le cannibalisme et le meurtre, proposée en plus aux enfants. C’était pour moi un symbole ! A vrai dire, les éditeurs avaient raison, je n’étaient pas au point à l’époque. Bref, je sors le Petit chaperon rouge, en fait une exposition. Le tout a du succès et un éditeur me repère et me signe. C’est de cette manière que Gothic Lolita a vu le jour. Cet éditeur (Soleil et la collection Blackberry) m’a ensuite proposé de ressortir la version faite à cette époque plus une suite.
En ce qui concerne le conte lui même, je le trouve toujours d’actualité surtout maintenant où nous parlons beaucoup de la femme (enfin!). De ce côté ci aussi, je vois un symbole: celui de la jeune fille qui court à sa perte en prenant le mauvais chemin (choisir le libre arbitre finalement). Je trouve ça vraiment alarmant… Mais avec Audrey Alwett, nous changeons la donne avec la suite, hihi!

- Y’a-t-il d’autres contes, ou histoires, que vous rêvez d’illustrer ou d’adapter ?

J’adore les contes de Madame d’Aulnoy! J’adorerais les illustrer. Et puis aussi faire la suite d’Alice au pays des merveilles.

- Comment avez-vous travaillé pour réaliser cet ouvrage ?

J’ai travaillé uniquement à la plume, en noir et blanc. La première partie est illustrée (soit le conte original) et la seconde est une bande dessinée (histoire inexistante chez Perrault). La première partie a donc été faite il y a deux ans et la nouvelle est toute récente puisque j’ai fini les dernières planches en septembre.

- Après ce Petit Chaperon Rouge, quels sont vos prochains projets ?

Je commence la Belle et la bête, la version originale, celle de Madame Le prince de Beaumont, qui sortira à noël 2011. Puis j’ai un projet sur les pinup américaines des 50′s avec Audrey Alwett. Et un dernier projet, personnel cette fois-ci, une bande dessinée qui narre l’amitié de trois jeunes femmes aux noms étranges: Fraise, Macaron et Arsenic. Qui aura un goût prononcé pour les pinups aussi, le rockabilly et le surréalisme.

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Un immense merci à François Amoretti, et mesdemoiselles amatrices de contes et de beaux dessins…ruez-vous dessus sans hésiter :)

Le petit chaperon rouge sur Amazon

Billy Brouillard tome 3, ou la suite du tome 1

4 décembre 2010  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  No Comments

Oui chez Billy Brouillard, c’est d’autant plus beau que c’est un peu compliqué. Il y a eu le merveilleux tome 1, puis le splendifique tome 2 qui était en fait un coffret de plusieurs comptines, mais pas liées directement au tome 1, et là le tome 3, c’est donc la vraie suite du tome 1 :)

Aaaaah, Billy. Entre cet ouvrage (on oublierait beaucoup de choses si on parlait d’une simple bd) et moi, c’est toute une histoire d’amour. Billy Brouillard m’évoque un mélange délicieux de l’humour farfelu de Roald Dahl, des personnages barrés mais attachants du recueil de poèmes de Tim Burton -à avoir absolument dans sa bibliothèque-, l’exquis brouahah du Magasin Zinzin, un livre plein de bric-à-brac et de poésie, mais également des choses plus vagues mais toutes aussi merveilleuses. La presse scientifique du XIXème, les cabinets de curiosité, le monde de l’enfance et ses monstres…Le Billy Brouillard que nous offre Guillaume Bianco, c’est tous les souvenirs sucrés et terrifiants de mon enfance, et bien plus encore. C’est jouer à se faire peur, un peu, même grande, terrée sous sa couette, avec pas une main qui dépasse, de peur que le monstre sous le lit ne nous l’avale.

De prime abord Billy Brouillard a l’air d’un livre pour enfants, enfin moi j’aurais eu les chocottes en le lisant petite fille, mais bon c’est délicieux d’avoir les chocottes. Aujourd’hui encore, je sourit et je frissone tout en même temps, au fil des pages.

Billy est un petit garçon. Son chat Tarzan est mort, et dans le premier tome, cette mort d’un être cher avait amené énormément de questions, qu’il avait posé à une personne de confiance, le Père Noël. Mais son quotidien était malgré tout un peu bouleversé, et toutes ses folles aventures, ses rencontres mystérieuses, et ses épiques combats s’étaient teintés de pénombre. Billy Brouillard n’était plus tout à fait le même petit garçon.

Dans le deuxième-troisième tome, donc, Billy commence à douter de l’existence du Père Noël, un peu. Parce qu’il grandit et que quand on grandit on arrête de croire à tout ça. Mais bon sa sœur Jeanne le met en garde, si on désobéit au gentil Père Noël, on risque d’attirer le dangereux Croquemitaine…

Billy pénètre dans un monde magique et dangereux, dès qu’il franchit le pas de sa porte et court dans le jardin. Il y rencontre des sirènes et des démons, et plus d’un animal fantastique. Mais à quoi bon toute cette magie si Tarzan ne peut pas revenir du royaume des Morts ? C’est décidé, Billy l’en ramènera, coûte que coûte.

A la fois tendre et drôle, magique et mystérieux, Billy Brouillard est un joyeux mélange de bd, de comptines, d’illustrations et de pages d’un recueil cryptozoologique, qui nous raconte un peu mieux ce que sont les persifleurs, les sirènes et les croquemitaines. Entre vraies légendes, et inventions tout droit sorties de l’esprit de Guillaume Bianco, on se perd et on savoure chaque page, comme un doux chocolat chaud.

Billy Brouillard est sans nul doute une de mes séries préférées, que je lis et relis, toujours avec délice, le sourire au lèvre, dans la presque pénombre, bien au chaud, sous ma couette.

Billy Brouillard, Tome 3 sur Amazon

L’Enfant d’Eléphant

27 août 2010  |  Coups de coeur  |  No Comments

Bon, on est entre grandes, d’accord. Mais je me dis que potentiellement je ne suis pas la seule à aimer les histoires pour enfants, encore plus les contes, alors un tout petit mot sur une jolie nouveauté de chez Delcourt…

L’Enfant d’Eléphant, est en fait l’adaptation d’un conte de Rudyard Kipling par Yann Dégruel (auteur de Sans Famille, Genz Gys Khan…toujours chez Delcourt).

L’histoire remonte à une époque ou les éléphants n’avaient pas de longues trompes, mais un petit museau gros et plutôt inutile. C’est l’histoire d’un enfant d’éléphant, curieux de tout, qui passe son temps à embêter le monde avec ses questions sur tout et rien. Quand il finit par demander ce que mange le crocodile, on lui conseille d’aller vérifier par lui-même. C’est donc le début d’une aventure qui le fera grandir plus qu’il ne le pense.

Un joli conte, donc, avec un dessin délicieux.

L’enfant d’éléphant sur Amazon.

Princesse Sara T2

10 juin 2010  |  Coups de coeur  |  5 Comments

Tu t’en souviens peut-être, je t’avais parlé de la bd Princesse Sara pour de la sortie du premier tome. Cette délicieuse série est rangée, injustement, au rayon jeunesse (enfin non, ta petite sœur ou ta cousine risquent d’adorer…le truc c’est que toi aussi !). Le tome 2 vient tout juste de paraitre, toujours dans l’excellente collection Blackberry. e l’ai dévoré ce matin, et je n’ai qu’une chose à dire, il est encore mieux que le premier !

Pour reprendre rapidement l’histoire, c’est celle d’une petite fille à l’époque victorienne, que son père inscrit dans un pensionnat londonien car il doit partir en Inde. Elle s’y fait tout de suite autant d’amies que d’ennemies, mais garde toujours le sourire grâce à sa gentillesse naturelle et à son imagination débordante. Je ne vais pas te raconter trop en détail ce qu’il se passe au début du tome 2, sinon ça te spoilerait le 1, mais disons que la petite Sara doit faire face à un drame, qui va remettre en cause sa vie et ses rêves. Mais ses amies et son monde imaginaire pourraient bien l’aider à changer la donne !

Sous le trait délicat et raffiné de Nora Moretti, ce second tome est bien plus sombre que le précèdent. On y retrouve néanmoins avec plaisir les personnages que l’on connait déjà, et l’on en rencontre de nouveaux. Le scénario devient plus dense, la petite Sara devient plus adulte, par la force des choses, mais le récit est rendu léger par les instants où elle raconte des histoires fabuleuses à ses amies. La mise en couleur est elle aussi vraiment superbe.

Ce nouveau tome est donc un réel plaisir, que je ne saurais que te conseiller :)

Princesse Sara, Tome 2 : La princesse déchue sur Amazon

3 Souhaits T1 L’assassin et la lampe

Les bd d’action, ce n’est pas forcément le genre vers lequel je me tourne naturellement. Pourtant j’adore ça, mais il est vrai que souvent, quand les scènes de bastons claquent, le scénario fait un peu défaut.

Mais pas dans 3 Souhaits. Prenez les contes des 1001 nuits, mixez-les avec le meilleur du jeu vidéo et du film d’action, et vous aurez une bd à l’univers particulièrement bien foutu, avec un graphisme vraiment classe, et une histoire qui envoie.

Après le massacre de toute sa famille, un petit garçon est sauvé et élevé par Sinan, un homme aux pouvoirs puissants. Ce dernier lui explique que c’est Allah lui-même qui lui a confié ses pouvoirs pour lutter contre Saladin, seigneur sanguinaire qui gouverne le peuple musulman par la violence.. Vingt ans plus tard, celui que l’on appelle désormais le kabyle se retrouve à Jérusalem, avec pour mission de faire comprendre au Roi Baudoin, actuel roi de la ville, et à Saladin, que Sinan a pour ambition de rendre Jérusalem à ‘ses croyants les plus fidèles’. Mais rien ne se passe comme prévu, et de tueur de talent pour le compte de Sinan, le voilà qui deviendra…génie de la lampe. Et pour retrouver sa liberté, il devra accomplir trois missions, qui seront les trois souhaits de son nouveau maître. La course contre la montre commence…

Petit à petit, des détails nous rappellent les contes des mille et une nuits, d’Aladin à Ali Baba. La force de 3 Souhaits, c’est de mélanger cet univers de conte, à une narration, un rythme très moderne. Les scènes de combat et les personnages fantastiques rappellent bien plus certains jeux vidéos ou romans d’heroic fantasy que la version souriante et très bleue du génie dans l’Aladin made in Disney.

Un vrai bon premier tome, donc, autant dans le scénario, qui mêle les genres avec talent, que dans le très beau dessin, superbement mis en valeur par une mise en couleur pleine de détail et parfaitement maitrisée. Un coup de cœur !
3 Souhaits, Tome 1 sur Amazon

L’éditeur a réalisé une petite bande annonce Dailymotion, qui permet de se faire une idée :) Enjoy !

http://www.dailymotion.com/videoxd6g1h

Et le blog du dessinateur (en italien).

Eco T1, de Guillaume Bianco et Jérémy Almanza

8 novembre 2009  |  Coups de coeur  |  No Comments

eco

Eco Shakkelbott est la fille de couturiers de grande renommée. Secrète et renfermée, la petite fille vie dans un monde rien qu’à elle. Quand son père lui confie une livraison des plus importantes, elle faillit à sa mission, et provoque la ruine de ses parents. Sa mère, ivre de rage, la maudit, et c’est le début pour Eco de longs mois de solitudes. Jusqu’au jour où elle découvre que la malédiction de sa mère a fonctionné…

Eco, second livre de la collection Métamorphoses chez Soleil, est un conte sombre et poétique sur l’enfance et la puberté. Au scénario, Guillaume Bianco (Billy Brouillard), et au dessin Jérémy Almanza (Aristide broie du noir). Le duo nous offre un superbe objet, sous forme d’un conte  illustré, qui se déroulera sur trois tomes. De quoi plonger avec plaisir dans l’histoire d’Eco, avec la même déléctation que devant un recueil de contes de Grimm, quand on était gamine. Un vrai bonheur.

Pour découvrir les premières pages d’Eco, c’est par là.

Eco, Tome 1 : La malédiction des Shackelbott (lien amazon), de Bianco et Almanza, collection Métamoprhoses, éditions Soleil, 14.90