Fables, j’en ai déjà parlé, mais on ne parle jamais trop des bonnes choses. Et puis Urban Comics réédite la série, ce qui me donne une très bonne raison de me répéter.
Donc, c’est presque un ordre : vous devez lire Fables.
Le monde des contes de fée est envahi par un ennemi violent qui ne laisse pas le choix à ses habitants : pour survivre, les personnages de contes s’enfuient vers le monde des humains, notre monde…
Ils y établissent une petite communauté, à New-York. De l’extérieur, ils sont comme tout le monde, mais ils ont reconstitué un endroit accueillant, régi par les mêmes codes que chez eux. Le Roi est devenu Maire, et les différents personnages des contes occupent chacun une place respectable dans ce mini Royaume : Blanche-Neige est adjointe du Maire, le Grand Méchant Loup détective privé…
Et c’est d’ailleurs avec lui que l’histoire commence. Un meurtre d’une rare violence a eu lieu et le Loup mène l’enquête.
Fables, c’est d’abord un univers dense, travaillé, et passionnant. Mais plus encore, un vrai plaisir régressif que de retrouver tous les héros qui ont bercé notre enfance. Sauf que si l’on y croise Cendrillon ou Jack (celui du Haricot Magique), ici c’est à l’adulte que nous sommes devenus que l’histoire s’adresse, et dans la vraie vie, les gentils ne gagnent pas toujours.
Clairement culte pour tous ceux qui l’ont eu entre les mains, ce comics est tout simplement génial. Les différentes histoires nous plongent à chaque fois dans un monde plus riche et complexe. Les auteurs se font vraiment plaisir et nous proposent un éclairage nouveau sur toutes ces histoires lues et relues, comme sur le Prince Charmant, devenu un multi-divorcé qui tente de reconquérir ses ex-femmes/princesses, et tant d’autres délicieux arrangements avec les contes. Ce serait cruel de trop en dévoiler, mais je peux vous promettre que le scénario est vraiment très bon. Drôle, prenant, riche.
Le dessin, assez rétro, peut surprendre, tout comme la mise en couleur. Mais très vite on est tellement captivé qu’on oublie ce qui avait pu déranger sur les premières pages. (Il faut savoir que l’intérieur n’est pas de James Jean, le merveilleusement talentueux dessinateur des couvertures). Et puis les personnages sont parfaits, tout comme les décors…
Là où Fables frappe très fort, c’est en parvenant à marier tout ce petit monde qu’on a croisé mille fois avec des histoires différentes, modernes, et captivantes. Ce premier volume a des allures de polar, mais les auteurs s’amusent aussi avec les genres…
Un incontournable donc, pour les nostalgiques des contes de fées, les fans de polar, les amatrices de comics… pour tout le monde en fait. Goûtez-y, vous m’en direz des nouvelles !
Fables, tome 15 (la suite de la série est elle aussi chez Urban Comics) sur Amazon
Et Urban Comics m’a proposé de vous faire découvrir les premières pages ! (Cliquez sur les pages pour qu’elles s’affichent en grand)
Le tome 2 de cette merveilleuse bande dessinée est sorti mi-mars, je remets donc ici un lien vers ma chronique du premier tome. Cette suite est toujours aussi délicieuse, un dessin magnifique et un scénario tout aussi bon. Pas envie d’en raconter plus pour ne pas spoiler mais Beauté est une série à découvrir, vraiment vraiment.
Encore une petite splendeur de chez Métamorphose (à croire que les auteurs de la collection sont les vrais lutins du Père Noël, du genre à ne créer que des objets de désir à mettre sous le sapin)…
Aurore est une petite fille qui s’est réveillée sans plus se souvenir de rien. Vokko, un loup qui a une mission à lui confier, lui raconte qui elle est, d’où elle vient. Aurore est une petite fille issue d’une tribu très ancienne, qui aujourd’hui rencontre beaucoup de difficultés. La vie est difficile, et un nouveau drame vient de se produire. Un étrange ruisseau a traversé son village, la fillette et un de ses amis y ont touché…avant de se transformer en pierre.
Ses parents décident alors de remonter le cours d’eau pour sauver leur fille. De son côté, elle, a donc quelque chose à faire. Vokko a en effet été chargé par la Sage du village d’aider Aurore à écrire une chanson. Une chanson pleine d’espoir, qui redonnera le souffle qui manque à son peuple.
Mais qu’écrire quand on ne se souvient de rien ? quand on ne ressent aucune émotion ?
Alors Vokko va essayer de raconter, et de montrer à Aurore ce qui fait l’essence de sa tribu…et à elle de se débrouiller avec ça.
Aurore, donc, c’est le nouveau petit bijou d’Enrique Fernandez (que l’on a déjà pu découvrir sur d’autres titres, notamment une superbe adaptation du Magicien d’Oz, ou encore l’Ile sans Sourire). C’est un conte plein de poésie, d’humour et de jolies choses.
Le dessin est absolument sublime (on en a un aperçu dès la couverture), les couleurs tout autant…Chaque case est un vrai plaisir pour l’œil, on s’y perd avec délice. L’univers qu’il a créé ici est beau et touchant.
C’est une fable sur l’homme, sa nature profonde. Sur l’espoir. Mais aussi sur notre rapport à la nature, où l’on prend bien volontiers, en oubliant parfois, peut-être même souvent, de rendre, voir simplement de remercier. Aurore est une petite fille au caractère bien trempé, qui doit réapprendre à être fière, à aimer, et à partager.
Une très très jolie bande dessinée.
Comme l’année dernière, j’ai eu envie de dresser un petit bilan de mes plus gros coups de cœur, parmi les titres chroniqués ici. L’occasion de peut-être découvrir certains titres que vous auriez loupés, et pourquoi pas trouver quelques dernières idées cadeaux.
On commence avec mon coup de cœur manga. Comme je suis irrécupérable sur le sujet, il s’agit d’un shojo. Et c’est Akuma to love song qui a fait chavirer mon petit cœur, me permettant de sécher mes larmes à la fin du merveilleux Cat Street. Un shojo assez classique, qui se déroule dans un lycée, mais qui mêle d’humour et dessin impeccable, et nous propose une héroïne un peu différente de ce dont on a l’habitude…
Pour ce qui est du comics, c’est l’Étoffe des Légendes, chroniqué tout récemment, qui m’a mis la plus grosse claque. Un premier tome superbe, mélange de Toy Story, de Fables, et du Seigneur des Anneaux. De l’humour, du drame, des scènes de batailles mais aussi des personnages très développés. Une vraie belle surprise.
Pour ce qui est de la meilleure série de SF (science-fiction), c’est La Belle Mort qui a su me surprendre et me marquer pour un moment. Une petite bombe de plus publiée sous le Label 619 chez Ankama. Une ambiance étrange et un dessin superbe. Ou comment allié Apocalypse et poésie, bande de losers et survie.
Les contes font un retour en force ces temps-ci, la bande dessinée s’est elle aussi intéressée à cet univers, pour en sortir quelques petits bijoux. À découvrir absolument, trois titres : Cœur de Glace, sombre et enivrant, Beauté, aussi cruel que parfait, et Eco, qui est un superbe livre illustré, digne de ses inspirateurs, Andersen, Grimm, et les autres…
Et puis il y a la meilleure suite, c’est Zombillénium, qui réussit l’exploit de tenir sur la durée. Pas évident quand on sort ainsi des sentiers battus, et qu’on est attendu au tournant. Le talentueux Arthur de Pins prouve donc qu’il est doué dans tous les styles, et pas juste les jolies pin-up. Et lorsque je pense aux suites, impossible d’oublier la suite numérique de Geek & Girly. La série ayant été arrêtée par l’éditeur, les deux merveilleuses auteures ont tenu à continuer sur la toile. Le deuxième chapitre de ce troisième tome devrait d’ailleurs sortir pour Noël !
Pour ce qui est du plus beau dessin, c’est celui de Maya Mihindou, avec Sabine, qui m’a le plus bouleversé. L’occasion d’ailleurs de découvrir son travail, qui recèle mille splendeurs. Un style incroyable, beaucoup de personnalité, pour une très jolie histoire. Fable sur l’enfance, le passage à l’âge adulte, le voyage…
Les madmoiZelles de l’année sont au nombre de trois, rayon bd. Toutes différentes, mais toutes sublimes. Des filles de caractère. Il y a d’abord la Polina de Bastien Vivès, petite danseuse qui devient grande (également coup de cœur de Pénélope). Ensuite c’est Maxima de Curiosity Shop, jolie fille farouche embarquée dans une histoire qui la dépasse. Et puis enfin Dodola, la sublime héroïne du Habibi de Craig Thomson, qui traverse l’Histoire et les épreuves, pour peut-être, un jour, avoir droit au bonheur.
Mais mon plus gros coup de cœur, celui qui, dès les premières pages, m’a tellement bouleversée qu’il s’est hissé au rang de bd préférée du monde, c’est le magnifique Portugal de Cyril Pedrosa. Une bande dessinée incroyable, très longue par rapport à ce à quoi on est habitué, où l’auteur et son personnage se cherchent sans vraiment le vouloir. Un titre sur la famille, sur l’héritage, sur l’amour, sur soi-même. Une quête et une réflexion. Un moment en suspens pour rompre une routine trop facile. Et puis le Portugal, et cet effet incroyable et magique qu’il produit sur les gens.
Voilà donc un petit tour d’horizon des titres qui m’ont personnellement le plus marquée cette année. Il y en a d’autres encore, et bien sûr beaucoup que je n’ai pas encore découverts…Tous ces titres, en tout cas, je les recommande sans aucune retenue. En espérant que 2012 soit aussi riche en jolies choses…
Des fois, j’aimerais bien rajouter un petit gif lumineux qui dirait ATTENTION TUERIE. Parce qu’il y a des bd qui pourraient passer inaperçues alors qu’elles sont vraiment vraiment vraiment bien. Comme L’Étoffe des Légendes, que j’ai ouvert un peu comme ça…avant de m’en prendre plein les yeux.
Nous sommes en 1944, dans la chambre d’un petit garçon à Brooklyn. Dans le silence de la nuit, un drame arrive. Le petit garçon est enlevé par le Croquemitaine.
Mais dans cette chambre apparemment vide, il y a plus d’un témoin. Tous les jouets ont assisté à la scène. L’ours en peluche a même tenté de protéger l’enfant, sans succès.
Très vite, la résistance s’organise. Car tous ces jouets ont toujours été chéris par le garçon, il est aujourd’hui temps de lui rendre la pareille. Une petite équipe se forme, et ses membres partent dans le royaume de l’Obscur, pour combattre le mal et sauver leur ami.
Quand on commence l’Étoffe des Légendes, on pense à Toy Story (ce qui est, convenons-en, déjà une bonne référence). Mais dès que les jouets passent la porte du placard, pour rejoindre l’Obscur, on se retrouve plongé dans une bd fantastique complètement dingue, au graphisme sublime.
Les jouets prennent en effet forme ‘humaine’ quand ils arrivent dans ce monde mystérieux. Le petit soldat devient un combattant valeureux, la tirelire un vrai cochon, l’ours en peluche un gros ours menaçant. Et l’univers dans lequel ils débarquent est un monde en guerre, complètement fou, régit par ses propres règles.
Entre récit de guerre et situations absurdes, les auteurs de ce comics ont créé une vraie petite pépite. Le dessin, en noir et blanc, est tout simplement magnifique. L’univers est hyper dense, les personnages très travaillés. J’ai beaucoup pensé à la série Fables pendant la lecture (et c’est clairement un compliment).
C’est une œuvre étonnante, vraiment. Une fable sur le monde de l’enfance, mais aussi sur des valeurs comme l’amitié, la fidélité. Rien n’est choisi au hasard, du sens du sacrifice du petit soldat aux atermoiements d’une tirelire-cochon qui hésite entre sa fidélité au petit garçon, et l’espoir d’échapper à sa fin annoncée, quand viendra l’heure de ‘casser la tirelire’ pour récupérer les sous qu’il contient. Ce conte se nourrit de tous les genres. On plonge dans des combats haletants, mais une grande part est également laissée aux dialogues. Les personnages évoluent, réfléchissent. Passant d’un coup de simples objets, voués aux désirs et à l’imaginaire de leur propriétaire, à de vrais personnages, dotés d’un libre-arbitre, et de qualités et de défauts qui leur sont propres.
Le contexte choisi n’est lui non plus pas dû au hasard. Nous sommes en pleine Seconde Guerre Mondiale, et l’on devine, par un jeu de flashback tout en finesse, que le père du petit garçon est parti au combat… Donnant une dimension supplémentaire à l’histoire.
Un comics surprenant, et vraiment excellent. Un premier tome un peu fou, dense, sombre, qui donne très envie de connaitre la suite…
Ovide recherche son frère jumeau Gédéon, disparu alors qu’il était parti à la pêche, quelque part aux abord de leur village québecois, Lac-à-l’Ombre. A force de ténacité, il retrouve le chien de son frangin, qui le mènera jusqu’à un lac que tous les habitants du coin évitent, tant les légendes qui circulent à son propos font froid dans le dos.
Sur ce lac, gelé par l’hiver glacial, il fait la rencontre d’une jeune-femme, dont le corps est plongé dans l’eau. Elle lui dit être une sirène, et avoir besoin de son aide pour s’échapper. Le quotidien de ce père de famille, mais aussi celui de tous les habitants du village, va se retrouver bouleversé par cette rencontre…
Cette bande dessinée, qui mêle le quotidien d’un petit village québecois à tout un monde fantastique, inspiré de la mythologie amérindienne, est édité dans la collection Glénat Québec. C’est comme si un univers à la Magasin Général (le scénariste de La bête du lac a d’ailleurs travaillé sur les couleurs de la série) se retrouvait confronté à des monstres marins et à tout un monde qu’ils n’auraient pu imaginer.
Ce mélange donne une bande dessinée vraiment agréable, avec un beau dessin, où les femmes du village sont jalouses d’une sirène, et où les plus anodines des parties de pêches peuvent très, très mal tourner…
Il y a certains auteurs de bande dessinée qui, loin d’envahir les rayons avec leur rythme de publication effréné, sortent quelques merveilles au compte-goutte. Craig Thompson est de ceux-là et il a su se faire un nom en seulement quelques titres. Dont le sublime Blankets, publié en France chez Casterman Écriture. Une autobiographie sensible et pudique, parfois très dure.
Cette fois-ci Craig Thompson revient avec Habibi, une œuvre à mille lieux de ses précédents titres (mais il dit justement vouloir se renouveler dans chaque livre), qui laisse, une fois de plus, exploser tout son talent, son trait sublime et sa sensibilité.
Dodola n’a que neuf ans quand son père la vend à un scribe, afin qu’elle devienne son épouse. Obligée de devenir adulte bien plus vite, la petite fille a au moins la chance d’avoir un époux qui a de la considération pour elle. Pendant plusieurs années, il va lui apprendre à lire et à écrire, et lui ouvrir les portes de la culture. Mais son calvaire ne s’arrête pas là. Son mari est tué, et la voilà qui se retrouve esclave.
Dans sa nouvelle vie, elle va croiser la route de Zam, un petit de trois ans qu’elle va élever comme une mère, et pour qui elle trouvera la force de s’échapper. Plusieurs années s’écoulent pour eux, dans une bulle, cachés dans un bateau au milieu du désert. Dodola fait ce qu’il faut pour que le petit ait tout ce dont il est besoin et Zam, lui, grandit au rythme des histoires que lui conte la jeune fille…Mais le bonheur peut-il vraiment durer lorsque l’on est marqué du sceau des esclaves ?
Très dense et en même temps limpide, cette incroyable bande-dessinée de 670 pages est un pur chef-d’œuvre. L’histoire en elle-même est très belle, mouvante. On suit nos deux héros à travers le temps, les lieux. On les voit évoluer, grandir, se transformer. Jamais Craig Thompson ne les épargne et pourtant il les raconte avec énormément d’amour.
C’est aussi une très belle œuvre sur l’Islam. Toute en humilité car l’auteur n’est pas lui-même musulman. Il en offre une vision superbe, très loin des clichés. Son regard est plein de respect. Il montre sa beauté et sa poésie, en reprenant, dans la bouche de Dodola, certaines de ses histoires. Visuellement, il a également réalisé un travail titanesque en s’inspirant de l’art oriental. De son propre aveu, les décorations de certaines pages lui ont pris bien plus de temps que les cases qu’elles contiennent. Il joue et nous émerveille avec un très beau travail sur la calligraphie arabe, et les cases prennent une toute autre valeur, ciselée comme des bijoux précieux.
Mais au milieu d’une atmosphère digne d’un conte des mille et une nuits, l’auteur n’hésite pas également à glisser des thématiques vraiment modernes. Le pays dans lequel évolue les personnages est imaginaire, et ce qui pourrait au départ passer pour un récit ancré dans une époque lointaine se retrouve peu à peu envahit par notre quotidien, d’une manière étonnante et violente. Comme si on déversait petit à petit, au rythme lent et fascinant d’un sablier, le monde d’aujourd’hui dans une petite boite rempli de temps anciens. Et on retrouve cette idée materialisée par les déchets, qui s’accumulent au fil des pages, pour venir envahir chaque espace. Ainsi, Habibi prend une dimension écologique que l’on n’avait pas vu venir. Une réflexion sur notre environnement, les méfaits de l’homme, sans pour autant tomber dans une moralisation plombante.
C’est aussi l’occasion pour Craig Thompson de parler de la place de la femme, de sa condition, aujourd’hui encore.
Habibi tire sa richesse de ses nombreuses influences, de ses thèmes, de ses personnages et de ses lieux grandioses et effrayants, pour nous offrir une histoire magnifique, pleine de poésie, d’espoir et d’amour. Le genre de livre qui nous remue, nous bouleverse. Et continue d’évoluer en nous bien des jours après l’avoir refermé…
Le Grand Mort est une série fantastique avec Loisel au scénario (Peter Pan, Magasin général…) et Vincent Maillé au dessin, moins connu du grand public mais avec beaucoup de talent (et un style assez proche de Loisel d’ailleurs).
En Bretagne, en pleine campagne, un vieux monsieur a tout appris à celui qu’il considère comme son fils, Erwan, a propos du petit peuple. Mais quand ce dernier ira finalement visiter ce monde, il sera accompagné de Pauline, une jeune étudiante qu’il hébergeait après qu’elle soit tombée en panne près de chez lui. Loin d’être un simple conte de fée idyllique, ce voyage sera pour eux deux lourd de conséquences…Et quand Erwan finit par rentrer chez lui, il va vite devoir comprendre que c’est le monde entier qui change, et qu’il aura un rôle à jouer pour le sauver…
En même temps fantastique et poétique, le Grand Mort subjugue par son univers riche, beau, et étrange, mais aussi parce que ses enjeux vont bien au-delà de simples légendes. La situation a beau être une fiction, on y retrouve partout la trace de notre monde actuel.
La nature et le destin de l’homme sont en danger, un danger imminent, menaçant, et qui rappelle ce que nous vivons déjà.
Une histoire belle et passionnante, qui nous plonge dans un monde magique et incroyable, mais nous interroge aussi sur notre propre situation, et notre avenir. Et ce troisième tome est incroyablement dense, maitrisé, et prenant.
Un vrai coup de cœur.
Voilà de quoi ravir les amatrices de contes, et de folklore japonais.
Contes cruels du Japon est un recueil de nouvelles en bande dessinée, reprenant des mythes et légendes populaires au Japon, toujours associés aux yokais (plus d’infos sur ces charmants esprits ici).
Avec un très beau dessin, à mi-chemin entre un style manga et un style plus européen, et avec une mise en couleur superbe, les auteurs s’intéressent ici à des contes tristes, où les esprits sont souvent malveillants.
Difficile d’en dire plus, sans gâcher le plaisir, mais cette bd est en tout cas une jolie initiation à la culture japonaise, et à ses mythes (avec toujours un petit texte historique et explicatif avant chaque nouvelle) qui permet une plongée mélancolique et poétique dans un univers fascinant.
Un joli titre.
Et voici une nouvelle bd dans la collection d’adaptation de légendes asiatiques de Delcourt. Princesse Bari est ici inspirée d’un ancien conte coréen très populaire.
Parce qu’on avait prédit à son père, le Roi, que sa septième fille causerait sa perte, Bari est abandonnée dès la naissance. Mais quoi qu’on ai tenté pour la faire disparaitre elle revenait toujours, vivante. De rage, le Roi finit par la jeter dans une rivière.
Mais la petite survit une fois de plus, grandit, et contre toute attente, quand son père sera au seuil de la mort à cause d’une maladie incurable, elle sera la seule à se porter volontaire à la recherche de ce qui pourra le guérir.
Par un dessin au style très manga, cette bd a un côté très moderne. En même temps onirique et fantastique, elle interroge aussi sur notre besoin de reconnaissance et d’amour. Car pourquoi Bari est-elle prête à donner sa vie pour celui qui a toujours voulu qu’elle disparaisse pour se sauver lui-même ?
Une nouvelle fois, un one-shot qui séduira les amatrices de contes et de manga.





