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Cameron Daltrey est agent de probation à LA, spécialisé dans les très vilains garçons avec super-pouvoirs. Il paye leur caution, mais est chargé de les retrouver s’ils ne se présentent pas à leur convocation. Au départ il bossait en solo, mais après avoir légèrement dérapé avec un de ces criminels désobéissants, il n’a plus le droit d’accomplir la deuxième partie du job…Accro à la baston, il a trouvé la parade. Une cagoule ornée d’un code barre, et il peut lui-même jouer les chasseurs de prime, en toute impunité. Malheureusement, mener une double vie faite de mensonges et cumuler deux boulots à plein temps, ça ne laisse pas beaucoup de place pour avoir une vie perso.
Scénarisé par Joe Casey (auteur notamment chez DC et Marvel, mais également scénariste de Butcher Baker, publié en France chez Ankama) et dessiné par Charlie Adlard (surtout connu en France pour son travail sur Walking Dead), Codeflesh est un polar sombre et violent, découpé en chapitres où s’entremêlent à chaque fois une nouvelle mission et la vie amoureuse chaotique de Cameron. Les super-pouvoirs sont présents de manière finalement assez discrète, et le héros n’a pour lui que son masque, ses deux poings et la rage qui l’habite.
Le titre s’est fait en ‘creator-owner’, un statut un peu particulier où les auteurs détiennent les droits de la bd. Une position moins sûre financièrement, mais qui leur laisse par contre toute liberté dans le ton, le dessin, leur rythme de travail…Et on sent qu’ils ont vraiment pris du plaisir à faire ce titre (impression confirmée d’ailleurs dans la postface, où le duo raconte la genèse du comics).
Graphiquement, c’est très beau, et un peu torturé. Chacun des criminel à un charisme et une gueule impressionnants. Le noir est omniprésent, rongeant les visages et les décors pour ne montrer que ce qu’il faut. Le titre fait la part belle au monde de la nuit, avec une colorisation dans les tons froids, sauf pour quelques incursions dans le club de striptease où travaille Maddy, la petite amie de Cameron, où le violet apporte une pause sexy dans des tons chauds très à propos.
Ça se bastonne sévèrement dans Codeflesh, mais les auteurs distillent beaucoup d’humour dans les dialogues. Il y a aussi, entre les lignes, une réflexion sur les apparences et sur la difficulté de choisir le bon équilibre entre sa passion (même quand elle implique de tabasser des super-vilains) et sa vie privée.
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Ted Naifeh est un très grand auteur. Son dessin est superbe, les mondes qu’ils créent sont emplis de poésie, et ses histoires sont pleines d’humour et de rebondissements.
Courtney Crumrin est une de ces séries qui, tome après tome, nous rend un peu plus attaché à son héroïne et au monde incroyable qui l’entoure.
Au tout début de l’histoire, Courtney est une petite fille bien malheureuse. Ses parents emménagent chez le grand oncle de Courtney, Aloysius, pour profiter de son statut et de sa richesse afin d’accéder à un statut social bien plus valorisant. Pendant ce temps, elle, doit s’adapter tant bien que mal à un collège déprimant, où elle ne se fait aucun ami. C’est finalement dans les recoins sombres du manoir, mais aussi dans la forêt d’Hillsborough que Courtney fera les rencontres qui vont changer sa vie. Car si la petite banlieue cossue où elle atterrit ressemble à toutes les autres, elle est pourtant peuplée de Créatures de la Nuit. Et puis il y a ce vieil oncle revêche, qui a finalement bien à lui apprendre, sur le monde comme sur elle-même.
Dans le sixième tome, qui parait aujourd’hui, Courtney a encore plus de problème que d’habitude. L’Assemblée des sorciers réclame qu’elle rende des comptes pour ses derniers agissements, et vont jusqu’à charger Aloysius lui-même de ramener sa petite nièce au bercail pour qu’elle soit jugée. L’occasion pour chacun de se montrer tel qu’il est réellement, et pour les mystères restés en suspends de se résoudre, enfin…
Même si on s’apprête à quitter Courtney, et ceux qui ont fait partie de sa vie depuis son emménagement à Hillsborough, avec un pincement au cœur, ce sixième est dernier tome est un régal. Le récit est rapide et riche en rebondissements, à l’image de la fuite en avant de l’héroïne, qui sait que sa sanction, si elle est attrapée, sera de ne plus être une sorcière. Et que restera-t-il d’elle si la magie ne doit plus faire partie de sa vie ? Dans ce tome, elle va encore apprendre, grandir, et devoir prendre des décisions par elle-même, tout en sachant cette fois-ci que son grand-oncle ne sera pas là pour réparer ses bêtises dès qu’elle se sera un peu trop mise dans le pétrin.
Comme toujours, le trait tout en finesse de Ted Naifeh fait mouche. Chaque case est superbe, les décors poussent au rêve, et les personnages ont une élégance toute victorienne. La petite Courtney gagne en charisme à chaque page, à ce moment de sa vie où elle doit commencer à choisir par elle-même ce qui sera son destin, et à accepter ses responsabilités. Même si le récit est sombre, et que l’on tremble pour elle, l’auteur n’arrête pas pour autant de glisser dans ses dialogues l’humour décalé dont il sait faire preuve.
En fait, lire Courtney m’a toujours donné cette impression d’errer dans une forêt effrayante, en pleine nuit, et de tomber tout à coup sur une petite clairière éclairée par la lune, rassurante et presque féérique. Car si Ted Naifeh pourra faire penser au Burton des débuts (l’ambiance familiale me rappelant, pour ma part, celle de Beetlejuice), il crée, avec un talent de conteur rare, un récit lumineux avec des éléments de décor sombre. Dans ses histoires,les plus effrayants sont souvent les plus gentils, les laissés pour compte souvent les plus cool, et les freaks sont finalement délicieusement banals.
Cette série désormais achevée est un vrai petit bijou, à découvrir absolument si ça n’est pas déjà fait. Et pour les fans, ruez-vous sur ce dernier opus, vous ne serez pas déçu-e-s.
Courtney Crumrin, Tome 6 : Courtney Crumrin et le dernier sortilège
Après les excellents Les Seigneurs de Bagdad et Y le dernier homme, Brian K. Vaughan, qui s’est illustré comme excellent scénariste sur de nombreuses autres séries encore, revient chez Urban Comics avec Saga.
Alana et Marko sont ennemis par leur naissance, car leurs planètes d’origines s’affrontent dans une guerre sanguinaire depuis des années. Pourtant, ils s’aiment. Et ils s’aiment même tellement qu’ils ont donné naissance à une petite fille. Petite métisse qui a les cornes de son père, les ailes de sa mère. Pour certains cette naissance est une aberration, pour d’autres, elle est l’espoir. Mais pour l’instant, pour lui donner une chance de survivre, et de grandir dans ce monde dangereux, il faut fuir.
Saga est donc une série de science fiction, et c’est surtout un comics absolument géniale. L’univers est hyper dense, et peuplé de créatures dingues. Très vite, les deux tourtereaux sont la proie des pires crapules, qui en veulent autant à ce qu’ils voient en eux, des traitres, qu’au fruit de leurs entrailles. Et ils ne pourront se fier qu’à leur instinct pour savoir à qui faire confiance.
Le scénario, très rythmé, est explosif. Les dialogues sont aussi violents que pleins d’humour. C’est d’ailleurs tout le piment de Saga. Une histoire très dure, mais où l’absurde s’invite régulièrement, rendant la lecture beaucoup plus légère.
Le très beau dessin réaliste de Fiona Staples parvient à rendre crédible les créatures les plus barrées. Des hommes à tête de vieille télé ? Ok. Une femme-araignée ? Ok aussi, et même, on se surprend à la trouver jolie.
Voilà une série de SF sombre, où une toute petite fille parvient à amener, page après page, un peu de lumière et d’espoir.
Une fois encore, Brian K. Vaughan nous captive, de la première à la dernière case.
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La série télé Hero Corp a vécu bien des aventures. Arrêtée il y a quelques années fautes d’audiences suffisantes, c’est grâce à sa communauté de fans, qui s’est particulièrement mobilisée, que la saison 3 est actuellement en tournage (et c’est une première en France). Que les fans se rassurent donc, ils verront bien la suite des aventures de John, et sur France 4 qui plus est (donc pas sur une chaine câblée).
Pour ceux qui ne connaissent pas l’hilarante série écrite et réalisée par Simon Astier (le petit frère d’Alexandre Astier, que l’on a d’ailleurs déjà croisé dans Kaamelot), c’est l’histoire de John, un garçon à peu près comme les autres qui atterrit dans un petit village où de vieux super-héros un peu nuls coulent des jours tranquilles, car le dernier super-vilain a été éradiqué depuis bien longtemps. Sauf que le Mal est de retour, et, d’après une prophétie, seul John pourra sauver le monde. Cette série, hommage aux comics, est complètement addictive. C’est drôle, très bien écrit, et captivant. Si la première saison enchaine vraiment les situations comiques, la deuxième est plus sombre, plus dense, et plus folle encore…Et tous les amateurs trépignent en imaginant tout ce qui pourra se passer dans la saison 3.
Pour patienter, il y a maintenant la bd, qui n’est pas une adaptation, mais bien une histoire à part. Il s’agit en fait du prequel de la série. Ce qui se trouve dans ces pages est d’ailleurs abordé à plusieurs reprises dans Hero Corp, car les évènements qui y ont lieu jouent un rôle capitale pour la suite. On revient donc trente ans en arrière, au moment de la naissance de John.
Nous sommes dans les années 80, et les super-héros que l’on a rencontré, vieillissants dans un trou paumé français, vivent parmi pleins d’autres supers au Canada. Ils combattent le mal en usant de leurs super-pouvoirs (qui n’étaient pas tout pourris à l’époque).
Je pense que l’on peut lire et découvrir la bd sans avoir vu la série, mais le risque c’est d’ensuite se gâcher pas mal de surprises en visionnant les deux saisons. Au contraire, si vous êtes déjà un-e fan d’Hero Corp, tout ce qui se passe dans le comics va clairement gagner en profondeur, au regard de ce que vous connaissez déjà. Je ne vais rien résumer parce que même en en disant peu, je risque de spoiler. Mais je dois avouer que je me demande comment Simon Astier va s’y prendre dans sa saison 3, soit pour reparler de toutes les révélations comprises dans ce prequel, soit pour l’inclure, rendant alors la série ‘multi-support’, ce qui serait aussi inédit qu’intéressant.
En tout cas, Hero Corp – les origines réussi à être parfaitement dans le ton de la série, même si l’action prévaut sur l’humour. On sent vraiment la passion de Simon Astier pour les comics, et il parvient avec aisance à passer d’un scénario de série à celui de bande dessinée. On retrouve avec plaisir les personnages que l’on apprécie, en découvrant d’eux une autre facette. Au niveau dessin, Olivier Péru, qui était l’auteur des illustrations croisées dans les épisodes, signe ici la couverture. L’intérieur de l’album est dessiné par Marco Failla, dans un style comics particulièrement réussi.
Hero Corp – les origines, n’est pas un simple produit dérivé, c’est une vraie réussite, qui ravira les fans. Simon Astier réussit à donner encore plus de densité à sa série, en lui apportant une dimension supplémentaire avec ce format papier, qui lui permet de prendre le temps de développer les choses. J’ai maintenant vraiment hâte de découvrir comment il va se servir de ce prequel dans la saison 3.
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Lula, petite fille à barbe, fait partie d’un cirque de freaks en pleine faillite. Il faut dire que les freaks en questions sont un peu miteux, et n’attirent pas les foules. Alors quand la gamine débarque avec un monstre aussi laid que colossal, qu’elle dresse pour réaliser de nouvelles attractions fantastiques, les affaires reprennent. Mais le populaire Chimichanga s’attire très vite le mépris de tous les autres artistes, qui voient en lui l’unique raison de leur mise à l’écart…Alors, dans les coulisses, certains complotent pour se débarrasser de la bestiole.
Au départ, Chimichanga est un projet proposé par Eric Powell pour un dessin animé. Un peu trop ‘bizarre’ pour avoir l’aval des producteurs, l’auteur, qui a notamment signé la série the Goon, s’apprête à ranger ce petit monde dans ses cartons. Oui mais voilà, ses enfants adorent Chimichanga, et il se dit que si ses enfants, qui ont sûrement des goûts bien plus sûrs qu’une boite de production, aiment ce monstre vert, c’est qu’il y a matière à en faire quelque chose de cool. Et c’est ainsi qu’est né ce petit bijou.
C’est bien simple, tout est bon ici.
Ce qui saute aux yeux dès la couverture, c’est le dessin sublime d’Eric Powell, et sa mise en couleur toute aussi belle. Il a une telle aisance pour rendre beau les laids, et Lula, petite fille barbue, est sous son trait aussi adorable qu’attachante. Son dessin est en même temps rétro et très moderne, doux mais plein d’énergie. La colorisation a également cette ambivalence, avec une atmosphère qui rappelle les 50′s autant que le monde d’aujourd’hui. Et toujours ce mélange de dynamisme et de douceur.
Et puis il y a tout cet univers fou, fait de freaks un peu moisis, et d’humains ‘normaux’ mais vraiment moches. D’ailleurs, ça n’est pas l’apparence qui dicte ici le caractère, les plus bizarres pouvant être aussi méchants que généreux, les ‘normaux’ qui se sentent supérieurs avec leur peau lisse et leurs cheveux qui brillent faisant souvent preuve d’autant d’humanité qu’un petit tas de cailloux.
Entre l’univers complètement dingue et le dessin magnifique, les bases sont posées pour un livre qui nous en mettent pleins les mirettes, mais Eric Powell est loin de s’arrêter là. Car tout le piment de son histoire réside dans l’avalanche d’humour absurde qui se trouve dans ses pages. Les dialogues succulents et les blagues font rire comme une baleine le-la gamin-e de 7 ans qui se planque toujours en nous. Et puis il y a l’avalanche de péripéties, qui donne une histoire hilarante mais aussi très rythmée et véritablement explosive. On sent qu’Eric Powell s’est fait vraiment plaisir, et a aussi tout donné pour plaire à ses enfants, qui jusque là n’avaient jamais été intéressés par son travail. Du coup l’amusement est contagieux, et la lecture de Chimichanga est un vrai régal.
J’ai refermé ce comics avec l’impression d’avoir lu une des histoires les plus mignonnes du monde (il faut dire que j’ai été biberonnée à la Famille Adams et aux freaks en tout genre, ma vision du mignon est peut-être un peu biaisée), mais aussi une bd pleine de folie, et de n’importe quoi. C’est rafraichissant, plein de joie de vivre et d’amour. Le genre de titre qui fait du bien, parce qu’il est simple et barré, et réussi sur tous les plans.
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Retrouvez les nouveautés et les coups de coeur BD de Zaelle / Elsa, 26 ans, passionnée de bande dessinée. Vous pouvez