Posts Tagged ‘comics’

Adventure time tome 2

14 octobre 2013  |  Non classé

Il y a un peu plus d’un mois paraissait le deuxième volume du comics Adventure Time, tiré de l’univers de la série à succès. Les histoires que l’on peut lire dans les comics sont totalement inédites, mais on y retrouve les personnages et le mélange de grande aventure et d’humour totalement absurde qui a fait le succès du dessin animé.

Comme dans le premier tome, on découvre d’abord une aventure longue (cette fois-ci, Finn et Jack vont expérimenter les voyages temporels) puis une compilation d’histoires courtes imaginées par des auteurs de comics indé.

Si le passage du dessin animé à la planche de bande dessinée rend l’ensemble un peu moins dynamique et explosif, il n’empêche que ce comics ets vraiment agréable à lire, que l’on connaisse ou non cet univers d’ailleurs. Les dialogues conservent leur juste dose d’humour absurde, les rebondissements s’enchainent à toute vitesse et il se dégage de l’ensemble une véritable énergie. Si dans le tome 1, les auteurs jouaient beaucoup sur les cases, la construction, le rythme, celui-ci s’ancre plutôt dans un style comics classique mais réussi.

Pour toute la première partie, on retrouve le graphisme propre au dessin animé, les petites histoires qui suivent prennent elles une toute autre personnalité, sous les traits de dessinateurs comme Paul Pope, Lucy Knisley, Chris Hoghton…

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Une case en moins

13 octobre 2013  |  Bande dessinée

Ellen Forney a trente ans quand sa thérapeute donne un nom à ce dont elle souffre sans même en avoir conscience. Ellen est bipolaire, la sentence tombe tel un couperet. Son caractère, son énergie débordante, sa créativité, ne serait donc que les symptômes d’une maladie et pas ce qu’elle est ? Sa médecin veut qu’elle prenne des médicaments, elle refuse, d’abord. Beaucoup d’artistes souffraient de troubles, beaucoup ont été diagnostiqués bipolaires de leur vivant ou après leur mort. Cela fait partie d’eux et c’est sans doute un des éléments de leur génie. Ellen ne veut pas tuer sa créativité à coup de cachetons. Elle continue d’être ‘elle-même’, avec toujours mille projets qui éclosent dans sa tête tel du pop-corn, avec les risques qu’elle prend parfois, avec cette sensation de totale liberté.

Jusqu’à ce que cette folle énergie laisse la place, une nouvelle fois, à un extrême abattement. Mais contrairement aux fois précédentes, elle sait que c’est la maladie, que les médicaments pourront l’aider à en sortir. Alors elle accepte un premier traitement, puis un autre, puis encore un autre. Cherchant avec sa thérapeute le dosage qui lui conviendra vraiment. En parallèle elle se cherche, s’apprivoise. Accepter sa maladie, puis accepter de prendre un traitement, c’est le début d’une véritable quête identitaire. Qui est-elle, peut-elle encore être une artiste ? vient-elle de sacrifier son talent ? Que va-t-elle devenir ?

Dans cette autobiographie qui part dans tous les sens, Ellen Forney revient sur son parcours, ses réflexions, l’enseignement qu’elle a retiré de tout ça. Parce que loin d’accepter la fatalité sans sourciller, l’auteure avance, discute avec son entourage, lit, cherche des réponses à ce qui n’en a peut-être pas. Van Gogh aurait-il été aussi doué sans le mal qui le rongeait ?

Séances de thérapie, cours de yoga, introspection, folles soirées, questionnements, instants, amitié, famille, effets secondaires, Une case en moins est très dense, et pourtant passionnant. C’est d’abord un témoignage intime sur la maladie, sur le fait d’être bipolaire au quotidien. Mais c’est aussi toute une réflexion sur le rapport entre ce trouble et l’art.

Le dessin est clair, pétillant, et lui ressemble. Tantôt sage et ordonné, tantôt complètement surchargé et débordant d’énergie. Certaines pages sont uniquement des textes, d’autres sont des bd classiques, mais il y a aussi des schémas, des tableaux, des croquis, des illustrations pleines pages, des petits mots qu’elle nous laisse le soin de relier… Le propos est sombre, parfois dur, mais pourtant Ellen Forney ne se départit presque jamais de son humour, et même de son auto-dérision.

Si Chute libre – Carnet du gouffre se lit avec une certaine sensation de légèreté, dans Une Case en moins, attendez-vous à ce que l’auteure vous inonde d’informations complexes. Pourtant, l’un et l’autre abordent la maladie en mêlant l’intime, l’expérience, à l’universel. C’est autant un témoignage qu’une entrée pour mieux comprendre ce que les malades peuvent vivre. C’est aussi un message d’espoir, puisque l’une comme l’autre sont parvenues à s’en sortir. Dans les deux livres, on a un récit à posteriori dans lequel intervient celle qu’elles étaient à l’époque, par le biais de petits dessins réalisés dans les périodes les plus douloureuses.

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Killing Time

3 octobre 2013  |  Bande dessinée, Comics

Gyorgi Owens a déjà subi de nombreux interrogatoires, mais c’est cette fois-ci aux questions d’une journaliste qu’il va répondre. Celle-ci a voulu le rencontrer pour dresser le portrait de l’homme derrière le tueur, et comprendre, peut-être, ce qui l’a amené là.

Surnommé « Le tueur des hôpitaux » et jugé pour 34 homicides, il se voit pour sa part plutôt comme un passeur. Aidant ceux qui souffraient trop à en finir. Avec Isabelle Bauffays, il va revenir en arrière, lui raconter un à un les crimes qui ont jalonné son parcours d’infirmier. Mais très vite, l’entretien se met à ressembler à une partie de ping-pong. Gyorgi Owens égrène ses meurtres dans le désordre, et à chaque fois la jeune femme semble voir clair dans son jeu, pointant les éléments qu’il cherche à lui dissimuler.

Kid Toussaint, le scénariste (déjà auteur de Puzzle, Notorious Circus, A l’ombre du convoi) signe ici un polar très bien construit, jouant sur les flashback tels que son héros décide de les orchestrer. Peu à peu, on prend conscience que les apparences sont trompeuses, et le lecteur perd ses repères. Abordant le sujet de l’euthanasie d’une manière neutre, ce qui permet de ne pas parasiter l’intrigue, le récit devient un thriller dont on découvre les enjeux au compte-goutte. Les personnages sont tous intéressants, et l’auteur s’est inspiré des aveux de véritables tueurs en série pour construire son ‘héros’. Le dessin de Chris Evenhuis (qui avait déjà collaboré avec Kid Toussaint par le passé) rappelle les comics du genre. Son trait est classique mais maitrisé, et apporte un côté cinématographique à ce titre.

Killing Time est un bon polar, paru dans la collection Hostile Holster d’Ankama. De quoi ravir les amateurs du genre.

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Off Road et Punk Rock Jesus – Sean Murphy en deux one-shot

28 septembre 2013  |  Comics, Coups de coeur, Mes incontournables

Punk Rock Jesus de  Sean Murphy est encensé de toute part et parait ces jours-ci en version française chez Urban Comics. L’éditeur en profite pour également publier son premier titre, Off Road. Une occasion à ne pas manquer pour découvrir l’univers et surtout l’étendu du talent de cet auteur, qui a notamment travaillé sur la série Hellblazer et sur une histoire du spin-off d’American Vampire, American Vampire Legacy.

Off Road

Trent est un étudiant aux Beaux-Arts qui vient de se faire larguer. Il est donc présentement plutôt déprimé. Il part rejoindre son meilleur ami Greg, qui reçoit ce jour-là un cadeau plutôt très cool de la part de son père : une Jeep jaune flambant neuve. Le duo retrouve ensuite Brad, avec qui Trent ne s’est jamais particulièrement entendu. Le seul lien qui les unit tous les deux, c’est Greg, capable de supporter avec le même flegme la sensibilité de Trent et le côté bourru de Brad.

Ils ont une soirée de prévue, mais l’après-midi à tuer. Galvanisés par les paroles du vendeur, ils décident d’aller tester la Jeep en pleine nature. Après tout elle est faite pour ça non ? Mais les sensations fortes tournent court quand la voiture se retrouve embourbée au milieu d’une rivière.

Première création de Sean Murphy, Off Road s’inspire d’une expérience qu’il a réellement vécu. Cette anecdote qui pourrait être banale tourne à la grande aventure au fur et à mesure des pages, que ce soit grâce à la personnalité des membres du trio, aux personnages qu’ils vont rencontrer, mais surtout grâce au grand talent de conteur et de metteur en scène de Sean Murphy. Il parvient à doser parfaitement humour, mélancolie et non-dits pour raconter cet après-midi qui va profondément changer les trois héros. Ils vont mettre leur amitié à l’épreuve malgré eux. Trent et Brad vont devoir affronter leurs démons, mais jamais seuls, et c’est ce qui fait toute la différence. Si l’histoire est très bien écrite, le dessin est tout sauf en reste. Chaque case est aussi belle qu’efficace, et son trait fait la part belle à l’expressivité des personnages, que ce soit dans leurs regards ou leurs postures. Les nombreux plans créent un rythme captivant alors même que les trois héros font du surplace pendant presque toute l’histoire.

Off road est comme un road movie immobile, une belle histoire d’amitié à la fois drôle, puissante et très juste.

Punk Rock Jesus

25 mars 2019, la télé-réalité prend un nouveau tournant. Ophis lance un projet d’émission des plus polémiques, J2. Le concept est aussi tordu que simple : ils veulent cloner le Christ à partir de l’ADN prélevé sur le Saint Suaire, et que l’enfant grandisse devant leurs caméras de télévision. Le docteur Sarah Epstein, célèbre généticienne, va s’occuper du clonage et restera ensuite présente pour suivre le bon développement du petit. Gwen, une jeune vierge de 18 ans, portera le bébé. Thomas Mc Keal, ancien membre de l’IRA, sera responsable de la sécurité de tout ce petit monde. Tim s’occupera de tout ce qui concerne l’informatique. Le tout supervisé par Rick Slate, un producteur qui semble dépourvu de tout scrupule quand il s’agit d’audiences.

Sur plus de 200 pages, nous allons suivre la naissance, l’enfance, l’adolescence de ce Jésus version 21ème siècle. Mais contrairement au public qui se repait de ses miracles et de toute la polémique engendrée par l’émission à travers les médias, c’est de l’intérieur que l’on va découvrir l’histoire.

Fable moderne et violente critique de la société américaine et de l’extrémisme religieux, Punk Rock Jesus risque de marquer durablement les esprits de tous ceux qui le liront. Dernier ouvrage signé Sean Murphy paru aux États-Unis, l’histoire habitait pourtant l’auteur depuis de nombreuses années. Comme il le raconte dans la préface d’Off Road, un ami lui a conseillé de prendre son temps pour cette histoire. Bien lui en a pris puisque l’intrigue de ce comics à part a évolué en même temps que le regard de Sean Murphy sur la religion changeait (ce qu’il explique cette fois dans la postface de Punk Rock Jesus). Le résultat est un one-shot violent, sombre, sans concession et incroyablement bien écrit. Le propos est fascinant, les personnages complexes et attachants,  et l’auteur a un talent dingue pour développer au compte goutte les relations entre eux, entre instants, regards et non-dits, nous laissant lire entre les lignes la vérité de ce huis-clos hyper médiatisé.

Punk Rock Jesus n’en oublie pas pour autant d’être blindé de scènes d’actions explosives, et on pourrait finir par oublier de respirer tout le temps de la lecture, suspendus au regard plein de fragilité de Chris et à celui froid et dur de Thomas. Le dessin de Sean Murphy est encore plus beau et maitrisé qu’auparavant, racé et bourré d’énergie, on se retrouve souvent à s’arrêter pour admirer une case, une planche, avant de reprendre sa lecture avec avidité. Comme pour Off Road, l’ouvrage est en noir et blanc, donnant encore plus de puissance aux émotions brutes qui se dégage du récit.

Une vraie bombe, à découvrir absolument.

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Superworld tome 1

26 septembre 2013  |  Bande dessinée, Comics

Paris, dans un futur pas si lointain. Le monde a été sauvé par le sacrifice de tous les super-héros, ou presque. En gage de gratitude, leurs enfants sont devenus des privilégiés. Mais les années ont passé, la population s’est vite habituée au retour du calme et la gratitude commence à s’effriter. D’autant plus que les enfants des supers, devenus adolescents, sont incontrôlables. gamins pourris gâtés dotés de super-pouvoir, l’État français leur fait désormais porter un bracelet pour contrôler leurs faits et gestes, et les a tous parqués dans un ghetto de luxe aux pieds de la Tour Eiffel.

La situation commence a être très tendue, d’un côté comme de l’autre. Les français n’acceptent plus les passes droits de ces ‘sales gosses’, tandis que ces derniers n’ont plus très envie de se plier aux conditions de l’État. Mais et si la menace que tous semblent avoir oublié était de retour ? Quelqu’un sera-t-il à nouveau capable de sauver le monde ?

C’est sur cette idée que démarre Superworld, dans la collection Comics fabric de Delcourt, dédiée à des comics français. Ce sera à nouveau une trilogie (comme Bad Ass et le Cercle, qui vient d’ailleurs de se terminer). Les auteurs, Jean-Marc Rivière au scénario, Francesca Follini au dessin et Johann Corgié à la couleur ont imaginé un univers de super-héros de A à Z, qui prend place en France, et qui semble sur le déclin. Mais des éléments interviennent dans l’intrigue pour nous indiquer que tout pourrait bien très vite dégénérer.

Le dessin est plutôt réussi mais parfois un peu inégal, voir caricatural, cependant Superworld est une bonne surprise, avec un scénario intéressant et bien construit. Placé dans un univers très proche du notre, avec des éléments de notre présent (célébrités connues, ville de Paris…), on rentre très vite dans l’histoire et on s’attache notamment au personnage de Tamara, fille d’un des plus grands super-héros mais qui n’a pas hérité de ses pouvoirs.

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