Posts Tagged ‘casterman’

Vertige

21 janvier 2012  |  Nouveautés de la semaine  |  No Comments

Éloignées l’une de l’autre, Vertige et Adelia sont irrémédiablement liées par cette bande dessinée. Pourtant tous les séparent. Vertige est une actrice vedette, plongée dans le coma après une trop grande consommation de drogue. Adelia, elle, est une artiste de cirque qui n’aspire qu’à la liberté, abimée par une vie bien trop pourrie.

Comme une course contre la montre, entre la froideur d’une chambre d’hôpital et les mille dangers qui croisent la route de la jeune fugueuse, ces deux destins de femmes, si différents, se croisent et s’emmêlent pour mieux nous surprendre.

Un jeu de puzzle, inventé par la talentueuse Lisa Mandel, au scénario sur ce titre, qui nous piège et nous surprend, dans un exercice réussi.

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In the name of…

14 janvier 2012  |  Non classé  |  No Comments

2014. Le nouveau Pape vient d’atterrir à Houston pour une apparition publique historique. Car le successeur de Benoit XVI marque un changement notable. En plus de ses idées modernes, il est noir et né en Afrique.

Autant dire que sa première poignée de main avec le président Obama est des plus symboliques. Mais malgré une organisation rodée et une sécurité à son maximum, un drame se produit. Dans l’immense stade où sont réunis les fidèles par milliers, plusieurs coups de feu retentissent.

Le Pape, grièvement blessé, est amené d’urgence à l’hôpital, et de son côté le FBI s’affaire pour arrêter le coupable le plus rapidement possible…

Mais ça n’est pas un, mais trois suspects, qu’ils retrouvent avec une arme, parmi la foule…

Cette bande dessinée d’anticipation, qui s’inscrit dans un futur très proche, est une réelle réflexion sur notre société, ses changements, ses possibles évolutions.  Ce n’est pas seulement l’enquête en elle-même, mais bien tout le contexte imaginé par Will Argunas, qui pousse à s’interroger. Car tout est finalement très réaliste, tout pourrait vraiment se produire…Une bd policière aussi originale que passionnante.

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Le Grand Meaulnes

27 novembre 2011  |  Non classé  |  No Comments

Les adaptations de roman en bande dessinée, c’est souvent un peu casse-gueule. Difficile d’éviter l’écueil du ‘version pour feignant avec des images’, pour ceux qui n’ont pas envie de lire les centaines de pages de l’original. Pourtant, tous ceux qui viennent ici le savent (j’espère, sinon vaut mieux que je ferme boutique), la bande dessinée c’est bien plus qu’un livre avec moins de phrases et des images, ce sont des œuvres à part entières, superbes, et un vrai genre qui mériterait plus de reconnaissance.

Pour ce qui est des adaptations, deux éditeurs laissent aujourd’hui une belle place dans leur catalogue aux adaptations, mais uniquement pour des ouvrages de qualité, qui n’ont absolument pas pour but de vulgariser des classiques, mais bien d’être une œuvre à part entière. Il y a la collection Ex Libris chez Delcourt, mais aussi de nombreux titres chez Casterman.

L’adaptation récente du Grand Meaulnes, chez Casterman, fait clairement partie de cette catégorie.

Honte sur moi, je n’ai jamais lu ce roman (j’ai un problème avec les classiques, je crois). L’adaptation bd m’a, en tout cas, donné envie de le faire, ne s’y substituant pas. La bande dessinée se lit avec plaisir sans que l’on connaisse l’original, donc, mais elle sera aussi je pense un complément agréable pour qui aime le livre d’Alain Fournier.

Pour l’histoire, c’est celle d’une petite ville, et plus précisément d’une amitié entre un jeune du coin et un adolescent du même âge, envoyé chez les parents du premier en pension. Cet étranger, très vite surnommé le Grand Meaulnes par ses camarades de classe, va vivre une aventure presque surréaliste qui va le marquer, et l’obséder. En se confiant à son ami, il transmettra son obsession au narrateur, qui lui aussi n’aura de cesse d’apporter la lumière sur tout cela.

On sent vraiment que Bernard Capo est aussi amoureux de l’œuvre que de la région où l’histoire se déroule, tant il a apporté un grand soin aux paysages. Son adaptation est je pense, fidèle, dans un parfait dosage de reprise de la narration et des dialogues, tout en offrant une version bd de qualité. Le dessin est beau, l’histoire très agréable, et l’on découvre, ou redécouvre avec plaisir cette histoire d’amour belle et tragique, considérée comme l’un des plus beaux romans du XXème siècle…

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Habibi, de Craig Thompson

Il y a certains auteurs de bande dessinée qui, loin d’envahir les rayons avec leur rythme de publication effréné, sortent quelques merveilles au compte-goutte. Craig Thompson est de ceux-là et il a su se faire un nom en seulement quelques titres. Dont le sublime Blankets, publié en France chez Casterman Écriture. Une autobiographie sensible et pudique, parfois très dure.

 

Cette fois-ci Craig Thompson revient avec Habibi, une œuvre à mille lieux de ses précédents titres (mais il dit justement vouloir se renouveler dans chaque livre), qui laisse, une fois de plus, exploser tout son talent, son trait sublime et sa sensibilité.

Dodola n’a que neuf ans quand son père la vend à un scribe, afin qu’elle devienne son épouse. Obligée de devenir adulte bien plus vite, la petite fille a au moins la chance d’avoir un époux qui a de la considération pour elle. Pendant plusieurs années, il va lui apprendre à lire et à écrire, et lui ouvrir les portes de la culture. Mais son calvaire ne s’arrête pas là. Son mari est tué, et la voilà qui se retrouve esclave.

Dans sa nouvelle vie, elle va croiser la route de Zam, un petit de trois ans qu’elle va élever comme une mère, et pour qui elle trouvera la force de s’échapper. Plusieurs années s’écoulent pour eux, dans une bulle, cachés dans un bateau au milieu du désert. Dodola fait ce qu’il faut pour que le petit ait tout ce dont il est besoin et Zam, lui, grandit au rythme des histoires que lui conte la jeune fille…Mais le bonheur peut-il vraiment durer lorsque l’on est marqué du sceau des esclaves ?

Très dense et en même temps limpide, cette incroyable bande-dessinée de 670 pages est un pur chef-d’œuvre. L’histoire en elle-même est très belle, mouvante. On suit nos deux héros à travers le temps, les lieux. On les voit évoluer, grandir, se transformer. Jamais Craig Thompson ne les épargne et pourtant il les raconte avec énormément d’amour.

C’est aussi une très belle œuvre sur l’Islam. Toute en humilité car l’auteur n’est pas lui-même musulman. Il en offre une vision superbe, très loin des clichés. Son regard est plein de respect. Il montre sa beauté et sa poésie, en reprenant, dans la bouche de Dodola, certaines de ses histoires. Visuellement, il a également réalisé un travail titanesque en s’inspirant de l’art oriental. De son propre aveu, les décorations de certaines pages lui ont pris bien plus de temps que les cases qu’elles contiennent. Il joue et nous émerveille avec un très beau travail sur la calligraphie arabe, et les cases prennent une toute autre valeur, ciselée comme des bijoux précieux.

Mais au milieu d’une atmosphère digne d’un conte des mille et une nuits, l’auteur n’hésite pas également à glisser des thématiques vraiment modernes. Le pays dans lequel évolue les personnages est imaginaire, et ce qui pourrait au départ passer pour un récit ancré dans une époque lointaine se retrouve peu à peu envahit par notre quotidien, d’une manière étonnante et violente. Comme si on déversait petit à petit, au rythme lent et fascinant d’un sablier, le monde d’aujourd’hui dans une petite boite rempli de temps anciens. Et on retrouve cette idée materialisée par les déchets, qui s’accumulent au fil des pages, pour venir envahir chaque espace. Ainsi, Habibi prend une dimension écologique que l’on n’avait pas vu venir. Une réflexion sur notre environnement, les méfaits de l’homme, sans pour autant tomber dans une moralisation plombante.

C’est aussi l’occasion pour Craig Thompson de parler de la place de la femme, de sa condition, aujourd’hui encore.

Habibi tire sa richesse de ses nombreuses influences, de ses thèmes, de ses personnages et de ses lieux grandioses et effrayants, pour nous offrir une histoire magnifique, pleine de poésie, d’espoir et d’amour. Le genre de livre qui nous remue, nous bouleverse. Et continue d’évoluer en nous bien des jours après l’avoir refermé…

Habibi sur Amazon

Le Grand Mort tome 3

14 octobre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Le Grand Mort est une série fantastique avec Loisel au scénario (Peter Pan, Magasin général…) et Vincent Maillé au dessin, moins connu du grand public mais avec beaucoup de talent (et un style assez proche de Loisel d’ailleurs).

En Bretagne, en pleine campagne, un vieux monsieur a tout appris à celui qu’il considère comme son fils, Erwan, a propos du petit peuple. Mais quand ce dernier ira finalement visiter ce monde, il sera accompagné de Pauline, une jeune étudiante qu’il hébergeait après qu’elle soit tombée en panne près de chez lui. Loin d’être un simple conte de fée idyllique, ce voyage sera pour eux deux lourd de conséquences…Et quand Erwan finit par rentrer chez lui, il va vite devoir comprendre que c’est le monde entier qui change, et qu’il aura un rôle à jouer pour le sauver…

En même temps fantastique et poétique, le Grand Mort subjugue par son univers riche, beau, et étrange, mais aussi parce que ses enjeux vont bien au-delà de simples légendes. La situation a beau être une fiction, on y retrouve partout la trace de notre monde actuel.

La nature et le destin de l’homme sont en danger, un danger imminent, menaçant, et qui rappelle ce que nous vivons déjà.

Une histoire belle et passionnante, qui nous plonge dans un monde magique et incroyable, mais nous interroge aussi sur notre propre situation, et notre avenir. Et ce troisième tome est incroyablement dense, maitrisé, et prenant.

Un vrai coup de cœur.

Le Grand Mort, Tome 3 :

Des suites

10 octobre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Quelques suites de séries sont parues dernièrement, et ces nouveaux tomes sont aussi bons que les précédents…

Je ne suis pas un homme : Tome 2 , suite et fin de ce titre sombre et captivant dont le tome 1 a été chroniqué ici.

Le tome 2 de Berry Dynamite est lui aussi paru. Par l’auteur de Lovely Complex, ce shojo délirant raconte les déboires d’une jeune fille montée sur Tokyo pour devenir une star du rock…Et qui se retrouve dans un duo pop ultra kawaïï. (chronique du tome 1 ici).

Et enfin, l’un de mes gros gros coup de coeur de 2010, Chambres Noires, dont le tome 2 vient de paraitre. Une famille un peu foldingue et une ambiance freaks, dans le genre Famille Addams, un graphisme sublime, et pour ce tome, une tournure de plus en plus sombre…Mais qui reste toujours un grand plaisir à lire. Vraiment le genre de petites séries comme j’aime !

Junk Love

29 septembre 2011  |  Non classé  |  No Comments

Un garçon, une fille. D’abord des discussions sur un chat, puis une rencontre en vrai, née d’un malentendu. Le garçon ayant confondu le pseudo de la demoiselle et pensait voir arriver une autre…

Une histoire sans grande passion, mais où finalement l’un et l’autre éprouvent des sentiments plus compliqués qu’il n’y parait. Tissée par un jeu de flashback, et de répétitions. Sans que l’on n’arrive toujours à reconstituer la chronologie des faits, on revoit, comme des nouvelles, les mêmes scènes vécues du point de vue de chacun.

Et toujours ce fil conducteur, la nourriture. Après une engueulade,  ou une absence, ils vont faire des courses, ou il ramène quelque chose à manger. Finalement symbolique de leurs relations, où lui impose toujours des choses qu’elle n’aime pas, la laisse toujours payer. et elle, passive, comme dans une attente. Qui souffre en silence, ne montre rien, et finit par ne se rattacher qu’aux restes de ces repas à deux dès qu’il n’est plus là.

Comme toujours dans les manhwas (équivalent du manga en Corée), le rythme est lent, nostalgique, et empreint de beaucoup de poésie. Les histoires d’amour se découvrent dans cette balade tranquille, dans ette espèce de tristesse pleine d’optimisme.

Junk Love est comme un instantané, quelques semaines ou mois dans une relation amoureuse où chacun cherche trop à se protéger pour prendre le risque de s’ouvrir un peu.

Junk Love sur Amazon

Midgard T1

28 septembre 2011  |  Non classé  |  No Comments

Voilà une bd étonnante. Ou plutôt deux bd, ou une en deux. Bref, ça parait compliqué mais c’est tout simple.

Midgard, ce sont deux histoires qui se croisent à un moment donné. En gros on la lit dans les deux sens, on y découvre deux histoires, qui se rejoignent au milieu (qui est donc la fin du premier volume pour les deux).

Le vrai intérêt, assez bluffant d’ailleurs, c’est que les histoires n’ont strictement rien à voir, à priori.

Face A : Une invasion viking qui tourne au fiasco, un valeureux guerrier qui se retrouve laissé pour compte à terre, et qui va faire équipe, bon gré mal gré, avec un petit gars du coin.

face B : Un petit être étrange, loin, ailleurs, dans un autre monde, qui doit purger sa peine pour ses nombreux méfaits et se retrouve ‘testeur’ d’une nouvelle méthode de réinsertion : il est chargé de s’occuper avec ses co-détenus, des larves de son peuple.

De l’historique et de la SF, rien qui puisse, à priori, avoir un rapport. Et pourtant déjà, dans les deux histoires, le style graphique et l’humour de l’auteur se découvrent avec le même plaisir, avec ce petit plus de se demander constamment comment l’un va rencontrer l’autre…

Une bonne surprise donc, avec un concept rafraichissant, et un résultat qui tient bien la route derrière, les deux histoires se lisant avec plaisir.

Midgard, Tome 1 sur Amazon

Zahra’s Paradise

28 septembre 2011  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Zahra’s Paradise n’a pas eu une parution comme les autres. Ce roman graphique sous forme de blog a d’abord été publié comme tel, traduit dans de nombreuses langues au fur et à mesure, et ainsi accessible dans le monde entier.

Iran, 2009, peu après les élections. La jeunesse est dans la rue pour manifester contre ce qu’elle considère comme une mascarade. Dans la foule, Mehdi, 19 ans, porté disparu depuis. Enfin, seulement par sa famille, car la police ne veut rien entendre. Encore un jeune partit faire la fête et qui rentrera gentiment au bercail d’ici quelques jours.

C’est son grand frère qui, dès lors, tient un blog, malgré les risques. Il y raconte leur combat pour comprendre ce qui a pu arriver au jeune homme.

Zahra’s Paradise (qui est en fait un cimetière, mais la maman de Mehdi s’appelle elle aussi Zahra) est une histoire fictive, mais basée sur de nombreux témoignages réels. Une plongée aussi passionnante qu’effrayante dans ce qu’est vraiment la vie en Iran, aujourd’hui. Mais derrière le pouvoir, et sa grande violence, on croise au fil des pages des hommes et des femmes d’un grand courage, qui n’hésitent pas à dire haut et fort ce qu’ils pensent, ou à prendre des risques énormes pour aider leur prochain. Malgré un système froid et cruel, l’humanité est là, partout, bouleversante, et aucune censure, aucune torture, n’y peut rien.

Il y a de l’espoir et du désespoir dans cette bande dessinée, assez étonnante au départ, car on rentre tout de suite dans le vif du sujet, sans introduction ou présentation des personnages. C’est la vie, la vraie, ses drames et son absurdité, parfois.

C’est aussi un moyen de découvrir l’Iran, par les iraniens et pas par ce que les médias nous en montre. Un peuple qui, même dans le malheur, n’oublie jamais de croire en des jours meilleurs.

Une lecture passionnante et bouleversante, qui ne nous épargne rien sans jamais verser dans la surenchère. En même temps, est-il besoin d’en rajouter quand la réalité dépasse l’imagination ?

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Les Chevaliers d’Emeraude tome 1

9 septembre 2011  |  Non classé  |  1 Comment

Cette bande dessinée est en fait un prélude à la série de romans du même nom, qui plonge le lecteur dans l’enfance des héros.

Au Royaume d’Émeraude, le vieux magicien prévient le roi d’un danger futur et menaçant. Des ennemis sont en marche. Le seul espoir réside dans quelques enfants, aux pouvoirs magiques impressionants…

Ainsi, dans tout le pays, des messagers demandent aux parents d’amener leurs enfants doués de pouvoir au Roi. Seuls 7 seront finalement sélectionnés, et former pour développer leurs dons par le magicien lui-même.

Cette bande dessinée est autant un bonus plaisant pour les fans de la série, qu’une bd indépendante pour ceux qui ne la connaissent pas (ce qui est mon cas). Le dessin, classique et beau, sert parfaitement cette nouvelle série d’heroic fantasy qui se lit avec plaisir. On s’attache déjà aux personnages, en les ayant vu grandir et en ayant vu se dessiner leurs caractères respectifs. Bref, même si la série des Chevaliers d’Emeraude est en principe destinée aux ados, ici elle s’adresse vraiment à tous et est une jolie surprise.

Les Chevaliers d’Emeraude, Tome 1 : Les Enfants Magiques sur Amazon