Posts Tagged ‘bande dessinée’

Vertige

21 janvier 2012  |  Nouveautés de la semaine  |  No Comments

Éloignées l’une de l’autre, Vertige et Adelia sont irrémédiablement liées par cette bande dessinée. Pourtant tous les séparent. Vertige est une actrice vedette, plongée dans le coma après une trop grande consommation de drogue. Adelia, elle, est une artiste de cirque qui n’aspire qu’à la liberté, abimée par une vie bien trop pourrie.

Comme une course contre la montre, entre la froideur d’une chambre d’hôpital et les mille dangers qui croisent la route de la jeune fugueuse, ces deux destins de femmes, si différents, se croisent et s’emmêlent pour mieux nous surprendre.

Un jeu de puzzle, inventé par la talentueuse Lisa Mandel, au scénario sur ce titre, qui nous piège et nous surprend, dans un exercice réussi.

Vertige sur Amazon

Le Chanteur sans nom

21 janvier 2012  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Il est des destins méconnus et un peu tristes, comme celui du Chanteur sans nom.

Vedette dans les années 30 et 40, ce chanteur de bluettes n’a pourtant laissé quasiment aucune trace aujourd’hui. Pourtant, ami de Piaf et d’Aznavour, il était destiné, lui aussi, à briller longtemps…

La première fois que le scénariste a croisé la route de ce chanteur au nom énigmatique, il a été intrigué…puis le hasard, ou le destin, l’a ramené à son souvenir assez souvent pour qu’il s’y intéresse vraiment.

Dans la bd, il met en scène un jeune homme, qui lors d’un petit boulot dans une maison de retraite, a trouvé une boite pleine de vieux souvenirs, et qui s’est donné pour mission de rendre tous ces objets à l’entourage d’un homme dont il ne connait rien. C’est ainsi que, accompagné du fantôme du Chanteur sans nom, il va découvrir, à travers les histoires que lui raconteront ceux qu’il va rencontrer, un homme que l’on devrait détester, mais qui a laissé dans le coeur de tous un souvenir doux et heureux.

Car Rolland Avellis, de son vrai nom, était un petit escroc égoïste, en plus d’être un chanteur caché derrière son loup. Pourtant, bien plus que cela, ce dont se souviennent ses proches, c’est d’un homme qui savait toujours leur redonner le sourire (il a d’ailleurs longtemps vécu chez Edith Piaf, avec comme mission de la faire rire).

Un destin hors norme, et une biographie pleine de l’amour de ceux qui l’ont connu, qui redonne vie à un homme qui a connu la lumière, avant de retomber dans l’oubli. Le dessin et la mise en couleur rendent, eux, parfaitement l’ambiance de l’époque et l’atmosphère des cabarets.

Le chanteur sans nom sur Amazon (avec quelques pages en lecture)

L’île aux cent mille morts

14 janvier 2012  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Gweny erre sur les plages de son île à la recherche d’une bouteille…Voilà déjà cinq ans que son père, qui avait trouvé une carte au trésor dans une bouteille jetée à la mer, est parti à sa recherche et n’a plus donné de nouvelles. Son plan est donc aussi absurde que simple : peut-être un jour trouvera-t-elle une autre bouteille, avec une copie de la carte, ce qui lui fera un point de départ pour partir à sa recherche.

Contre toute attente, la jeune fille finit par réellement trouver une carte sur le rivage, et part à l’aventure, accompagnée par un équipage de pirates (forcément, quand il s’agit d’un trésor, ils ne sont jamais les derniers sur le coup). C’est le début d’un délicieux n’importe quoi, car rien de ce qui va suivre ne va se dérouler comme on aurait pu l’imaginer…

Au dessin, Jason, un des auteurs les plus connus de la bd indé. Au scénario, Fabien Vehlmann, valeur sûre qui n’a à son actif que des perles. De Seuls à Jolies Ténèbres en passant par Les Cinq Conteurs de Bagdad.

L’île aux cent mille morts mêle donc leurs talents respectifs, pour un petit bijou d’absurde, qui fleure bon l’aventure mais n’oublie jamais d’être drôle. Une jolie surprise.

L’île aux cent mille morts sur Amazon

In the name of…

14 janvier 2012  |  Non classé  |  No Comments

2014. Le nouveau Pape vient d’atterrir à Houston pour une apparition publique historique. Car le successeur de Benoit XVI marque un changement notable. En plus de ses idées modernes, il est noir et né en Afrique.

Autant dire que sa première poignée de main avec le président Obama est des plus symboliques. Mais malgré une organisation rodée et une sécurité à son maximum, un drame se produit. Dans l’immense stade où sont réunis les fidèles par milliers, plusieurs coups de feu retentissent.

Le Pape, grièvement blessé, est amené d’urgence à l’hôpital, et de son côté le FBI s’affaire pour arrêter le coupable le plus rapidement possible…

Mais ça n’est pas un, mais trois suspects, qu’ils retrouvent avec une arme, parmi la foule…

Cette bande dessinée d’anticipation, qui s’inscrit dans un futur très proche, est une réelle réflexion sur notre société, ses changements, ses possibles évolutions.  Ce n’est pas seulement l’enquête en elle-même, mais bien tout le contexte imaginé par Will Argunas, qui pousse à s’interroger. Car tout est finalement très réaliste, tout pourrait vraiment se produire…Une bd policière aussi originale que passionnante.

In the Name of…sur Amazon

The Grocery

2 janvier 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  No Comments

Aaaaah…Guillaume Singelin, aka Blacky. C’est bien simple, je suis amoureuse de son trait depuis que j’ai croisé King David. Chacune de ses cases est une grosse claque, il a un talent dingue.

Autant dire, donc, que j’attendais the Grocery avec impatience, car tous les petits bouts aperçus çà et là mettaient clairement l’eau à la bouche. Et le résultat ? Du pur label 619. Beau, drôle, légèrement crétin et méchant.

Pour rappel, le label 619 chez Ankama, ce sont, entre autre, des petites bombes comme Mutafukaz ou Monkey Bizness, autant dire du très très lourd.

Elliott vient d’arriver dans un quartier légèrement malfamé de Baltimore, avec son père. Ce dernier y a acheté une épicerie. Le petit, plutôt timide, va très vite trouver ses marques et se faire des potes, dans son petit coin de rue. Et quelle bande de potes. Sixteen et les autres, dealers de dopes, pas du genre à traîner sur les bancs de l’école.

Par petites scénettes, on entre donc dans le quotidien du quartier et de la petite bande. On croise les habitants, les gentils comme les beaucoup moins… Car bien sûr dans The Grocery, comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un très très très méchant. C’est aussi l’occasion pour les auteurs d’aborder sans parti pris les conditions de vie dans ces quartiers pauvres américains.

Encore une fois, le style graphique de Singelin fait mouche. Ses personnages sont ultra classes et tout l’univers qu’il a créé est à la fois cradingue et superbe. Le scénario, signé Aurélien Ducoudray, n’est pas en reste. Ça part dans tous les sens, c’est souvent très drôle et parfois trash (certaines scènes sont vraiment violentes).

En fait on retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans le fabuleux Mutafukaz, et si le résultat est très différent, il est tout aussi excellent. Une bd qui va vite devenir culte chez les amateurs du genre. Un énorme coup de cœur.

The Grocery, Tome 1 sur Amazon

Mafia Tabloids

2 janvier 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

1978, Sicile. Peppino Impastato, journaliste, est retrouvé en petit morceau sur une voie ferrée, entouré d’explosifs.

La police parle d’abord d’une tentative d’attentat qui aurait mal tourné, mais l’acharnement de sa famille permettra, vingt ans plus tard, de faire condamner la mafia pour son assassinat.

Cette bande dessinée, dont le scénariste et le dessinateur sont tous deux siciliens, revient sur la vie de cet homme qui s’éleva à sa manière contre la mafia, alors même que sa famille y était très liée. Un regard lucide, loin des versions romancées que l’on voit trop souvent, sur la mafia, sa puissance et sa cruauté.

Mafia Tabloids est glaçant et passionnant. Les films sur le sujet ont, entre autre, beaucoup contribué à nous donner une image glamour de la mafia, nous faisant oublier que ce sont surtout quelques hommes de pouvoir qui accumulent des accords qui n’ont d’autres intérêts que les leurs. On suit par exemple Peppino dans son aide aux paysans pour lutter contre le vol de leur terre, pour un projet d’aéroport, infrastructure qui n’est pas du tout adaptée au terrain en question. Mais qui rapporterait gros à ceux qui tirent les ficelles.

Peppino est sur tous les fronts, d’une petite radio satyrique où il éborgne les élus comme les mafieux notoires, au désespoir de sa famille qui sait bien qu’il signe ainsi son arrêt de mort, à l’organisation de manifestations contre les manigances du Maire et de quelques autres.

Le dessin apporte une touche supplémentaire, rendant parfaitement l’atmosphère de l’époque.

Une biographie réussie, qui nous raconte la mafia à travers la vie d’un sicilien de l’époque, mais aussi à travers les yeux de deux siciliens d’aujourd’hui.

Mafia Tabloïds : L’histoire vraie d’un journaliste face à la Cosa Nostra sur Amazon

Pico Bogue tome 5 Légère contrariété

31 décembre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Beaucoup se voudraient les héritiers de Calvin et Hobbes, mais peu y sont parvenus. Pico Bogue si. Dès le premier tome, avec sa sœur Ana Ana, Pico s’est imposé comme le nouveau gamin infernal, à la langue bien pendue. Du genre à te donner envie de ne jamais avoir d’enfant, mais en fait si quand même.

Pico Bogue est drôle, très drôle, et pose un regard d’enfant mais pas complètement sur le monde.

Bien sûr on pourrait lui reprocher de ne pas parler tout à fait comme les vrais gamins de son âge, mais les mots de Dominique Roques font mouche à chaque fois, et rajoute au petit côté désuet de l’univers de la bd.

Cette fois-ci, donc, Pico et Ana Ana profitent de leurs vacances d’été pour s’adonner à une lente torpeur, faite de glande dans la piscine gonflable, de balades en vélo et de discussions dans les arbres. Mais ces moments délicieux prennent un tournant dramatique quand leurs parents viennent leur annoncer que des amis les ont invité pour une semaine sur un voilier, et que les deux enfants vont donc devoir être gardés par quelqu’un.

Trahison, lâcheté et abandon. Les deux adorables sales gosses vont en faire baver à l’avance à leurs parents pour cette semaine où ces monstres les laissent orphelins. Désobéissances, petites piques assassines, grandes tirades tragiques, finalement ils trouvent dans tout ça une très bonne raison d’être encore plus inventifs dans leur vengeance. Et de notre côté à nous, forcément, c’est hilarant.

Drôle, donc, pétillant et avec un petit charme rétro des plus agréable, Pico Bogue est exactement le genre de petit plaisir qu’on savoure tomes après tomes, sans se lasser ni tourner en rond.

Chronique des tomes 2 et 3.

Pico Bogue, Tome 5 : Légère contrariété sur Amazon

Atlas et Axis tome 1

29 décembre 2011  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Atlas et Axis est une série d’aventure classique mais épique, pleines de paysages sauvages et de héros valeureux.

Atlas et Axis sont deux amis chiens. Lorsqu’ils retrouvent leur village à feu et à sang, ils décident de partir à la poursuite des monstres sanguinaires qui ont tué les hommes et emmené les femmes et enfants qui étaient leur famille, leurs amis.

Mais la quête sera longue et ardue, et leurs ennemis dangereux. Ce qui ne suffira pas à arrêter les deux héros, qui espèrent retrouver leurs proches en vie.

Cette bande dessinée s’inscrit dans la lignée des classiques de la bd d’aventure. Plaisante à lire, pleine de rebondissements, c’est un véritable hommage aux séries des années 50. Que ce soit par la qualité du trait, le style. On est loin de la copie, plutôt une jolie surprise qui ravira les fans du genre, en quête de nouveaux héros.

La Saga d’Atlas & Axis, Tome 1 sur Amazon

Protocole Pélican

Voici la nouvelle série du duo Ponzio/Marazano, dont je vous avais déjà parlé par ici à propos de Genetiks.

Ces deux noms réunis sur une couverture, c’est la promesse d’un titre hors norme, qui soulève à chaque fois mille questions sur nous-même, sur notre société, et égratigne au passage quelques tabous.

Après Le Complexe du Chimpanzé, qui se passait dans l’Espace, puis Genetiks, dans le milieu médical, voici donc le Protocole Pélican. Un nouveau titre toujours aussi dingue et captivant.

Un peu partout à travers le monde, des hommes et des femmes, de tout âge, sont enlevés. Quand ils revoient enfin la lumière, c’est celle, blafarde, d’une cellule.

Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils sont en fait les premiers sujets d’une étude aussi secrète que mystérieuse. Même les gardiens, enfermés eux aussi dans cette prison hors-norme, pour six mois, et qui n’auront rien le droit de divulguer de ce qui s’y passe ensuite, n’ont pas le droit de poser de questions. Ainsi, personne ne semble savoir qui sont ces prisonniers, ce qu’ils ont fait pour arriver là, et ce qu’on recherche à travers cet énigmatique protocole Pélican.

Observés, analysés, questionnés, le comportement qu’on leur inflige manque clairement d’humanité. Les questions s’accumulent, avec une au centre : pourquoi ?

Ces deux auteurs sont passés maitres dans l’art de la bd d’anticipation. Le style graphique de l’un, très proche de la photo retouchée, ajoute au côté malsain, et en même temps incroyablement cinématographique du scénario de l’autre. On est en même temps mal à l’aise et passionnés. On a l’impression d’observer des fourmis prises au piège dans la gelée d’un vivarium. Les personnages sont denses et incroyablement humains. Ce qu’ils vivent est violent et sordide, et chaque case, on ne peut que ce demander ce qui justifie un tel traitement…Pourtant, dans le même temps, on se retrouve fasciné, et l’on devient nous aussi observateurs, à rechercher les failles, les détails, qui expliqueraient tout ça…

C’est donc un premier tome sombre et prenant, qui met mal à l’aise mais fascine en même temps. Une nouvelle série dans la lignée de ce que nous ont déjà offert Ponzio et Marazano. A éviter si vous fuyez les ambiances glauques, mais du très très très bon, à nouveau.

Le Protocole Pélican, Tome 1 sur Amazon

Tu mourras moins bête tome 1

Déjà évoqué par Pénélope dans sa sélection spéciale idées cadeaux de noël, je ne résiste pas à moi aussi te parler de cette bd.

Il s’agit en fait d’une première compilation du blog du même nom, qui répond de manière très scientifique, mais hilarante, à des questions qu’on se pose tous.

Ce premier opus est consacré au cinéma, et aux séries télé par la même occasion. Plus exactement à toutes les questions qui rentrent dans la catégorie ‘pourquoi c’est pas comme ça en vrai si ça a l’air si facile dans les films ?’.

De ‘Mais quelle partie du corps peut vraiment être touché par une balle sans que cela soit mortel ?’ jusqu’à ‘les animaux sont toujours sympas dans les films, mais dans la vraie vie est-ce également vrai ?’ (Jack avait déjà donné quelques éléments de réponses sur le sujet) en passant par une version réaliste des Experts Miami (qui clairement, n’aurait pas le même succès). Bref, de quoi pouvoir briller en soirée (ou jouer les blasées le soir devant la télé, en expliquant à l’élu de son cœur pourquoi ce navet qu’il regarde avec intérêt n’est pas DU TOUT réaliste).

C’est aussi passionnant qu’hilarant, le dessin est simple mais génial, et les personnages sont merveilleux (du Professeur Moustache, avatar de Marion Montaigne, et femme moustachue, à Horatio Cane, qui suit régulièrement le prof’ dans ses aventures).

Un petit indispensable pour la bibliothèque, drôle, intelligent, et qui devrait avoir un succès fou auprès d’à peu près tout le monde.

Tu mourras moins bête : Tome 1 : La science, c’est pas du cinéma ! sur Amazon