Les vampires, certains en ont soupé, d’autre en redemandent. Mais la collection Blackberry est assez riche en jolis titres pour qu’on ne la soupçonne pas de ne faire une bd sur le sujet que parce que c’est la mode. (Après tout devrait-on se priver d’un sujet parce qu’il est à la mode, justement ?). Bref, My Lady Vampire se lit avec plaisir, et c’est bien tout ce qu’on lui demande.
Loreleï est aveugle, et doit vivre constamment avec un bandeau sur les yeux (qu’elle a rouge depuis l’accident qui lui a fait perdre la vue). C’est sa belle-mère qui l’impose, une femme colérique, capricieuse et égoïste, qui a clairement fait tourner la tête de son mari. La jeune femme mène un existence solitaire, traitée plus comme un objet dérangeant que comme un être humain. Elle s’isole donc et pour combler son ennui, soigne tous les animaux blessés qui croisent son chemin.
Mais en fait d’animaux, cette fois-ci, c’est sur un homme qu’elle tombe. Elle va le recueillir et le soigner, ignorant qu’il n’est pas aussi inoffensif qu’il n’y parait…
My Lady Vampire reprend donc les codes de la littérature vampirique, de manière documentée et romancée (d’ailleurs la scénariste nous en dit un peu plus sur le genre sur le blog de la collection). Le dessin est joli, l’histoire entrainante, et l’héroïne loin d’être cruche. Bref, un vrai bon petit premier tome, à lire sans se soucier du ‘c’est à la mode’.
Cette bande dessinée est en fait un prélude à la série de romans du même nom, qui plonge le lecteur dans l’enfance des héros.
Au Royaume d’Émeraude, le vieux magicien prévient le roi d’un danger futur et menaçant. Des ennemis sont en marche. Le seul espoir réside dans quelques enfants, aux pouvoirs magiques impressionants…
Ainsi, dans tout le pays, des messagers demandent aux parents d’amener leurs enfants doués de pouvoir au Roi. Seuls 7 seront finalement sélectionnés, et former pour développer leurs dons par le magicien lui-même.
Cette bande dessinée est autant un bonus plaisant pour les fans de la série, qu’une bd indépendante pour ceux qui ne la connaissent pas (ce qui est mon cas). Le dessin, classique et beau, sert parfaitement cette nouvelle série d’heroic fantasy qui se lit avec plaisir. On s’attache déjà aux personnages, en les ayant vu grandir et en ayant vu se dessiner leurs caractères respectifs. Bref, même si la série des Chevaliers d’Emeraude est en principe destinée aux ados, ici elle s’adresse vraiment à tous et est une jolie surprise.
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1887. La Tour Eiffel est en pleine construction, et les français investissent des sommes astronomiques pour creuser le canal de Panama.
Mais c’est dans la sombre Perle Pourpre que tout se joue. L’un des bordels les plus réputés de la capitale.
Les femmes y sont sublimes et les clients puissants. Ce soir, justement, une animation un peu spéciale. La virginité d’une jeune demoiselle est mise aux enchères. Chimère, 13 ans, est vendue par la famille qui l’a élevée pour enfin rentabiliser leur investissement.
Mais la petite en a déjà tellement vu, tellement bavé, que son innocence ne ressemble plus du tout à ce que son air doux laisse croire. Et elle va se faire remarquer dès son premier soir en faisant grimper ses propres enchères.
Chimère(s) 1887 est une histoire dans l’Histoire. Une plongée dans l’univers feutré, torride et secret d’un bordel parisien du XIXème. Ce sont autant des histoires de femmes que des intrigues politiques, car les hommes les plus riches et les plus influents de la capitale se pressent et se croisent à la Perle Pourpre.
Le dessin de cette bande dessinée est très beau, les couleurs superbes, et l’atmosphère est parfaitement rendu. Et difficile de dire ce qui est le plus passionnant, entre cette découverte de l’intimité d’un bordel, de ses codes et de ses règles, et cette impression de vivre vraiment la face cachée d’une période de l’Histoire. Et puis il y a Chimère, bien sûr, qui sous ses airs de petite fille sans histoire cache bien des secrets. Comme toutes les filles de la Perle Pourpre, d’ailleurs…
Paul est un ado comme les autres, un peu timide et fou amoureux de sa voisine, qui le snobe clairement. Le bac à peine en poche, il ne sait pas trop ce qu’il va faire de sa vie, à part, encore et toujours, conquérir Julie.
Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il ne pourra jamais rivaliser avec un mec bien plus beau ET qui sait jouer de la guitare.
C’est là qu’il va faire une rencontre aussi étonnante que déterminante pour ce que va devenir sa vie. Ernest, qui l’invite à venir apprendre la guitare dans son école…
Mais pas n’importe laquelle, la Air Guitare. Inventée par Jimi Hendrix, le jour où il brûla sa guitare, à Monterey, le 18 juin 1967.
Pour Ernest, la Air Guitare est LA solution pour la paix dans le monde, et il enseigne cette discipline à ses élèves de manière aussi sérieuse que farfelue.
Mais ça n’est pas une simple école, Ernest voit en Paul un possible vainqueur des championnats du monde de Air Guitare. Ne reste plus qu’à y croire, et à s’entrainer. Surtout qu’en devenant champion du monde, il aurait bien sa chance pour séduire enfin Julie.
La Air Guitare, quand on ne connait pas trop, on voit ça comme un genre de délire, devenu discipline sportive un peu (très) kitsch. Mais existe-t-il quelqu’un qui n’a pas esquissé au moins une fois quelques accord sen Air Guitare sur son morceau préféré ?
Love is in the Air Guitare est finalement une manière de voir la Air Guitare différemment, de réfléchir à son état d’esprit, son but, et de le regarder comme un moment de plaisir, autant pour soit que pour les autres, et accessible à tous. Un prolongement du plaisir provoqué par l’écoute d’un morceau qu’on aime, un défouloir, un jeu, et beaucoup de légèreté.
Voilà de quoi ravir les amatrices de contes, et de folklore japonais.
Contes cruels du Japon est un recueil de nouvelles en bande dessinée, reprenant des mythes et légendes populaires au Japon, toujours associés aux yokais (plus d’infos sur ces charmants esprits ici).
Avec un très beau dessin, à mi-chemin entre un style manga et un style plus européen, et avec une mise en couleur superbe, les auteurs s’intéressent ici à des contes tristes, où les esprits sont souvent malveillants.
Difficile d’en dire plus, sans gâcher le plaisir, mais cette bd est en tout cas une jolie initiation à la culture japonaise, et à ses mythes (avec toujours un petit texte historique et explicatif avant chaque nouvelle) qui permet une plongée mélancolique et poétique dans un univers fascinant.
Un joli titre.
Voilà une nouvelle sortie de chez Ankama qui m’a plu (comme d’hab) même si c’est de l’heroic fantasy et que ça n’est pas vraiment mon style préféré, de base. Mais comme d’habitude chez cet éditeur, un bon scénario, un dessin aussi beau que surprenant, et un univers dense dans lequel on plonge avec plaisir suffisent pour qu’on soit séduit à chaque fois, quelque soit le style de bd que l’on ouvre.
Ara est une guerrière employée par la Ligue des Sorcières. Aussi rebelle que talentueuse, ses missions sont toujours un succès, mais elle fait les choses à sa façon. Cette fois-ci elle est envoyée dans le Vert Océan, une forêt mystérieuse et dangereuse, et devra faire équipe avec deux autres personnes, un guerrier qu’elle connait bien, et une jeune médium. Mais la situation devient très vite compliquée et Ara devra faire des choix, parfois à l’encontre de ses ordres. Et si tout ça était justement manigancé par les puissances qui les dirigent ?
L’auteur, Tim Mc Burnie, a déjà été publié en France avec 7 Pirates chez Delcourt (dans la série des 7), où il était uniquement dessinateyr. Cette fois-ci c’est un titre dont il est le seul auteur. On y découvre son univers mais aussi son grand talent (son dessin est vraiment très beau). Ara est une série d’heroic fantasy mais sa richesse est d’aller au-delà du genre. Le Vert Océan, cette forêt en même temps menaçante et magnifique a la poésie des mangas dédiés à la nature, toujours très contemplatifs, et l’héroïne a une profondeur bien plus grande que les héros classiques, elle est pleine de failles, doute, et suit ses propres idéaux. Un joli tome 1 donc, qui donne envie de lire la suite.
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Petit bonus : ici vous pouvez découvrir les premiers chapitres de la bd
Cette bd se déroule dans un futur plus ou moins lointain. Un monde en tout cas, où l’océan règne en maitre, et où les survivants n’ont pas une vie de tout repos. Dans un vaisseau à l’abandon, un clone destinée à la guerre est réveillé pour accomplir sa mission. Elle (car c’est un clone femme) est la dernière survivante.
Juste après son éveil, un pilleur de vaisseau y entre justement. La demoiselle manie si bien les armes qu’il n’aura pas d’autres choix que de lui obéir et de l’amener là où elle le désire…Après tout il pourrait bien avoir tout à y gagner…
Cette nouvelle série d’anticipation est plutôt bien cool (même si le contexte reste, pour ce premier tome, assez mystérieux). L’univers est en même temps sombre et ultra technologique, et les personnages plus tout à fait humains pour la plupart, ce qui donne encore plus envie de connaitre le pourquoi du comment. L’héroïne, elle, est aussi balèze que sexy, avec son physique d’actrice hollywoodienne des 50′s. Bourré d’action, avec un peu d’humour, de la baston, et de mystère, c’est le genre de tome 1 qui fait plaisir à lire.
Et puis sinon, il y a Chosp Tome 2 qui est sorti (c’est chez le même éditeur, c’est pour ça que j’en parle là), et c’est toujours aussi rigolo-léger-mignon que le premier dont on te parlait ici.
Et voici une nouvelle bd dans la collection d’adaptation de légendes asiatiques de Delcourt. Princesse Bari est ici inspirée d’un ancien conte coréen très populaire.
Parce qu’on avait prédit à son père, le Roi, que sa septième fille causerait sa perte, Bari est abandonnée dès la naissance. Mais quoi qu’on ai tenté pour la faire disparaitre elle revenait toujours, vivante. De rage, le Roi finit par la jeter dans une rivière.
Mais la petite survit une fois de plus, grandit, et contre toute attente, quand son père sera au seuil de la mort à cause d’une maladie incurable, elle sera la seule à se porter volontaire à la recherche de ce qui pourra le guérir.
Par un dessin au style très manga, cette bd a un côté très moderne. En même temps onirique et fantastique, elle interroge aussi sur notre besoin de reconnaissance et d’amour. Car pourquoi Bari est-elle prête à donner sa vie pour celui qui a toujours voulu qu’elle disparaisse pour se sauver lui-même ?
Une nouvelle fois, un one-shot qui séduira les amatrices de contes et de manga.
Sans doute connais-tu déjà la série à succès Lanfeust de Troy (et ses dérivés, Lanfeust des Étoiles, et Trolls). En tout cas depuis quelques temps, l’univers de Troy s’est également enrichi de séries courtes pour tous les publics, avec différents dessinateurs. Ce coup-ci c’est un one-shot avec Arleston (le scénariste de tout l’univers) et Alwett au scénario, et la très très très talentueuse Virginie Augustin au dessin (déjà remarquée avec la série Alim le Tanneur chez Delcourt). Il peut se lire complètement indépendamment des séries principales.
Dyssëry va se marier. Tout son entourage est soulagé car son cas semblait désespéré. Car la jeune femme a jeté la honte sur toute sa famille en se lançant dans le théâtre, une discipline réservée aux hommes. Alors si Phorée, riche de surcroit, accepte d’épouser celle qui se traîne depuis une réputation de trainée, c’est presque miraculeux.
Mais Dyssëry, elle, ne le voit pas de cette manière. Le théâtre c’est une vraie passion, pas un plaisir coupable, et ce mariage c’est la fin de sa liberté. La simple idée de sa nuit de noce la déprime totalement.
Et c’est finalement juste avant celle-ci qu’elle échappe à cette vie dont elle ne veut pas, en se donnant la mort. C’est ainsi qu’elle atterri au Val des Ombres, où errent les âmes des morts.
Mais entre les vampires et les zombies, et tous les autres d’ailleurs, cette vie-là n’est pas de tout repos non plus. Elle y fait cependant la rencontre de Zebl, un petit démon sympa, quoi qu’un soupçon pervers, qui la guidera à travers ce monde aussi surprenant que dangereux. Contre toute attente, c’est ici qu’elle pourra peut-être réaliser son rêve : devenir actrice.
C’est sans compter sur son fier et valeureux époux, qui ne compte pas se faire enlever sa promise par quelque chose d’aussi simple que la mort, et qui part donc la récupérer…
Le Voyage aux Ombres est inspirée du mythe d’Orphée. Drôle et plein d’action, le trait magnifique de Virginie Augustin nous plonge dans un univers en même temps infernal et poétique. L’histoire, elle, ravira les fans du monde de Troy, mixant instant sérieux et gags. Ce one-shot est léger et sans prétentieux mais se lit avec plaisir, enchainant les lieux, les personnages et les aventures, auprès d’une héroïne de caractère et d’un petit démon aussi insupportable qu’attachant.
Aaaaah, Alphonse Tabouret. Je me rappelle comme il a arrêté mon regard la première fois que j’ai croisé sa petite bouille. Comme j’ai attendu fébrilement qu’il arrive à moi, lové dans ma boite aux lettres. Et puis ce fut le drame : un facteur malintentionné (mais, je dois le reconnaitre, détenteur d’un très bon goût) l’a volé, l’a arraché à moi sans une once de remord.
Je ne sais pas pourquoi, j’ai attendu longtemps avant de le racheter. Puis, même quand ça a été fait, je l’ai placé précautionneusement tout en bas de ma grosse grosse pile de ‘à lire’. Il était là, m’attendait poliment, à 1 mètre de mon ordinateur. Je lui jetais des regards pleins d’amour presque tous les jours, et je lui murmurais (par télépathie, je ne suis pas encore assez atteinte pour parler à mes livres à voix haute) que j’attendais LE jour, pour l’ouvrir, le dévorer, ne pas en laisser une miette.
Et puis ce jour est arrivé, la semaine dernière, et, comment vous dire ? Alphonse Tabouret m’a rendue heureuse, simplement heureuse. Et je peux même vous dire qu’il aura le même pouvoir sur vous.
Alphonse Tabouret vient de naitre, au creux d’une forêt. Un Monsieur lui apprend tout ce qu’il y a à apprendre, puis il lui demande quelque chose en échange. Mais Alphonse n’a rien à donner, rien à offrir. Alors Le Monsieur s’en va, et Alphonse se retrouve tout seul. Et c’est à l’aventure qu’il va partir, pour combler le vide laissé par Le Monsieur. Sur son chemin, il va faire la rencontre de gens, se faire des amis, en trouver d’autres bizarres. Il va grandir, évoluer, changer, sans jamais vraiment pouvoir se départir de ce vide. Pourtant à défaut de trouver des réponses à ses questions, Alphonse apprend la vie sans même s’en rendre compte.
Le Trop Grand Vide d’Alphonse Tabouret est beau, joli, drôle, poétique, émouvant, rigolo, simple, compliqué, absurde mais pas vraiment en fait, émouvant, hilarant, surprenant, et bien d’autres choses encore. Cette bande dessinée est un petit bijou, du genre à vous donner le sourire pour la journée, à qui on a envie de faire plein de câlins, et qu’on voudrait offrir à tous les gens qu’on aime.
D’apparence simple et absurde, c’est finalement une des choses les plus belles et intelligentes qu’il m’ait été donné de lire.
Le dessin est joli, tout en simplicité et en élégance, mais fourmille de centaines de détails qui permettront de le lire et de le relire encore, les textes, eux, ont la poésie des mots d’enfants.
Sur la présentation Ankama, ils concluent par ‘cette promenade en enfance vous émerveillera’. Et émerveiller c’est exactement le mot. Lire Alphonse Tabouret ça fait tout pareil dans le cœur que quand on battait des mains, les yeux grands ouverts et le sourire aux lèvres, devant un joli papillon ou un énorme gâteau au chocolat, à 5 ans et demi.
