Dans les années 80, la police de Seattle a commencé à rechercher celui qu’elle avait appelé le tueur de la Green River. Un tueur en série spécialisé dans le meurtre de prostituées. Mais malgré toute la volonté des enquêteurs, et de gros moyens mis en œuvre, il faudra attendre 20 ans avant d’appréhender le meurtrier.
Cette bande dessinée ne suit pas le meurtrier, mais Tom Jensen. Le seul des enquêteurs à avoir été sur l’affaire du début à la fin. Si elle avait été rapidement résolue, cette affaire aurait pu lui valoir une belle promotion. Au lieu de quoi l’appréhension du serial killer l’a bloqué et miné pendant une vingtaine d’années. Suite à un accord, Tom interroge le tueur en 2003, pendant cent quatre-vingt jours, avec pour objectifs de retrouver les corps de ses victimes encore portées disparues (49 corps ont été à ce jour retrouvés, dont certains grâce à ces interrogatoires, mais Gary Ridgway en a avoué 71…). L’occasion, peut-être, pour le policier, d’enfin passer à autre chose…
Si cette bd se penche sur l’enquêteur, c’est qu’elle est le fait de son fils, Jef Jensen, journaliste. Qui a vécu malgré lui cette enquête, ancrée dans le quotidien de la famille, depuis qu’il était enfant, et qui se conclue alors qu’il est déjà père. Si les serial killer fascinent, on oublie souvent ceux qui consacrent leur vie à les traquer, jusqu’à l’obsession (c’est rarement aussi simple que dans un épisode d’Esprits Criminels). Ce comics nous rappelle aussi, entre les lignes, que ces hommes qui finissent par devenir des mythes, sont finalement tout le contraire. Pas des génies du mal, plutôt des mecs assez pathétiques, obnubilés par leur nombril. Et c’est finalement là le plus grand intérêt de cette bd, racontée comme une enquête sur l’enquête. Remettre les choses à leur juste place. Ne rien mystifier, simplement raconter.
Le tueur de la Green River : L’histoire vraie d’une enquête sur Amazon
Niveau coolitude, le label 619 se pose là. Un humour légèrement crétin vraiment parfait, des dessinateurs ultra talentueux, et un univers génial. Même si le label 619 se nourrit de plein de choses, c’est surtout la culture américaine qui l’inspire : un savoureux mélange de 50′s et 90′s, de rock et de hip hop, avec également une belle place à la culture latino, entre folklore et lucha libre, et un soupçon de guerre des gangs. Bref, pour ma part, c’est tout ce que j’aime, et je sais qu’à chaque fois que j’ouvre un titre de cette collection, éditée par Ankama et dirigée par Run (l’auteur du cultissime Mutafukaz), je vais me prendre une grosse claque. C’est le cas avec Doggybags, qui revient ici pour un deuxième opus.
C’est encore une compilation de trois one-shots (histoires complètes) par des auteurs différents. Leurs points communs étant la surdose d’action, d’hémoglobine et de cinglés. Avec toujours (ou presque) une pointe d’humour, et un dessin qui en met pleins les yeux. Un bel hommage aux pulps, aux comics old school et au cinéma de Tarantino, entre autres.
Pour ce deuxième tome on retrouve : Ozanam et Kieran, qui ont déjà travaillés ensemble sur We Are The Night, pour un road-trip complètement barré où un loser veut débarrasser la planète d’un troupeau d’aliens ultra sexy ; Run (Mutafukaz) est ensuite au scénario pour les deux histoires suivantes, avec pour l’une Guillaume Singelin (The Grocery, King David) au dessin, qui nous amène à la rencontre de gardes-frontière États-Unis/Mexique assez antipathiques, et pour l’autre Mathieu Bablet (La Belle Mort), pour une tuerie dans un avion inspirée d’un fait-réel.
Bref, on n’est pas au pays des Petits Poneys ici, ça dézingue à coups de pieds, de pelle, de marteau. Âmes sensibles s’abstenir, clairement, mais pour les autres, Doggybags se déguste comme un plat très épicé. Ça picote mais on en redemande. Surtout que si les histoires sont complètement barrées, le dessin, lui, est toujours très très bon. Les mecs signés chez 619 sont vraiment excellents, avec chacun un style bien personnel, ce qui fait de cette BD un très beau défouloir. En plus, Doggybags fourmille de bonus où se mêlent textes explicatifs (pour mieux savourer les histoires) et fausses pubs délirantes.
Du tout bon, un mélange explosif de gore et d’énergie à l’état brut, servi par des dessinateurs plus que talentueux. Gros coup de cœur.
Il est sorti, il est beau, et il termine superbement cette excellente saga.
Gyakushu, dont je vous parlais pour la sortie de son tome 1 ici, se termine avec son troisième tome. Au final, un comics sombre, violent, torturé, mais aussi une formidable aventure, pleine de bastons, de personnages hauts en couleur (même si c’est en noir et blanc) et de secrets de famille.
Le scénario est grandiose, et le dessin vraiment à la hauteur. Chaque case est superbe. Un vrai vrai gros coup de cœur que je vous recommande donc chaudement
Deux suites de séries coups de cœur sont parues tout récemment. Petite piqure de rappel donc, avec un lien vers leurs chroniques en cliquant sur le titre.
D’abord le deuxième tome de 3 Souhaits, une série bourrée d’action au pays des Mille et Une Nuits. Au programme, encore plus d’actions, des révélations et toujours ce superbe dessin qui en met plein la vue.
3 Souhaits, Tome 2 : La cité aux mille colonnes sur Amazon, avec quelqes pages en lecture
Et puis, l’une des grosses claques de la fin 2011 pour moi, Gyakushu. Cette série, qui sera en trois tomes, est en même temps sombre et lumineuse, violente et poétique. Un roman graphique où s’entremêlent des sentiments très fort et des scènes de bastons mémorables. Le tout dans un univers dense et passionnant. Où comment le Roi des Voleurs a qui on a tout pris, revient pour se venger. On nous prévient dès le début que ça ne finira pas bien, et effectivement, ce deuxième tome n’est pas riche en bonnes nouvelles non plus, n’empêche que c’est beau, prenant, et qu’on en ressort un peu abasourdie.
Aaaaah…Guillaume Singelin, aka Blacky. C’est bien simple, je suis amoureuse de son trait depuis que j’ai croisé King David. Chacune de ses cases est une grosse claque, il a un talent dingue.
Autant dire, donc, que j’attendais the Grocery avec impatience, car tous les petits bouts aperçus çà et là mettaient clairement l’eau à la bouche. Et le résultat ? Du pur label 619. Beau, drôle, légèrement crétin et méchant.
Pour rappel, le label 619 chez Ankama, ce sont, entre autre, des petites bombes comme Mutafukaz ou Monkey Bizness, autant dire du très très lourd.
Elliott vient d’arriver dans un quartier légèrement malfamé de Baltimore, avec son père. Ce dernier y a acheté une épicerie. Le petit, plutôt timide, va très vite trouver ses marques et se faire des potes, dans son petit coin de rue. Et quelle bande de potes. Sixteen et les autres, dealers de dopes, pas du genre à traîner sur les bancs de l’école.
Par petites scénettes, on entre donc dans le quotidien du quartier et de la petite bande. On croise les habitants, les gentils comme les beaucoup moins… Car bien sûr dans The Grocery, comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un très très très méchant. C’est aussi l’occasion pour les auteurs d’aborder sans parti pris les conditions de vie dans ces quartiers pauvres américains.
Encore une fois, le style graphique de Singelin fait mouche. Ses personnages sont ultra classes et tout l’univers qu’il a créé est à la fois cradingue et superbe. Le scénario, signé Aurélien Ducoudray, n’est pas en reste. Ça part dans tous les sens, c’est souvent très drôle et parfois trash (certaines scènes sont vraiment violentes).
En fait on retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans le fabuleux Mutafukaz, et si le résultat est très différent, il est tout aussi excellent. Une bd qui va vite devenir culte chez les amateurs du genre. Un énorme coup de cœur.
1978, Sicile. Peppino Impastato, journaliste, est retrouvé en petit morceau sur une voie ferrée, entouré d’explosifs.
La police parle d’abord d’une tentative d’attentat qui aurait mal tourné, mais l’acharnement de sa famille permettra, vingt ans plus tard, de faire condamner la mafia pour son assassinat.
Cette bande dessinée, dont le scénariste et le dessinateur sont tous deux siciliens, revient sur la vie de cet homme qui s’éleva à sa manière contre la mafia, alors même que sa famille y était très liée. Un regard lucide, loin des versions romancées que l’on voit trop souvent, sur la mafia, sa puissance et sa cruauté.
Mafia Tabloids est glaçant et passionnant. Les films sur le sujet ont, entre autre, beaucoup contribué à nous donner une image glamour de la mafia, nous faisant oublier que ce sont surtout quelques hommes de pouvoir qui accumulent des accords qui n’ont d’autres intérêts que les leurs. On suit par exemple Peppino dans son aide aux paysans pour lutter contre le vol de leur terre, pour un projet d’aéroport, infrastructure qui n’est pas du tout adaptée au terrain en question. Mais qui rapporterait gros à ceux qui tirent les ficelles.
Peppino est sur tous les fronts, d’une petite radio satyrique où il éborgne les élus comme les mafieux notoires, au désespoir de sa famille qui sait bien qu’il signe ainsi son arrêt de mort, à l’organisation de manifestations contre les manigances du Maire et de quelques autres.
Le dessin apporte une touche supplémentaire, rendant parfaitement l’atmosphère de l’époque.
Une biographie réussie, qui nous raconte la mafia à travers la vie d’un sicilien de l’époque, mais aussi à travers les yeux de deux siciliens d’aujourd’hui.
Mafia Tabloïds : L’histoire vraie d’un journaliste face à la Cosa Nostra sur Amazon
Atlas et Axis est une série d’aventure classique mais épique, pleines de paysages sauvages et de héros valeureux.
Atlas et Axis sont deux amis chiens. Lorsqu’ils retrouvent leur village à feu et à sang, ils décident de partir à la poursuite des monstres sanguinaires qui ont tué les hommes et emmené les femmes et enfants qui étaient leur famille, leurs amis.
Mais la quête sera longue et ardue, et leurs ennemis dangereux. Ce qui ne suffira pas à arrêter les deux héros, qui espèrent retrouver leurs proches en vie.
Cette bande dessinée s’inscrit dans la lignée des classiques de la bd d’aventure. Plaisante à lire, pleine de rebondissements, c’est un véritable hommage aux séries des années 50. Que ce soit par la qualité du trait, le style. On est loin de la copie, plutôt une jolie surprise qui ravira les fans du genre, en quête de nouveaux héros.
Déjà évoqué par Pénélope dans sa sélection spéciale idées cadeaux de noël, je ne résiste pas à moi aussi te parler de cette bd.
Il s’agit en fait d’une première compilation du blog du même nom, qui répond de manière très scientifique, mais hilarante, à des questions qu’on se pose tous.
Ce premier opus est consacré au cinéma, et aux séries télé par la même occasion. Plus exactement à toutes les questions qui rentrent dans la catégorie ‘pourquoi c’est pas comme ça en vrai si ça a l’air si facile dans les films ?’.
De ‘Mais quelle partie du corps peut vraiment être touché par une balle sans que cela soit mortel ?’ jusqu’à ‘les animaux sont toujours sympas dans les films, mais dans la vraie vie est-ce également vrai ?’ (Jack avait déjà donné quelques éléments de réponses sur le sujet) en passant par une version réaliste des Experts Miami (qui clairement, n’aurait pas le même succès). Bref, de quoi pouvoir briller en soirée (ou jouer les blasées le soir devant la télé, en expliquant à l’élu de son cœur pourquoi ce navet qu’il regarde avec intérêt n’est pas DU TOUT réaliste).
C’est aussi passionnant qu’hilarant, le dessin est simple mais génial, et les personnages sont merveilleux (du Professeur Moustache, avatar de Marion Montaigne, et femme moustachue, à Horatio Cane, qui suit régulièrement le prof’ dans ses aventures).
Un petit indispensable pour la bibliothèque, drôle, intelligent, et qui devrait avoir un succès fou auprès d’à peu près tout le monde.
Tu mourras moins bête : Tome 1 : La science, c’est pas du cinéma ! sur Amazon
Il est une légende. Celle du Roi des Voleurs qui, un jour, s’est retiré dans un lieu secret et paisible, pour y fonder une famille. Mais pourrait-il y avoir un happy end, pour un homme qui a à ce point provoqué l’Empire ?
Pourchassé par celui qui deviendra le futur Empereur, ses jours heureux vont s’achever sur une note sanglante, et le massacre sans pitié de ceux qu’il aime. Le laissant lui-même presque mort, et défiguré.
Mais les légendes renaissent, encore et toujours de leurs cendres. Qui plus est quand on ne voit plus que par un seul mot : vengeance.
C’est l’histoire terrible et cruelle d’un homme à qui on a tout pris, et qui revient, presque d’entre les morts, pour faire payer ceux qui se sont réjouis de sa souffrance.
Et c’est, une fois encore, une petite bombe made in Ankama.
Gyakushu ! est un comics beau, fort, et haletant. Mélange de nombreux genres, inclassable, c’est une petite perle qui te laisse sur le carreau. Le dessin, en noir et blanc, est splendide, et s’inspire autant de comics de renom que d’un trait plus manga. L’histoire va à cent à l’heure, alors même que le héros, lui, prend son temps, pour se venger avec la puissance que mérite ses ennemis. L’auteur prévient, rien n’est heureux dans Gyakushu. Malgré l’espoir, les rencontres, les instants d’accalmie. La violence, toujours, reprend le dessus. Parce que c’est inéluctable, dans un Empire gouverné par des forces à la cruauté sans nom. Et parce qu’il parait impossible d’aspirer encore au bonheur, quand ceux qu’il aimait de toutes ses forces sont morts sous ses yeux, et par sa faute.
Un premier tome explosif, donc, une vraie belle surprise, qui n’augure que du bon pour le label ‘Hostile Hoster’, dont il fait partie.
L’éditeur Ankama, aussi cool qu’à son habitude, propose de télécharger gratuitement le premier tome de la série Debaser, afin de la découvrir.
Drôle et rock’n'roll, cette série manga à la française est vraiment sympa. Elle compte actuellement six tomes, et est publiée sous le label 619, qui ne sort de toute façon que des petites bombes.
Pour en savoir plus sur Debaser, et télécharger tout ça, ça se passe par ici !