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Daytripper, vie et morts de Bras de Oliva Domingos

8 mai 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Bras, le héros de Daytripper, est brésilien, fils d’un auteur reconnu. Lui s’occupe de la rubrique nécrologique d’un quotidien tout en pensant à l’écriture de son premier roman.

Ça, c’est un instantané de la vie de Bras, alors qu’il a la trentaine. Mais les auteurs vont nous amener à rencontrer cet homme à bien des moments de sa vie.

Qu’est-ce qui fait qu’un moment est marquant, important, qu’il change notre vie ? Ce sont parfois des détails minuscules et fugaces qui font tout basculer. Qu’est ce qui nous définit le mieux ? Peut-être nos choix, notre manière d’agir avec notre libre-arbitre. Est-ce que la vie est belle, même dans ces moments les plus anodins ? Assurément, oui.

C’est sur cette idée que les talentueux jumeaux Fabio Moon et Gabriel Ba (qu’on a déjà croisé sur Umbrella Academy) ont basé la série courte Daytripper, compilée aujourd’hui en un seul très beau tome.

À chaque chapitre, Bras meurt. D’une manière différente, à une époque différente de sa vie. Étonnamment, c’est en tuant le héros que l’on prend conscience de l’importance de cet instant de vie. L’histoire n’est pas chronologique, c’est comme un jeu de ping-pong entre les époques : Bras peut mourir à 40 ans, et être un enfant dans le chapitre suivant. Cela ne gêne en rien la lecture, au contraire : les détails de ce qu’il a été et de ce qu’il est devenu se complètent, se répondent, et rendent l’ensemble bien plus dense et plus profond. Le premier baiser, le premier amour, la naissance d’une amitié ou de son premier enfant, la mort du père, un coup de foudre, et tant d’autres choses encore. Une personne est faite de son passé, de son présent, de son avenir. Et les deux auteurs, qui mêlent leurs talents et leurs dessins à la perfection, racontent avec une infinie sensibilité cet homme-là, qu’ils ont inventé mais qui est un peu chacun de nous.

Le trait est beau, vivant, et la mise en couleur est superbe. La narration est aussi fluide que passionnante, on s’attache à ce personnage que l’on ne voit pourtant que par bribes. Il est ce qu’il vit, et on le devine, l’imagine à travers ces quelques pages.

Un énorme coup de cœur pour un comics tout en finesse. Un très bel hymne à la vie.

Daytripper sur Amazon

Les Contes de l’ère du Cobra, tome 1

Ah, Enrique Fernandez… Après l’Île sans Sourire et Aurore, voici une nouvelle preuve qu’il sait aussi bien raconter les histoires que les dessiner. Un trait superbe et reconnaissable au premier coup d’œil, et un vrai talent de conteur.

Il revient donc avec Les Contes de l’ère du Cobra. Une histoire inspirée de mille contes, une aventure qui mêle humour et drame, violence et légèreté, un peu coquine parfois, où l’amour et le bonheur devront lutter pour gagner contre la cruauté et la quête de pouvoir. On y croise les Mille et une Nuits, mais bien d’autres récits encore, chuchotés à travers le monde…

Irvi et Sian s’aiment, mais le destin les force à se séparer. La douleur assombrit le cœur d’Irvi, qui se transforme en un tueur sanguinaire et mélancolique. Mais sa puissance sert les desseins de celui qui deviendra le Cobra, un homme en réalité bien malheureux qui estime qu’on doit l’aimer pour sa grandeur et non pour sa personnalité.

Plus le temps passe et plus l’histoire est triste, à croire que le bonheur a décidé de s’enfuir. Mais il est parfois des rencontres qui changent tout, et font renaître une flamme au milieu des cendres…

Les amatrices de contes seront charmées par cette bande dessinée, dont l’histoire envoûtante alterne entre aventure, combats et légèreté. Des personnages hauts en couleurs, des amitiés improbables, et des méchants qui finalement sont bien à plaindre, tant ils sont seuls. Et puis l’Amour, le Grand Amour, qui connaît bien des obstacles mais qui jamais ne s’éteint.

Le tout servi par le dessin somptueux et la mise en couleur magique d’Enrique Fernandez. C’est à la fois un voyage et un feu d’artifice. Un véritable bijou ciselé avec tout le talent d’un auteur à (re)découvrir…

Les contes de l’ère du Cobra : Les amants sur Amazon

Le Long Hiver – 1914

5 mai 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

1914, la guerre débute et c’est avec insouciance et volonté que les hommes partent à la guerre. Convaincus qu’elle ne durera pas longtemps, tout à leur soif de revanche sur les allemands.

Baptise a laissé chez lui sa femme Camille et son fils Jules, et leur écrit régulièrement des lettres pour leur raconter son quotidien. Mais, alors qu’il est déjà ébranlé par la mort, sous ses yeux, de son meilleur ami, c’est finalement de chez lui que le plus dur va arriver. Pendant son absence, son fils fait une mauvaise chute, et meurt.

Dès lors, Baptise se jette à corps perdu dans les combats, semblant habité d’une rage sans fin, et voulant sans doute regarder la mort en face, pour lui demander des comptes.

Mais avant son départ, sa femme lui avait remis un charme à garder autour de son cou, lui faisant promettre de ne pas le retirer. Et s’il a accepté en riant, le sort semble fonctionner. Malgré les risques, aucune balle de l’atteint, et très vite, plus personne ne veut l’approcher.

Car en plus de passer pour un fou, les soldats sont tous persuadés que les balles qui évitent Baptiste finiront forcément sur eux.

Mais parmi les légendes que se murmurent les soldats, il n’est pas le seul sujet de conversation. Plusieurs survivants rapportent d’étranges apparitions sur les champs de batailles. Chevalier en armure monté à cheval, archer, et d’autres apparaitraient au milieu des combats pour venir en aide aux soldats français.

Entre grande Histoire et monde fantastique, les frontières sont souvent plus troubles que l’on ne peut l’imaginer, et le sort va amener Baptiste bien plus loin qu’il n’aurait pu l’imaginer…

Cette bande dessinée mêle avec succès les genres. Ce premier tome est surtout un récit historique, empreint de l’atmosphère de l’époque, que ce soit au milieu des soldats ou dans les villages où les femmes se retrouvent seules, sans leurs époux. La narration laisse la part belle à l’épistolaire, et le récit sous forme d’échange de lettres est trèsagréable à lire. Au fil du récit, apparaissent petit à petit des touches de fantastique qui surprennent et fascinent en même temps. Un très bon premier tome, prenant, étonnant, et qui donne envie de connaitre la suite.

Le Long Hiver, Tome 1 : 1914 sur Amazon

Ma vie posthume, tome 1

24 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Emma Doucet est une petite vieille comme on les aime, avec un sale caractère. En réalité, elle se laisse vivre sans trop réfléchir depuis que son mari, le Grand Amour de sa vie, est mort.

Un soir, Emma fait une mauvaise chute en essayant de récupérer ses clopes, planquées par son aide à domicile. Quand elle se relève, c’est le début des ennuis : elle n’a plus envie de dormir, elle a une mine affreuse, et les mouches commencent à lui tourner sérieusement autour. Mais il y a surtout ce trou dans sa poitrine. Alors voilà : Emma est morte. Pire ! On l’a tuée. Il va falloir la jouer fine, histoire de comprendre ce qui s’est passé sans éveiller les soupçons…

Drôle et touchant en même temps, Ma Vie Posthume est un délice. Une histoire de zombie bien différente de ce dont on a l’habitude et, par jeux de flashbacks, une très belle histoire d’amour. C’est aussi un regard sur le deuil, sur le quotidien des personnages âgées, sur les relations de famille (la délicieuse nièce d’Emma essayant par tous les moyens de la coller en maison de retraite pour revendre sa maison)…

Le scénario est de Hubert (Miss Pas Touche) et le dessin du talentueux Zanzim (avec qui il avait déjà travaillé sur l’excellent La Sirène des Pompiers). Ma Vie Posthume est vraiment le genre de petits titres originaux et rafraîchissants qui fait du bien. C’est joliment écrit et raconté, et l’on va de surprise en surprise : une jolie œuvre qui sort de l’ordinaire, pleine d’humour et d’humanité.

Ma vie posthume, Tome 1 sur Amazon (premières pages en lecture)

Fables, les contes de fées version comics

20 avril 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  8 Comments

Fables, j’en ai déjà parlé, mais on ne parle jamais trop des bonnes choses. Et puis Urban Comics réédite la série, ce qui me donne une très bonne raison de me répéter.

Donc, c’est presque un ordre : vous devez lire Fables.

Le monde des contes de fée est envahi par un ennemi violent qui ne laisse pas le choix à ses habitants : pour survivre, les personnages de contes s’enfuient vers le monde des humains, notre monde…

Ils y établissent une petite communauté, à New-York. De l’extérieur, ils sont comme tout le monde, mais ils ont reconstitué un endroit accueillant, régi par les mêmes codes que chez eux. Le Roi est devenu Maire, et les différents personnages des contes occupent chacun une place respectable dans ce mini Royaume : Blanche-Neige est adjointe du Maire, le Grand Méchant Loup détective privé…

Et c’est d’ailleurs avec lui que l’histoire commence. Un meurtre d’une rare violence a eu lieu et le Loup mène l’enquête.

Fables, c’est d’abord un univers dense, travaillé, et passionnant. Mais plus encore, un vrai plaisir régressif que de retrouver tous les héros qui ont bercé notre enfance. Sauf que si l’on y croise Cendrillon ou Jack (celui du Haricot Magique), ici c’est à l’adulte que nous sommes devenus que l’histoire s’adresse, et dans la vraie vie, les gentils ne gagnent pas toujours.

Clairement culte pour tous ceux qui l’ont eu entre les mains, ce comics est tout simplement génial. Les différentes histoires nous plongent à chaque fois dans un monde plus riche et complexe. Les auteurs se font vraiment plaisir et nous proposent un éclairage nouveau sur toutes ces histoires lues et relues, comme sur le Prince Charmant, devenu un multi-divorcé qui tente de reconquérir ses ex-femmes/princesses, et tant d’autres délicieux arrangements avec les contes. Ce serait cruel de trop en dévoiler, mais je peux vous promettre que le scénario est vraiment très bon. Drôle, prenant, riche.

Le dessin, assez rétro, peut surprendre, tout comme la mise en couleur. Mais très vite on est tellement captivé qu’on oublie ce qui avait pu déranger sur les premières pages. (Il faut savoir que l’intérieur n’est pas de James Jean, le merveilleusement talentueux dessinateur des couvertures). Et puis les personnages sont parfaits, tout comme les décors…

Là où Fables frappe très fort, c’est en parvenant à marier tout ce petit monde qu’on a croisé mille fois avec des histoires différentes, modernes, et captivantes. Ce premier volume a des allures de polar, mais les auteurs s’amusent aussi avec les genres…

Un incontournable donc, pour les nostalgiques des contes de fées, les fans de polar, les amatrices de comics… pour tout le monde en fait. Goûtez-y, vous m’en direz des nouvelles !

Fables, tome 1 sur Amazon

Fables, tome 15 (la suite de la série est elle aussi chez Urban Comics) sur Amazon

Et Urban Comics m’a proposé de vous faire découvrir les premières pages ! (Cliquez sur les pages pour qu’elles s’affichent en grand)

 

Aliénor tome 1

19 avril 2012  |  Non classé  |  No Comments

Cette bande dessinée est la première d’une série dédie aux Reines de Sang.

Aliénor, Duchesse d’Aquitaine, mariée à 15 ans à Louis XII fut l’une des premières reines à agir sur la politique du pays…Et a marquer l’histoire.

Aliénor est une jeune femme de caractère, bien entendu, être une femme, d’autant plus aussi jeune, devrait l’obliger à rester à sa place, mais elle n’en fait qu’à sa tête. S’attirant autant d’ennemis que d’alliés qu’elle séduit. Car si le jeune Roi lui est tout entier dévoué, il n’est pas le seul…

Intrigante, calculatrice et menteuse, Aliénor est insupportable. Et pourtant, on ne peut qu’admirer sa force de caractère, car sa condition de femme ne l’arrête pas une seconde, à une époque où elle devrait se cantonner à jouer les potiches.

Son histoire est fascinante, et très bien racontée dans ce premier tome. Cette série sera l’occasion de découvrir des parties moins connues de notre Histoire, et des personnages qui l’ont influencée. Des personnages qui, et ça n’est pas si courant à cette époque où elles étaient censées s’effacer derrière leur mari, sont des femmes.

Les reines de sang, Tome 1 : Aliénor, la légende noire sur Amazon

Clair-obscur dans la vallée de la lune

12 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

José est guide touristique au Chili. Joan est une jeune touriste américaine qui a loué ses services pour découvrir le pays, seule, sans groupe.

José ne s’en doute pas une seconde quand il embarque cette jolie fille dans sa voiture, mais cette rencontre va bouleverser sa vie.

Chacun d’entre eux à des secrets, et ceux du guide le rongent, l’empêchent d’avancer…

Difficile d’en dire plus sans briser la poésie de ce joli titre, en un tome. Le dessin délicat de Fanny Montgermont est tout en délicatesse, et suis avec pudeur ces deux êtres abimés.

Le Chili occupe une place importante dans le récit. D’abord par ses décors somptueux, riches et étonnants, mais aussi à cause de son histoire, de son passé, de ses blessures…

Clair-obscur dans la vallée de la lune sur Amazon

100 Bullets

12 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Tout comme pour les Seigneurs de Bagdad, l’éditeur Urban Comics reprend la publication de la série 100 Bullets. En publiant, mais également en rééditant les premiers volumes, en cartonné cette fois-ci (les titres chez Panini avaient une couverture souple).

L’occasion pour moi de découvrir une très très bonne série de comics, sous forme d’histoires assez courtes découpées en chapitres.

Imaginez un héros à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. Et puis un soir, un mystérieux inconnu l’aborde, lui raconte quelques détails que le principal intéressé ignorait sur son propre passé. Il lui parle plus précisément de la personne coupable de son malheur actuel… Et puis, pour accompagner sa petite histoire, un ‘présent’ : une arme, et 100 balles non identifiables. Libre ensuite à notre héros de faire ce que bon lui semble.

Chaque chapitre suit un personnage complètement différent, abîmé par la vie, et qui va se retrouver seul à négocier avec son libre-arbitre. D’abord comprendre, peut-être, ensuite réagir…

100 Bullets est un comics sombre, souvent violent. Il capte en quelques pages un tournant dans la vie de ces personnages, qui ne demandaient plus rien, et qu’on met face à un choix irréversible. Les auteurs nous promènent parmi tous ces gens qui se contentaient d’en vouloir au destin, et à qui on propose aujourd’hui un nom, un visage, sur lequel déverser sa tristesse, sa haine, ses envies de vengeances.

Il y a l’ancienne membre d’un gang, encore toute jeune, qui sort de prison et se retrouve immensément seule, son mari et son fils ayant été tués pendant son incarcération. Ou ce barman solitaire, qui était un père de famille heureux jusqu’à ce qu’on retrouve sur son ordinateur des images pédophiles. Ou encore un joueur, un peu tricheur, pour qui la situation commence à sentir le roussi…

100 Bullets se dévore ou se picore, mais se lit en tout cas avec beaucoup de plaisir. L’atmosphère des bas-fonds est parfaitement rendue à travers le dessin un peu torturé, et le thème permet une infinité de variations. De personnages, de situations, de choix. Car clairement, 100 Bullets nous interroge sur notre propre libre arbitre. Que ferions-nous, si l’on avait tout perdu et qu’on nous servait le coupable sur un plateau ?

100 bullets, tome 1 : première salve sur Amazon

Beauté tome 2

12 avril 2012  |  Coups de coeur  |  No Comments

Le tome 2 de cette merveilleuse bande dessinée est sorti mi-mars, je remets donc ici un lien vers ma chronique du premier tome. Cette suite est toujours aussi délicieuse, un dessin magnifique et un scénario tout aussi bon. Pas envie d’en raconter plus pour ne pas spoiler mais Beauté est une série à découvrir, vraiment vraiment.

Beauté, Tome 2 : La reine indécise sur Amazon

Un amour de bento

12 avril 2012  |  Non classé  |  No Comments

Deuxième fournée de shojo mignon avec Un amour de bento, qui marie en réalité histoires d’amours adolescentes et….bouffe (on ne s’en serait pas douté, je sais).

Saé est une demoiselle absolument adorable, qu’on imagine donc avoir un succès fou avec les garçons. SAUF QUE, elle a un appétit d’ogre, qui calme tout de suite ces messieurs, ne voyant plus grand chose de mignon face à l’évidente taille de son estomac. Ce qui n’empêche pas Saé d’être une graaaaande romantique.

Et donc, le jour où une de ses copines se retrouve éperdue d’amour et de chagrin pour un garçon, l’héroïne fait un raisonnement simple : cuisiner pour l’élu de son coeur est la meilleure des techniques de drague. Seul bémol, malgré toute sa volonté à aider son amie, elle est complètement nulle en cuisine. Et c’est là qu’intervient Yûki, un de ses camarades avec qui elle s’entend très bien, et qui travaille dans un restaurant…

Un amour de bento est donc très mignon. Clairement ado, mais on ne boude pas son plaisir (enfin moi) et en plus il donne faim, très faim (heureusement un livret de recette est inclus à la fin, malheureusement si vous le lisez en mangeant des coquillettes au jambon vous risquez de vous sentir nulle). Ce sont en fait de petites histoires courtes, où Saé va à chaque fois aider une de ses copines…mais l’histoire évolue quand même quand elle tombe elle-même amoureuse. Un dessin adorable et pas mal d’humour. Bref, une bonne surprise pour les amatrices du genre.

Un amour de Bento T01 sur Amazon