Posts Tagged ‘amitié’

Adventure time tome 2

14 octobre 2013  |  Non classé

Il y a un peu plus d’un mois paraissait le deuxième volume du comics Adventure Time, tiré de l’univers de la série à succès. Les histoires que l’on peut lire dans les comics sont totalement inédites, mais on y retrouve les personnages et le mélange de grande aventure et d’humour totalement absurde qui a fait le succès du dessin animé.

Comme dans le premier tome, on découvre d’abord une aventure longue (cette fois-ci, Finn et Jack vont expérimenter les voyages temporels) puis une compilation d’histoires courtes imaginées par des auteurs de comics indé.

Si le passage du dessin animé à la planche de bande dessinée rend l’ensemble un peu moins dynamique et explosif, il n’empêche que ce comics ets vraiment agréable à lire, que l’on connaisse ou non cet univers d’ailleurs. Les dialogues conservent leur juste dose d’humour absurde, les rebondissements s’enchainent à toute vitesse et il se dégage de l’ensemble une véritable énergie. Si dans le tome 1, les auteurs jouaient beaucoup sur les cases, la construction, le rythme, celui-ci s’ancre plutôt dans un style comics classique mais réussi.

Pour toute la première partie, on retrouve le graphisme propre au dessin animé, les petites histoires qui suivent prennent elles une toute autre personnalité, sous les traits de dessinateurs comme Paul Pope, Lucy Knisley, Chris Hoghton…

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Les gens normaux (paroles lesbiennes gay bi trans)

Les gens normaux, ce sont dix témoignages recueillis par le scénariste Hubert (Miss Pas Touche, Beauté, La ligne droite…) auprès d’homosexuels, bisexuels, transsexuels, et mis en image par des dessinateurs talentueux(Cyril Pedrosa, Virginie Augustin, Zanzim, Alexis Dormal, Jeromeuh, Simon Hureau, Merwan, Freddy Nadolny Poustochkine, Freddy Martin, Natacha Sicaud et Audrey Spiry). Le projet a été initié en 2011 en collaboration avec le Centre Lesbien, Gay, Bi, Trans de Touraine, mais les témoignages ont finalement été recueillis un peu avant la présidentielle de 2012, quand la question du mariage pour tous commençait à devenir électrique.

Au fil de ces 230 pages, on nous parle d’amour, de famille, d’éducation, de discrimination au travail, de maladie, de la situation dans des pays où l’homosexualité est considérée comme un délit, de religion, de désir, d’identité. Les témoignages sont tous aussi différents que passionnants, apportant à chaque fois un éclairage nouveau sur la question. Mais quelle question d’ailleurs ? Celle auquel répond le titre. Les homosexuels, les bissexuels, les transsexuels sont-ils normaux ? Chaque histoire est d’abord celle d’une vie, jalonnée de bonheurs et de drames qui les ont amené là, à se raconter face à Hubert.

Si cette bande dessinée raconte les hommes et les femmes, leurs sentiments, leurs émotions, leurs craintes (la peur de deux mamans face aux futures remarques que subiront leurs enfants à l’école, la perte de son amoureux à cause du sida, les relations parfois difficile avec ses parents, dls perpétuels mensonges au travail par peur de perdre sa place), ce sont aussi des explications claires et très intéressantes sur des sujets plus techniques : comment se passe une insémination, quel traitement doit-on prendre aujourd’hui quand on est atteint du sida, comment se déroule une opération pour changer de sexe…

Tout en noir et blanc, publié dans la très belle collection Écritures de Casterman, Les gens normaux fait du bien, en donnant une voix à ceux dont les médias parlent beaucoup tout en leur laissant rarement la possibilité de s’exprimer. Les histoires sont entrecoupées de textes écrits par des chercheurs (Eric Fassi, Maxime Foerster, Florence Tamagne, Louis-Georges Tin, Michelle Perrot), et l’ouvrage est préfacé par Robert Badinter.

Les gens normaux, c’est un livre beau, juste, et nécessaire. Un concert de voix réunies et racontées avec justesse par des auteurs qui s’effacent derrière les mots.

Les témoignages sont très émouvants, parfois violents, et nous invitent à nous interroger constamment. Ce sont des histoires intimes et pourtant universelles, qui ne peuvent que profondément nous toucher.

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Lueur de nuit

Martin, Gabrielle et Émile sont trois orphelins qui trainent souvent dans la rue. Alors que Martin vient de voler la bourse d’une vieille dame, et qu’ils sont repérés par un policier, ils courent se réfugier dans une immense demeure abandonnée. L’endroit leur fiche la frousse, mais ils essaient chacun de ne pas le montrer. Il s’y passe des choses étranges. Il y a des algues sur les murs, l’eau qui sort de la pompe est de l’eau de mer, et les enfants commencent à avoir des hallucinations. L’un voit des crabes, l’autre une effrayante sirène… Ils découvrent que les lieux sont habités par un petit garçon qui semble aussi malheureux qu’étrange…

Ce one-shot signé Olivier Boiscommun (la Cité de l’Arche, Pietrolino…) se teinte de fantastique, et parvient à immiscer un peu de l’univers des légendes de la mer sur la terre ferme. C’est comme si  le domaine où ils se sont cachés se retrouvait tout à coup parachuté en pleine mer, encerclée de monstres et menaces en tout genre. Le rythme de l’histoire est plein de tension, et à chaque retour au calme un nouveau danger attend nos trois héros. Pourtant le trait du dessinateur, tout en rondeur, confère beaucoup de douceur et d’émotions au récit. Il y a dans les visages de ses personnages une vraie tendresse, une lueur enfantine même si ses héros en ont déjà beaucoup bavé. Les couleurs, dans des tonalités de gris, bleu, vert et jaune, rappellent les paysages de bord de mer par mauvais temps. Il s’en dégage un mélange de tristesse, de nostalgie, de danger, mais aussi de véritable majesté. Car la mer est toujours puissante et mystérieuse face aux humains minuscules.

Un joli récit, qui s’achève avec un très beau carnet graphique composé d’esquisses, de recherches sur les différents personnages, de story board…

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L’arbre aux pies

9 octobre 2013  |  Bande dessinée

Nel et ses amis sont encore des enfants. Ils vivent une vie presque insouciante à l’orphelinat où ils ont été recueillis, passant la plupart de leur temps dehors, à jouer et vivre de grandes aventures avec des animaux qui parlent. Malheureusement, leur enfance touche à sa fin, et le Chasseur vient les chercher pour les amener dans la ville haute.

Les autres se résignent, mais Nel ne veut pas accepter cette fatalité. Pourquoi grandir ? Pourquoi devoir accepter de se plier aux règles et de se soumettre aux exigences d’une autorité supérieure dont on ne connait rien ? Pourquoi abandonner ce qu’elle aime et qui la rend heureuse ?

L’arbre aux pies a un rythme assez lent, troublant, un peu comme un songe. Dans une ambiance entre mythologie et conte, Nel évolue, tente de fuir, lutte de toutes ses forces contre la fatalité alors que tout le monde autour d’elle semble heureux comme ça, et que son passé semble bel et bien révolu. Le dessin, très doux, les couleurs sombres et un peu passées, contribuent encore à amplifier cette atmosphère entre rêve et cauchemar, où l’on espère apercevoir une lueur d’espoir dans la pénombre.

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La lesbienne invisible

9 octobre 2013  |  Bande dessinée

Adaptation en bande dessinée du one woman show à succès du même nom, La lesbienne invisible nous raconte le parcours d’Océanerosemarie, qui compris assez tôt son homosexualité mais que personne ne croit parce qu’elle ne correspond pas aux clichés que l’on attend d’elle. Avec humour, elle nous relate donc ses grandes aventures et petites déconvenues. Premier amour, tentatives de dragues, discussions surréalistes, grand Amour et aventures sans lendemain, elle nous parle d’abord d’elle, tout en faisant tomber pas mal d’idées reçues et clichés tenaces sur l’homosexualité.

Souvent mordante, elle n’hésite pas à lancer quelques piques aux hétéros, aux gays, et bien sûr aux lesbiennes. Tantôt véritables tranches de vie, tantôt délires exagérés bourrés d’humour, la bande dessinée ne se contente pas de retranscrire texto le spectacle. Les auteures ont vraiment retravaillé le texte, son rythme, pour qu’il colle parfaitement au média bd. Découpée en scénettes, l’histoire progresse d’une manière fluide et rythmée. Le dessin de Sandrine Revel, délicat, féminin, un peu rétro et pétillant donne une ambiance très douce et joyeuse au texte.

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