Staz est un vampire. Et sous ses airs de no life faignant, il est le chef d’un des territoire du monde des démons. Car sous ses airs de semi loque, Staz est incroyablement puissant.
Mais la baston ne l’intéresse pas spécialement. Sa passion, à lui, c’est le monde des humains, et plus particulièrement un pan de la culture japonaise. Il dépense des fortunes pour acquérir mangas, figurines, jeux vidéos…et est à la limite de disjoncter quand un de ses sous-fifres lui ramènent une humaine, qui plus est japonaise, qui a atterrit par accident dans le monde des démons.
Malheureusement pour Staz (et pour la jeune demoiselle surtout), celle-ci se fait bouffer avant qu’il ait pu l’abreuver de question. Car oui, en plus d’être passionné par les humains, boire leur sang ne l’intéresse pas du tout. Mais devant cette fille-là, il a ressenti quelque chose d’étrange, et devant son squelette, il se sent complètement abattu.
Mais elle n’a pas complètement disparu, elle s’est transformé en fantôme.
Staz décide alors de tout faire pour l’aider à ressusciter. Pas forcément par gentillesse d’ailleurs…il se surprend lui-même, mais il a très envie de boire son sang…
Drôle, assez crétin, et parsemé de scènes de bastons, Blood Lad est une très bonne surprise. Graphiquement très sympa (dans un style assez proche de Soul Eater), l’histoire est originale et rythmée. On passe du monde des démons à celui des humains, et on découvre des deux côtés de nombreux personnages. Un bon petit shônen, rigolo et qui démarre bien.
Bras, le héros de Daytripper, est brésilien, fils d’un auteur reconnu. Lui s’occupe de la rubrique nécrologique d’un quotidien tout en pensant à l’écriture de son premier roman.
Ça, c’est un instantané de la vie de Bras, alors qu’il a la trentaine. Mais les auteurs vont nous amener à rencontrer cet homme à bien des moments de sa vie.
Qu’est-ce qui fait qu’un moment est marquant, important, qu’il change notre vie ? Ce sont parfois des détails minuscules et fugaces qui font tout basculer. Qu’est ce qui nous définit le mieux ? Peut-être nos choix, notre manière d’agir avec notre libre-arbitre. Est-ce que la vie est belle, même dans ces moments les plus anodins ? Assurément, oui.
C’est sur cette idée que les talentueux jumeaux Fabio Moon et Gabriel Ba (qu’on a déjà croisé sur Umbrella Academy) ont basé la série courte Daytripper, compilée aujourd’hui en un seul très beau tome.
À chaque chapitre, Bras meurt. D’une manière différente, à une époque différente de sa vie. Étonnamment, c’est en tuant le héros que l’on prend conscience de l’importance de cet instant de vie. L’histoire n’est pas chronologique, c’est comme un jeu de ping-pong entre les époques : Bras peut mourir à 40 ans, et être un enfant dans le chapitre suivant. Cela ne gêne en rien la lecture, au contraire : les détails de ce qu’il a été et de ce qu’il est devenu se complètent, se répondent, et rendent l’ensemble bien plus dense et plus profond. Le premier baiser, le premier amour, la naissance d’une amitié ou de son premier enfant, la mort du père, un coup de foudre, et tant d’autres choses encore. Une personne est faite de son passé, de son présent, de son avenir. Et les deux auteurs, qui mêlent leurs talents et leurs dessins à la perfection, racontent avec une infinie sensibilité cet homme-là, qu’ils ont inventé mais qui est un peu chacun de nous.
Le trait est beau, vivant, et la mise en couleur est superbe. La narration est aussi fluide que passionnante, on s’attache à ce personnage que l’on ne voit pourtant que par bribes. Il est ce qu’il vit, et on le devine, l’imagine à travers ces quelques pages.
Un énorme coup de cœur pour un comics tout en finesse. Un très bel hymne à la vie.
Téru est avec ses camarades de classe dans un train qui les ramène chez eux, après un voyage scolaire. Juste avant d’entrer dans un tunnel, l’adolescent remarque que la couleur du ciel est étrange…mais il n’a pas le temps de se poser de questions, car une fois dans le tunnel, le train déraille.
Quand il ouvre les yeux, tous les passagers de son wagon sont morts, et en s’extirpant du train, il découvre que le tunnel est bouché par des éboulements, des deux côtés…
Téru se met alors à la recherche d’autres survivants.
Dragon Head est un huis-clos étouffant et passionnant. Raconté par les yeux de Téru, en suivant ses émotions, ses peurs, ses découragements, on est plongé au cœur de ce drame. Ils sont finalement trois personnages, tous adolescents, à devoir s’organiser pour vivre malgré une situation qui semble sans issue.
Assez cru, et très humain, ce manga semble à chaque instant prêt à laisser ses héros sombrer dans la folie. Après tout que faire, quand il ne semble plus y avoir d’espoir ?
Ratman est à première vue un shonen au graphisme léché et au scénario plutôt original (les super-héros sont plutôt du domaine des comics américains d’habitude) mais qui reste assez classique. Puis glissé au milieu de la lecture, un premier élément un peu…troublant…à se demander si c’est mal traduit, ou si le mangaka était bizarrement inspiré ce jour-là…puis un deuxième. Et au fur et à mesure de la lecture, on comprend qu’en fait Ratman réussit à glisser au milieu d’un shonen classique un humour complètement débile tout en discrétion. Bien sûr comme dans tout shonen il y a de la blague bien évidente, mais à côté de ça, l’absurde apparait sans crier gare même dans les moments de tensions. Et c’est rafraichissant.
Les avancées technologiques sont telles que dans Ratman, devenir un super-héros est possible. Ça n’est pas forcément donné à tout le monde car c’est une question de destin. Un jour, on le devient, si on est au bon endroit au bon moment.
Depuis tout petit, Shuto rêve d’en devenir un. Le souci c’est que ça fait marrer tout le monde, parce qu’adolescent, tout petit, il l’est toujours. Alors ses camarades le charrie en l’imaginant comme ‘le plus petit des super-héros’.
Malgré tout, il garde au fond de lui ce rêve, et abreuve tout le monde avec sa passion.
Et puis un jour, son heure semble enfin venu. Voilà qu’on lui propose de réaliser son rêve…ou presque.
De super-héros, le voilà devenu super-vilain…ou comment passer du rêve au cauchemar.
Mais Shuto n’a pas dit son dernier mot, et ça n’est ni son costume effrayant, ni les missions qu’on lui donne qui l’empêcheront de faire le bien.
Graphiquement, donc, Ratman est déjà une réussite. Le dessin est beau, les costumes et les personnages aussi. L’univers créé est prenant, et le passage du monde des super-héros dans le manga se fait bien. L’originalité donc, c’est cette pointe d’humour crétin un peu partout. Qui peut parfois passer pour des facilités scénaristiques, mais qui rend Ratman un peu à part, et vraiment plaisant à lire.
Deuxième fournée de shojo mignon avec Un amour de bento, qui marie en réalité histoires d’amours adolescentes et….bouffe (on ne s’en serait pas douté, je sais).
Saé est une demoiselle absolument adorable, qu’on imagine donc avoir un succès fou avec les garçons. SAUF QUE, elle a un appétit d’ogre, qui calme tout de suite ces messieurs, ne voyant plus grand chose de mignon face à l’évidente taille de son estomac. Ce qui n’empêche pas Saé d’être une graaaaande romantique.
Et donc, le jour où une de ses copines se retrouve éperdue d’amour et de chagrin pour un garçon, l’héroïne fait un raisonnement simple : cuisiner pour l’élu de son coeur est la meilleure des techniques de drague. Seul bémol, malgré toute sa volonté à aider son amie, elle est complètement nulle en cuisine. Et c’est là qu’intervient Yûki, un de ses camarades avec qui elle s’entend très bien, et qui travaille dans un restaurant…
Un amour de bento est donc très mignon. Clairement ado, mais on ne boude pas son plaisir (enfin moi) et en plus il donne faim, très faim (heureusement un livret de recette est inclus à la fin, malheureusement si vous le lisez en mangeant des coquillettes au jambon vous risquez de vous sentir nulle). Ce sont en fait de petites histoires courtes, où Saé va à chaque fois aider une de ses copines…mais l’histoire évolue quand même quand elle tombe elle-même amoureuse. Un dessin adorable et pas mal d’humour. Bref, une bonne surprise pour les amatrices du genre.
Hiii un shojo ! Ça faisait bien trop longtemps que je n’en avais pas lu (une semaine sans shojo c’est déjà beaucoup trop). Voici donc une nouvelle série qui, contrairement à ce qu’on pourrait croire (en tout cas moi) en lisant le résumé en 4ème de couverture, n’a rien de magique. C’est juste une histoire trop choupi.
Ageha et Hana sont jumelles. Mais elles sont aussi le jour et la nuit. Hana, élevée par ses parents à la ville, est aujourd’hui une lycéenne superbe et populaire, et fait clairement de l’ombre à sa soeur, qui a grandit à la campagne chez ses grands-parents, et est très réservée.
Ageha a un secret, elle est amoureuse de son ami d’enfance, Ryûsei, mais sa timidité la paralyse quand elle le voit.
Un jour, un curieux mec débarque dans sa vie, et va la bousculer un peu. Histoire de lui montrer que la Ageha actuelle n’est qu’une chrysalide, et qu’un superbe papillon attend qu’elle décide de changer pour éclore…
Derrière une couverture on ne peut plus kitch, avouons-le, se cache donc un shojo mignon et tendre, sur l’adolescence. L’auteur de Peach Girl raconte ici aussi une métamorphose. Avec le message que lorsque l’on veut quelque chose, il faut se battre pour l’obtenir. Et que plus encore, il faut apprendre à s’aimer soi-même.
Bref, de la pure comédie romantique à réserver aux fleurs bleues, mais vraiment une lecture plaisir pour ma part.
Marion et sa mère ont quitté leur vie parisienne pour emménager dans la maison familiale, après le décès de sa grand-mère. Depuis sa séparation, sa mère a besoin de changer d’air. L’adolescente s’adapte avec curiosité à sa nouvelle vie dans ce petit village en bord de mer.
Petit à petit, elle explore les alentours de sa maison, et s’interroge sur d’étranges sculptures qu’elle croise un peu partout. Et puis il y a ce phare qu’elle aimerait bien visiter…
Cette bd est vraiment une jolie surprise. L’atmosphère d’un petit village breton est parfaitement rendu, le dessin est beau, et surtout on se plonge immédiatement dans l’histoire, et même les histoires. Cette mère qui essaie de se reconstruire et d’offrir à sa fille une vie plus saine, cette adolescente qui part à l’aventure, et tous les secrets cachés dans ce petit village tranquille . C’est aussi une histoire de famille, et notamment l’occasion pour Marion d’en apprendre davantage sur son grand-père, disparu en mer bien avant sa naissance…
Dans la série manga au thème étrange, on continue avec Mitsuko Attitude, qui au premier regard ressemble à un shojo comme les autres…
Mitsuko vient de perdre son père, après avoir déjà perdu sa mère il y a quelques années. Dynamique et débrouillarde, elle envisage d’abord de vivre seule…puis finalement part habiter chez son oncle et sa tante, en compagnie de son cousin, qui a le même âge qu’elle, de sa petite cousine de 6 ans, et de leur chien petit Four (qui porte très bien son nom). L’occasion de découvrir la douceur d’un cocon familial…mais aussi d’aller de surprises en surprises, en ce qui concerne les habitudes de la maisonnée pour rester en bonne santé…
Mitsuko Attitude est présenté comme un manga où l’on apprend à mener une vie plus saine…Et même si effectivement, manger plus de fruits et moins de plats en sauce, c’est bien, je ne suis pas sûre que beaucoup de lecteurs vont se mettre aux lavements au café en refermant ce manga. Je l’ai plus vu comme un manga rigolo qui aborde les thèmes de l’alimentation, de l’hygiène, d’une manière légère et décalée.
En plus du merveilleux Pablo,la sculptrice Camille Claudel a elle aussi été l’objet d’une biographie en bd ce mois-ci. L’occasion de découvrir, ou d’en savoir plus, sur l’histoire tragique de cette artiste de génie.
Camille Claudel se passionna très tôt pour la sculpture, et son fort caractère lui permit de se faire très vite remarquée par son talent, alors même qu’il était très mal vu pour une femme d’avoir des prétentions artistiques dans la France du début du siècle. Pendant de nombreuses années, elle vécut une folle passion avec Rodin, une relation qui lui apporta beaucoup en terme d’inspiration (elle fut d’ailleurs d’abord son élève), mais qui la dévora entièrement et fut sans aucun doute l’une des raisons de son internement à l’asile…
Cette bd, au graphisme étonnant mais qui nous plonge vraiment dans l’atmosphère de l’époque, retrace donc toute la vie de l’artiste, sous la forme d’un entretien avec son frère, l’écrivain Paul Claudel. Très documenté et vraiment passionnant, on plonge ainsi dans la vie hors-norme de ce génie. Talentueuse, avant-gardiste, passionnée. Qui se donnait entièrement dans tout ce qu’elle faisait, sans se soucier du qu’en dira-ton à une époque où les femmes ne devaient pas faire de vagues, qui allait au bout de ses envies, avec une force de caractère inouïe mais qui finit brisée et seule…
Entre FMA et moi, ça n’avait pas bien commencé du tout, et cela aurait pu en rester là. Je l’avais commencé il y a quelques années, et m’étais teeeeelllleeeement ennuyée que j’avais lâché l’affaire au bout de trois chapitres (ce qui ne m’arrive quasiment jamais, en général je tente au moins le premier tome) (et pourtant je suis vraiment bon public). Je ne saurais dire, aujourd’hui, ce qui m’a à ce point empêché d’accrocher à l’époque.
Mais voilà que Kurokawa a décidé, pour faire découvrir ou redécouvrir l’une des séries phares de son catalogue, de démarrer ce mois-ci une édition en volume double (et même triple pour le premier tome, qui réunit donc les tomes 1, 2 et 3), et ce pour le prix plutôt sympa de 10€.
Grand bien leur en a pris, parce qu’en me replongeant dedans, j’ai vraiment adoré et dévoré d’une traite ces cinq premiers tomes (réunis en deux volumes, donc, la suite va venir petit à petit).
L’histoire pour les rares qui, comme moi, ne connaissent pas encore. Edward et Alphonse sont connus dans toue le pays. En effet, les deux frères Elric sont des alchimistes de renom, aussi jeunes que talentueux. Le premier est même alchimiste d’Etat. Leur apparence pourrait difficilement s’oublier, l’un a une jambe et un bras de métal, l’autre vit carrément enfermé dans une armure…c’est là leur punition pour avoir tenté d’enfreindre l’interdit ultime en terme d’alchimie. Depuis, ils n’ont de cesse de parcourir le territoire, en quête d’une solution pour retrouver leurs corps. Et pour cela ils seront prêts à tous les sacrifices.
Dans un monde steampunk dense et parfaitement maitrisé, ce manga est beaucoup plus simple qu’il n’y parait au premier abord. Le thème de l’alchimie permet à l’auteur d’aborder la valeur de la vie tout en proposant un shonen (je serais presque tentée de dire seinen, je l’ai trouvé vraiment plus sombre et violent que ce à quoi je pouvais m’attendre) drôle, bourré d’actions et de personnages attachants. Le dessin est lui aussi très bon, et une fois plongée dedans on comprends vite le succès de la série. Du très très bon, à découvrir grace à cette édition moins chère si ça n’était pas déjà le cas.
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Fullmetal Alchemist, Tomes 4 et 5
J’en profite également pour signaler qu’Hero Tales, excellente série de la même mangaka, chroniquée ici, s’est également achevée ce mois-ci, avec le cinquième tome. Cette série, très différente de FMA par son univers n’en est pas moins un énorme coup de cœur. C’est d’ailleurs parce que j’aime beaucoup hero Tales que je me suis replongée dans Fullmetal Alchemist, me disant que j’avais forcément dû louper quelque chose.