Posts Tagged ‘adaptation’

Adventure time tome 2

14 octobre 2013  |  Non classé

Il y a un peu plus d’un mois paraissait le deuxième volume du comics Adventure Time, tiré de l’univers de la série à succès. Les histoires que l’on peut lire dans les comics sont totalement inédites, mais on y retrouve les personnages et le mélange de grande aventure et d’humour totalement absurde qui a fait le succès du dessin animé.

Comme dans le premier tome, on découvre d’abord une aventure longue (cette fois-ci, Finn et Jack vont expérimenter les voyages temporels) puis une compilation d’histoires courtes imaginées par des auteurs de comics indé.

Si le passage du dessin animé à la planche de bande dessinée rend l’ensemble un peu moins dynamique et explosif, il n’empêche que ce comics ets vraiment agréable à lire, que l’on connaisse ou non cet univers d’ailleurs. Les dialogues conservent leur juste dose d’humour absurde, les rebondissements s’enchainent à toute vitesse et il se dégage de l’ensemble une véritable énergie. Si dans le tome 1, les auteurs jouaient beaucoup sur les cases, la construction, le rythme, celui-ci s’ancre plutôt dans un style comics classique mais réussi.

Pour toute la première partie, on retrouve le graphisme propre au dessin animé, les petites histoires qui suivent prennent elles une toute autre personnalité, sous les traits de dessinateurs comme Paul Pope, Lucy Knisley, Chris Hoghton…

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L’Astragale

12 octobre 2013  |  Bande dessinée, Coups de coeur

Albertine Sarrazin n’avait même pas trente ans quand elle est décédée d’une erreur médicale, mais elle eu le temps de marquer le paysage littéraire français par trois œuvres autobiographiques parues entre 1965 et 1967, année de son décès. L’Astragale et La Cavale parurent simultanément, la Traversière ensuite.

Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg adaptent ici L’Astragale en bande dessinée.

Anne a 19 ans quand elle s’enfuit de prison. Elle se brise un os de la cheville, l’astragale, et ne doit la réussite de son évasion qu’au beau Julien qui lui vient en aide et la planque. Pendant qu’elle est immobilisée dans un petit lit, lui vient de temps en temps lui rendre visite à l’improviste, entre deux petites embrouilles. C’est le début d’une histoire d’amour tumultueuse. Ils sont tous deux en cavale, ont du caractère à revendre et chacun de leurs instants passés ensemble sont électriques et sauvages.

C’est la France de la fin des années 50, et la liberté flamboyante d’Anne n’est du goût de personne. Petit oiseau au regard de braise condamné à se bruler les ailes, mais qui le fait avec passion.

Le roman, qui raconte entre les lignes la vie d’Albertine, dont Anne est le double, est ici superbement adapté, et remarquablement servi par le dessin léger, sensuel et pétillant de Terkel Risbjerg. On retrouve dans cette bd ce mélange délicat de poésie et de réalité, entre argot de petits voyous et grandeurs des sentiments. Pendant 220 pages on suit la frêle Anne, qui semble si fragile, mais qui pourtant jamais ne se brise. Elle pose sur tout et tous ses yeux noirs envoûtants, semblant en même temps juger ses contemporains et bouillir d’envie de dévorer la vie. Mais il y a d’abord cet astragale en miette, qui la contraint à être dépendante, avant que ce ne soit l’amour qui la retienne malgré elle.

Très bien construite, la bd nous emmène avec elle, dans le tourbillon qu’est sa vie. Et toujours ce regard qui habite chaque case comme il envahit déjà la couverture. Le dessin en noir et blanc donne une grande place à la nuit, aux cachettes, aux secrets. Les corps, leur gestuelle, leurs failles prennent souvent le pas sur les mots pour raconter l’histoire, donnant encore plus d’énergie au récit et à l’héroïne.

Une très belle adaptation d’une œuvre atypique, qui raconte autant le destin d’une jeune femme que la société sur le point d’imploser dans laquelle elle évolue.

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La lesbienne invisible

9 octobre 2013  |  Bande dessinée

Adaptation en bande dessinée du one woman show à succès du même nom, La lesbienne invisible nous raconte le parcours d’Océanerosemarie, qui compris assez tôt son homosexualité mais que personne ne croit parce qu’elle ne correspond pas aux clichés que l’on attend d’elle. Avec humour, elle nous relate donc ses grandes aventures et petites déconvenues. Premier amour, tentatives de dragues, discussions surréalistes, grand Amour et aventures sans lendemain, elle nous parle d’abord d’elle, tout en faisant tomber pas mal d’idées reçues et clichés tenaces sur l’homosexualité.

Souvent mordante, elle n’hésite pas à lancer quelques piques aux hétéros, aux gays, et bien sûr aux lesbiennes. Tantôt véritables tranches de vie, tantôt délires exagérés bourrés d’humour, la bande dessinée ne se contente pas de retranscrire texto le spectacle. Les auteures ont vraiment retravaillé le texte, son rythme, pour qu’il colle parfaitement au média bd. Découpée en scénettes, l’histoire progresse d’une manière fluide et rythmée. Le dessin de Sandrine Revel, délicat, féminin, un peu rétro et pétillant donne une ambiance très douce et joyeuse au texte.

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La somnambule

30 juin 2013  |  Non classé

La somnambule est le dernier titre paru dans la collection Rivages/Casterman/Noir, où l’on trouve des adaptations en bd des polars édités chez Rivages Noir.

Marian Tansey travaille dans une petite brocante depuis deux ans. Elle était arrivée devant chez Ruth, amnésique et paniquée, et cette dernière l’a recueillie au sein de la petite communeauté qu’elle gère, sans lui poser de questions. Marian vient de décider de s’acheter une voiture, et trouve la perle rare, un cabriolet blanc, dans ses moyens.

Mais chaque matin, elle retrouve la voiture garée de travers, sale et rayée. Qui parmi ses voisins empruntent sa voiture sans demander la permission ? Au même moment, deux nouvelles personnes emménagent dans l’immeuble. Un journaliste taciturne et une jeune kleptomane pour qui Marian n’éprouve pas beaucoup de sympathie…

L’ambiance de La somnambule est sombre, un peu glauque, comme une nuit noire voilée d’un brouillard épais. Marian qui était parvenu à se reconstruire un quotidien rassurant, voit tous ses repères bouleversés par les derniers évènements. Qui prend sa voiture toutes les nuits ? La jeune Rebecca essaie-t-elle de prendre sa place ? Qui est vraiment Dick, le vendeur de voiture qui ne semble plus vouloir la quitter ? Comme toujours dans cette collection, l’adaptation est de qualité, et séduira autant ceux qui ne connaissent pas le roman que ceux qui l’ont déjà lu. Les dessinateurs sont choisis avec soin, et offrent une atmosphère particulière à l’histoire.

Ici le dessin à un côté vif, tranchant, et laisse une large place au noir, qui dévore les visages comme les décors. L’histoire, elle, est pleine de secrets, de mensonges et de retournements de situation.

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Adventure Time tome 1

28 juin 2013  |  Coups de coeur

Adventure Time, dessin animé bourré d’action et d’humour absurde, rencontre un tel succès outre-Atlantique que c’est aujourd’hui devenu une véritable franchise. Parmi les produits dérivés, une version comics, que l’excellent éditeur Urban Comics a décidé de publier en VF.

Créée par Pendleton Ward, cette série se déroule dans un monde imaginaire fait de petits royaumes un peu fous. Elle met en scène Finn, un jeune garçon, et Jake, un étrange chien au corps élastique, qui partent à l’aventure dès qu’un danger se présente et sont plutôt balèzes niveau baston. Mais on rencontre dans Adventure Time une liste interminable de personnages secondaires géniaux, certains ultra mignons, d’autres carrément flippants. Des princesses, des petits animaux kawaïï, d’affreux monstres, des super vilains, des petits gâteaux vivants, et bien d’autres surprises…

Le comics reprend tout l’univers graphique et coloré de la série, son format assez court (les épisodes font une dizaine de minutes, ici l’aventure court sur un prologue, quatre chapitres et un épilogue), son humour et ses multiples références à des films, des jeux vidéos…Mais loin d’une bête adaptation vite expédiée pour faire de l’argent, les auteurs en charge de ce passage au format papier lui offrent une autre dimension en jouant avec les nouvelles possibilités qui s’offrent à eux. Présentation léchée, jeux avec les cases qui donnent souvent beaucoup de rythme ou de puissance à l’action, interludes, pleines pages, et surtout une manière de profiter des bas de pages pour offrir aux lecteurs pleins de petits bonus originaux et géniaux. Petites scénettes dans des mini cases, notes de l’auteur complètement barrées, blagues, de quoi lire et relire la bd, histoire d’être certain-e de ne rien avoir raté (les cases sont elles-même emplies de détails un peu débiles que l’on ne voit pas forcément à la première lecture).

Comme toujours avec Urban Comics, l’objet est très beau, soigné, et rempli de bonus. Après l’aventure principale, on retrouve des histoires courtes signées par différents auteurs, toutes les couvertures de la version américaine en fascicules (aux Etats-Unis les comics sortent d’abord en fascicules avant d’être édités au format livre), illustrations en double pages et un très intéressant making-of réalisé par le scénariste.

Les fans de la série seront comblés, mais ce comics, totalement accessible à quelqu’un qui n’a jamais regardé le dessin animé, est aussi une manière de découvrir l’univers d’Adventure Time.

Les premières pages sont en lecture sur le site d’Urban Comics.

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