Posts Tagged ‘adaptation’

Notre-Dame tome 1 : le jour des fous

2 avril 2012  |  Coups de coeur, Mes incontournables  |  1 Comment

Je ne sais pas combien de fois j’ai dit qu’adapter un roman en bd était un exercice assez casse-gueule, et je ne sais pas non plus combien de fois j’ai parlé de ces bd que je commence sans un enthousiasme débordant, et que je referme avec l’impression de m’être pris une grosse claque dans la tête. Et bien je vais me répéter une fois de plus,  pour ce petit bijou qu’est Notre-Dame.

Il faut être un peu cinglé pour se lancer dans l’adaptation d’un pareil classique, non ? (bon, j’avoue tout, je ne l’ai pas lu, vous avez le droit de me jeter des cailloux) (mais je veux bien vous parier un kinder surprise que même fan de l’original, vous allez adorer ce Notre-Dame-là) Et pourtant, ils ont bien fait.

Parce que je ne dois pas être la seule à ne jamais avoir lu le roman de Victor Hugo (si ?) un petit résumé. C’est l’histoire du plus adorable des bébés, une petite fille qui grandit paisiblement à la campagne, sous l’amour débordant de sa maman. Mais le drame survient, des gitans volent l’enfant, la remplaçant par un petit être difforme. La mère devient folle de douleur, et l’enfant infirme est abandonné, avant d’être recueilli par l’archidiacre de Notre Dame, Claude Frollo. C’est donc à Paris que Quasimodo grandit, cachant son apparence monstrueuse dans l’enceinte de la Cathédrale…Jusqu’à ce que son destin croise celui d’Esmeralda, la plus belle, la plus envoutante des gitanes…

Cette bande dessinée, prévue en trois tomes est, je pense, aussi passionnante que l’on connaisse ou non l’original. Les auteurs ont réussi le pari un peu fou de se réapproprier cette oeuvre, et nous proposent ici leur lecture personnelle, leur ambiance, leur atmosphère. La narration est fluide et prenante, le dessin est absolument sublime, les couleurs sont parfaites. Je ne vois pas un seul défaut à cette bd, et c’est rare.

L’incroyable dessin de Jean Bastide (dont le trait a déjà magnifié l’histoire d‘Hugo et Iris, un des spin off de Sambre) sert à merveille les textes de Robin Recht.

Je ne m’attendais pas à ça, vraiment. On plonge avec délice dans le Paris du XVème siècle. On s’invite discrètement à la Cour des Miracles On admire le colosse Quasimodo, beau dans son étrangeté. On tombe forcément sous le charme de la mutine Esmeralda, sublime, envoutante, tempétueuse.

Une petite merveille à découvrir absolument.

Notre Dame, Tome 1 : Le jour des fous sur Amazon (avec les premières pages en lecture)

L’île aux 30 cercueils

22 janvier 2012  |  Non classé  |  No Comments

Une nouvelle adaptation, cette fois-ci dans la très belle collection Noctambule. Marc Lizano s’est attaqué à l’ïle aux 30 cercueils, surtout marqué par l’adaptation en feuilleton. Avec pour résultat une bande dessinée surprenante, avec un rythme narratif très original.

Véronique d’Hergemont n’a pas vu son père et son fils depuis quatorze ans, et les pense mort. C’est finalement par un mystérieux jeu de piste qu’elle va enfin les retrouver. Mais ce qui pourrait être la fin de l’histoire n’est en fait que le début. Car ils se trouvent sur l’île de Sarek, que l’on dit sous le coup d’une malédiction, qui semble se mettre en marche le jour de son arrivée…et qu’en est-il de son ex-mari, le cruel Comte Vorski, qu’elle a fui il y a longtemps déjà ?

Le dessin de Marc Lizano, tous comme les couleurs, rendent parfaitement l’ambiance étrange de cette petite île bretonne, mais c’est pas sa construction que L’île aux 30 cercueils marque le plus. Construit comme un feuilleton, publié dans un journal du début du siècle, l’histoire se déroule en chapitres où l’action se déroule à un rythme effréné et qui se terminent à chaque fois par un grand suspens. De plus, la bd se mêle a des pages uniquement faites de textes, extrait du journal en question, ou bien encore lettre de Véronique à son fils, qui relate au jour le jour l’histoire pendant un moment. Cette construction est intéressante car elle change de ce dont on a l’habitude. Peut-être trop, d’ailleurs, car on s’y perd parfois. L’intrigue est complexe, et les changements de style rendant la lecture moins linéaire, il n’est pas évident de tout comprendre en une seule lecture…

Mais cela reste une lecture agréable, et encore une fois une adaptation de qualité, comme toujours chez Noctambule.

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Carmen

21 janvier 2012  |  Non classé  |  No Comments

Voici le dernier titre de la collection Ex Libris chez Delcourt, consacrée aux adaptations de classiques en bande dessinée. Des adaptations toujours réussies, respectueuses des oeuvres initiales, qui proposent autre chose qu’une vulgaire mise en image du texte. Ce sont des bd à part entière, qui se lisent avec plaisir, que l’on connaisse ou pas le roman dont elles sont tirées, et qui proposent à chaque fois une réécriture de qualité, mais aussi de très beaux dessins.

Carmen, donc, c’est cette ensorcelante gitane qui laisse à ceux qui la croisent un souvenir impérissable. C’est elle qui transforma Don José en brigand, lui qui n’était qu’un obéissant soldat. C’est son histoire à lui, bouleversée par Carmen, qui nous est ici racontée.

Ce Carmen se lit avec grand plaisir. Le dessin et les couleurs sont aussi pétillants que l’est Carmen, tempétueuse et surprenante. On plonge avec délice dans cette histoire, qui se déroule en Andalousie, vers 1830, en suivant le destin d’un jeune homme sans histoire, qui devint un criminel pour les beaux yeux de sa romi…

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Princesse Sara tome 4, fin du premier cycle

7 décembre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Une petite note pour annoncer la sortie du tome 4 de Princesse Sara, la très jolie série adaptée du roman du même nom, dans un style steampunk/victorien (tout un programme, mais le mélange fonctionne à merveille, les robots apportent une touche originale l’univers, qui est tout bonnement sublime, magnifié par un très beau dessin et de superbes couleurs). Les chroniques du tome 1 et du tome 2 en diront un peu plus, je pense.

Ce quatrième tome est donc la fin de l’histoire originale, et peut servir de conclusion à qui voudra terminer la série. Cependant, les auteurs concoctent d’ors et déjà un second cycle, où l’on suivra une Sara devenant adulte…Bref, une jolie occasion de retrouver cette héroïne, et de voyager avec elle.

Mais pour en revenir à cette sortie, ce tome 4 est, une fois encore, une réussite et un réel plaisir à lire (oui parfois, les fins gâchent tout, là ça n’est clairement pas le cas).

Princesse Sara tome 4

Le Club du Suicide

3 juillet 2011  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Un nouveau titre paru dans la sublime collection Noctambules  chez Soleil(déjà chroniqués : Le Dernier des Mohicans, Le Joueur et la Marche du Crabe), une nouvelle fois adapté d’un roman. Ou plutôt, pour le coup, d’un ‘roman-feuilleton’ de R.L. Stevenson.

Comme à chaque fois dans cette collection, une adaptation de choix, et un très beau dessin.

Le Prince Florizel s’ennuie à Londres. C’est pourquoi, de nuits en nuits il traîne le Colonel Géraldine dans des expériences aussi folles qu’obscures, dans l’espoir de s’amuser un peu. C’est ainsi qu’ils font la rencontre d’un homme qui les initie à l’existence d’un club étrange, destinés aux hommes qui n’ont plus goût à la vie.

Chaque soir, un petit groupe de gentlemen joue leurs vies aux cartes. Mais quand on fait mauvaise pioche, et que le jeu devient réalité, il n’est plus temps de s’amuser…

La construction étonnante du roman initial est rendue dans la bd, elle-même faite d’ellipses et de passages troubles, même si les auteurs ont pu se permettre d’imaginer des scènes par la grande liberté que leur laissait l’histoire.

Sombre et surprenant, le Club du Suicide nous amène dans le Londres de la fin du XIXème, et nous interroge sur la valeur de la vie, et de la mort. Ou comment de ce qui semble n’être qu’un jeu excitant, quand il s’agit des autres, on passe à l’effroi et à la cruauté, quand il s’agit de soi-même…

Le dessin, tout à l’aquarelle, est encore une fois très beau (décidément cette collection est pleine de dessinateurs talentueux), et rend parfaitement l’atmosphère des quartiers sombres de l’époque. Et c’est aussi une vision différente et moins fantasmée des sociétés secrètes, qui après tout, ne sont composées que d’hommes comme les autres. Avec leurs vices et leurs défauts.

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Scarface

26 avril 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Quand on te dit Scarface, tu penses Tony Montana. J’ai moi-même vu le film une bonne trentaine de fois, mon mec étant très légèrement fan, mais jamais en entier, vu que je m’endors à chaque fois. Pourtant je suis amoureuse d’Al Pacino (dont c’était l’anniversaire hier).

Bref, ce qu’on ne sait pas forcément, c’est qu’au départ, Scarface n’est pas du tout l’histoire d’un cubain qui fait fortune dans la drogue. C’est une histoire de gangster, oui, mais plus classique. Et c’est d’abord un roman inspiré de la vie d’Al Capone, aujourd’hui adapté en bd par le talentueux Christian de Metter, dans la très belle collection d’adaptation de polars Rivages/Casterman/Noir.

Tony Guarino, un gamin de Chicago d’origine italienne, se met à travailler pour un caïd du coin. Quand ça commence à sentir le roussi pour lui, il part à la guerre se faire oublier quelques temps (nous sommes au début du XXème siècle). Il en revient avec une balafre qui le défigure, et se fait une place dans la pègre sous le nom de Tony Camonte. Très vite, son talent, son culot, et son ambition lui font gravir les échelons de la hiérarchie mafieuse et il en devient le patron. Mais une vie de violence peut-elle connaitre un happy end ?

Sombre, dense et violent, Scarface séduira les fans de films de gangster. On y retrouve vraiment l’atmosphère d’un Parrain, et plus encore à Public Ennemies. Le dessin de Christian de Metter est comme d’habitude très beau et rend à merveille l’ambiance de l’époque.

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La garden party

12 février 2011  |  Non classé  |  No Comments

Cette bande dessinée étonnante est tirée de la nouvelle de Katherine Mansfield ‘The Garden Party‘. Ce n’est pas une traduction mise en image, mais une bd très personnelle, inspirée de cette histoire, et transposée à notre époque, en 2008 plus exactement…

Une garden party s’organise sur le domaine d’une famille aisée. L’une des filles est chargée de l’organisation (même si sa mère finira par mettre son grain de sel partout). La voici donc qui prend sa tâche très au sérieux, un peu perdue dans le tourbillon de l’organisation, et qui oscille entre la solennité de sa tâche et la légèreté de l’évènement.  Et puis elle apprend que, dans le quartier pauvre, à quelques centaines de mètres seulement de chez elle, un homme est mort. Organiser une fête dans ces conditions lui semble malvenue. Que va penser la famille du malheureux en entendant l’orchestre alors qu’ils sont en deuil ?

L’histoire en elle-même est intéressante, mais plus encore, c’est le travail de l’auteur, Thierry Bouüaert qui rend cette bande dessinée si différente. Katherine Mansfield était néo-zélandaise et cette nouvelle a été publiée pour la première fois en 1922. Mais Thierry Bouüaert raconte l’histoire en France, en pleine crise financière. L’occasion de montrer l’intemporalité de ce clivage entre les plus aisés et les plus démunis, cet espèce de décalage incroyable entre la légèreté des plus puissants (pendant toute la garden party, qui a bien lieu, on butine ici et là les discussions des invités, et c’est vraiment surréaliste) et la gravité de la situation de ceux qui n’ont rien. L’auteur joue aussi de son talent pour passer d’un style graphique à l’autre, ce qui offre beaucoup aux différentes ambiances, à l’atmosphère, mais aussi à l’humanité des personnages (qui en sont parfois un peu dénués).

La Garden Party

L’Appel de la Forêt

4 novembre 2010  |  Nouveautés de la semaine  |  No Comments

L’Appel de la Forêt est le dernier titre paru dans la collection Ex-Libris, chez Delcourt. Cette collection est composée d’adaptations de textes classiques, de Molière à Jack London, donc. Cette œuvre est d’ailleurs la plus lue parmi la bibliographie de Jack London.

C’est l’histoire d’un chien, Buck, croisé terre-neuve et colley. Il mène une vie paisible auprès de son maitre, mais voilà qu’il est revendu par un employé en manque d’argent à un trafiquant. En effet, en pleine période de ruée vers l’or, les chiens résistants, à-même de tirer un traineau, sont très recherchés.

Buck va vivre plusieurs vies, au lieu de la tranquille existence d’animal de compagnie de ses débuts. Acheté pour un équipage, il s’illustre vite, apprenant très rapidement les rouages du métier de chien de traineau, et devenant même le meilleur de l’équipe. Mais après quelques voyages seulement, ses maitres doivent partir et laisser leurs chiens sur place. Et c’est ainsi que, de maitre en maitre, Buck connaitra tour à tour l’amour et les coups de bâtons, mais continuera, par son incroyable force de vivre, à survivre, justement, dans un milieu hostile (par grand froid), et dans des conditions de vie bien loin de ses premières années.

La collection Ex-Libris, c’est l’occasion de découvrir, ou de re-découvrir, des classiques de la littérature. Ici ce sont des adaptations littérales, le texte est complètement respecté (contrairement à certaines adaptations vraiment tronquées, ou alors à des adaptation plus libres comme celles de chez Noctambule).

On partage, le temps de quelques pages, la vie pleine de rebondissements d’un chien à la force de vivre sans limite. Et on se plonge dans une des œuvres majeures du grand auteur qu’est Jack London.

L’Appel de la forêt sur Amazon

Le dernier des Mohicans

4 mai 2010  |  Coups de coeur, Expos  |  No Comments

Il y a cette couverture sublime qui prend au tripes d’abord, puis la lecture hypnotique qui s’en suit. Le Dernier des Mohicans, tu connais peut-être déjà le roman, mais il va falloir également compter avec la bande dessinée, parue tout dernièrement chez Soleil, dans la collection Noctambule, dirigée par Clotilde Vu (également co-directrice de la délicieuse collection Métamorphoses).

C’est marqué sur la couverture ‘Le Dernier des Mohicans, librement adapté du roman de James Fenimore Cooper par Cromwell’. Ce qui veut dire que ce n’est pas une simple adaptation, mais bien un retravail complet de l’œuvre. Cromwell et Catmalou ont découpé le roman originel pour en extraire sa moelle, et ils en ont ressorti une histoire sauvage, violente et délicieuse. Sous forme de bd, donc, et illustrée par Cromwell, dont tu peux avoir un aperçu de son immense talent dès la couverture. Tout est sublime, chaque case est un tableau que l’on admire de nombreuses minutes, incapable de détacher ses yeux des détails et de ce trait si particulier.

On suit en fait les derniers Mohicans, à une époque où les européens colonisent tout sur leur passage, et où chaque tribu doit choisir ses alliés. L’histoire qui nous est racontée ne dure que quelques jours, et on ne pourra que les suivre, trébuchant sur les branches et racines dans la forêt nocturne, quand eux filent comme s’ils ne faisaient qu’un avec la nature. Il est question de lien de sang, de trahison, et d’amour. Il y a la violence des mots, et celle des gestes précis d’un scalp.

On en ressort haletante, un peu sonnée, et définitivement sous le charme de ce livre magnifique.

Le dernier des Mohicans sur Amazon

Expo :

Pour pouvoir admirer encore un peu mieux les superbes illustrations de Cromwell, et se prendre une immense claque (vu la beauté à l’impression, je n’ose imaginer les originaux), une exposition débute ce mercredi 5 mai 2010 à la Galerie Daniel Maghen (jusqu’au 22 mai, et avec un vernissage le 7 mai). Plus d’info sur le site de la galerie.