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Jusqu’à ce que la mort nous sépare est un de mes seinen préférés. Dessin superbe, personnages attachants, scénario très prenant et déferlement d’action sont au programme de ce titre à part, qui mêle les genres et prend son temps. La sortie en France du dix huitième tome, chez Ki-oon, est l’occasion de vous le présenter.
Mamoru est un combattant aveugle mais très talentueux qui travaille pour une organisation secrète. Un jour, en pleine mission, une jeune fille se jette sur lui et lui demande de l’aider. Cette fille, c’est Haruka, une adolescente timide et réservée qui possède un don de prescience : elle peut prévoir l’avenir proche. La mafia locale a donc décidé de mettre la main sur elle pour profiter de ses capacités hors du commun. Le destin des deux personnages se retrouve alors lié par le serment qu’il fait de la protéger, et c’est ainsi que commence l’histoire…
Au fil des tomes, on suit la naissance de ce duo étonnant et les missions qui vont leur être confiées. Car si Mamoru tient à distance ceux qui s’intéressent d’un peu trop près à Haruka, elle lui est d’une grande aide pour anticiper les faits et gestes de leurs ennemis grâce à son don.
Jusqu’à ce que la mort nous sépare est d’abord une seinen bourré d’action, et les combats s’enchainent à un rythme haletant. Mais les auteurs mêlent les genres. Un soupçon de science fiction avec les capacités d’Haruka, pas mal d’anticipation avec la technologie très avancée qu’utilise l’oganisation qui emploie Mamoru, notamment ses lunettes qui lui permettent de pallier son handicap. Les auteurs prennent d’ailleurs le temps de détailler les technologies utilisées, qui empruntent souvent à l’armement militaire, mais aussi les techniques de combats utilisées par Mamoru et ses différents adversaires, qui s’inspirent autant de sports de combat actuels que d’arts martiaux très anciens. Cette manière de rythmer le récit par des parties explicatives très denses est assez surprenante au début, mais c’est finalement nécessaire pour s’immerger totalement dans l’action sans se demander comment cette arme marche ou d’où vient tel coup, et c’est surtout passionnant.
Les auteurs développent également en profondeur les relations entre les personnages, chose finalement assez rare dans ce genre de titres. Le passé des différents héros est lui distillé au compte goutte, par un habile jeu de flashbacks.
Si l’histoire inventée par Hiroshi Takashige est dense, complexe et très prenante, elle est servie par le somptueux dessin de Double-S, qui allie un trait superbe et une grande maitrise des scènes d’actions. Son trait est vif, presque nerveux mais aussi très élégant, et ses personnages sont très beaux. Loin d’être avare quand il s’agit de détails, les armes, les vêtements, les expressions, sont dessinées avec une grande précision. On sent que les deux auteurs se sont énormément documentés pour que leur titre, aussi dingue qu’il soit, soit aussi et surtout très réaliste.
A déconseiller peut-être aux âmes les plus sensibles, car les combats sont parfois violents et que certains aspects du passé des personnages sont très sombres, Jusqu’à ce que la mort nous sépare est pour le reste un excellent titre, original et addictif.
Jusqu’à ce que la mort nous sépare tome 1 au tome 18
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Aaaaaaah Monkey Bizness. Le premier tome, Arnaque, Banane et Cacahuètes fait assurément partie de mes bd-préférées-du-monde-entier. Attirée par la couverture fluo sans bien savoir à quoi m’attendre (même si le simple fait que la bd soit éditée au label 619 chez Ankama est un gage de qualité), je suis restée scotchée par tant de génie. Drôle, très drôle, remarquablement bien écrit, merveilleusement dessiné et servi par une colorisation ultra classe, ce livre a définitivement tout pour lui.
Et puis hier est sorti le tome 2. Les nombreux fans l’attendaient fébrilement, même si après une aussi bonne surprise, on a toujours un peu peur d’être déçu la deuxième fois. Que ça soit moins drôle, que ça s’essouffle un peu…Ici il n’en est rien, Les cacahuètes sont cuites est aussi hilarant que son prédécesseur.
Pour re-situer un peu, Monkey Bizness prend place dans le futur, longtemps après que les humains se soient tellement bouffés entre eux que les rares survivants ont fini par retourner à l’état sauvage. Les animaux ont pris leur place, et rats, hyènes, homards, éléphants et reptiles en tous genres cohabitent avec le même talent que les idiots qui étaient là avant eux.
Parmi eux, Hammerfist le gorille et Jack Mandrill le babouin vivent une douce vie de bohème faite de de cuites et de violence gratuite. Leur petit hobby étant d’aller d’un quartier de Los Animales à l’autre pour se battre avec des animaux qui n’avaient rien demandé.
Après un premier tome riche en rebondissements, voilà qu’un mystérieux individu essaie à plusieurs reprises d’attenter à leur vie. Qui ? Pourquoi ? C’est ce qu’ils vont tenter de découvrir. Mais d’abord, il va falloir qu’ils trouvent où dormir, puisqu’on vient de brûler leur mobil home.
ElDiablo (le scénariste) et Pozla (le dessinateur) sont notamment connus pour leur travail sur la série les Lascars, mais ils font plein d’autres choses tout aussi cool. ElDiablo a, entre autre, écrit le très bon Pizza Roadtrip, dessiné par Cha et paru à l’automne dernier.
Avec Monkey Bizness, on sent qu’ils se font vraiment plaisir et le résultat est jubilatoire. Les dialogues sont excellents, avec un Hammerfist au langage toujours soutenu et Jack plus…spontané, les personnages sont aussi nombreux que géniaux, tous légèrement stupides et complètement déglingués, et le dessin de Pozla est un vrai bonheur. Proche du street art ses décors sont bordéliques mais pleins de détails et ses animaux ont des gueules tout simplement parfaites. L’association de leurs deux talents donnent une histoire sous acide, ultra rythmée, bourrée de clins d’œil au cinéma, des films de gangster aux blockbuster SF, qui pourrait nous faire frôler l’indigestion si ça n’était pas si bon.
Dans Monkey Bizness il y a de l’émotion, beaucoup d’émotion. De l’amour, du suspens, de l’amitié à toute épreuve, des drames, des secrets enfouis, de l’espoir, du désir. Mais le duo ne nous laisse pas le temps de verser une larmichette entre deux fous rires. A déconseiller peut-être aux âmes sensibles parce qu’on ne ressort pas indemne d’une rencontre avec ces deux-là, mais si vous êtes amateur-rice d’humour trash et parfois absurde, foncez, cette série est une vraie petite bombe.
Pour vous mettre dans l’ambiance, le très bon trailer, réalisé par Pozla :
http://www.dailymotion.com/videox10f8p5Monkey Bizness tome 2 : Les cacahuètes sont cuites sur Amazon et chez votre libraire préféré.
Le deuxième tome de Lastman sort aujourd’hui, et ce qu’on peut dire, c’est que si le premier volume était déjà très bon, celui-ci est encore mieux !
Pour Richard et Adrian, les choses sérieuses ne font que commencer, puisqu’ils sont en quart de final. En parallèle, coups bas et alliances secrètes se font et se défont en coulisses…
Après un premier tome introductif mais déjà explosif, on est ici plongé au cœur de l’action. En interview, Balak et Bastien Vivès disaient vouloir qu’on s’attache aux personnages, et c’est vraiment réussi. On souffre avec eux quand ils prennent des coups, on est heureux quand ils gagnent…Et si l’action va à cent à l’heure pour les deux héros, il en est de même pour le lecteur qui passe par plein d’émotions page après page.
Graphiquement aussi, le titre gagne encore en puissance et chaque planche est très belle, épurée pour ne garder que l’essentiel.
On retrouve également les petits bonus géniaux concoctés par le trio, notamment l’hilarant making of de Balak, ou les vignettes à coller à la fin du livre (petit bonheur régressif pour terminer sa lecture).
Difficile d’en dire trop sans gâcher le plaisir à ceux qui n’ont pas suivi la prépublication sur Delitoon mais avec une histoire qui allie avec succès humour, action et émotion et un dessin à six mains hyper efficace, Lastman est clairement une des meilleures séries bd de l’année.
Lastman tome 2 et en édition collector
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Cornélius Shiel est un homme aussi célèbre que mystérieux. Collectionneur de livres rares, il ne reçoit que ceux qu’il convie, et Oscar Wilde lui-même n’est jamais parvenu à le rencontrer. Aussi, quand Hector Travis, un tout jeune auteur, reçoit une de ses invitations en pleine soirée mondaine, la bonne société est en ébullition.
Quand il arrive au rendez-vous, Hector reçoit une curieuse proposition de la part de Cornélius Shiel. Il veut que le jeune écrivain rédige ses mémoires. Mais le vieil homme n’est pas ordinaire, et se présente lui-même comme un très grand sorcier, au service de Lucifer…
Patrick Mallet (Achab, Le Long Hiver…) et Patrizio Evangelisti (Fourmi Blanche) nous entrainent dans les mémoires d’un homme hors du commun, vieux de plus de deux cents ans, élevé pour devenir un magicien au service de Dieu, et qui choisit la voie sombre des sorciers. L’histoire, ou plutôt les histoires puisque l’on suit aussi Hector Travis, dont le quotidien va être bouleversé par cette invitation, sont denses et complexes, mais les auteurs parviennent tout de même à rendre cet univers où magiciens et sorciers s’affrontent, et où la frontière entre le bien et le mal est des plus floues, fluide et compréhensible. Comme Hector, on est subjugué par le récit du sorcier, incapable de discerner s’il faut lui faire confiance ou se méfier de lui…Le dessin très détaillé de Patricio Evangelisti donne une atmosphère très réaliste à cette histoire.
Cornélius Shiel tome 1 sur Amazon et chez votre libraire préféré.
Vous êtes accros aux histoires de zombies, mais vous avez envie de changer un peu de The Walking Dead ? Voici deux nouveaux comics fraichement parus chez Delcourt qui pourraient bien vous séduire…(Âmes sensibles s’abstenir, par contre).
Changing Ways
Il se passe des choses bizarres à Grey Oaks. David Barrot a noté que les insectes étaient marqués d’un sceau étrange, mais très vite ce sont tous les animaux, et mêmes certains humains, qui vont se retrouver avec des lésions inquiétantes sur le corps. Et ces marques semblent provoquer des réactions imprévisibles…
Ce premier tome de Changing Ways se déroule pendant une nuit pluvieuse et menaçante, et chaque page nous plonge un peu plus dans l’horreur. David essaie de protéger sa famille d’une situation qu’il ne comprend pas, tandis que son épouse, Lucy, se découvre un courage insoupçonné. Comment se protéger quand on ne sait même pas ce qui nous attaque ?
Le dessin, très réaliste, sans doute travaillé d’après photos, donne un aspect très cinématographique à la bande dessinée, mis aussi un côté cru, empêchant la distanciation habituellement créée par le dessin. Les couleurs, très sombres et presque fondues les unes aux autres, évoquant la lumière un peu faiblarde provoquée par une lampe torche, contribuent à ce sentiment d’oppression qui ne quitte pas le lecteur tout au long de sa lecture.
Difficile de sortir joyeux de ce premier volume, mais celles et ceux qui aiment jouer à se faire peur seront servis.
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Revival
Changement de décor avec Revival, qui se déroule dans la lumineuse petite bourgade de Wausau dans le Wisconsin. Une ville sans histoire, jusqu’au jour où quelques morts décédés depuis peu…sont revenus à la vie. Rien n’explique ce phénomène, et les ‘ranimés’ semblent aller bien, et réintègrent leur vie comme si de rien n’était. Le gouvernement a cependant décrété une mise en quarantaine de la zone, le temps de comprendre ce qui a pu se passer, craignant une épidémie, et des tensions commencent à apparaitre.
C’est dans ce contexte que l’agent Dana Cypress se voit confier la cellule spéciale chargée des affaires concernant les ranimés, sans trop savoir encore si ces personnes sont exactement comme avant leur mort, ou non. Malheureusement, ses pires craintes pourraient bien s’avérer très en deçà de la réalité…
Si Revival est plus classique graphiquement, l’histoire, elle, se révèle vraiment originale. Pas de corps en putréfaction, pas de mouvements de panique. Juste une menace qui rôde, sans qu’on puisse deviner à l’avance quand et comment elle frappera. Les personnages qui nous semblent inoffensifs se révèlent très dangereux, et les auteurs s’amusent à alterner discussions banales et scènes ultra violentes.
Là encore, on termine la lecture un peu chamboulé, pas franchement dans son assiette. Mais pour celles et ceux qui n’ont rien contre un polar glauque et teinté de fantastique, cette lecture sera une excellente surprise !
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