Waltz

20 mars 2012  |  Non classé

Spin-off du Prince des Ténèbres (mais qui peut se lire sans souci sans avoir lu la série principale), Waltz est un manga prenant, violent et sombre…

‘La Cigale’, voilà le surnom dont l’affuble l’homme en face de lui. Le héros ? un jeune homme désabusé, tueur à gage qui ne connait pas les états d’âme, tue sans émotion et erre dans la ville en dépensant ses gains sans réfléchir.

Oui mais voilà, là, en face de lui, quelqu’un qui n’a pas peur de lui, du tout, mais qui à la place lui explique qu’il gâche ses capacités, que s’il le prend comme agent, il pourrait bien devenir le meilleur de son secteur d’activité.

Et c’est ainsi que commence sa formation, pour parfaire son art, réfléchir avant d’agir, et devenir immensément riche, d’après son nouvel ‘ami’…

Waltz est un seinen violent qui m’a beaucoup plu, alors que je ne m’y attendais pas vraiment. L’histoire d’un mec paumé qui n’a plus goût à rien et qui va, par une voie bien étrange (la perfection de son métier de tueur à gage), réapprendre à réfléchir, et finalement, à être un peu plus humain.

Waltz, Tome 1 sur Amazon

Olympe de Gouges

20 mars 2012  |  Coups de coeur

Olympe de Gouges, née Marie Gouzes, est la fille illégitime d’une épouse de boucher et d’un auteur de théâtre. Veuve à 18 ans d’un mari qu’elle n’aimait pas, elle décida ensuite de vivre sa vie comme elle l’entendait. Ce qui n’était pas évident au XVIIIème.

Femme de lettre, elle lutta toute sa vie pour défendre ses idées à travers ses écrits. Des idées bien plus modernes que son époque, de la dénonciation du racisme aux droits de la femme, qu’elle voulait que l’on considère comme égale de l’homme.

Séductrice et libertine, mais surtout passionnée et républicaine, elle côtoya nombre des auteurs qui ont marqué le Siècle des Lumières, ainsi que ceux qui ont fait la Révolution.

Son obstination finira d’ailleurs par lui coûter sa tête, au sens propre comme au figuré, puisqu’elle finit décapitée…

Après Kiki de Montparnasse, une excellente bd biographique qui avait eu beaucoup de succès, Catel et José-Louis Bocquet reviennent donc avec la vie en bd de cette femme incroyable, qui s’est battue toute sa vie pour défendre ce en quoi elle croyait, deux siècles avant que les choses ne changent sur ces sujets sensibles.

Très dense (488 pages) et tout en noir et blanc (comme la plupart des titres dans la très belle collection Écritures chez Casterman), Olympes de Gouges est une plongée passionnante dans un siècle incroyable, autant par sa créativité littéraire que par les évènements politiques qui s’y sont déroulés. Et Olympe de Gouges a justement vécu au milieu de tout ça, non pas en témoin mais en actrice résolue à se faire entendre, même si sa voix dérangeait.

Cette bande dessinée a beau être longue, très riche puisqu’elle reprend toute la vie d’Olympe, et parfois bavarde, elle se lit avec grand plaisir. C’est vraiment tout un pan de l’Histoire que l’on découvre en même temps que cette femme dont l’œuvre est à mon sens trop méconnue. Le dessin est très beau, simple mais retranscrivant pourtant très bien l’atmosphère de l’époque, ainsi que le magnétisme de son héroïne.

Olympe de Gouges sur Amazon

Shrimp T1

8 mars 2012  |  Non classé

Albert est cuistot dans un petit resto, spécialiste de la croquette aux crevettes.

Il est aussi secrètement amoureux d’une cliente et voisine, Mia. Il perd tous ses moyens dès qu’il la voit. Et c’est carrément la tête qu’il perd quand Mia vient au restaurant avec son petit ami. Surtout quand il entend qu’ils ont prévu d’aller en vacances à Las Palmas, la destination paradisiaque de ses rêves.

Comme un coup du destin, le petit ami oublie son billet au restaurant, et sur une impulsion, Albert décide de prendre sa place. Deux semaines sur des plages de rêves avec l’élue de son cœur, comment refuser cette chance ?

Sauf qu’au lieu de cocotiers, de sables fins et du high level de la croquette, le voilà embarqué dans un vaisseau spatial remplit de chinois qui lui veulent tout sauf du bien.

Surréaliste ? et ça n’est que le début…

Shrimp est donc un tantinet absurde, et drôle. Cette bd mêle le quotidien a un soupçon de science fiction, et d’une histoire banale, ce premier tome nous projette dans le grand n’importe quoi…ça promet pour la suite.

Shrimp, tome 1 : Le grand large

la Famille, de Bastien Vivès

8 mars 2012  |  Coups de coeur

Après l’excellent Jeu vidéo, voici le second opus de la compilation du blog de Bastien Vivès.

Cette fois-ci, le thème est la famille, et inclue toutes les possibilités que cela implique (parents-enfants, frère-soeur, père de famille avec un pote…).

A nouveau, des strips de quelques pages puisque souvent tirés du blog, qui font mouche à chaque fois.

Si le Jeu Vidéo se moquait gentiment des gamers, la Famille est aussi trash qu’hilarant. Parce que oui, clairement, il ne faudra pas s’attendre ici à une vision proprette et attendrissante des relations entre les membres d’une famille. Entre le père qui parle à sa fille de gang bang et de descentes d’organes avant qu’elle rejoigne son petit ami, le petit garçon qui se voit offrir un vrai pistolet pour son anniversaire, ou le père de famille qui trouve sa vie nulle, Bastien Vivès fait preuve d’un humour noir qui égratigne bien comme il faut.

Méchant mais drôle donc, et toujours ce trait incroyable.

Bastien Vives tome 2 la famille sur Amazon

Pablo tome 1 Max Jacob

8 mars 2012  |  Coups de coeur

Suis-je trop sensible aux couvertures ? je ne sais pas, en tout cas celle-ci ne donne vraiment pas la mesure de l’excellente bd qui se cache à l’intérieur…

Pablo racontera en quatre tomes les débuts de Pablo Picasso.

L’histoire débute alors qu’il débarque à Paris, quelques toiles sous le bras. On le suit dans son quotidien, qui influencera énormément l’évolution de sa peinture. Ses amis, ses relations dans le monde de l’art, les femmes…Tout est là.

Ce premier tome de Pablo est tout simplement passionnant. Parce que même si on a tous l’impression de le connaitre un peu, ici c’est l’homme, et les expériences qui ont fait de lui cet artiste incroyable, que l’on nous raconte. Que ce soit par le texte ou le dessin (très beau à l’intérieur alors qu’il ne m’avait pas accroché sur la couverture), l’ambiance du Montmartre du début du siècle est parfaitement rendu. Et ça n’est pas seulement la vie de Pablo qui nous est contée mais, en parallèle, celle de Fernande, modèle qui deviendra son premier grand amour et qu’il peindra plus d’une centaine de fois.

Difficile d’en dire plus car ce sont dans les détails, la manière douce et lente, pourtant pleine d’ellipses, de raconter, que Pablo prend toute sa saveur. Mais pour les passionnées d’art cette bd est à mon sens immanquable. L’occasion de découvrir l’envers du décor, et l’homme qui se cache derrière les toiles.

Pablo tome 1 Max Jacob