Pour en finir avec le cinéma

13 décembre 2011  |  Séléction Angoulême 2012  |  No Comments

Voilà une bd bien étonnante. A mi chemin entre les jours. Entre essai sur le thème du cinéma et remise en question autobiographique, Blutch, l’auteur, nous laisse nous perdre dans les méandres de son esprit tourmenté.

Ainsi, le héros, dont on ne sait pas bien s’il est l’auteur lui-même ou un personnage de fiction, sans doute un peu des deux, s’interroge, dans une sorte d’obsession qui le rend fou, sur le cinéma. Ses héros, son évolution, ses scènes cultes. L’effet qu’il produit sur le spectateur. Ses enjeux.

Comme un papillon qui butine, des brigues de son dialogue se passent tantôt avec l’une ou l’autre femmes qui ont marqués sa vie. Toujours dévêtues, mutines, posant à chaque fois les questions qui font mouches, ou donnant un avis contradictoire, et relançant le débat. On croise Burt Lancaster, Michel Piccoli, Brigitee Bardot et tant d’autres, parfois le temps d’une case, parfois celui de quelques pages.

Pour en finir avec le cinéma est comme un jeu de ping pong un peu étourdissant, et en même temps une réflexion profonde de l’auteur sur un sujet qui le fascine, et qu’il maitrise. Le tout servi par son très beau dessin, et une touche d’humour qui empêche le récit de perdre son rythme.

Une expérience que cette bande dessinée, quelque chose de différents. Comme une montagne de papiers, avec des réflexions jetées dessus, qui aurait pris vie. Une plongée dans l’intimité la plus profonde de Blutch, dans sa tête, qui nous demande de, nous aussi, nous interroger sur notre vision du cinéma, sur ce qu’il nous fait, sur ce qu’il provoque en nous.

Pour en finir avec le cinéma sur Amazon (avec extraits)

Atar Gull

Il y a vraiment des bd coup de point que l’on ne voit pas venir. Et Atar Gull en fait clairement partie. Adapté d’un roman d’Eugène Sue, il émane de cette bande dessinée une force incroyable.

Cela se passe au XIXème, 1830 plus exactement, en Afrique noire. Le capitaine Benoît vient chercher une nouvelle cargaison d’esclaves. Parmi eux, Atar Gull. Fils de roi, tout en muscle, il est clairement l’une des pièces maitresses de son ‘chargement’. Mais la traversée ne se passera pas comme prévu, et les esclaves vont être récupéré par un pirate…qui les revendra ensuite en Jamaïque.

Du point de vue de l’époque, Atar Gull est ‘chanceux’, car son nouveau maître est un ‘gentil’, qui veille à ce que ses esclaves soient traités comme des êtres humains (mais peut-on vraiment dire ça de personnes que l’on possède ?).

Mais derrière le caractère docile et imperturbable du jeune esclave se cache bien autre chose. Atar Gull, fils d’un roi réduit lui-même en esclavage. Atar Gull, qui, encore enfant, avait décidé de ne jamais pleurer.

Atar Gull, donc, nous raconte l’esclavage sans jamais prendre parti ou tomber dans le larmoyant. Pourtant, chaque nouveau personnage nous pousse à nous interroger un peu plus. C’est une œuvre forte, autant par son thème, son héros, que par le dessin de Brüno, puissant et superbe. Atar Gull a également une grande puissance romanesque, avec le destin d’un homme chargé de drames et d’émotions sombres et destructrices. Une lecture bouleversante, donc, qui laisse des traces une fois la bd refermée…

Atar Gull sur Amazon (avec extraits)

D. tome 2

9 décembre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Petit instant émotion. D. est la première vraie chronique que j’ai écrit pour Mad’. Larmichette. C’était il y a bientôt 3 ans. Et voici venu le temps du second tome (oui, la fine équipe prend son temps). Même que c’est toujours aussi bien.

D., donc, c’est la nouvelle série des auteurs à l’œuvre sur Garulfo (série merveilleuse). Le scénariste a également commis De Cape et de Crocs, ou encore le très très bon 7 Missionnaires dans la collection des 7.

Mais dans D., on n’est pas vraiment là pour rigoler. Hommage à la littérature anglaise, et bien entendu à toute la littérature sur les vampires, c’est l’occasion pour le duo de se faire vraiment plaisir avec une histoire sombre, au rythme lent. Et même si le thème n’est pas drôle (de jeunes femmes qui meurent exsangues, tout ça pour les beaux yeux d’un étrange Lord, on a vu plus comique), Ayroles révèle une fois de plus son talent de dialoguiste. C’est bavard mais toujours passionnant. Aucune case n’est inutile. Et on en redemande.

D., donc, est une plongée dans l’aristocratie anglaise, aux côtés du charismatique Drake, aventurier revenu au bercail afin de trouver des financements pour une nouvelle expédition. Mais qui s’intéresse de très près au mystérieux Lord Faureston, qui ne serait pas sans rapport avec la santé de plus en plus fragile de la belle Miss Lacombe. Car un homme l’a prévenu du danger, et lui a demandé son aide. Lord Faureston serait un vampire. Et s’il ne fait rien très vite, la demoiselle de son cœur est condamnée. Que croire ? Que faire ? Quand on est un aventurier de la trempe de Richard Drake, il n’y a qu’une solution, vérifier par soi-même. Puis traquer son ennemi.

Une excellente série que ce D., donc. Passionnante, addictive, parfaitement documentée. Un bel hommage et une réussite.

D. tome 2 sur Amazon

Yiya tome 1

9 décembre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Russie, dans un futur proche. Rogo, un pécheur, et Yiya, jeune fille qu’il a recueilli dix ans plus tôt, quand ça n’était encore qu’une petite orpheline affamée, et qu’il a élevé depuis, partent en mer avec un client. On pourrait dire qu’ils sont fous car la météo est dangereuse, mais le vieil homme est prêt à mettre le prix fort pour cette traversée.

Mais au lieu de l’amener sur l’autre rive, comme convenu, leur client leur demande de s’arrêter, pour qu’il plonge, et n’écoute aucunes des protestations de Rogo, qui lui assure que plonger par ce temps est bien trop dangereux. C’est finalement avant même d’avoir enfiler son scaphandre qu’un bête accident le tuera. Dans son dernier souffle, il parle au pécheur d’un trésor…

Ce dernier décide donc sur un coup de tête de prendre sa place, entrevoyant déjà des richesses suffisantes pour offrir à Yiya la vie dont elle rêve.

Mais Rogo ne remontera pas, et la jeune fille inconsolable, décide de partir à la recherche de sa dépouille…sans imaginer une minute les aventures qui l’attendent…

Cette bd, qui de bande dessinée sur la mer, vire au fantastique, est une vraie bonne surprise. Le dessin est très bon, l’histoire haletante, et l’univers aussi dense que fascinant. On pense à Carthago par exemple, mais dans le même temps, on croise bien d’autres influences. Dans Yiya il est question de magie, d’univers antiques. Et puis toujours, le quotidien. Comme si une faille s’était ouverte dans ce petit coin paumé de la Russie, entre le monde que nous connaissons, et un autre bien plus mystérieux et dangereux…dans lequel Yiya va plonger à corps perdu pour celui qu’elle aime.

Yiya tome 1 sur Amazon

Princesse Sara tome 4, fin du premier cycle

7 décembre 2011  |  Coups de coeur, Les suites  |  No Comments

Une petite note pour annoncer la sortie du tome 4 de Princesse Sara, la très jolie série adaptée du roman du même nom, dans un style steampunk/victorien (tout un programme, mais le mélange fonctionne à merveille, les robots apportent une touche originale l’univers, qui est tout bonnement sublime, magnifié par un très beau dessin et de superbes couleurs). Les chroniques du tome 1 et du tome 2 en diront un peu plus, je pense.

Ce quatrième tome est donc la fin de l’histoire originale, et peut servir de conclusion à qui voudra terminer la série. Cependant, les auteurs concoctent d’ors et déjà un second cycle, où l’on suivra une Sara devenant adulte…Bref, une jolie occasion de retrouver cette héroïne, et de voyager avec elle.

Mais pour en revenir à cette sortie, ce tome 4 est, une fois encore, une réussite et un réel plaisir à lire (oui parfois, les fins gâchent tout, là ça n’est clairement pas le cas).

Princesse Sara tome 4

Gyakushu ! tome 1

7 décembre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Il est une légende. Celle du Roi des Voleurs qui, un jour, s’est retiré dans un lieu secret et paisible, pour y fonder une famille. Mais pourrait-il y avoir un happy end, pour un homme qui a à ce point provoqué l’Empire ?

Pourchassé par celui qui deviendra le futur Empereur, ses jours heureux vont s’achever sur une note sanglante, et le massacre sans pitié de ceux qu’il aime. Le laissant lui-même presque mort, et défiguré.

Mais les légendes renaissent, encore et toujours de leurs cendres. Qui plus est quand on ne voit plus que par un seul mot : vengeance.

C’est l’histoire terrible et cruelle d’un homme à qui on a tout pris, et qui revient, presque d’entre les morts, pour faire payer ceux qui se sont réjouis de sa souffrance.

Et c’est, une fois encore, une petite bombe made in Ankama.

Gyakushu ! est un comics beau, fort, et haletant. Mélange de nombreux genres, inclassable, c’est une petite perle qui te laisse sur le carreau. Le dessin, en noir et blanc, est splendide, et s’inspire autant de comics de renom que d’un trait plus manga. L’histoire va à cent à l’heure, alors même que le héros, lui, prend son temps, pour se venger avec la puissance que mérite ses ennemis. L’auteur prévient, rien n’est heureux dans Gyakushu. Malgré l’espoir, les rencontres, les instants d’accalmie. La violence, toujours, reprend le dessus. Parce que c’est inéluctable, dans un Empire gouverné par des forces à la cruauté sans nom. Et parce qu’il parait impossible d’aspirer encore au bonheur, quand ceux qu’il aimait de toutes ses forces sont morts sous ses yeux, et par sa faute.

Un premier tome explosif, donc, une vraie belle surprise, qui n’augure que du bon pour le label ‘Hostile Hoster’, dont il fait partie.

Gyakushu sur Amazon

Eco tome 2

30 novembre 2011  |  Coups de coeur, Non classé  |  1 Comment

Il est de ces nouveautés qu’on attend avec impatience…Pour ma part, chaque titre de la collection Métamorphoses en fait clairement partie. Cette fois-ci c’est au tour du deuxième tome de la très belle série Eco de venir nous émerveiller.

Avant toute chose, Eco n’est pas une bande dessinée mais un livre illustré, mais je trouve qu’il a vraiment sa place ici…

Eco est la fille de deux tailleurs réputés, elle a une dizaine d’années. Un jour, ils lui confient une livraison, mais tout ne se passe pas comme prévu, et ses parents la punissent sévèrement. Pire encore, sa mère lui lance une malédiction.

Recluse dans sa chambre, la petite Eco va découvrir avec effroi le sort jeté contre elle. Petit à petit, mais inéluctablement, son petit corps se déforme, se couvre de bosses, de rondeurs et de formes qui lui paraissent monstrueuses.

Pour conjurer le maléfice, elle fuit sa maison, et part à l’aventure, accompagnée de 4 poupées de chiffon à qui elle a donné la vie, et qui sont devenues ses meilleures amies.

Voilà pour l’histoire d’Eco. Dans ce tome 2, nous la retrouvons donc en chemin, affrontant mille dangers, dans l’espoir, qu’enfin, tout redevienne comme avant.

Ce livre sublime se range avec évidence aux côtés de ceux qui l’ont inspiré. Contes de Grimm et Andersen, dont on sait que le côté sombre est bien loin de la version édulcorée de notre enfance. Fable sur l’adolescence et l’amitié, qui saupoudre de la poésie et de la magie sur une vie qui est parfois bien cruelle.

Et si Eco est aussi merveilleux, c’est grâce à son duo d’auteurs. Le conteur, c’est Guillaume Bianco, l’auteur du génial Billy Brouillard. Au dessin, on découvre Jérémie Almanza, au trait magnifique. Chacune de ses illustrations est un vrai tableau, plein de détails minuscules, et l’on se perd avec délice à chaque page.

Guillaume Bianco a taillé une histoire sur mesure pour l’univers de Jérémie Almanza, qui lui même brode autour des mots, des décors et des personnages incroyablement beaux.

Un conte de fée pour les grands, dur et triste, mais à l’incroyable délicatesse. Un petit bijou, à découvrir absolument.

Eco, Tome 2 : La Bête sans visage sur Amazon

Et puis, pour mieux vous plonger dans l’univers, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici une superbe vidéo teaser, réalisée pour cette sortie.

D’Artagnan, le Journal d’un Cadet

29 novembre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Décidément, les Trois Mousquetaires de Dumas inspirent les auteurs de bd avec un réel succès. Il y a eu la vénéneuse Milady de Winter, une bd vraiment très très bien, parue chez Ankama, et il y a également D’Artagnan, Journal d’un cadet, qui est réédité cette semaine. Une version augmentée, par des pages de croquis, et dont le prix a été baissé, passant de 35€ à 25€…

Dans cette bd, l’histoire se place du point de vue de D’Artagnan, jeune gascon débarqué à Paris avec de grandes aspirations, et qui se liera d’une amitié indéfectibles avec trois d’entre eux, aussi différents que complémentaires. Le noble Athos, le gourmand Porthos et le séduisant Aramis…Une relecture rafraichissante qui laisse donc une grande place à la personnalité de D’Artagnan, qui de héros devient un homme un peu naïf, maladroit, et très intéressé par la gente féminine.

Une bd de cape et d’épée, oui mais pas que donc. D’Artagnan, Journal d’un cadet est plein d’humour, d’aventures et de jolies filles. Le traitement graphique est lui aussi aussi intéressant qu’inventif. A la mise en page classique, mais au très joli dessin, s’entremêlent des croquis qui représentent les divagations du héros. Ainsi parfois, des femmes nues et lascives se prélassent au milieu des cases, comme dans la tête de D’Artagnan, qui partira souvent à l’aventure pour des histoires de femmes…

Une manière de découvrir ou de redécouvrir l’univers créé par Alexandre Dumas, par une relecture drôle mais toujours respectueuse de l’original.

D’Artagnan, journal d’un cadet sur Amazon

La bête du lac

29 novembre 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Ovide recherche son frère jumeau Gédéon, disparu alors qu’il était parti à la pêche, quelque part aux abord de leur village québecois, Lac-à-l’Ombre. A force de ténacité, il retrouve le chien de son frangin, qui le mènera jusqu’à un lac que tous les habitants du coin évitent, tant les légendes qui circulent à son propos font froid dans le dos.

Sur ce lac, gelé par l’hiver glacial, il fait la rencontre d’une jeune-femme, dont le corps est plongé dans l’eau. Elle lui dit être une sirène, et avoir besoin de son aide pour s’échapper. Le quotidien de ce père de famille, mais aussi celui de tous les habitants du village, va se retrouver bouleversé par cette rencontre…

Cette bande dessinée, qui mêle le quotidien d’un petit village québecois à tout un monde fantastique, inspiré de la mythologie amérindienne, est édité dans la collection Glénat Québec. C’est comme si un univers à la Magasin Général (le scénariste de La bête du lac a d’ailleurs travaillé sur les couleurs de la série) se retrouvait confronté à des monstres marins et à tout un monde qu’ils n’auraient pu imaginer.

Ce mélange donne une bande dessinée vraiment agréable, avec un beau dessin, où les femmes du village sont jalouses d’une sirène, et où les plus anodines des parties de pêches peuvent très, très mal tourner…

La bête du lac tome 1 sur Amazon

Le tome 1 de Debaser, un petit cadeau d’Ankama

29 novembre 2011  |  A lire ailleurs  |  No Comments

L’éditeur Ankama, aussi cool qu’à son habitude, propose de télécharger gratuitement le premier tome de la série Debaser, afin de la découvrir.

Drôle et rock’n'roll, cette série manga à la française est vraiment sympa. Elle compte actuellement six tomes, et est publiée sous le label 619, qui ne sort de toute façon que des petites bombes.

Pour en savoir plus sur Debaser, et télécharger tout ça, ça se passe par ici !