Saga, Bad Ass, Yotsuba&, les trésors de Tsukasa Hojo – Les jolies suites

Voici quelques jolies suites à ne surtout pas manquer !

Saga tome 2, de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

Saga rafle actuellement de nombreux prix prestigieux aux États-Unis, à juste titre. Ce comics scénarisé par l’ultra talentueux Brian K. Vaughan, notamment remarqué pour Y le Dernier Homme, est une série de SF pas comme les autres. Mêlant histoire d’amour, guerre intergalactique, chasse à l’homme haletante et relations diplomatiques entre les différents peuples, cette série est passionnante, fascinante, riche en émotion et remarquablement construite. Les deux auteurs ont imaginé tout un univers dense, complexe et dans lequel on plonge avec délectation. Ce deuxième volume gagne encore en puissance, et on n’est pas loin de se prendre une claque à chaque page. Les dialogues sont souvent hilarants, parfois émouvants, et sonnent surtout très juste. Les personnages sont terriblement attachants, et on s’habitue tout de suite à voir des femmes araignées, des gorilles enflammés ou encore un prince avec une télé en guise de tête. Maintenant que les bases de l’univers sont posées, le duo s’en donne à cœur joie et nous invite à la grande aventure. Le trait de Fiona Staples a gagné en puissance et chaque planche est un vrai plaisir pour les yeux.

Bad Ass tome 2, d’Herik Hanna, Bruno Bessadi et Gaëtan Georges

Après un premier tome complètement jubilatoire, on aurait pu craindre que ce comics made in France s’essouffle un peu. C’est tout le contraire et ce deuxième volume est une vraie tuerie. Le trio d’auteurs est encore plus déchainé, et nous livre ici une présentation explosive de la seconde héroïne de l’histoire : the Voice. Dead End était presque un type sympa à côté de cette psychopathe qui peut contrôler n’importe qui par la pensée, et tuer plus vite qu’elle ne bat ses jolis cils. Et le plus fort, c’est qu’en nous racontant son histoire, les auteurs parviennent à la rendre en même temps complètement détestable et terriblement attachante. C’est remarquablement bien écrit, drôle, très drôle, très trash aussi. Le dessin de Bruno Bessadi, bourré d’énergie, sert parfaitement le propos et c’est un peu comme voir un feu d’artifice de très très près. On a du mal à détacher son regard des pages, même si c’est dangereux. Blindé de références, reprenant parfaitement les codes du comics tout en ayant une personnalité bien à elle, cette série est une vraie petite bombe à mettre entre toutes les mains, ou presque. Car Bad Ass est clairement réservé aux lecteurs avertis.

Yotsuba& tome 12, par Kiyohiko Azuma

Mon amour immodéré pour Yotsuba& n’est plus à prouver. Ce manga est un véritable concentré de bonne humeur, savoureuse arme anti-déprime. Le quotidien de cette petite fille aux cheveux verts n’a rien d’incroyable, mais son auteur a l’art de sublimer les petits riens. Dans ce nouveau tome, Yotsuba va apprendre à faire des nœuds, faire de la peinture, acheter un casque pour son vélo et partir faire du camping. Ça n’a l’air de rien comme ça mais c’est une nouvelle fois joli, poétique, adorable, et on passe tout le temps de la lecture le sourire aux lèvres. Un manga magique à découvrir absolument si ça n’est pas encore fait.

Les trésors de Tsukasa Hojo : Sous un rayon de soleil tome 2 et Le temps des cerisiers

L’éditeur Ki-oon continue de rééditer les histoires courtes du mangaka Tsukasa Hojo, pour notre plus grand plaisir. Il y a d’abord la suite de Sous un rayon de soleil, une série courte où une jeune fille capable de communiquer avec les plantes va aider hommes et plantes à vivre heureux et en harmonie. Et puis Le temps des cerisiers, un recueil de quatre nouvelles. Dont un prequel de Sous un rayon de soleil, mais également d’autres histoires, d’autres destins, parfois teintés de fantastique mais toujours riches en émotion. On découvre ainsi une autre facette de l’auteur des séries cultes City Hunter et Cat’s Eye. Ces histoires sont moins portées sur l’action, mais dépeignent avec délicatesse les sentiments, les liens familiaux, ou encore la naissance des sentiments amoureux.

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Happy !

25 septembre 2013  |  Comics, Coups de coeur

Nick Sax est un ancien flic reconverti en tueur à gage. Il avait tout pour lui : une brillante carrière, une épouse aimante…Et puis comme souvent dans ces cas-là, tout a foiré et le voilà seul, couvert d’eczéma et alcoolique, passant ses journées à liquider des sales types pour le compte d’autres crapules.

Quand cette histoire commence, le dernier contrat en date de Nick tourne mal, et il termine à l’hôpital . Quand il rouvre les yeux, il voit en face de lui un petit âne-licorne volant qui semble tout droit sorti d’un Tex Avery. ‘Happy’ lui demande son aide.

Nick Sax n’est pas le genre d’homme à offrir son aide à qui que ce soit, surtout pas à une hallucination passablement agaçante. Mais il est dans un sacré pépin et il aurait bien besoin d’un allié…

Ce comics complètement déjanté signé Grant Morrison (Batman : Arkhan Asylum, Superman All-Stars, WE3) et dessiné par Darick Robertson (Transmetropolitan, The Boys) pourrait être indigeste mais s’avère excellent. Imaginez un univers de polar glauque et violent, saupoudrez un peu de mignon par-dessus, et vous aurez une sorte de Roger Rabbit très trash. C’est improbable, mais sacrément réussi. Il faut dire que le duo maitrise parfaitement les codes du comics sombre et barré. ils n’avaient donc plus qu’à laisser l’absurde envahir leur terrain de jeu pour construire Happy ! On sent entre chaque ligne le plaisir qu’ils prennent à casser leurs habitudes, à se surprendre eux-même, à secouer le jouet qu’ils ont entre les mains. Et forcément quand deux auteurs aussi talentueux s’amusent, le résultat est jubilatoire. Le dessin est très bon, sombre, froid, servi par une colorisation qui rend l’atmosphère encore plus glaciale, et par dessus, le souriant petit Happy volète à travers les cases, comme une improbable lueur d’espoir dans le recoin le plus malfamé qui soit. Les dialogues de Grant Morrison sont aussi bons qu’à son habitude, et on se régale du début à la fin.

Happy ! est clairement à déconseiller aux âmes sensibles et réservé à un public averti, mais ravira tous ceux qui n’ont rien contre une virée dans un quartier sordide remplit de truands sans états d’âmes et de flics véreux.

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Francis est malade

25 septembre 2013  |  Bande dessinée

Il a fait craquer Pénélope depuis longtemps déjà, et il revient dans un nouveau tome. Cette fois-ci, Francis est malade.

Chaque tome de Francis est présenté dans un petit format à l’italienne (plus large que haut), et composés de gags en six cases, qui commencent par ‘Francis se promène dans la campagne. Soudain…’. La vie du blaireau se retrouve alors bouleversée pour une raison à chaque fois différente. Pendant ses promenades, il croise la route d’autres animaux. Son épouse, son meilleur ami Lucien, un hibou-psy, un rat-docteur et bien d’autres encore.  Ses aventures ont cette fois-ci pour thème la santé, la maladie, la mort. Gros rhume, séance de psychanalyse, médecine du travail, cancer en phase terminal ou encore calvitie, les strips se suivent et ne se ressemblent pas.

Certaines histoires s’inspirent du quotidien, d ‘autres de faits divers plus ou moins glauques, repris avec légèreté. Teinté d’humour noir et souvent complètement absurde, c’est un joli exercice de comique de répétition. Francis est vite devenu culte pour beaucoup de lecteurs accros aux déconvenues de ce blaireau farceur mais bien malchanceux.

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Ma révérence

Je préfère vous prévenir tout de suite. Ma révérence est une bande dessinée absolument géniale. Remarquablement écrite, autant dans le scénario que dans les dialogues, et servie par un dessin et une mise en scène impeccables.

Vincent a trente ans, et sa vie ne fait pas franchement rêver. Il a laissé la femme qu’il aimait là où il l’a rencontrée, au Sénégal, et est désormais le père d’un petit garçon qu’il ne voit pas grandir. Depuis son retour en France il enchaine les petits boulots et est, il faut le dire, malheureux. Et puis un jour il a une idée. Une idée folle, mais qui a de la gueule. Il veut faire un braquage. Pas un braquo comme les autres, non. Il veut faire un braquage SOCIAL. Il vous expliquera ça mieux que moi.

Et pour mettre son plan en pratique, puis tirer sa révérence, il a décidé de s’associer avec le plus improbable des apprentis criminels : Gaby Rocket. Le genre de type qu’il faudrait inventer s’il n’existait pas. Un Dick Rivers de pacotille, gueulard et pas des plus futés.

C’est cette aventure qui nous est raconté dans Ma révérence.

Wilfrid Lupano est le talentueux scénariste du remarqué Alim le Tanneur, mais également de l’excellent Le Singe de Hartlepool. Il s’associe cette fois à Rodguen, dessinateur qui travaille également dans l’animation pour les studios Dreamworks. Ensemble, ils livrent ici une petite merveille d’humour et d’humanité. Une véritable bouffée d’air frais, aux dialogues absolument géniaux, comme on en lit trop rarement. C’est un polar et une comédie à la fois, l’association de deux losers magnifiques qui font des étincelles quand tout laissaient penser qu’ils allaient foncer droit dans le mur. C’est drôle, c’est émouvant, c’est triste et c’est génial. Autant d’émotions, de personnages hauts-en-couleur, d’instants de vie qui se bousculent et forment une recette parfaite.

Un sans-faute, à découvrir absolument.

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Montage tomes 1 et 2

Yamato, âgé d’une dizaine d’année, rentre de l’école avec une de ses amies. Les deux enfants tombent nez-à-nez avec un homme blessé qui, avant de mourir, révèle à Yamato que son père est à l’origine du ‘vol des 300 millions de yens’ perpétré dans une banque tokyoïte en 1968. Peu de temps après, le cadavre du père de Yamato est retrouvé, et ce dernier est recueilli par les parents de son amie, qui l’élèvent comme s’il était leur fils.

Six ans plus tard, devenu adolescent, il tombe sur un billet caché dans les affaires de son père. Un billet tâché de sang dont le numéro correspond bien à l’un de ceux dérobés lors du braquage. Ce qu’il ignore encore, c’est que cette découverte va bouleverser sa vie et celle de ses proches. Il ne pourra dès lors plus faire confiance à personne, et va devoir être sacrément débrouillard.

Ce thriller japonais, dont les deux premiers tomes paraissent simultanément cette semaine, est haletant et riche en rebondissements. Yamato et Miku, son amie d’enfance, se retrouvent les pions d’une machination qui les dépassent. Le délai de prescription pour le vol est largement dépassé et le butin du braquage fait tourner bien des têtes. Le dessin est beau, maitrisé, avec une mise en scène efficace et des décors soignés. Les personnages sont denses et bien construits, certaines scènes se révèlent violentes, mais ce sont surtout les non-dits qui apportent une grande tension au récit. ‘Ne fais confiance à personne’ furent les derniers mots prononcés par le mourant, et comme le héros, on cherche à déceler chez chaque personnage les indices qui nous permettront de savoir s’ils sont dignes de confiance…

Montage est un manga particulièrement captivant et réussi.

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