Elephantmen tome 1

10 janvier 2013  |  Coups de coeur

Dans un futur pas si lointain, un scientifique du genre savant fou a consacré de nombreuses années à une idée folle : faire naitre des créatures mi-hommes mi-bêtes. C’est en Afrique qu’il parvient à ses fins, et que, d’une manière aussi cruelle que contre-nature, il donne naissance aux Elephantmen, une armée de soldats sans états d’âmes et à la puissance inébranlable. Hommes-éléphants, hommes-crocodiles, hommes-hipopotames ou encore hommes-giraffes sont ainsi vendus à prix d’or et, sur les ordres de leurs nouveauxchefs, viennent envahir et détruire ce qu’il reste de l’Europe, alors qu’un virus vient tout juste de dévaster la quasi totalité de la population.

Parmi les survivants humains, la résistance s’organise, même si l’espoir de survivre à ces machines de guerre uniquement destinées à obéir aux ordres sans ressentir la moindre émotion, ni le moindre sentiment. Que ce soit de  la pitié, de la compassion ou même de la peur. Yvette est une jeune femme dont le destin va basculer à la mort de son frère. Elle devient alors une guerrière ivre de haine et d’esprit de vengeance. Mais ils ne faut pas oublier que les terribles Elephantmen sont à moitié humains, et qu’il se pourrait bien que, quelque part au plus profond d’eux, se cache encore une petite parcelle d’humanité…

Ce comics violent nous plonge dans un univers futuriste où la puissance animale a été domestiquée pour faire le mal, par un scientifique dénué de toute éthique, comme de tout scrupule. Graphiquement très beau, avec des personnages mi-hommes mi-bêtes aussi effrayants que fascinants, le monde à l’époque des Elephantmen n’en est pas moins uniquement fait de désolation. Pourtant, quand la voix off, l’horreur des paysages et des situations, nous amènent à penser que malgré la rage d’Yvette, rien ne pourra arrêté ces soldats surpuissants, quelques instants, fugaces et discrets, font renaitre l’espoir…

Un comics sombre mais vraiment prenant, qui séduira les amateurs d’histoires de guerre et de SF.

Elephantmen T1 – Jouets de guerre sur Amazon

Le Guide du Mauvais Père

9 janvier 2013  |  Non classé

Guy Delisle est surtout connu pour ses bd où il raconte son expérience dans différent pays dits ‘difficiles’ (Corée, Birmanie, Israël…), où il a suivi sa femme,  qui collaborait avec Médecins sans Frontières. Il montrait ainsi son quotidien, avec un regard forcément subjectif mais aussi une vraie réflexion sur la réalité de la vie là-bas, surtout pour un européen. Ces expériences se sont faites en famille, puisqu’ils ont deux enfants. Il revient cette fois-ci avec une petite bd humoristique, faite de petits strips sur le quotidien de père de famille, teinté d’un peu d’humour noir. De l’oubli de la petite souris aux réponses pas forcément adaptées aux questions que lui posent ses enfants, il se montre ‘père indigne’.

Ce petit titre décevra sans doute ce qui attentent un nouveau ‘Delisle’ comme ceux auxquels ils les a habitué, mais ici ce n’est ni le même sujet, ni le même traitement, ni la même profondeur. Il raconte simplement avec humour des petits bouts de son quotidien de père, et il faut avouer que c’est souvent très drôle. Le titre reste néanmoins court, et se lit rapidement.

Le guide du mauvais père tome 1 sur Amazon

Lilidoll – Superbe réédition de Milky et jolie gamme papeterie

6 janvier 2013  |  Coups de coeur

J’adore le travail de Lilidoll depuis la première fois que je l’ai croisé, et j’ai, forcément, eu un énorme coup de cœur pour son livre Milky, balade onirique dans un lieu un peu effrayant et en même temps envoûtant. J’avais d’ailleurs eu l’occasion d’interview l’adorable Lilidoll lors de la sortie du livre, et c’est à lire par ici.

Si je vous en parle à nouveau, c’est parce que Milky va être réédité le 16 janvier prochain, et que, comme toujours, le label VenusDea a fait les choses très bien. Nouveau format (un peu plus grand) mais aussi et surtout une nouvelle couverture, absolument sublime, qui rend l’ouvrage encore plus désirable qu’il ne l’était déjà. Regardez comme c’est beau.

Pour plus d’image, et pas mal d’autres choses, allez faire un tour sur la page facebook de Milky

Le livre est également disponible en pré-commande sur Amazon.

Mais ce n’est pas la seule actualité de Lilidoll, car elle sort également une gamme de papeterie chez Blue Art qui est TELLEMENT jolie qu’on ne sait déjà plus où donner de la tête avec les extraits de la collection postés sur son blog. Elle va bientôt en montrer plus, mais en attendant, elle a organisé un super concours pour ce weekend (ahem, oui je vous préviens un peu tard) pour gagner les premières références de cette collection. Pour participer ça se passe ici ! Son dessin est toujours aussi beau, mais cette fois-ci l’univers est rétro et coloré, avec une héroïne pin-up au regard malicieux, un petit faon beaucoup trop choupi et des couleurs acidulées. Je ne sais pas vous mais moi JE VEUX TOUT. Et histoire de vous donner l’eau à la bouche :

La tête en l’air

La tête en l’air, c’est en fait la réédition d’un roman graphique de Paco Roca, précédemment intitulé Rides, et adapté depuis en film d’animation sous le titre Arrugas. Le film a d’ailleurs reçu de nombreux prix et sort ce mois-ci en France.

Si Delcourt le réédite aujourd’hui, c’est parce que ce petit bijou de sensibilité n’a pas eu le succès mérité…Voici donc une nouvelle occasion de découvrir cette bande dessinée qui traite d’un sujet rarement abordé, la sénilité.

Ernest n’est plus tout jeune et commence à perdre la tête. Sa famille n’arrive plus à s’en occuper comme ils le voudraient, et il part donc vivre en maison de retraite. C’est tout un univers et un nouveau mode de vie que le vieil homme doit apprendre. Il y rencontre les autres pensionnaires, et son voisin de chambre lui en dit plus sur la vie dans ce lieu si étrange. Ernest vit au rez-de-chaussée, chez les valides. Il a l’impression d’aller bien d’ailleurs, quelques petites absences tout au plus. Mais lors d’un rendez-vous avec le médecin, ce dernier est formel, il est atteint de la maladie d’Alzheimer et sa mémoire va se dégrader progressivement. Bien décidé à garder le contrôle de sa vie, il tente d’échapper à son pire ennemi : le temps.

Paco Rocca signe ici une bande dessinée magnifique, pleine de tendresse pour ces petits-vieux qui perdent progressivement la tête. Pour écrire son histoire, il a passé de longs moments dans des maisons de retraite, observant, discutant, et il en a tiré des personnages plus vrais que nature. Parfois très dur, car le sujet n’est pas vraiment drôle, l’auteur parvient cependant à nous faire sourire, sans jamais manquer de respect aux pensionnaires de sa bd. Il leur porte au contraire un regard vraiment emplit de tendresse, ils sont tous attachants. Et puis ce ne sont pas ‘juste’ des petits vieux. Ils ont un passé, une histoire, des gens qu’ils aiment, mais aussi un caractère et une réelle envie de continuer à profiter de la vie, à leur manière et à leur rythme. Le dessin est lui aussi doux et touchant.

Une bande dessinée très émouvante, qui rend hommage à nos petits vieux et parle d’Alzheimer sans tabou ni mélodrame.

La tête en l’air sur Amazon

La Grande Evasion – Fatman

2 janvier 2013  |  Nouveautés de la semaine

La Grande Évasion, c’est une série de one-shot publiés chez Delcourt, sur le thème de l’évasioncarcérale (un des concepts Delcourt, qui est de compiler des titres, toujours  des histoires complètes en un seul tome sur un thème donné, du chiffre 7 au signe du Zodiaque, en passant par l’évasion, donc). Après VOID 01, que j’avais eu l’occasion de chroniquer (il y en a eu d’autres), celui qui sort cette semaine, c’est Fatman. Un titre très différent du précédent, puisqu’on passe de la SF à quelque chose de très réaliste, mais qui est tout aussi cool.

Carl est un homme à priori sans histoire qui vit chez une petite mamie en Angleterre. Mais c’est aussi un homme célèbre, car il a réussi à s’évader de prison et a même écrit un livre. sa logeuse est d’ailleurs la seule à lui avoir donné une chance de vivre une vie paisible, désormais. Mais son petit train-train se retrouve chamboulé quand deux américains viennent lui proposer un boulot sans trop lui donner le choix de refuser. Il doit venir avec eux et faire évader un ancien patron du Crime vieillissant, sur la demande de son frère. Mes les deux gus charger de ramener le bonhomme à son nouvel employeur doutent un peu que cet immense obèse du genre mutique soit un vrai maître de l’évasion…

Cette bd ressemble à un film d’action américain, avec des personnages assez stéréotypés, pas mal d’action, mais surtout un scénario qui réserve bien des surprises. C’est une histoire complète vraiment plaisante à lire, Carl, le héros, est intéressant, et les magouilles qu’on découvre au fur et à mesure changent la donne presque à chaque page.

La Grande évasion – Fatman sur Amazon