Kamakura Diary tome 1, de Akimi Yoshida

Yoshino est une jeune femme de 22 ans qui enchaine les histoires décevantes avec des garçons rencontrés dans des bars. Sa grande sœur l’appelle alors qu’elle est chez un nouveau garçon, et lui apprend la mort de leur père.

Yoshino a deux sœurs, Sachi, l’ainée, la plus sérieuse et la plus adulte, qui travaille comme infirmière, et Chika, la benjamine. Leur père est parti avec une autre femme quand Yoshino avait sept ans, leur mère a fait de même quand elle s’est remariée peu après, confiant la garde des trois filles à leur grand-mère, décédée peu avant que le commencement de ce manga. Depuis, le trio continue de vivre dans la maison où elles ont grandi.

Elles se rendent aux obsèques avec cette impression étrange, pour Yoshino, de venir dire adieu à un inconnu. Entre son souvenir de petite fille, qui lui raconte un père aimant, et l’homme qui n’a pas donné signe de vie pendant toutes ces années, qui était-il vraiment ? Ce moment qui ne devait être qu’une formalité pourrait bien bouleverser pas mal de choses dans le quotidien des trois jeunes femmes…

Kamakura Diary est un titre tout en simplicité et en finesse. L’auteure prend le temps de raconter le quotidien de ses héroïnes, notamment les interrogations de Yoshino, qui se contentait jusque là de vivre sans trop se poser de questions, ni sur son passé, ni sur son avenir. Les dessins sont jolis, mais c’est surtout, vraiment, la sensibilité de l’histoire qui nous touche profondément. Que ce soit dans les dialogues, qui semblent banals sans jamais être anodins, ou dans les émotions qui transparaissent sur les visages des personnages, c’est la vie, celle à laquelle nous sommes tous confrontés, qui nous est racontée. L’occasion d’aborder le deuil, l’absence, l’amitié, l’amour, le mensonge, la maladie, les doutes, l’avenir…et plus que tout, le lien familial, à travers ces sœurs aussi différentes que complémentaires.

Une jolie surprise, et un très joli moment de lecture.

Kamakura Diary tome 1

Des jolies suites mangas parues ces derniers temps

18 avril 2013  |  Coups de coeur, Les suites

Un petit point sur quelques séries mangas bien chouettes dont les suites viennent de paraitre.

Barakamon, d’abord, qui est en passe de devenir un de mes mangas préférés du monde entier. Une petite île japonaise, un jeune calligraphe très urbain qui y est envoyé comme une punition, et qui va, contre toute attente, se faire très rapidement à la vie sur place. Ce quatrième tome est aussi délicieux que les précédents. Léger, drôle, et bourré d’énergie. Le genre de lecture qui fait un bien fou.

Il y a ensuite The Earl and the Fairy, qui s’est achevée il y a quelques semaines avec le quatrième tome. Un shojo teinté de fantastique, où une jeune doctoresse en féerie est embauchée par un mystérieux noble anglais…Enquêtes, romances et rebondissements au programme. On peut regretter que certains points, pourtant intéressants, ne soient qu’effleurés, et que l’histoire s’achève finalement assez vite, mais cette petite série est vraiment agréable à lire, délicate et jolie.

Et puis il y a Silver Spoon, le nouveau titre de l’auteure de Fullmetal Alchemist. Très différent de tous ses précédents titres, elle s’est cette fois-ci inspirée de sa propre jeunesse, et nous raconte le quotidien d’un lycée agricole, que l’on découvre en même temps que le héros, qui n’y connait strictement rien en agriculture. Après un premier volume introductif, le deuxième prend un rythme plus lent et très agréable. Petit à petit, Yûgo s’intègre à sa classe, et apprend de plus en plus de choses. C’est d’ailleurs assez dingue comme on se retrouve fasciné par les diverses explications (par exemple, Yûgo visite trois élevages de vaches laitières différents , manière de décrire différents modes de production laitière) alors même que le sujet ne nous intéressait pas forcément.

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Codeflesh

18 avril 2013  |  Coups de coeur

Cameron Daltrey est agent de probation à LA, spécialisé dans les très vilains garçons avec super-pouvoirs. Il paye leur caution, mais est chargé de les retrouver s’ils ne se présentent pas à leur convocation. Au départ il bossait en solo, mais après avoir légèrement dérapé avec un de ces criminels désobéissants, il n’a plus le droit d’accomplir la deuxième partie du job…Accro à la baston, il a trouvé la parade. Une cagoule ornée d’un code barre, et il peut lui-même jouer les chasseurs de prime, en toute impunité. Malheureusement, mener une double vie faite de mensonges et cumuler deux boulots à plein temps, ça ne laisse pas beaucoup de place pour avoir une vie perso.

Scénarisé par Joe Casey (auteur notamment chez DC et Marvel, mais également scénariste de Butcher Baker, publié en France chez Ankama) et dessiné par Charlie Adlard (surtout connu en France pour son travail sur Walking Dead), Codeflesh est un polar sombre et violent, découpé en chapitres où s’entremêlent à chaque fois une nouvelle mission et la vie amoureuse chaotique de Cameron. Les super-pouvoirs sont présents de manière finalement assez discrète, et le héros n’a pour lui que son masque, ses deux poings et la rage qui l’habite.

Le titre s’est fait en ‘creator-owner’, un statut un peu particulier où les auteurs détiennent les droits de la bd. Une position moins sûre financièrement, mais qui leur laisse par contre toute liberté dans le ton, le dessin, leur rythme de travail…Et on sent qu’ils ont vraiment pris du plaisir à faire ce titre (impression confirmée d’ailleurs dans la postface, où le duo raconte la genèse du comics).

Graphiquement, c’est très beau, et un peu torturé. Chacun des criminel à un charisme et une gueule impressionnants. Le noir est omniprésent, rongeant les visages et les décors pour ne montrer que ce qu’il faut. Le titre fait la part belle au monde de la nuit, avec une colorisation dans les tons froids, sauf pour quelques incursions dans le club de striptease où travaille Maddy, la petite amie de Cameron, où le violet apporte une pause sexy dans des tons chauds très à propos.

Ça se bastonne sévèrement dans Codeflesh, mais les auteurs distillent beaucoup d’humour dans les dialogues. Il y a aussi, entre les lignes, une réflexion sur les apparences et sur la difficulté de choisir le bon équilibre entre sa passion (même quand elle implique de tabasser des super-vilains) et sa vie privée.

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Billy Brouillard – Les Comptines Malfaisantes tome 2

Si vous êtes comme moi, il est fort possible que dans la liste de vos vies parallèles rêvées, ‘être ami-e avec Billy Brouillard et vivre avec lui d’incroyables aventures’ soit en bonne place. Car Billy Brouillard, petit aventurier qui possède le don de trouble vue, combat les démons les plus effrayants, étudient les créatures les plus étranges, et se lie d’amitié avec tout un tas de fantômes, de sirènes, et d’autres êtres invisibles à nos yeux.

A défaut de pouvoir le rencontrer, Guillaume Bianco, son auteur, nous permet de piquer les livres de sa bibliothèque. Car il y a en effet, sagement rangées sur son étagère, 13 comptines malfaisantes, regroupées en coffrets, et dont le deuxième opus sort aujourd’hui en librairie. Le premier était paru en 2009 (déjà !), et c’est avec le même plaisir que l’on retrouve les garnements qui sont les héros, bien malgré eux, des comptines.

Ce deuxième coffret comporte trois petits livres, pour 4 comptines. Chacune d’elles nous raconte des histoires d’enfants bien désobéissants qui ont appris ce qu’il en coûtait de contrarier les démons qui hantent la nuit ou pire encore…leurs parents.

Les histoires sont courtes (comme toutes les comptines) mais ont quelque chose de magique. On y retrouve le magnifique dessin de Guillaume Bianco, tout comme son talent pour raconter des histoires pleines d’humour, de créatures dégoutantes et de poésie.

Les thèmes qui peuvent être sources d’angoisse pour les enfants sont ici abordés (car Billy Brouillard est avant tout une série jeunesse) : les angoisses nocturnes, la mort…avec en fin d’histoire, à chaque fois, quelques conseils farfelus pour gérer au mieux ces situations.

Encore une jolie nouveauté chez Métamorphose, qui ravira, à n’en pas douter, toutes et tous les fans de Billy.

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Galkiddek tome 1

15 avril 2013  |  Non classé

Derrière ce titre un peu compliqué à orthographier se cache le premier tome d’une série d’heroic fantasy vraiment réussie.

Galohan Galkiddek était un seigneur doux et heureux, jusqu’à la mort tragique de son épouse. Depuis, il est devenu fou, terrorise tous ceux qu’il croise et ne vit plus que dans l’espoir insensé de ramener Eloée à la vie.

Ce qui pourrait être une histoire assez classique gagne très vite en profondeur grâce à une multiplicité de personnages, tous traités en profondeur. Leurs destins se trouvent liés par le huis clos qui se crée en milieu d’album. Ils se retrouvent l’un après l’autre, enfermés ou consentants, sur le domaine de Galkiddek. Les intrigues s’emmêlent, et les protagonistes ont tous bien des secrets à cacher. Le dessin et la mise en couleur sont superbes, conférant une atmosphère particulière à cette histoire prenante. Le fantastique, lui, apparait par petites touches, dans un monde crédible qui pourrait être le nôtre.

Un très bon premier tome, qui ravira les amateurs du genre, et donne déjà envie de connaitre la suite.

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