Seichi et sa femme sont partis en vacances sur une île paradisiaque. Le but de ce père de famille brisé, recoller les morceaux avec celle qui partageait il y a un an encore son bonheur. Mais l’impensable s’est produit, leur fils est mort, et depuis plus rien ne va. Alors ce voyage est un peu celui de la dernière chance…
Ou plutôt d’un nouveau départ, pour Seichi, qui sous ses apparentes bonnes intentions, a élaboré un plan bien différent. Sur cette île pleine de mystère, et d’endroits peu fréquentés, il va tuer sa femme.
Qu’est ce qui a bien pu transformer ce scénariste sans histoire en criminel sans états d’âme ?
Ce manga est un one-shot horrifique, qui ravira les fans de légendes urbaines. Très vite, on passe de la plage ensoleillée à une grotte des plus glauques où l’histoire prend un tour inattendu. Violent et sans concession, Hideout est à réserver à un public averti….autant par son scénario tordu que par son dessin, réaliste et terrifiant.
Gweny erre sur les plages de son île à la recherche d’une bouteille…Voilà déjà cinq ans que son père, qui avait trouvé une carte au trésor dans une bouteille jetée à la mer, est parti à sa recherche et n’a plus donné de nouvelles. Son plan est donc aussi absurde que simple : peut-être un jour trouvera-t-elle une autre bouteille, avec une copie de la carte, ce qui lui fera un point de départ pour partir à sa recherche.
Contre toute attente, la jeune fille finit par réellement trouver une carte sur le rivage, et part à l’aventure, accompagnée par un équipage de pirates (forcément, quand il s’agit d’un trésor, ils ne sont jamais les derniers sur le coup). C’est le début d’un délicieux n’importe quoi, car rien de ce qui va suivre ne va se dérouler comme on aurait pu l’imaginer…
Au dessin, Jason, un des auteurs les plus connus de la bd indé. Au scénario, Fabien Vehlmann, valeur sûre qui n’a à son actif que des perles. De Seuls à Jolies Ténèbres en passant par Les Cinq Conteurs de Bagdad.
L’île aux cent mille morts mêle donc leurs talents respectifs, pour un petit bijou d’absurde, qui fleure bon l’aventure mais n’oublie jamais d’être drôle. Une jolie surprise.
2014. Le nouveau Pape vient d’atterrir à Houston pour une apparition publique historique. Car le successeur de Benoit XVI marque un changement notable. En plus de ses idées modernes, il est noir et né en Afrique.
Autant dire que sa première poignée de main avec le président Obama est des plus symboliques. Mais malgré une organisation rodée et une sécurité à son maximum, un drame se produit. Dans l’immense stade où sont réunis les fidèles par milliers, plusieurs coups de feu retentissent.
Le Pape, grièvement blessé, est amené d’urgence à l’hôpital, et de son côté le FBI s’affaire pour arrêter le coupable le plus rapidement possible…
Mais ça n’est pas un, mais trois suspects, qu’ils retrouvent avec une arme, parmi la foule…
Cette bande dessinée d’anticipation, qui s’inscrit dans un futur très proche, est une réelle réflexion sur notre société, ses changements, ses possibles évolutions. Ce n’est pas seulement l’enquête en elle-même, mais bien tout le contexte imaginé par Will Argunas, qui pousse à s’interroger. Car tout est finalement très réaliste, tout pourrait vraiment se produire…Une bd policière aussi originale que passionnante.
Btooom, c’est le nouveau jeu en ligne que cartonne partout dans le monde. Ryuta est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde dessus, et il y passe tout son temps.
Un jour, il se réveille en pleine forêt, sans aucun souvenir de ce qui a pu l’amener-là…avant de devoir comprendre en quatrième vitesse qu’il n’est pas seul, et à priori plutôt dans un milieu hostile. Et pour cause : le jeune homme se trouve sur une île, dans une version réelle de son jeu préféré. Les règles sont simples, chacun des ‘joueurs’ (qui n’ont rien demandé) sont dotés de 8 explosifs. Chacun a un lot d’armes qui répondent à une utilisation différente qu’ils devront découvrir par eux-même. Pour sortir d’ici, ils doivent ramener 8 puces, prises sur le corps d’autres personnes.
C’est donc dans une lutte à mort que le jeune homme s’engage, bien loin du confort de son fauteuil.
Ce thème de lutte à mort est assez classique dans l’univers du manga (ne citons que le plus culte, Battle Royal), mais fait mouche dès que le scénario est bien fichu, ce qui est le cas ici. Avec un joli graphisme qui plus est.
L’auteur prend le temps de développer ses personnages, et les règles du ‘jeu’ nous sont apprises en même temps que Ryuta les découvre, souvent au péril de sa vie.
Une bonne surprise que ce Btooom, qui ravira les adeptes du genre.
Aaaaah…Guillaume Singelin, aka Blacky. C’est bien simple, je suis amoureuse de son trait depuis que j’ai croisé King David. Chacune de ses cases est une grosse claque, il a un talent dingue.
Autant dire, donc, que j’attendais the Grocery avec impatience, car tous les petits bouts aperçus çà et là mettaient clairement l’eau à la bouche. Et le résultat ? Du pur label 619. Beau, drôle, légèrement crétin et méchant.
Pour rappel, le label 619 chez Ankama, ce sont, entre autre, des petites bombes comme Mutafukaz ou Monkey Bizness, autant dire du très très lourd.
Elliott vient d’arriver dans un quartier légèrement malfamé de Baltimore, avec son père. Ce dernier y a acheté une épicerie. Le petit, plutôt timide, va très vite trouver ses marques et se faire des potes, dans son petit coin de rue. Et quelle bande de potes. Sixteen et les autres, dealers de dopes, pas du genre à traîner sur les bancs de l’école.
Par petites scénettes, on entre donc dans le quotidien du quartier et de la petite bande. On croise les habitants, les gentils comme les beaucoup moins… Car bien sûr dans The Grocery, comme dans toutes les bonnes histoires, il y a un très très très méchant. C’est aussi l’occasion pour les auteurs d’aborder sans parti pris les conditions de vie dans ces quartiers pauvres américains.
Encore une fois, le style graphique de Singelin fait mouche. Ses personnages sont ultra classes et tout l’univers qu’il a créé est à la fois cradingue et superbe. Le scénario, signé Aurélien Ducoudray, n’est pas en reste. Ça part dans tous les sens, c’est souvent très drôle et parfois trash (certaines scènes sont vraiment violentes).
En fait on retrouve un peu les mêmes ingrédients que dans le fabuleux Mutafukaz, et si le résultat est très différent, il est tout aussi excellent. Une bd qui va vite devenir culte chez les amateurs du genre. Un énorme coup de cœur.
1978, Sicile. Peppino Impastato, journaliste, est retrouvé en petit morceau sur une voie ferrée, entouré d’explosifs.
La police parle d’abord d’une tentative d’attentat qui aurait mal tourné, mais l’acharnement de sa famille permettra, vingt ans plus tard, de faire condamner la mafia pour son assassinat.
Cette bande dessinée, dont le scénariste et le dessinateur sont tous deux siciliens, revient sur la vie de cet homme qui s’éleva à sa manière contre la mafia, alors même que sa famille y était très liée. Un regard lucide, loin des versions romancées que l’on voit trop souvent, sur la mafia, sa puissance et sa cruauté.
Mafia Tabloids est glaçant et passionnant. Les films sur le sujet ont, entre autre, beaucoup contribué à nous donner une image glamour de la mafia, nous faisant oublier que ce sont surtout quelques hommes de pouvoir qui accumulent des accords qui n’ont d’autres intérêts que les leurs. On suit par exemple Peppino dans son aide aux paysans pour lutter contre le vol de leur terre, pour un projet d’aéroport, infrastructure qui n’est pas du tout adaptée au terrain en question. Mais qui rapporterait gros à ceux qui tirent les ficelles.
Peppino est sur tous les fronts, d’une petite radio satyrique où il éborgne les élus comme les mafieux notoires, au désespoir de sa famille qui sait bien qu’il signe ainsi son arrêt de mort, à l’organisation de manifestations contre les manigances du Maire et de quelques autres.
Le dessin apporte une touche supplémentaire, rendant parfaitement l’atmosphère de l’époque.
Une biographie réussie, qui nous raconte la mafia à travers la vie d’un sicilien de l’époque, mais aussi à travers les yeux de deux siciliens d’aujourd’hui.
Mafia Tabloïds : L’histoire vraie d’un journaliste face à la Cosa Nostra sur Amazon
Beaucoup se voudraient les héritiers de Calvin et Hobbes, mais peu y sont parvenus. Pico Bogue si. Dès le premier tome, avec sa sœur Ana Ana, Pico s’est imposé comme le nouveau gamin infernal, à la langue bien pendue. Du genre à te donner envie de ne jamais avoir d’enfant, mais en fait si quand même.
Pico Bogue est drôle, très drôle, et pose un regard d’enfant mais pas complètement sur le monde.
Bien sûr on pourrait lui reprocher de ne pas parler tout à fait comme les vrais gamins de son âge, mais les mots de Dominique Roques font mouche à chaque fois, et rajoute au petit côté désuet de l’univers de la bd.
Cette fois-ci, donc, Pico et Ana Ana profitent de leurs vacances d’été pour s’adonner à une lente torpeur, faite de glande dans la piscine gonflable, de balades en vélo et de discussions dans les arbres. Mais ces moments délicieux prennent un tournant dramatique quand leurs parents viennent leur annoncer que des amis les ont invité pour une semaine sur un voilier, et que les deux enfants vont donc devoir être gardés par quelqu’un.
Trahison, lâcheté et abandon. Les deux adorables sales gosses vont en faire baver à l’avance à leurs parents pour cette semaine où ces monstres les laissent orphelins. Désobéissances, petites piques assassines, grandes tirades tragiques, finalement ils trouvent dans tout ça une très bonne raison d’être encore plus inventifs dans leur vengeance. Et de notre côté à nous, forcément, c’est hilarant.
Drôle, donc, pétillant et avec un petit charme rétro des plus agréable, Pico Bogue est exactement le genre de petit plaisir qu’on savoure tomes après tomes, sans se lasser ni tourner en rond.
Naomi est une jeune femme fatiguée. Chaque nuit, le même cauchemar l’assaille. Un homme mystérieux tient devant elle un crâne. Elle décide d’aller voir un psy, pour essayer de ce débarrasser de ce problème, qui lui pourrit la vie.
Au même moment, un cadavre est découvert dans l’appartement à côté du sien. Plus exactement un corps momifié, sans tête…y a t’il un rapport avec celui qui hante ses nuits ?
Mais son quotidien va lui aussi être légèrement chamboulé. Autour de Naomi, de vieilles histoires qui remontent au lycée semblent revenir à la surface, des histoires dont elle n’a plus aucun souvenir, étrangement…
Sur fond de psychologie et de musique, ce thriller est une excellente surprise. On ne sombre pas dans l’horreur gratuite, bien au contraire, dès le premier tome le scénario est dense et riche en rebondissement. Les différents personnages, et leurs rapports entre eux sont déjà passionnants. On vit cette histoire aux côtés de Naomi, qui semble, finalement, être la moins au courant de ce qui se passe autour d’elle. Que cachent vraiment ces souvenirs disparus ?
Quand on entame la discussion avec un détracteur du manga, on se rend vite compte qu’ils n’ont qu’un seul argument pour étayer le fait que le manga c’est nul. Le manga est toujours trop quelque chose. Trop gamin, trop violent, trop plein d’histoires de fesses, au choix. Quand on a découvert ce vaste univers, on ne peut que trouver ça un peu triste. Le manga ne peut pas être ‘trop quelque chose’ puisqu’il est multiple. C’est un genre à part entière. Et il ne viendrait à personne de dire que la littérature est trop pompeuse, la musique trop commerciale ou que sais-je encore.
Le manga ce sont des milliers de styles, des milliers d’histoires. On y trouve de la poésie, de la cruauté, des petites choses du quotidien comme des délires sortis tout droit de l’esprit torturé de mangakas géniaux.
Et ce qu’il y a de bien, et d’un peu fou, avec le manga, c’est qu’en fouillant un peu, on peut trouver un manga qui parlera de n’importe quel thème qui puisse vous traverser l’esprit. Et c’est vérifiable pour le sport, notamment. Pas un sport, même le plus saugrenu, n’a sa ou ses séries. Foot ou basket bien sûr, mais aussi kayak, escalade….et désormais plongée ! Avec la toute mignonne série Amanchu !, qui parait chez le très très bon éditeur Ki-oon.
Futaba a quitté Tokyo pour une petite île, et se prépare à faire sa rentrée dans son nouveau lycée. Timide et effacée, son quotidien va se retrouver bouleverser par la turbulente Hikari, une camarade de classe. Pétillante et un peu barrée, cette dernière ne va pas lâcher Futaba tant que la nouvelle venue n’a pas gouté à sa passion : la plongée.
La jeune fille entame donc une nouvelle vie, avec une amie pleine de surprise, et ce monde inconnu qu’est la plongée, qui vont lui faire voir le monde autrement…
Amanchu ! est donc un manga sur le monde de la plongée, documenté et sérieux, mais c’est en même temps une jolie histoire d’amitié, du genre qui file le sourire. Le dessin est très joli, les paysages donnent très envie d’être en été, dans une petite crique, et le rythme lent donne à Amanchu ! des allures de petite confiserie bien agréable. Un joli manga sur le sport.
Judge, c’est la nouvelle série de l’auteur de Doubt, chroniqué il y a un petit temps de ça par ici.
Au premier coup d’œil, on peut déjà commencer à être pleine d’espoir, la couverture est aussi classe que pour la trilogie précédente.
Nouveaux personnages, nouveau huis-clos étouffant.
Hiro se réveille dans un lieu étrange. Avec un masque sur la tête. Il ne sait pas ce qu’il fait là. Et il commence à se le demander très sérieusement quand il tombe nez-à-nez avec un cadavre. Et sept autres personnes bien vivantes, également affublées d’un masque.
S’ils sont là, c’est en fait pour être jugés. A la manière d’un jeu de télé-réalité, mais qui n’a rien d’amusant pour les participants, ils vont devoir mutuellement se condamner à mort, au fur et à mesure. Un jury les observe, et il n’y aura que quatre survivants…Pas beaucoup plus de temps pour la réflexion ou des explications, le compte à rebours est déjà lancé…
Un scénario de film d’horreur, un graphisme beau et glaçant, Judge est dans la parfaite lignée de son prédécesseur. Classique mais incroyablement efficace, ils nous plonge dans un univers glauque, où la violence semble gratuite…mais si ces neuf-là doivent être jugés…c’est sans doute qu’ils ont fait quelque chose de mal, non ?