Le petit Chaperon Rouge d’Amoretti

6 décembre 2010  |  Coups de coeur

Aaaah, je me dis que certaines d’entre vous vont certainement me maudire. Parce qu’elles vont devoir re-contacter en vitesse toutes les personnes à qui elles ont envoyé leur liste de Noël pour mettre ce livre tout en haut de la liste. Bon déjà, je vous en parle un peu en avance car il ne sort que la semaine prochaine, mais je sais qu’il y a des fans de François Amoretti par ici.

Le petit Chaperon Rougeest une réédition d’une version illustrée par François Amoretti, qu’il avait auto-édité. Cependant, la version actuelle a été entièrement retravaillée (je n’ai jamais vu la première édition, mais celle-ci est sublime), et s’est ajoutée une seconde partie, où François Amoretti et Audrey Alwett se sont amusés à imaginer ‘ce qu’il advint dans le ventre du loup’.

La première partie est donc la version originale du conte, illustrée, et la seconde une bande dessinée.

Et c’est bien simple, c’est magnifique. L’ouvrage est tout en noir et blanc, avec quelques touches de rouges sur la première partie, ce qui rend parfaitement hommage à la finesse du trait d’Amoretti. La deuxième partie est délicieusement drôle, et tout le livre a la saveur si particulière de l’univers du dessinateur. Un monde plein de poésie, d’onirisme, de magie, et d’humour.

Un vrai délice donc, que ce joli livre.

Et cerise sur le macaron, François Amoretti a eu la gentillesse de répondre à quelques unes de mes questions (forcément quand on est si talentueux, on est aussi charmant).

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- Pouvez-vous vous présenter pour les lectrices de Madmoizelle qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis François Amoretti, je suis illustrateur. Je dessine essentiellement des univers féminins: lolitas, pinups. Mais aussi des contes comme Alice au pays des merveilles ou le Petit chaperon rouge. Je suis très influencé par les « vieux » illustrateurs comme John Tenniel et Arthur Rackham, j’apprécie aussi beaucoup Gil Elvgren, celui-ci plus récent. Je ne fais pas que des livres, quoi que ces derniers m’occupent trop mais avant j’étais aussi producteur pour le groupe japonais Kokusyoku Sumire, et interprète pour des groupes japonais de tournée en France.

- Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce Petit Chaperon Rouge ? Ressemble-t-il au Alice au Pays des Merveilles, que vous avez illustré, également dans la collection Blackberry, il y a quelques mois ?

Le seul point commun avec Alice est le fait que les deux ouvrages sont des contes. Ensuite la forme change beaucoup: illustrations, mise en page, le format. De plus le Petit chaperon rouge est un livre en noir et blanc et une seule couleur, rouge. Alors que ma version d’Alice était le conte original tel quel, le Petit chaperon rouge est en deux parties: le conte de Charles Perrault, sans modifications et une suite, non plus en illustrations mais en bande dessinée où nous suivons les aventures du chaperon rouge dans le ventre du loup. Histoire pensée par Audrey Alwett. C’est un récit d’imagination qui reste très poétique mais recèle pas mal d’humour.

- Qu’est ce qui vous touche particulièrement dans ce conte ?

J’ai eu du mal à faire ma place dans le milieu de l’édition et le Petit chaperon rouge marque mes débuts. Je craquais à force de refus d’éditeurs pour mes projets et je décidais il y a deux ans de sortir le Petit chaperon rouge en auto-prod. A mes yeux ce conte, qui est pourtant un classique, n’aurait aucune chance de voir le jour. Imaginez une histoire ayant pour trait le viol, le cannibalisme et le meurtre, proposée en plus aux enfants. C’était pour moi un symbole ! A vrai dire, les éditeurs avaient raison, je n’étaient pas au point à l’époque. Bref, je sors le Petit chaperon rouge, en fait une exposition. Le tout a du succès et un éditeur me repère et me signe. C’est de cette manière que Gothic Lolita a vu le jour. Cet éditeur (Soleil et la collection Blackberry) m’a ensuite proposé de ressortir la version faite à cette époque plus une suite.
En ce qui concerne le conte lui même, je le trouve toujours d’actualité surtout maintenant où nous parlons beaucoup de la femme (enfin!). De ce côté ci aussi, je vois un symbole: celui de la jeune fille qui court à sa perte en prenant le mauvais chemin (choisir le libre arbitre finalement). Je trouve ça vraiment alarmant… Mais avec Audrey Alwett, nous changeons la donne avec la suite, hihi!

- Y’a-t-il d’autres contes, ou histoires, que vous rêvez d’illustrer ou d’adapter ?

J’adore les contes de Madame d’Aulnoy! J’adorerais les illustrer. Et puis aussi faire la suite d’Alice au pays des merveilles.

- Comment avez-vous travaillé pour réaliser cet ouvrage ?

J’ai travaillé uniquement à la plume, en noir et blanc. La première partie est illustrée (soit le conte original) et la seconde est une bande dessinée (histoire inexistante chez Perrault). La première partie a donc été faite il y a deux ans et la nouvelle est toute récente puisque j’ai fini les dernières planches en septembre.

- Après ce Petit Chaperon Rouge, quels sont vos prochains projets ?

Je commence la Belle et la bête, la version originale, celle de Madame Le prince de Beaumont, qui sortira à noël 2011. Puis j’ai un projet sur les pinup américaines des 50′s avec Audrey Alwett. Et un dernier projet, personnel cette fois-ci, une bande dessinée qui narre l’amitié de trois jeunes femmes aux noms étranges: Fraise, Macaron et Arsenic. Qui aura un goût prononcé pour les pinups aussi, le rockabilly et le surréalisme.

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Un immense merci à François Amoretti, et mesdemoiselles amatrices de contes et de beaux dessins…ruez-vous dessus sans hésiter :)

Le petit chaperon rouge sur Amazon

Toute la poussière du chemin

1929, la crise financière a jeté plus d’un homme sur les routes, à la recherche, toujours plus loin de chez eux, d’un emploi pour nourrir leur famille.

C’est l’histoire d’un homme qui, lui, n’a plus personne pour l’attendre chez lui. Son chemin croise celui d’un jeune ado. Trop bourru et torturé pour accepter de faire un bout de chemin avec lui, il aura quand même le temps de s’attacher à lui en écoutant, le temps d’un trajet en train, les récits d’aventure de ce petit, fan de Jack London, qui rêve de devenir marin. Quelques temps plus tard, le voilà qui rencontre le père du petit, qui le charge, moyennant finance, de le retrouver. C’est le début d’une errance qui semble sans fin pour cet homme qui ne veut pas perdre espoir, et qui ne pourra plus faire comme si la cruauté humaine et la violence ne le concernaient pas.

Sombre et en même temps empreint de bonté et d’espoir, Toute la Poussière du Chemin nous touche au plus profond de nous, et on se retrouve, sans même s’en rendre compte, à prendre la route, à emboiter le pas de cet homme, dans l’espoir de retrouver ce gamin qui rêvait d’une vie meilleure…Superbe.

Toute la poussière du chemin sur Amazon (premières pages en lecture)

Trois Christ

5 décembre 2010  |  Séléction Angoulême 2011

Trois Christ est une bd, mais aussi un jeu avec le lecteur, et un vrai exercice de style.

L’histoire, ou plutôt les histoires, se déroulent pendant la semaine Sainte, en 1353. C’est l’histoire de Luc, un sculpteur.

Dans les trois histoires, il y a donc Luc, mais il est aussi question du Seigneur de Charny et de son épouse, des festivités de la semaine Sainte dans le village où ils se trouvent, des villageois, et du Saint Suaire.

Les auteurs se sont amusés à mélanger ces éléments, et bien d’autre, se sont inspirés de leurs recherche sur l’époque, et sur le Saint Suaire, et nous livrent trois histoires aussi similaires qu’opposées.

Ils poussent même le jeu jusqu’à réutiliser des scènes, des cases mêmes, ou des phrases, mais en les déplaçant afin d’en changer complètement le sens.

Parfois très sérieux et tragique, parfois hilarant, le résultat est en tout cas étonnant, et séduira autant celles qui aiment bd historiques (Troisième Testament…) que celles qui aiment les scenarii originaux.

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Chi, un vie de chat

Si tu es du genre à gagatiser complètement face à un chaton, Chi est pour toi. Mais si tu n’assumes pas vraiment, noël tombe à point nommé.
Tu as sûrement dans ta famille un petit qui apprend à lire depuis quelques mois, et qui aime déjà certains animés mangas. Tu peux donc lui offrir Chi, et le lui piquer un petit moment pour le dévorer aussi (en plus ses parents seront sans doute ravis de découvrir que le manga, c’est aussi des trucs mignons, pas que des histoires pleines de baston).

Clairement jeunesse, donc, mais incroyablement kawaïï, Chi, c’est l’histoire d’un petit chaton qui, en s’éloignant de sa mère, se perd, et est recueilli par une famille. Il va donc petit à petit s’habituer à ce nouvel environnement, et apprendre la vie en tant que petit chat domestique.

Pas de grand scénario ni d’intrigue incroyable donc, Chi étant d’abord un manga pour les petits. Mais un vrai univers tout choupinou.

Chi, Une vie de chat, Tome 1 sur Amazon

Petit bonus : le collier Chi !

Quai d’Orsay

5 décembre 2010  |  Séléction Angoulême 2011

Christophe Blain est connu, notamment, pour Gus, une bd composée de strips plus ou moins longs, mais toujours hilarants, racontant le quotidien d’un cow boy un peu loser.

Il reprend cette construction sur Quai d’Orsay, mais s’associe à Abel Lanzac, qui fut conseiller dans un ministère, pour raconter avec humour le quotidien de ce monde très fermé.

Arthur est embauché pour s’occuper ‘des langages’ au sein du ministère des Affaires Etrangères. Sa mission, écrire les discours du ministre. Mais déjà que la tâche en soi n’est pas simple, il va vite s’apercevoir que TOUT LE MONDE met son grain de sel dans l’affaire, et il va vite se retrouver à modifier son discours au fil des conseils donnés par un peu n’importe qui, et à suivre les directives aussi vagues que farfelues de son Ministre. Car Alexandre Taillard de Worms est des ces hommes au charisme si fort que tout le monde le suit, même si personne ne comprend jamais où il veut en venir. Et le pire dans tout ça, il s’avère qu’au final il a quasiment toujours raison.

Drôle et farfelu, Quai d’Orsay nous plonge dans le quotidien en ébullition de cette phase cachée du Pouvoir. Certaines scènes sont aussi absurdes qu’hilarantes, et la bd nous fait réfléchir sur tout l’envers du décor. Passionnant et surtout complètement barré , mais peut-être pas autant que ceux qui nous dirigent.

Quai d’Orsay Tome 1 : Le Conseiller sur Amazon