La mélodie de Jenny et Sous un rayon de soleil – Les trésors de Tsukasa Hojo

24 juillet 2013  |  Manga

De Tsukasa Hojo, on connait surtout City Hunter et Cat’s Eye. Mais à côté de ces séries bourrées d’action, il est aussi l’auteur de récits pleins de sensibilités. L’éditeur Ki-oon a décidé de consacrer une collection à ses recueils d’histoires courtes et petites séries sous le titre ‘Les trésors de Tsukasa Hojo’. La mélodie de Jenny et Sous un rayon de soleil sont les deux premiers titres à en faire partie. Déjà édités en France il y a un petit moment, ils ont ici été retraduits et augmentés de quelques pages en couleurs. L’occasion de découvrir ou re-découvrir cet auteur culte.

La mélodie de Jenny

Dans ce recueil, on découvre trois histoires courtes liées à la Seconde Guerre Mondiale. On croise un adolescent qui s’apprête à devenir pilote dans l’armée japonaise, alors que celle-ci, acculée, décide d’avoir recours à des kamikazes, quatre enfants qui s’échappent du centre où le gouvernement les a placés, et qui croisent sur leur chemin un prisonnier américain en fuite, et enfin un jeune joueur de base-ball japonais repéré par un recruteur américain, juste avant guerre.

Dans ces trois histoires pleines d’émotions et richement documentées, le mangaka ne cherche pas à dresser une liste de faits historiques. Il préfère se pencher sur les destins d’hommes, de femmes et d’enfants, qui voient leur vie bouleversée par la guerre. L’occasion d’aborder avec finesse la thématique des kamikazes, de parler des centres où de nombreux enfants vivaient dans des conditions très dures, et de montrer les relations américano-japonaises à l’époque, non pas sous l’angle politique ou militaire, mais sur le plan humain.

On retrouve avec plaisir le dessin de Tsukasa Hojo, son talent de mise en scène et ses personnages pleins de caractère et d’énergie, dans des histoires tristes et belles à la fois.

Sous un rayon de soleil

Sarah et son père arrivent dans une nouvelle ville, et y installent leur campging-car-boutique. Le père de Sarah est fleuriste. Mais la jeune fille n’est pas tout à fait ordinaire : elle a le don de communiquer avec les végétaux, et c’est pour que personne ne découvre cette particularité que la petite famille déménage souvent. Cette fois-ci, elle va faire la rencontre de Tatsuya Kitazaki, un garçon de son âge, déterminé à abattre un arbre qu’il juge responsable de l’accident qui a fait perdre l’usage de ses jambes à sa petite sœur.

Sous un rayon de soleil oscille entre récits de la vie quotidienne et fantastique. On suit ce duo père-fille, improbable et pétillant, et de chapitre en chapitre, Sarah est amenée à résoudre les problèmes des plantes, et des humains qui l’entourent pas la même occasion. C’est une histoire pleine de délicatesse, d’humour et de bonnes ondes.

Là encore, le dessin plein d’expressivité de Tsukasa Hojo fait mouche, et l’on s’attache instantanément aux personnages, que l’on suivra avec plaisir durant trois volumes.

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Les 20 meilleures bd du premier semestre 2013

18 juillet 2013  |  Non classé

L’autre jour, pour m’amuser, j’ai fait un point sur mes plus gros coup de cœur du début d’année question sorties bd (il en faut peu pour m’amuser, oui je sais). Et je me suis rendue compte que la liste était déjà tellement longue pour seulement six mois que si j’attendais décembre et mon traditionnel best-of annuel, l’article serait mille fois trop long. Et puis, j’ai pensé qu’avec l’été, les vacances et les après-midi en terrasse ou sur la plage, vous alliez avoir plein de temps pour bouquiner. C’est là que je viens à votre rescousse. Quelles sont, parmi les innombrables sorties de ces six derniers mois, celles qui méritent le plus d’accompagner vos moments de farniente au soleil ? Petite revue de mes plus gros coups de cœur !

On commence avec les mangas

- Mon préféré parmi les préférés cette année, que j’accueille le sourire aux lèvres à chaque sortie, c’est Barakamon de Satsuki Yoshino. Barakamon, c’est le mélange inattendu de Yotsuba& ! et de Manabé Shima. L’histoire d’un jeune calligraphe qui part sur une petite île du fin fond du Japon, et y découvre le quotidien des campagnes japonaises. C’est joli, drôle, plein de bonnes ondes. Typiquement le genre de titre qui fait un bien fou au moral.

- Côté shojo, j’ai adoré le très drôle et décalé No Longer Heroine de Momoko Koda, où Hatori se rêve héroïne du shojo de sa propre vie, mais n’en est malgré elle que le personnage secondaire.

- Côté seinen, l’éditeur Ki-oon est une valeur sûre, et Warlord marque le retour du dessinateur Kim Byung Jin, sur un scénario de Kim Sung Jae (avec qui il travaillait déjà sur Chonchu). Cette saga de dark fantasy offre des scènes de combat d’une beauté à couper le souffle.

- Le shonen le plus cool du semestre est… français. Avec Lastman, Balak, Bastien Vivès et Mickaël Salanville signent une des grosses surprises de cette année. Redoutablement efficace, Lastman est bourré de références et de clins d’œil, et ne nous laisse pas une seconde de répit.

Côté comics, deux gros coups de cœur

 

- Saga, une épopée SF originale, dense et très bien écrite par l’ultra talentueux Brian K Vaughan et dessinée par Fiona Staples

- American Vampire, série scénarisée par Scott Snyder et Stephen King, avec Rafael Albuquerque au dessin. Quand une crapule du Nouveau Continent est transformée en vampire, cela donne une nouvelle espèce plus coriace que tout ce que le monde avait connu jusque là… Ce titre est à la fois beau, sombre, drôle et explosif.

Les séries terminées

Si vous n’aimez pas commencer une série en cours parce que vous détestez la frustration, en voici deux qui viennent de s’achever.

- Le si joli Beauté (3 tomes), conte de fées brillamment écrit par Hubert, et superbement dessiné par les Kerascoët, qui nous en mettent pleins les yeux à chaque case.

- Le temps est également venu de dire au revoir à Courtney Crumrin (6 tomes). Cette merveilleuse série signée Ted Naifeh met en scène une petite apprentie sorcière au caractère bien trempé, dans un monde peuplé de freaks et de créatures magiques qui rappelle le Tim Burton de la grande époque.

Premiers tomes et one shot

Votre sac de plage ne peut contenir qu’une seule bd ? vous avez le choix entre début de série et histoire complète.

- Le très beau Whaligoë (qui sera un dyptique, scénarisé par Yann et dessiné par Virginie Augustin) qui oscille entre polar et fantastique et nous fait visiter l’Écosse du XIXème siècle.

- Le premier tome de l’adaptation bd très réussie de la saga Millenium. Signée Sylvain Runberg, elle offre une véritable relecture de l’histoire, et le dessin de José Homs est absolument superbe. Chaque volume du roman sera découpé en deux tomes de bd.

Côté one shot, deux vrais bijoux :

- Blackface Banjo, signé par le magicien Frantz Duchazeau qui fait s’échapper musique et personnages de chacune de ses cases et nous raconte l’histoire d’un mendiant unijambiste qui connait la gloire et les désillusions à l’époque des minstrel show.

- Temudjin, par Antoine Ozanam et Antoine Carrion, fiction qui s’inspire de l’Histoire et imagine le destin d’un nouveau Gengis Khan, dans un monde entre fantastique et réalité, clans en guerre et légendes mongoles.

Les valeurs sûres (Métamorphose + Label 619)

Celles et ceux qui me lisent depuis un moment sont déjà au courant, j’éprouve un amour immodéré pour la collection Métamorphose chez Soleil et le Label 619 chez Ankama. Si leurs univers sont très différents, ils offrent l’un comme l’autre une vraie bouffée d’air frais dans le paysage bd actuel, avec des titres géniaux, des auteurs ultra talentueux, un ton différent et même un soin tout particulier apporté à l’objet. Ce ne sont pas simplement d’excellentes bd (ce qui est déjà très bien) ce sont aussi de beaux livres, de ceux qu’on aime posséder, pour les lire, les relire, et en admirer les moindres détails. Aucune surprise vis à vis des sorties de ces derniers mois : elles sont toutes géniales.

- Chez Métamorphose, c’est parti pour deux jolies balades en forêt. Que vous la préfériez grouillante, organique mais pleine de poésie avec le si beau Dans la forêt de Lionel Richerand ou un peu folle et sublime avec Chemin perdu d’Amélie Fléchais, une chose est sûre, vous en ressortirez avec des yeux d’enfant émerveillés.

Et si pour changer des bd vous avez envie d’un joli livre illustré, le deuxième coffret des Comptines Malfaisantes de Billy Brouillard par Guillaume Bianco et le superbe Jour de la Licorne de Man Arenas (dans l’univers de Yaxin) seront parfaits à dévorer sous la couette tard le soir. Vous avez déjà tout lu et vous en voulez encore plus ? Pour patienter jusqu’à la sortie toute proche du troisième et dernier tome d’Eco, il y a Cœur de Pierre, paru dans la collection jeunesse de l’éditeur Delcourt, où l’on retrouve les incroyables dessins de Jérémie Almanza, pour une histoire d’amour douce amère, où un cœur d’artichaut se frotte à un cœur de pierre.

- Au Label 619, c’est l’avalanche de tueries. Des suites d’abord, avec l’impeccable tome 4 de Mutafukaz., Run livre ici une histoire encore plus explosive, barrée, et géniale que les déjà très bons précédents opus. Il y a aussi le deuxième tome de The Grocery, où se croisent pleins de personnages géniaux pour une plongée addictive dans les coins les plus malfamés de Baltimore, imaginée par Aurélien Ducoudray et dessinée par l’ultra talentueux Guillaume Singelin. Sans oublier le tome 2 de Monkey Bizness par ElDiablo et Pozla, aussi merveilleusement hilarant que son prédécesseur. Les animaux ont évolué suite au quasi anéantissement de l’espèce humaine, et le résultat n’est pas joli-joli.

Les deux spin-off de Freaks’ Squeele ont également marqué le début d’année. Si Freaks’ Squeele est très vite devenue culte,  un spin off reste toujours une prise de risque.  Mais Rouge et Funérailles sont vraiment excellents. Florent Maudoux reste seul aux commandes de Funérailles, sur les origines du personnage, mais a par contre confié le dessin de Rouge, qui raconte l’adolescence de Xiong Mao, au talentueux Sourya. Funérailles est aussi sombre que Rouge est lumineux, et si les différentes séries sont très éloignées les unes des autres dans leur ton, on y retrouve les ingrédients qui composent la formule magique qui a fait le succès de Freaks’ : un vrai talent de conteur, de l’humour, de l’action, des références et clins d’œil en pagaille, un dessin superbe, et un univers dense et fascinant. Et pour celles et ceux qui ont déjà tout dévoré parmi les dernières parutions des auteurs 619, un petit bonus : le très très beau Adrastée, par Mathieu Bablet, qui avait précédemment sorti la Belle Mort au sein du label. Publié, toujours chez Ankama mais dans la collection Étincelles, ce premier tome (d’un diptyque) nous emmène sur les pas d’un roi maudit, qui traverse la Grèce et croise de nombreux personnages et créatures mythologiques.

Et voilà ! 20 bandes dessinées (et deux livres illustrés en bonus) garantis excellentes. Reste à espérer que le second semestre soit aussi généreux en jolies surprises. Et vous, quels sont les titres qui ont su conquérir votre cœur ces derniers mois ?

Black Bard tome 1

15 juillet 2013  |  Manga

Black Bard parcourt le monde avec pour seul compagnon sa harpe en or. Il chante à qui veut l’écouter des chansons qui touchent l’âme et le cœur.

Cette série, dont le premier tome est paru il y a un petit mois chez l’éditeur Tonkam, met en scène ce jeune ménestrel qui évolue dans un univers de fantasy, et fait de nouvelles rencontres dans chaque ville. Il règle les problèmes des uns et des autres par la seule magie de ses chants. Chaque chapitre est une nouvelle aventure, et l’histoire commence alors qu’il pénètre les terres de la reine-sorcière, qui offrira ce qu’il voudra à celui qui saura la divertir…

Black Bard est  plutôt un recueil d’histoires courtes qu’une grande saga, mais le titre nous plonge dans un monde complet imaginé par son auteur, où l’on croise des magiciens, des pirates…On s’y promène avec le héros, et l’on fait la connaissance de nombreux personnages hauts en couleur.

Le dessin est beau, tantôt sombre, tantôt lumineux selon les aventures, et le titre se révèle vraiment plaisant à lire.

Black Bard tome 1

Homeland Directive et American Vampire tome 1

11 juillet 2013  |  Comics, Coups de coeur

Urban Comics s’est très vite  fait une réputation d’éditeur sérieux et cool, et chaque nouvelle publication est une preuve de plus qu’ils font du bon boulot. Les titres édités sont toujours excellents, l’objet en lui-même est soigné, la traduction de qualité, et presque tous leurs livres s’achèvent par un petit cahier graphique, avec souvent des explications des auteurs sur la genèse de l’œuvre ou un making-of.

En juin, deux nouveaux très bons titres venaient s’ajouter à la longue liste des bonnes surprises que l’on peut faire chez Urban : le one-shot Homeland Directive et le premier tome d’American Vampire.

Homeland Directive

Laura Regan est chercheuse, spécialisée dans les maladies infectieuses. Alors qu’elle vient tout juste d’intervenir dans une conférence, un policier lui apprend que le collègue avec qui elle travaillait en binôme a été assassiné. Si la nouvelle l’assomme, elle n’a pas encore conscience qu’elle se retrouve au centre d’une conspiration d’envergure nationale, et que ce premier drame n’est qu’une des pièces du puzzle.

Robert Venditti et Mike Huddleston signent ici un thriller politique qui ravira les adeptes de la théorie du complot, mais pas que. Dans Homeland Directive, les différents services gouvernementaux agissent les uns contre les autres, et il devient vite difficile de savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants. Laura Regan, elle, n’a pas le droit à l’erreur, surtout que ça n’est pas seulement sa vie qui est en jeu. Pendant qu’elle se planque pour sauver sa peau, les malades affluent dans plusieurs hôpitaux du pays, et la brillante chercheuse est peut-être leur seule chance de rémission.

Le scénario passe d’un personnage à l’autre, d’un camp à l’autre. On découvre peu à peu, à peine avant Laura, qui tire les ficelles de cette machination, et pourquoi. Ancré dans un contexte des plus actuels, l’histoire nous interroge aussi sur cette ambivalence entre notre désir de liberté et notre besoin de sécurité. Comment concilier les deux ?

Si l’histoire est passionnante, la plus grande force de ce récit, c’est sans doute le traitement graphique de Mike Huddleston, brillant, moderne et incroyablement efficace. Il a associé un style graphique à chacun des personnages principaux, à chaque environnement, et son dessin tout comme la colorisation changent radicalement d’un lieu à l’autre. Très troublant au départ, cela finit pourtant par rendre le récit encore plus immersif. Tantôt flou tantôt très précis, chaleureux ou glacial, lumineux ou sombre, il s’amuse et donne tout à coup à l’illustration un rôle narratif qui dépasse presque celui des mots.

Homeland Directive se révèle être un excellent thriller, et l’on retrouve avec plaisir un cahier de croquis pour conclure l’ouvrage, où l’on découvre les recherches de Mike Huddleston concernant les différents personnages, et un pas à pas très intéressant sur la construction de la couverture.

American Vampire tome 1

Scott Snyder, talentueux scénariste qui a notamment signé l’excellent Batman, la Cour des Hiboux, avait envie de rendre leurs lettres de noblesses aux vampires. Parce que si aujourd’hui ils jouent les jolis cœurs tourmentés et scintillent au soleil dans des blockbusters américains, il ne faudrait pas oublier qu’ils sont d’abord d’effrayants monstres qui se repaissent du sang de leur proie. Et Scott Snyder a eu envie d’aller encore plus loin, car après tout on peut bien imaginer que les vampires sont sujets aux mêmes lois que toutes les autres espèces et que parfois, ils évoluent.

Skinner Sweet est un bandit de la fin du XIXème siècle. Alors qu’il tente de s’évader du train qui l’amène vers son exécution, il est laissé pour mort par un vieux vampire venu d’Europe. C’était une vraie crapule, il est désormais le premier vampire américain. Et il est un peu différent de ses prédécesseurs.

Pour imaginer les origines du vampire Skinner Sweet, le vampire qui résiste au soleil (et deux-trois autres trucs cool), Scott Snyder s’est associé à un petit auteur au talent prometteur : Stephen King, qui fait ici ses premières armes dans le scénario de bd. Si l’idée originale est de Snyder, les deux auteurs se sont partagés l’écriture de ce premier tome. Stephen King a imaginé les origines du personnage, Scott Snyder l’amène 45 ans plus tard, en 1925, alors qu’il croise la route d’une jeune actrice pleine de rêves et d’ambition, Pearl Jones. Le dessin est lui confié à Rafael Albuquerque.

Ce comics, forcément sanglant, est un vrai régal. Sombre, violent, mais qui n’oublie pas d’avoir un scénario solide et passionnant. Les auteurs nous rappellent que les vampires ne sont pas vraiment une bande de mecs sympas. Si American Vampire est à vivement déconseiller aux âmes sensibles, les cadavres s’empilant plus vite que l’on ne tourne les pages, pour les autres, vous auriez tort de passer à côté. C’est drôle, explosif, effrayant, et survolté, en un mot : jubilatoire. On sent que le trio s’est fait plaisir, en mêlant les genres, du western au polar, saupoudré de littérature vampirique, et imaginant ce que donnerait un vampire version Nouveau Continent. Le dessin de  Rafael Albuquerque est beau, bourré d’énergie, et sa colorisation laisse toute la place qu’il mérite au noir. Le traitement graphique n’est pas exactement le même entre les chapitres qui se déroulent en 1880 et en 1925, assez différent pour qu’on comprenne tout de suite à quelle époque on a affaire, mais suffisamment proche pour que la lecture reste vraiment fluide (des choix totalement différents entre Homeland Directive et American Vampire donc, mais qui montrent l’un et l’autre comment le dessin et les choix qui y sont liés jouent un rôle capitale dans une bonne narration).

A nouveau, les petits bonus de fin sont la cerise sur le gâteau : une postface de Scott Snyder (la préface étant signée Stephen King), toutes les couvertures des fascicules sortis aux États-Unis, et quelques croquis de recherche. Et encore un truc cool : ce premier tome est vendu 10€ jusqu’au 31/12/2013 (puis passera à 17.50€). Une raison de plus de craquer.

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Green Blood tome 1

9 juillet 2013  |  Coups de coeur

Décidément, l’éditeur de mangas Ki-oon sort actuellement plein de très bonnes nouveautés. Avec Green Blood, départ pour le Manhattan de la fin du XIXème siècle, avec un seinen sombre et violent, mais aussi passionnant.

Luke et Brad Burns sont deux frères d’origine irlandaise qui vivent comme ils peuvent dans le quartier de Five Points, un bidonville où échouent les immigrés les plus pauvres. Si Brad, l’ainé, ne semble pas très motivé pour trouver un travail, Luke, lui, s’épuise chaque jour sur les docks pour quelques cents. Aussi bon qu’il est courageux, il s’efforce de venir en aide à tous ceux qu’ils croisent, et continue, malgré la misère, de croire que leur vie sera bientôt plus belle.

Dans Five Points, politiciens et policiers se font allègrement graisser la patte, et la loi est dictée par le gang qui sera le plus puissant. Ce que le doux et bon Luke ignore, c’est que la nuit venue, Brad devient le Grim Reaper, un tueur à gage sans état d’âme à la solde des Graves Diggers.

Green Blood nous plonge dans les recoins sombres d’une Amérique pas si lointaine, où les immigrés irlandais, qui pensaient trouver une vie meilleure en s’installant sur le nouveau Continent, déchantent bien vite. Misère, criminalité et prostitution deviennent leur quotidien, leur laissant, au mieux, le choix entre se tuer à la tâche pour des petits boulots ingrats et mal payés, ou bien intégrer un gang et devenir voleur ou assassin. Richement documenté, ce titre signé Masasumi Kakizaki nous entraine dans les ruelles malfamées de ce ghetto où la violence s’insinue partout. Du dock à leur petit appartement, des postes de police au bordel, on suit tour à tour le lumineux Luke, et le sombre Brad, visite guidée aussi violente que complète de Five Points.

En plus des deux frères, on croise dans ce premier tome de nombreux autres personnages, touchants comme la douce Emma, ou répugnants comme Kip, le fils du chef des Grave Diggers.

Le dessin est très beau, tout en finesse, et la colorisation laisse une large part au noir qui dévore les cases, conférant une atmosphère encore plus angoissante à l’histoire. Régulièrement, des pleines pages belles et violentes rythment le récit, comme une pause. Car Green Blood prend son temps, et même si de nombreux destins se croisent, les dialogues et les moments de réflexions prennent souvent le pas sur l’action.

Qui est vraiment Brad ? Un tueur dénué de toute humanité ou un grand frère aimant ? Qu’est-ce qui anime une telle rage en lui ?

Cette série en 5 tomes s’annonce aussi dense que prenante, et ce premier tome n’augure que du bon pour la suite.

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