La tête en l’air

La tête en l’air, c’est en fait la réédition d’un roman graphique de Paco Roca, précédemment intitulé Rides, et adapté depuis en film d’animation sous le titre Arrugas. Le film a d’ailleurs reçu de nombreux prix et sort ce mois-ci en France.

Si Delcourt le réédite aujourd’hui, c’est parce que ce petit bijou de sensibilité n’a pas eu le succès mérité…Voici donc une nouvelle occasion de découvrir cette bande dessinée qui traite d’un sujet rarement abordé, la sénilité.

Ernest n’est plus tout jeune et commence à perdre la tête. Sa famille n’arrive plus à s’en occuper comme ils le voudraient, et il part donc vivre en maison de retraite. C’est tout un univers et un nouveau mode de vie que le vieil homme doit apprendre. Il y rencontre les autres pensionnaires, et son voisin de chambre lui en dit plus sur la vie dans ce lieu si étrange. Ernest vit au rez-de-chaussée, chez les valides. Il a l’impression d’aller bien d’ailleurs, quelques petites absences tout au plus. Mais lors d’un rendez-vous avec le médecin, ce dernier est formel, il est atteint de la maladie d’Alzheimer et sa mémoire va se dégrader progressivement. Bien décidé à garder le contrôle de sa vie, il tente d’échapper à son pire ennemi : le temps.

Paco Rocca signe ici une bande dessinée magnifique, pleine de tendresse pour ces petits-vieux qui perdent progressivement la tête. Pour écrire son histoire, il a passé de longs moments dans des maisons de retraite, observant, discutant, et il en a tiré des personnages plus vrais que nature. Parfois très dur, car le sujet n’est pas vraiment drôle, l’auteur parvient cependant à nous faire sourire, sans jamais manquer de respect aux pensionnaires de sa bd. Il leur porte au contraire un regard vraiment emplit de tendresse, ils sont tous attachants. Et puis ce ne sont pas ‘juste’ des petits vieux. Ils ont un passé, une histoire, des gens qu’ils aiment, mais aussi un caractère et une réelle envie de continuer à profiter de la vie, à leur manière et à leur rythme. Le dessin est lui aussi doux et touchant.

Une bande dessinée très émouvante, qui rend hommage à nos petits vieux et parle d’Alzheimer sans tabou ni mélodrame.

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La Grande Evasion – Fatman

2 janvier 2013  |  Nouveautés de la semaine

La Grande Évasion, c’est une série de one-shot publiés chez Delcourt, sur le thème de l’évasioncarcérale (un des concepts Delcourt, qui est de compiler des titres, toujours  des histoires complètes en un seul tome sur un thème donné, du chiffre 7 au signe du Zodiaque, en passant par l’évasion, donc). Après VOID 01, que j’avais eu l’occasion de chroniquer (il y en a eu d’autres), celui qui sort cette semaine, c’est Fatman. Un titre très différent du précédent, puisqu’on passe de la SF à quelque chose de très réaliste, mais qui est tout aussi cool.

Carl est un homme à priori sans histoire qui vit chez une petite mamie en Angleterre. Mais c’est aussi un homme célèbre, car il a réussi à s’évader de prison et a même écrit un livre. sa logeuse est d’ailleurs la seule à lui avoir donné une chance de vivre une vie paisible, désormais. Mais son petit train-train se retrouve chamboulé quand deux américains viennent lui proposer un boulot sans trop lui donner le choix de refuser. Il doit venir avec eux et faire évader un ancien patron du Crime vieillissant, sur la demande de son frère. Mes les deux gus charger de ramener le bonhomme à son nouvel employeur doutent un peu que cet immense obèse du genre mutique soit un vrai maître de l’évasion…

Cette bd ressemble à un film d’action américain, avec des personnages assez stéréotypés, pas mal d’action, mais surtout un scénario qui réserve bien des surprises. C’est une histoire complète vraiment plaisante à lire, Carl, le héros, est intéressant, et les magouilles qu’on découvre au fur et à mesure changent la donne presque à chaque page.

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L’immeuble d’en face

L’immeuble d’en face est une très très jolie série en trois volumes, publiés entre 2004 et 2010 chez l’éditeur la Boîte à Bulles. Son auteure, la talentueuse Vanyda, a su développer un style très délicat et personnel, en s’inspirant du meilleur du franco-belge et du manga. Cette semaine sort une belle intégrale de la série. Une idée de cadeau pour noël, à offrir ou à se faire offrir, pour découvrir cette série si particulière et riche en émotion.

C’est l’histoire d’un petit immeuble. Au premier, Béatrice, jeune maman célibataire, avec son fils de 4 ans, Rémi, et qui attend son deuxième enfant pour très bientôt. Au deuxième, Jacky et Fabienne, un couple de quarantenaires un peu abimé par le temps. Et puis au troisième et dernier étage il y a Claire et Louis, deux jeunes amoureux, ensemble depuis le lycée.

Chacun avance dans la vie, et les personnages se croisent aux grès des pages et des situations plus ou moins anodines que se plait à inventer Vanyda. Il y a de l’amour, de la rancoeur, des secrets, des non-dits, des petits bonheurs aussi. Car elle sait comme personne raconter les petits riens, consacrer un strip entier à l’élaboration d’une tasse de thé, et dire beaucoup de choses en une seule case, en un seul regard. Béatrice essaie d’avancer dans sa vie, même si ça n’est pas toujours évident, Jacky et Fabienne ont Gypsy, leur chien, comme un fil ténu qui les relient à leur passé, à leurs souvenirs, et puis Claire et Louis, eux, sont à un cap de leur vie où ils deviennent des adultes, avec toutes les remises en questions que cela amène.

Difficile d’en dire trop, en fait, de peur de gâcher la magie que glisse Vanyda sur ses pages, quand elle dessine. Son trait d’ailleurs, comme son histoire, s’affine et gagne en profondeur au fil des chapitres. Ses personnages grandissent en même temps que son talent, déjà si présent au départ mais indiscutable à l’arrivée. Elle raconte ses personnages, mais leurs histoires intimes sont aussi universelles. Ils traversent au fil des presque 500 pages de cette intégrale beaucoup des épreuves ou des expériences qui bousculent nos vies. La naissance, l’amour, le désir, le deuil, le doute, tant d’autres encore.

Son trait est simple mais aussi très élégant. Il dénote toute sa sensibilité. Ses personnages sont beaux, tout autant que touchants. Sa bd est en noir et blanc, très épurée, laissant toute la place aux émotions, aux expressions, aux dialogues.

Pour ma part, cet Immeuble d’en face est un énorme coup de cœur. Une de ces bd qui nous marquent, nous changent un peu. Chacun de ses personnages finit par faire partie de nous, comme un ami. Vanyda mérite vraiment d’être plus connue, elle fait partie, à n’en pas douter, des auteurs les plus talentueux de la bd actuelle.

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Kalimbo tome 1 – Mata Mata

Kalimbo est un vieil éléphant, sage, puissant. Sentant son heure arrivée, il s’éloigne de sa tribu, pour partir, seul, rejoindre ses ancêtres. En chemin il croise son vieil ami Makussa, un lion, qui décide de l’accompagner un peu. Ils évoluent lentement, n’ont plus grand chose à perdre ni à attendre de la vie. Et puis ils croisent Mata-Mata, un jeune zèbre qui a perdu de vue sa tribu.  Seul, il est condamné à mort, surtout qu’il n’est pas très dégourdi. Alors ils vont l’accompagner un peu, le temps qu’il retrouve les siens…

Cette bd est vraiment une très bonne surprise. Une histoire complète (mais un tome 1 qui induit d’autres futures aventures) prenante, des personnages vraiment cool, des dialogues pleins d’humour, et un dessin absolument magnifique. On est vraiment plongé dans la savane, et les animaux y sont superbement représentés. La mise en couleur est elle aussi très belle. Les auteurs ont créés une histoire, mais en s’inspirant des vrais traits de caractères et spécificités de chaque espèce. On pense forcément au Roi Lion de Disney, et que ce soit graphiquement ou dans le scénario, ceux qui ont aimé l’un seront je pense charmés par l’autre. Une belle aventure, simple mais pleine d’émotions.

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Mako tome 1

3 novembre 2012  |  Nouveautés de la semaine

Romain, un ancien de la DGSE, s’est fait doubler par son coéquipier lors d’une mission prometteuse, et vient de passer un moment en prison. Alors qu’il s’apprête à être libéré pour bonne conduite, son compagnon de cellule lui propose un plan pour avoir enfin son vengeance. Sa sœur sait où se planque le traitre, mais en échange, elle veut qu’il l’aide à réaliser un casse qui semble aussi facile que très lucratif…

Mako est un polar vraiment bien foutu, où l’on ne sait très vite plus discerner qui sont les gentils et les méchants, les traitres et les relations de confiance, et où, en tout cas, personne ne semble très disposé à jouer franc jeu. Le héros n’est ni un gangster de haut vol, ni un super héros. Juste un mec plutôt malin qui veut sa vengeance et qui ne pourra se fier qu’à son instinct pour s’en sortir au mieux. Graphiquement, le trait de Boris Beuzelin a un côté rétro qui colle parfaitement à l’histoire, et la mise en couleur, sombre mais belle aussi, sert parfaitement l’ambiance.

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