États-Unis, dans un futur proche. Le territoire autonome de Détroit Michigan. La population est sous le joug d’Ike Mercy, dont la seule voix lui permet de tous les assouvir.
Mais cela pourrait bien changer. En tout cas c’est la mission de quatre enfants, chargés de tuer le leader.
Ces 4 enfants ne sont pas aussi fragiles qu’ils en ont l’air. Ils sont dotés de pouvoirs surpuissants, qui pourraient bien leurs permettre de mener à bien leur expédition. Mais ces pouvoirs ont un revers, chaque fois qu’ils les utilisent, ils vieillissent prématurément. Reste à savoir s’ils survivront suffisamment longtemps…
Violent et dense, 2021 est assez surprenant. On suit ces quatre personnages qui, bien que soldats, ont l’innocence et la candeur des enfants qu’ils ne seront bientôt plus. Difficile de discerner le bien du mal, les gentils des mauvais. Si ces quatre là n’ont été créés que pour mener ce but, les différentes puissances qui tirent les ficelles ne sont pas forcément dans le camps qu’on lui suppose…
Cette bd de SF a en même temps un côté rétro, par ses personnages un peu freaks. Dans une ambiance de guerre civile, où l’on discerne difficilement le vrai du faux, ces quatre héros qui sont de toute façon destinés à une fin cruelle avancent, pour obéir à celui qu’ils appellent Father…
Staz est un vampire. Et sous ses airs de no life faignant, il est le chef d’un des territoire du monde des démons. Car sous ses airs de semi loque, Staz est incroyablement puissant.
Mais la baston ne l’intéresse pas spécialement. Sa passion, à lui, c’est le monde des humains, et plus particulièrement un pan de la culture japonaise. Il dépense des fortunes pour acquérir mangas, figurines, jeux vidéos…et est à la limite de disjoncter quand un de ses sous-fifres lui ramènent une humaine, qui plus est japonaise, qui a atterrit par accident dans le monde des démons.
Malheureusement pour Staz (et pour la jeune demoiselle surtout), celle-ci se fait bouffer avant qu’il ait pu l’abreuver de question. Car oui, en plus d’être passionné par les humains, boire leur sang ne l’intéresse pas du tout. Mais devant cette fille-là, il a ressenti quelque chose d’étrange, et devant son squelette, il se sent complètement abattu.
Mais elle n’a pas complètement disparu, elle s’est transformé en fantôme.
Staz décide alors de tout faire pour l’aider à ressusciter. Pas forcément par gentillesse d’ailleurs…il se surprend lui-même, mais il a très envie de boire son sang…
Drôle, assez crétin, et parsemé de scènes de bastons, Blood Lad est une très bonne surprise. Graphiquement très sympa (dans un style assez proche de Soul Eater), l’histoire est originale et rythmée. On passe du monde des démons à celui des humains, et on découvre des deux côtés de nombreux personnages. Un bon petit shônen, rigolo et qui démarre bien.
Alice du Pays des Merveilles court gaiement derrière son pote le Lapin Blanc. puis tout à coup, c’est le drame. Elle tombe dans un trou (encore, décidément cette Alice quelle maladroite). Et la voilà qui atterrit dans une jungle hostile et pleine de singe. Pire : les singes la prennent tous pour un mec qui s’appelle Tarzan, et qui a quitté cette jungle il y a bien longtemps.
Le souci c’est qu’Alice ne va pas avoir vraiment le temps de leur expliquer leur méprise, le Tigre, nouveau roi de la forêt, est bien décidé à supprimé Tarzan avant qu’il ne lui reprenne son titre…
Je pense que ce résumé donne une idée du ton d’Alice au Pays des Singes : délicieusement crétin. Bourré de rebondissement, c’est le genre de bd complètement absurde qui fait du bien. On suit donc la fuite d’Alice, aidé par le singe Mandrill, qui finit par la croire quand elle dit qu’elle n’est pas Tarzan, pour essayer de rentrer chez elle avant que le Tigre ne tombe sur elle. Dans sa course, elle croisera pleins de singes, un vieux lord anglais très sympa, une plante carnivore en mal d’aventures, et d’autres encore…
Tebo (Captain Biceps) signe ici un titre tout public drôle et déchainé. La pauvre petite Alice n’a pas trente seconde de répits (mais elle se fait pleins de potes, ça compense). Au dessin, le très très talentueux Keramidas (Luuna) mélange les signes et rend en plus cette aventure superbe à regarder. La forêt est magnifique, et le Tigre majestueux…La course poursuite est donc également une très jolie balade pour les yeux.
Rigoler et en prendre pleins les mirettes, que demander de mieux ?
Alice au pays des singes (avec les première pages en lecture, et, petit bonus, 10 albums dédicacés seront glissés parmi les précommande passées jusqu’au 30 avril sur Amazon)
Cortés et son armée t débarqué en Amérique pour l’Espagne, mais l’homme est bien plus motivé par les richesses qu’il peut acquérir pour son compte personnel que par un quelconque amour pour son roi. Profitant du fait qu’aux yeux du peuple aztèque, lui et ses soldats sont des envoyés des dieux, tout puissants et immortels, sa soif de pouvoir n’a pas de limites.
Cette fois-ci, c’est après le trésor de l’empereur Moctezuma qu’il en a, et pour l’obtenir il envoie une équipe hétéroclite, composée des meilleurs de ses hommes…Et dirigée par une femme. Parmi les membres de ce groupe, il y a Hernando Royo, un soldat que rien ne semble arrêter, surtout pas les états d’âme…Mais on ne s’attaque jamais sans conséquence à des dieux puissants…
Cette bd d’aventure, pleine de rebondissements, teintée de fantastique, nous plonge dans l’Histoire. Le dessin est beau, et les personnages différents et intéressants.Les apparences sont souvent trompeuses, et on est tout de suite happé par cette mission qui n’a rien d’innocent. Reste à savoir qui des dieux ou des hommes sont les plus dangereux…
Marion et sa mère ont quitté leur vie parisienne pour emménager dans la maison familiale, après le décès de sa grand-mère. Depuis sa séparation, sa mère a besoin de changer d’air. L’adolescente s’adapte avec curiosité à sa nouvelle vie dans ce petit village en bord de mer.
Petit à petit, elle explore les alentours de sa maison, et s’interroge sur d’étranges sculptures qu’elle croise un peu partout. Et puis il y a ce phare qu’elle aimerait bien visiter…
Cette bd est vraiment une jolie surprise. L’atmosphère d’un petit village breton est parfaitement rendu, le dessin est beau, et surtout on se plonge immédiatement dans l’histoire, et même les histoires. Cette mère qui essaie de se reconstruire et d’offrir à sa fille une vie plus saine, cette adolescente qui part à l’aventure, et tous les secrets cachés dans ce petit village tranquille . C’est aussi une histoire de famille, et notamment l’occasion pour Marion d’en apprendre davantage sur son grand-père, disparu en mer bien avant sa naissance…
Shiori se réveille après une surdose de ses médicaments contre la dépression. Comme un déclic, elle décide de quitter son mari alcoolique et de se réfugier chez sa meilleure amie, à l’époque du lycée.
Mais ce qui devait être un nouveau départ ressemble plus à une plongée en enfer. A chaque fois qu’elle veut s’en sortir, Shiori tombe un peu plus bas. Tente de se raccrocher à son entourage quand eux ne voient en elle qu’un échec. Drogue, trahisons, secte, prostitution, addictions en tout genre…L’héroïne est pleine d’une rage de vivre que le sort semble s’amuser à piétiner…
Mais si, au fond, il y avait toujours un espoir ?
La France aime le manga, et les auteurs le leur rendent bien, notamment ceux signés chez Casterman. Ainsi, Kan Takahama (notamment connue pour avoir travaillé sur Mariko Parade avec Boilet) a travaillé sur Sad Girl pour la France, et donc dans notre sens de lecture (un exercice qui ne doit pas forcément être évident).
Quoi qu’il en soit, Sad Girl est un titre fort et poignant, plein de cette lenteur nostalgique que savent si bien distiller les mangakas (je pense notamment à Inio Asano). Ils sont souvent sans concessions avec leurs héros, comme ici où l’héroïne semble destiner à devoir perpétuellement retomber encore plus bas, malgré son obstination à se relever, à continuer, à croire qu’elle a droit au bonheur. Ce titre est sombre, triste, et évoque nombres des problèmes auxquels on pense quand il s’agit de descente aux enfers, mais il est pourtant chargé d’espoir. Car Shiori est incroyablement forte, et se bat malgré tout ce qu’elle endure.
Jenny est déjà connue en France pour ses deux très bonnes séries, Pink Diary et Mathilde. Elle a réussi, avec Pink Diary, à faire du manga à la française, avec un résultat vraiment plaisant. Un beau dessin, es personnages attachants, et des thèmes propre à l’adolescence abordés sans tabou.
Avec Mathilde, elle s’est essayé avec tout autant de succès au format bd, tout en restant dans une histoire très shojo, drôle et pétillante.
La voici qui revient à ses premiers amours, format manga, avec une série de Magical Girl (le plus connu du genre : Sailor Moon). Si j’étais un peu sceptique (ne doutant pas du talent de Jenny, mais autant je suis accro aux shojos en tout genre, autant dès qu’il y a de la magie je décroche…), je suis au final vraiment conquise par cette histoire pétillante et rigolote.
Sara est une ado comme les autres, joyeuse et dynamique et qui ne ménage pas ses efforts pour que sa vie de famille conserve un tout petit peu de douceur. En effet, son père s’épuise au travail et n’est jamais là, et sa mère tient une petite librairie et vit plongée dans ses bouquins. Autant dire que le dernier repas à trois remonte à des lustres.
Pour garder un peu le contact avec sa mère, elle vient l’aider à la librairie après ses cours. C’est là-bas que sa vie va basculer (je n’en raconte pas trop sinon ça n’est pas rigolo), et que d’ado sans histoire, elle va devenir la seule à pouvoir rétablir l’équilibre de son monde. En effet, des dizaines de personnages de contes de fées se sont retrouvé parachuter dans notre univers, et si notre monde se retrouve alors en danger, c’est aussi toute la magie des contes de fées qui risque de disparaitre, puisqu’elle se retrouve dispersée dans le monde réel…
Sara, aidée d’une petite fée et de pouvoirs magiques, va devoir se retrousser les manches et faire preuve de courage et d’inventivité.
Le dessin de Jenny est toujours aussi frais et pétillant. Et si l’histoire peut paraitre très jeunesse au premier coup d’oeil, c’est plutôt une histoire pour les petites filles devenues grandes mais qui continuent d’aimer les contes de fées. Drôle et rythmé, ce manga est une excellente surprise, et j’attends la suite impatiemment (les deux premiers tomes sont sortis en même temps.
Sara et les contes perdus tome 1 sur Amazon (tome 2 également disponible)
Zodiaque est la nouvelle série de one shot de chez Delcourt (chez la plupart des éditeurs, on retrouve de plus en plus ce système qui permet de lire, au choix, un seul titre et de parfaitement le comprendre, ou d’acheter la série complète, et de découvrir ainsi une histoire plus dense). Les deux premiers tomes viennent de paraitre. Le Défi du Bélier, et le Secret du Taureau (au cas où le titre de la série n’était pas assez clair, oui il va être questions de signes astrologiques).
Cette série légèrement fantastique raconte donc une histoire différente à chaque fois, mais elles sont toutefois toutes liées.
Dans le premier tome, on suit Stephen Aries, flic de Chicago, qui enquête sur un tueur en série. Ce dernier donne des indices avant de commettre ses crimes, mais la police n’arrive jamais à l’arrêter à temps…Son surnom ? le Bélier. Mais les secrets de son passé rattrape le policier, et semble se mêler inextricablement à l’enquête, faisant de lui le principal suspect…
Dans le deuxième, John Bull est un ex trader reconverti, qui gère tranquillement la fondation qu’il a fondé grâce à sa fortune passée. Mais une jeune journaliste vient le voir, avide d’en savoir plus sur son succès aussi rapide que légendaire dans le monde de la bourse…
Si les histoires, les personnages, les lieux, semblent n’avoir rien à voir, les héros cachent bien des secrets, liés, à ce que l’on en devine à leur signe astrologique. Pour certaines personnes, notre signe astrologique en dit long sur notre caractère, mais si pour quelques élus, c’était bien plus que ça ?
Dans cette série, le fantastique se mêle au quotidien, à travers la vie de 13 personnages (il y aura les douze signes du zodiaque, plus un mystérieux).
On peut un peu regretter que le format one shot empêche un développement aussi dense que le sujet l’aurait mérité. Raconter une histoire de cette manière oblige un peu à faire l’impasse sur le développement de la psychologie des personnages. Cependant, Zodiaque reste une série agréable à lire, avec de bons scénarios et un dessin agréable. Et pour l’instant il n’y a que deux tomes, mais l’histoire pourrait bien prendre de l’épaisseur avec les suivants…
Niko et Ivan sont frères. Mais sans que les deux garçons ne sachent pourquoi, quand Niko, l’ainé, est aimé et choyé, Ivan subit la violence quotidienne de leur père. A force d’être rejeté, roué de coup, Ivan devient froid, sombre, cruel. Les deux frères vivent dans une relation étrange et compliquée, pleine de haine et d’amour en même temps.
Quand Ivan est à nouveau roué de coup, après avoir tué le chat de Niko, c’est son frère qui panse ses plaies. Ils se détestent mais en même temps, ils sont frères.
Pourtant, plus ils grandissent plus les noms dits étouffent la vie de famille. Ce n’est pas qu’Ivan que son père frappe, c’est également leur mère, qui encaisse sans broncher.
Quel secret pourri leur vie ?
Je suis le gardien de mon frère démarre à l’adolescence des deux frères, sous la forme d’un journal tenu par Niko, sur leur vie et leur relation à tous les deux. Il continue ensuite à l’âge adulte.
Cette bande dessinée raconte les liens du sang, et leur puissance étrange et violente. Car s’ils se veulent l’un l’autre du mal, ils ne peuvent s’empécher en même temps de veiller l’un sur l’autre. Reste à savoir lequel est réellement le gardien de l’autre…
Je suis le gardien de mon frère est très sombre, souvent violent. Par les yeux de l’un des deux garçons, on s’interroge sur ce qu’implique la famille, les liens du sang. Car même s’ils sont capables de nous empoisonner l’existence, on ne peut pas faire sans eux. Glaçant et prenant.
Je suis le gardien de mon frère sur Amazon (quelques pages en lecture)
J’ai pris Le Jeu vidéo entre mes mains avec le regard suspicieux de celle qui parfois n’arrive pas du tout à rentrer dans l’univers de Bastien Vivès, mais qui, d’autres fois, en ressort complètement bouleversée (comme avec Polina).
Ce titre est le premier d’une série de compilations de son blog, par thèmes, avec des inédits. Et ce premier tome est donc consacré aux jeux vidéos, à ses joueurs surtout.
Et il faut bien le dire, c’est un énorme coup de cœur (je ne lis pas, à tort sans doute, le blog de Bastien Vivès, cette lecture était donc pour moi totalement inédite).
Le dessin d’abord, est celui que l’on retrouve sur le blog. Très simple, à la manière d’esquisses, mais qui fait mouche à chaque case. Les filles sont belles en quelques traits (Bastien Vivès sait décidément dessiner les filles comme personne), et chaque personnage n’a besoin de rien de plus pour avoir de la personnalité. Et puis surtout c’est drôle, vraiment drôle. Enfin j’imagine qu’il faut aimer les jeux vidéo, mais je me suis surprise plus d’une fois à glousser sans pouvoir m’arrêter, tellement c’est exactement ça.
Bastien Vivès sait, en quelques bulles, raconter l’absurde, les contradictions des joueurs, sans jamais les tourner en ridicule. On y retrouvera forcément un peu de nous, de nos frangins, de nos amoureux, ou de toute personne de notre entourage capable de passer un weekend entier dans le noir à jouer à WOW ou Counter Strike.
Pour résumer, cette petite compil (format manga) est aussi bien qu’un paquet de Dragibus, à lire et à relire sans modération, en attendant les prochains titres (sont déjà prévus : la Famille, l’Amour, et la Blogosphère, ça promet).