Le Jeu Vidéo, de Bastien Vivès

J’ai pris Le Jeu vidéo entre mes mains avec le regard suspicieux de celle qui parfois n’arrive pas du tout à rentrer dans l’univers de Bastien Vivès, mais qui, d’autres fois, en ressort complètement bouleversée (comme avec Polina).

Ce titre est le premier d’une série de compilations de son blog, par thèmes, avec des inédits. Et ce premier tome est donc consacré aux jeux vidéos, à ses joueurs surtout.

Et il faut bien le dire, c’est un énorme coup de cœur (je ne lis pas, à tort sans doute, le blog de Bastien Vivès, cette lecture était donc pour moi totalement inédite).

Le dessin d’abord, est celui que l’on retrouve sur le blog. Très simple, à la manière d’esquisses, mais qui fait mouche à chaque case. Les filles sont belles en quelques traits (Bastien Vivès sait décidément dessiner les filles comme personne), et chaque personnage n’a besoin de rien de plus pour avoir de la personnalité. Et puis surtout c’est drôle, vraiment drôle. Enfin j’imagine qu’il faut aimer les jeux vidéo, mais je me suis surprise plus d’une fois à glousser sans pouvoir m’arrêter, tellement c’est exactement ça.

Bastien Vivès sait, en quelques bulles, raconter l’absurde, les contradictions des joueurs, sans jamais les tourner en ridicule. On y retrouvera forcément un peu de nous, de nos frangins, de nos amoureux, ou de toute personne de notre entourage capable de passer un weekend entier dans le noir à jouer à WOW ou Counter Strike.

Pour résumer, cette petite compil (format manga) est aussi bien qu’un paquet de Dragibus, à lire et à relire sans modération, en attendant les prochains titres (sont déjà prévus : la Famille, l’Amour, et la Blogosphère, ça promet).

Bastien Vivès tome 1 Le Jeu Vidéo sur Amazon

Minus

Attention d’abord, âmes sensibles s’abstenir. Minus est trash, glauque, et sans concessions.Pas vraiment étonnant de la part de Rica, qui avait déjà marqué les esprits avec E dans l’eau.

Minus est ce genre de mec, comme il y en a des tonnes, qui regarde le reste du monde avec mépris et condescendance. Mais, parce que c’est bien plus confortable, il fait semblant d’être un genre de branleur sympathique, sympa avec ses parents parce que c’est moins fatigant, sociable avec ses collègues, mais pas trop, parce qu’il n’a pas particulièrement envie que ces minables soient ses amis, et avec cet air suffisamment investi pour que personne ne se penche sur la qualité très douteuse de son sérieux au travail.

Au final, on se demande assez vite qui est vraiment le plus minable. Minus est seul, n’a ce job que parce que son père l’a pistonné, et a pour principal hobby de regarder des pornos cheap et glauques sur internet.

Tout ça, c’est jusqu’à ce jour où Minus reçoit, semble-t-il par erreur, une de ses poupées made in Japan, destinée à satisfaire tous les fantasmes. Et avec ‘Tsuki’, il va très vite perdre pied. Et oublier tous ses efforts pour ne jamais faire de vague. Forcément, quand on saute tout ce qui bouge, notamment la totalité de ses collègues de bureau, on peut repasser pour la discrétion. Le branleur sympathique devient une sorte de déchet obsédé par la chose, encore plus pathétique qu’il ne l’était jusque là secrètement. Minus a sans doute touché le fond…mais il y a peut-être de l’espoir, même pour les pires raclures…

Que ce soit au niveau du scénario, ou du dessin, Rica n’aime pas vraiment la guimauve. Le dessin, assez excellent (j’allais dire beau, mais concrètement, ses personnages ne répondent pas vraiment au qualificatif beau), proche du comics underground américain. Ses atmosphères, cette manière de raconter de manière crue et presque viscérale la descente aux enfers de son anti-héros, font mouche. C’est pleins de corps nus, couverts de sueur, qui s’entremêlent, d’insectes et de noirceur. Et pourtant, Minus est lumineux. Je l’ai même refermé en me disant que Minus était mignon, c’est dire si Rica sait faire ce qu’il veut de notre cerveau.

Minus sur Amazon

Vertige

21 janvier 2012  |  Nouveautés de la semaine  |  No Comments

Éloignées l’une de l’autre, Vertige et Adelia sont irrémédiablement liées par cette bande dessinée. Pourtant tous les séparent. Vertige est une actrice vedette, plongée dans le coma après une trop grande consommation de drogue. Adelia, elle, est une artiste de cirque qui n’aspire qu’à la liberté, abimée par une vie bien trop pourrie.

Comme une course contre la montre, entre la froideur d’une chambre d’hôpital et les mille dangers qui croisent la route de la jeune fugueuse, ces deux destins de femmes, si différents, se croisent et s’emmêlent pour mieux nous surprendre.

Un jeu de puzzle, inventé par la talentueuse Lisa Mandel, au scénario sur ce titre, qui nous piège et nous surprend, dans un exercice réussi.

Vertige sur Amazon

Btooom

5 janvier 2012  |  Nouveautés de la semaine  |  No Comments

Btooom, c’est le nouveau jeu en ligne que cartonne partout dans le monde. Ryuta est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde dessus, et il y passe tout son temps.

Un jour, il se réveille en pleine forêt, sans aucun souvenir de ce qui a pu l’amener-là…avant de devoir comprendre en quatrième vitesse qu’il n’est pas seul, et à priori plutôt dans un milieu hostile. Et pour cause : le jeune homme se trouve sur une île, dans une version réelle de son jeu préféré. Les règles sont simples, chacun des ‘joueurs’ (qui n’ont rien demandé) sont dotés de 8 explosifs. Chacun a un lot d’armes qui répondent à une utilisation différente qu’ils devront découvrir par eux-même. Pour sortir d’ici, ils doivent ramener 8 puces, prises sur le corps d’autres personnes.

C’est donc dans une lutte à mort que le jeune homme s’engage, bien loin du confort de son fauteuil.

Ce thème de lutte à mort est assez classique dans l’univers du manga (ne citons que le plus culte, Battle Royal), mais fait mouche dès que le scénario est bien fichu, ce qui est le cas ici. Avec un joli graphisme qui plus est.

L’auteur prend le temps de développer ses personnages, et les règles du ‘jeu’ nous sont apprises en même temps que Ryuta les découvre, souvent au péril de sa vie.

Une bonne surprise que ce Btooom, qui ravira les adeptes du genre.

Btooom tome 1 sur Amazon

Shojos Kana : des suites !

Tout d’abord, petite news en retard, Cat Street c’est fini ! (et je suis en même temps triste et pleine de petits papillons dans les yeux). La série de Yoko Kamio, présentée ici, s’est donc achevée comme prévu en 8 volumes (les séries courtes, c’est bien, même si quand c’est aussi bon on aimerait que ça dure plus longtemps). Tout en finesse, sensible et juste, ce manga j’en ai lu chaque tome avec délectation. Cette mangaka (auteure d’Hana Yori Dango) a vraiment un talent fou pour raconter la subtilité des sentiments en prenant tout son temps. Indéniablement une de mes séries préférées !

Cat Street, Tome 8 sur Amazon

Ensuite, quelques autres séries qui font partie de mes coups de cœur niveau shojo sortent cette semaine (je l’ai déjà dit, je crois, que le catalogue Kana était assez irréprochable niveau shojo ? une sélection vraiment top, avec pleins de mangas qui me rendent toute chose). Sawako Tome 11 (chroniqué ici), Hotaru Tome 7 (coup de cœur Madmoizelle), Strobe edge Tome 4 (pour lequel j’ai littéralement craqué, comme on peut le lire ici, et ce nouveau tome ne déroge pas à la règle, c’est trop mignon), et enfin mon dernier shojo chéri en date Akuma to love song Tome 3. Bref, de quoi se mettre sous la dent pour toutes les amatrices du genre !

Chimere(s) 1887 tome 1

1887. La Tour Eiffel est en pleine construction, et les français investissent des sommes astronomiques pour creuser le canal de Panama.

Mais c’est dans la sombre Perle Pourpre que tout se joue. L’un des bordels les plus réputés de la capitale.

Les femmes y sont sublimes et les clients puissants. Ce soir, justement, une animation un peu spéciale. La virginité d’une jeune demoiselle est mise aux enchères. Chimère, 13 ans, est vendue par la famille qui l’a élevée pour enfin rentabiliser leur investissement.

Mais la petite en a déjà tellement vu, tellement bavé, que son innocence ne ressemble plus du tout à ce que son air doux laisse croire. Et elle va se faire remarquer dès son premier soir en faisant grimper ses propres enchères.

Chimère(s) 1887 est une histoire dans l’Histoire. Une plongée dans l’univers feutré, torride et secret d’un bordel parisien du XIXème. Ce sont autant des histoires de femmes que des intrigues politiques, car les hommes les plus riches et les plus influents de la capitale se pressent et se croisent à la Perle Pourpre.

Le dessin de cette bande dessinée est très beau, les couleurs superbes, et l’atmosphère est parfaitement rendu. Et difficile de dire ce qui est le plus passionnant, entre cette découverte de l’intimité d’un bordel, de ses codes et de ses règles, et cette impression de vivre vraiment la face cachée d’une période de l’Histoire. Et puis il y a Chimère, bien sûr, qui sous ses airs de petite fille sans histoire cache bien des secrets. Comme toutes les filles de la Perle Pourpre, d’ailleurs…

Chimère(s) 1887, Tome 1 : La perle pourpre sur Amazon

Ara tome 1

Voilà une nouvelle sortie de chez Ankama qui m’a plu (comme d’hab) même si c’est de l’heroic fantasy et que ça n’est pas vraiment mon style préféré, de base. Mais comme d’habitude chez cet éditeur, un bon scénario, un dessin aussi beau que surprenant, et un univers dense dans lequel on plonge avec plaisir suffisent pour qu’on soit séduit à chaque fois, quelque soit le style de bd que l’on ouvre.

Ara est une guerrière employée par la Ligue des Sorcières. Aussi rebelle que talentueuse, ses missions sont toujours un succès, mais elle fait les choses à sa façon. Cette fois-ci elle est envoyée dans le Vert Océan, une forêt mystérieuse et dangereuse, et devra faire équipe avec deux autres personnes, un guerrier qu’elle connait bien, et une jeune médium. Mais la situation devient très vite compliquée et Ara devra faire des choix, parfois à l’encontre de ses ordres. Et si tout ça était justement manigancé par les puissances qui les dirigent ?

L’auteur, Tim Mc Burnie, a déjà été publié en France avec 7 Pirates chez Delcourt (dans la série des 7), où il était uniquement dessinateyr. Cette fois-ci c’est un titre dont il est le seul auteur. On y découvre son univers mais aussi son grand talent (son dessin est vraiment très beau). Ara est une série d’heroic fantasy mais sa richesse est d’aller au-delà du genre. Le Vert Océan, cette forêt en même temps menaçante et magnifique a la poésie des mangas dédiés à la nature, toujours très contemplatifs, et l’héroïne a une profondeur bien plus grande que les héros classiques, elle est pleine de failles, doute, et suit ses propres idéaux. Un joli tome 1 donc, qui donne envie de lire la suite.

Ara Tome 1 Le Cercle de Pierre sur Amazon

Petit bonus : ici vous pouvez découvrir les premiers chapitres de la bd

Drakka tome 1

Encore une nouvelle série cool de chez Ankama ! Mafieux pourris version New York futuriste, monstres affreux et armes lourdes. De quoi en prendre plein la tête.

Tout commence donc dans une luxueuse chambre à New York, où un vieux boss de la mafia est en train de crever. Loin de verser une larme à son chevet, son fiston se frotte les mains. La Hyène (c’est son surnom, qui laisse présager que la relève est bien assurée niveau salopard) trépigne d’impatience que son géniteur lâche enfin son dernier souffle, et qu’il puisse récupérer l’héritage (les sous, le POUVOIR). Mais le vieux machin n’a pas tout à fait dit son dernier mot, convoque sa progéniture et lui fait part d’un grand secret : dans l’histoire, la Hyène n’est pas seul, il y a un second héritier. Drakka. Bâtard qui aux yeux du papa, mérite autant d’avoir sa chance que l’officiel. Alors voilà, pour départager celui des deux qui remportera le gâteau (on ne partage pas, dans la mafia), il n’y a qu’un moyen, une lutte à mort.

Le petit Drakka, qui a vécu toute une vie de débrouille dans un bidonville où règne la violence, pourrait bien donner du fil à retordre à son cher grand frère qu’il ne connait même pas. Et pour cause, si le sang paternel qui coule dans leur veine est pourri jusqu’à la moelle, l’apport génétique de sa maman n’est pas non plus du genre sympa. Et sa famille ne ressemble pas beaucoup à un petit groupe émouvant sur une photo sépia. Ils sont plutôt du genre poilus, difformes, très puissants, et ils ont beaucoup, beaucoup de dents.

C’est drôle, un rien débile, ça pète dans tous les coins, et les armes lourdes à haut niveau technologique trouvent adversaires à leur taille quand il s’agit de se battre contre des monstres.

Le dessin et les couleurs nous en mettent pleins la tête, et ça fait encore plus de bien qu’un très bon film d’action.

Qui donc sera le plus rusé, le plus méchant, le plus doué, dans cette lutte où il n’en restera qu’un ?

Drakka, Tome 1 : Le sang du vioque sur Amazon

Les Âmes Sèches tome 1

Je crois bien que c’est la première série publiée dans la collection KSTR, plutôt adepte des one shot. Mais ça n’est pas une série tout à fait ordinaire, c’est une trilogie dessinée par trois auteurs différents, et publiée à un rythme très rapproché (entre avril et mai de cette année). Il y aura même une ‘saison 2′.

1906, à San Francisco. Conrad est embauché pour être le précepteur du petit Fairchild. Mais à son arrivée, Mr Fairchild lui annonce que, son fils étant souffrant, il n’est là que pour rassurer l’enfant sur une improbable rémission. Conrad s’adonne alors à ce qu’il fait le mieux : l’oisiveté. Pourtant ne rien faire ne l’amuse qu’un temps, et le voilà qui se met à explorer la propriété, sur laquelle il fait la rencontre d’une femme sublime, qui vit dans un petit cabanon. Dès qu’il l’apprend, son employeur lui interdit formellement de la revoir, et il n’en faut pas plus pour que la curiosité du jeune homme soit piquée…

Et le voilà qui met les pieds dans une histoire de famille bien trop compliquée pour lui, et dont le drame dépasse les frontières et le temps. Mais son frère, spécialiste du paranormal et à qui il se confie par lettre, saura-t-il l’aider à temps ?

Ce premier tome est dense et sombre, et mêle drame familiale et fantastique. Le dessin est superbe et nous plonge encore plus dans cette ambiance étouffante…L’histoire, elle, rappelle des histoires comme celles d’Edgar Allan Poe, les amatrices du genre ne pourront qu’être subjuguées…

Les âmes sèches, Tome 1 sur Amazon

Et toi quand est-ce que tu t’y mets ?

16 mars 2011  |  Nouveautés de la semaine  |  21 Comments

Perso, je suis vraiment persuadée qu’être maman n’est pas une obligation de vie du tout, et que ça n’est pas le seul moyen d’être épanouie (bien au contraire). Mais la société ne pense pas toujours comme ça. C’est bien simple, six mois avec un garçon et tout ton entourage se met à te regarder d’un air entendu. Et si jamais au détour d’une conversation tu lâches que toi, ça ne te dit pas du tout, tu reçois en retour silence gêné et regards consternés (voire quelques « tu verras tu changeras d’avis »).

Alors quoi, une fille n’a pas le droit de vouloir consacrer sa vie à autre chose ? Elle DOIT se reproduire pour exister ?

C’est le thème (traité avec humour et légèreté) de cette bd, dont le dessin est signé par Madeleine martin, aka Mady.

Jeanne a 35 ans, elle file le parfait amour avec son amoureux, mais n’envisage pas du tout d’inclure un bébé dans sa vie. Sa décision est claire, mais ça n’empêche pas les pressions de son entourage. De sa meilleure amie jeune maman qui ne cesse de lui répéter que ça a donné un sens à sa vie jusqu’à sa famille qui analyse le moindre signe, cela devient vite fatiguant de devoir constamment se justifier… Surtout quand même son chéri s’y met…

Avec humour, donc, les deux auteures (Véronique Cazot au scénario, Madeleine Martin au dessin) racontent en strip court (une ou deux pages) ce quotidien où une décision finalement très personnelle est constamment remise en question par le monde entier alors qu’on ne lui a rien demandé. Alors quoi, on ne peut pas être heureux autrement ? Drôle, et qui a le mérite de traiter d’un sujet dont on ne parle pas assez (oui, des filles très biens ne veulent pas d’enfant et ça n’en fait pas de sales égoïstes), cette bd est aussi l’occasion de retrouver, avec grand plaisir, le délicieux dessin de Mady.

A lire aussi : le débat sur notre forum « une vie sans enfant ? »

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