Un petit point sur quelques séries mangas bien chouettes dont les suites viennent de paraitre.
Barakamon, d’abord, qui est en passe de devenir un de mes mangas préférés du monde entier. Une petite île japonaise, un jeune calligraphe très urbain qui y est envoyé comme une punition, et qui va, contre toute attente, se faire très rapidement à la vie sur place. Ce quatrième tome est aussi délicieux que les précédents. Léger, drôle, et bourré d’énergie. Le genre de lecture qui fait un bien fou.
Il y a ensuite The Earl and the Fairy, qui s’est achevée il y a quelques semaines avec le quatrième tome. Un shojo teinté de fantastique, où une jeune doctoresse en féerie est embauchée par un mystérieux noble anglais…Enquêtes, romances et rebondissements au programme. On peut regretter que certains points, pourtant intéressants, ne soient qu’effleurés, et que l’histoire s’achève finalement assez vite, mais cette petite série est vraiment agréable à lire, délicate et jolie.
Et puis il y a Silver Spoon, le nouveau titre de l’auteure de Fullmetal Alchemist. Très différent de tous ses précédents titres, elle s’est cette fois-ci inspirée de sa propre jeunesse, et nous raconte le quotidien d’un lycée agricole, que l’on découvre en même temps que le héros, qui n’y connait strictement rien en agriculture. Après un premier volume introductif, le deuxième prend un rythme plus lent et très agréable. Petit à petit, Yûgo s’intègre à sa classe, et apprend de plus en plus de choses. C’est d’ailleurs assez dingue comme on se retrouve fasciné par les diverses explications (par exemple, Yûgo visite trois élevages de vaches laitières différents , manière de décrire différents modes de production laitière) alors même que le sujet ne nous intéressait pas forcément.
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Troisième et dernier volet de la série Abymes, qui s’amuse avec le principe de la mise en abyme, entre plongée dans l’Histoire et fiction qui frôle la folie. Dans le premier tome, Balzac devait faire face à un feuilleton à succès racontant sa vie en direct, dans le deuxième, Clouzot (qui réalisait un film sur Balzac) devait faire face à des sabotages pendant son film, et dans ce troisième, c’est Valérie Mangin, la scénariste elle-même, qui est l’héroïne.
Valérie est une jeune étudiante passionnée de bd, elle en achète régulièrement chez le bouquiniste et ce jour-là, au beau milieu des années 90, c’est un certain ‘Abymes tome 1′ chez Aire Libre qui attire son attention. Elle le lit une fois rentrée, mais à son réveil le lendemain la bande dessinée a disparu. Quand elle en parle à son libraire, celui-ci n’a jamais entendu parler de cette bd et la prend un peu pour une folle…Mais ce n’est que le début de choses bien curieuses, dont les apparitions inopinées des bandes dessinées de cette série semble être le fil conducteur.
Grâce à ce tome 3, les récits s’emboitent comme des poupées russes et Valérie Mangin s’amuse à complexifier encore son idée. Cette fois-ci le récit est autobiographique, nous plongeant dans sa vie privée sans que l’on sache bien ce qui tient de la fiction et du réel (et au final, ça n’est pas bien important). Elle signe, avec Bajram au dessin, (le dessinateur change à chaque tome) un troisième tome qui mêle fantastique et quotidien, et qui perd son lecteur d’un bout à l’autre, jusqu’au dénouement final.
Suite et fin de cette jolie histoire de zombies (oui oui, c’est possible).
C’est l’histoire d’une petite vieille qui se réveille assassinée, et qui se débrouille pour qu’on ne se rende pas compte qu’elle devrait être en ce moment-même en train de manger les pissenlits par la racine. Et puis surtout, elle doit découvrir pourquoi quelqu’un s’en est pris à elle.
Ce second tome est aussi drôle, fou et joli que le précédent. Emma Doucet est le genre de vieille qu’on adore détester, et son exceptionnel force de caractère la sortirait de n’importe quel guêpier. L »histoire est signée du talentueux Hubert (Miss Pas Touche, Beauté…) et dessinée par le tout aussi talentueux Zanzim. Les deux auteurs avaient d’ailleurs déjà collaborés sur le jolie la Sirène des Pompiers.
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Quelques suites de séries dont j’avais apprécié le début :
Chez Ki-oon d’abord, il y a la suite de Prophecy. C’est un seinen ultra sombre, très documenté et prenant sur la cybercriminalité. Paperboy, un homme au visage masqué par un journal en papier, poste des vidéos de lui sur Youtube en prophétisant des ‘punitions’ qu’il va mettre en œuvre dans un délai très court. A chaque fois, ces cibles ont ‘pêchés’ sur Internet. Qu’ils se soient vantés d’actes malfaisants sur les réseaux sociaux où qu’ils utilisent n’importe lequel des autres moyens qui sont à leur disposition pour faire le mal et blesser des gens, Paperboy les punira d’une façon toute aussi cruelle. Tandis que la police tente de l’arrêter, la population voit chaque jour un peu plus cet homme masqué comme un héros. Tetsuya Tsutsui est l’auteur, entre autre, de l’excellent Manhole. Prophecy a été écrit pour Ki-Oon, qui est un éditeur français. Il nous plonge dans un policier hyper réaliste qui nous interroge sur les dérives de notre société. Le dessin est lui aussi très réaliste (et beau), et ce deuxième tome nous fait surtout voir l’action du côté de l’enquêtrice chargée de l’affaire. (ma chronique du tome 1)
Toujours chez le même éditeur, il y a aussi Gisèle Alain dont le deuxième tome vient de paraitre. Cette jolie petite série nous présente le quotidien d’une jeune fille de bonne famille devenue logeuse, et qui décide d’être, en plus, femme à tout faire. A la demande de ceux qui font appel à elle, elle va donc devoir organiser des déménagements, tenir compagnie à une dame âgée…Le graphisme de la série est très doux (et encore plus beau dans ce deuxième tome) et l’histoire, où chaque chapitre est une nouvelle aventure, est pleine d’humour et de légèreté. A l’image de Gisèle, qui par son énergie et son optimisme bouleverse la vie de ses proches. Une très jolie série, différente et agréable à lire. (ma chronique du tome 1)
Chez Kurokawa ensuite, il y a le quatrième tome de Blood Lad. L’histoire de Staz, vampire ultra-puissant et chef de territoire dans le monde des démons, qui préfère largement s’intéresser à la culture japonaise que de se bastonner à longueur de journées. Jusqu’au jour où Fuyumi, une jeune japonaise, atterrit dans son monde, et se retrouve transformée en fantôme. Le garçon jure de lui rendre sa forme humaine, et pour ça il va falloir qu’il sorte de sa petite vie pépère…Cette série mêle baston et humour crétins, avec un soupçon de magie et beaucoup beaucoup de monstres en tout genre. Le graphisme est vraiment chouette, et les monstres sont aussi horribles que très cools. (ma chronique du tome 1)
Et puis enfin Reverend D chez Pika, par Tôru Fujisawa, l’auteur de GTO (mais de nombreuses autres séries toutes aussi déjantées). Ici, le Japon est en proie à des catastrophes aussi nombreuses qu’incompréhensibles. D’abord, il a ces cadavres que l’on retrouve changés en sable. Yui Izumi est une adolescente comme les autres, à ceci prêt qu’elle a des dons de voyance. Et ses dons vont être bien utile à deux jumeaux, prêtres noirs, chargés de combattre les forces du mal. Tôru Fujisawa distille dans l’univers très sombre et violent qu’il a créé, juste assez d’humour un peu débile pour qu’on reconnaisse sa patte au premier coup d’oeil (ça, et son superbe dessin). Le scénario est un peu tiré par les cheveux, mais les scènes de combats en mettent pleins les yeux. Un manga bourré d’action, avec un graphisme explosif, très chargé mais parfaitement maitrisé. (ma chronique du tome 1)
Prophecy tome 2, Gisèle Alain tome 2
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Les contes de l’Ère du Cobra, un de mes plus gros coups de cœur à ce jour, s’achèvent dans le second tome qui parait cette semaine. L’occasion d’en reparler parce que c’est très très très bien.
Enrique Fernandez allie un grand talent de conteur avec un dessin incroyable, et reconnaissable au premier coup d’œil. Sa mise en couleur, éclatante et un peu folle, achève de créer des univers pétillants et merveilleux, du genre à nous en mettre pleins les yeux.
Ici, c’est un hommage aux contes, notamment à ceux des mille et une nuit. Une histoire d’amour pur qui vit bien des épreuves, de rois sans pitié et avides de pouvoir. C’est l’histoire du bonheur qui cherche à s’immiscer, lentement mais sûrement, partout, même là où l’espoir semble avoir déserté.
C’est un conteur qui, sur une scène, nous raconte le destin d’Irvi et de Sian, et de tous ceux qui ont croisé leur route. Il y est question de séparation, de deuil, de haine, mais aussi d’art, de sourire et d’espoir, donc.
Cette série en deux volumes est un vrai bijou, ciselé avec minutie, un spectacle éclatant. A réserver aux grands, car l’histoire est parfois dure, et parfois un peu érotique aussi, mais qui séduira à n’en pas douter tous ceux qui aiment les contes et les histoires d’amour.
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