Le Club du Suicide

3 juillet 2011  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Un nouveau titre paru dans la sublime collection Noctambules  chez Soleil(déjà chroniqués : Le Dernier des Mohicans, Le Joueur et la Marche du Crabe), une nouvelle fois adapté d’un roman. Ou plutôt, pour le coup, d’un ‘roman-feuilleton’ de R.L. Stevenson.

Comme à chaque fois dans cette collection, une adaptation de choix, et un très beau dessin.

Le Prince Florizel s’ennuie à Londres. C’est pourquoi, de nuits en nuits il traîne le Colonel Géraldine dans des expériences aussi folles qu’obscures, dans l’espoir de s’amuser un peu. C’est ainsi qu’ils font la rencontre d’un homme qui les initie à l’existence d’un club étrange, destinés aux hommes qui n’ont plus goût à la vie.

Chaque soir, un petit groupe de gentlemen joue leurs vies aux cartes. Mais quand on fait mauvaise pioche, et que le jeu devient réalité, il n’est plus temps de s’amuser…

La construction étonnante du roman initial est rendue dans la bd, elle-même faite d’ellipses et de passages troubles, même si les auteurs ont pu se permettre d’imaginer des scènes par la grande liberté que leur laissait l’histoire.

Sombre et surprenant, le Club du Suicide nous amène dans le Londres de la fin du XIXème, et nous interroge sur la valeur de la vie, et de la mort. Ou comment de ce qui semble n’être qu’un jeu excitant, quand il s’agit des autres, on passe à l’effroi et à la cruauté, quand il s’agit de soi-même…

Le dessin, tout à l’aquarelle, est encore une fois très beau (décidément cette collection est pleine de dessinateurs talentueux), et rend parfaitement l’atmosphère des quartiers sombres de l’époque. Et c’est aussi une vision différente et moins fantasmée des sociétés secrètes, qui après tout, ne sont composées que d’hommes comme les autres. Avec leurs vices et leurs défauts.

Le Club du Suicide sur Amazon

Strobe Edge

3 juillet 2011  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Hiiiiii, l’accro du shojo en moi a été plus que gâtée il y a à peine quelques jours. Une après-midi entière dédiée à mon addiction.

Et je l’avoue : j’ai pleuré devant le tome 10 de Sawako (je pleure à chaque tome devant tant de mignonnerie, je me fais un tantinet auto-pitié), mon cœur a fait dix mille bonds en lisant le tome 7 de Cat Street (ce même cœur saigne à la simple pensée qu’il n’en reste plus qu’un), mais j’ai aussi eu le plaisir de découvrir une nouvelle série !

Je crois l’avoir déjà dit d’ailleurs, mais je suis admirative du catalogue shojo Kana. Pendant longtemps, j’ai trouvé que bouder le genre était leur gros défaut. Mais depuis qu’ils s’y sont mis, je vais de coup de cœur en coup de cœur. A chaque fois, des histoires de qualité (bon, d’accord, ça reste des histoires d’amour un peu nunuches, mais les scénarios tiennent toujours vraiment la route, les personnages sont hyper attachants et bref, j’y trouve exactement tout ce que j’attends d’un bon shojo), les dessins sont beaux…Bref, du tout bon !

Parlons donc de Strobe Edge, un shojo de Io Sakisaka (qui à priori n’a rien eu de publié en France avant).

C’est l’histoire de Ninako, une lycéenne comme les autres, qui ne s’est jamais plus intéressée que ça aux trucs ‘de filles’, à l’inverse de ses copines. Le vernis, les trucs girly, les mecs, tout ça ne lui fait ni chaud ni froid. Pourtant, les filles de sa classe ont décidé pour elle qu’elle était raide dingue de son meilleur ami, qui lui même n’a pas l’air désintéressé…Ninako ne ressent rien de spécial, mais après tout, elle n’a aucune idée de ce qu’est l’amour…Jusqu’à ce qu’un peu par hasard, elle se rapproche de Ren, garçon aussi beau que glacial, d’après ce qu’on lui en a rapporté. A sa grande surprise, il n’est pas aussi cruel qu’on le lui a laissé penser, et surtout, elle n’est pas aussi insensible à son charme qu’elle ne le croyait jusque là…

Si tu as déjà lu plus de 3 shojos, tu te diras sans doute que tout ça n’a rien d’original. SAUF QUE, perso, c’est comme pour les comédies romantiques américaines. Je ne veux pas de l’incroyablement original, je veux du choupi, du drôle, de l’émouvant. Et j’ai eu mon compte avec Strobe Edge, qui m’a fait terminer ces deux premiers tomes le sourire aux lèvres (et avec l’envie de hurler très fort ‘Aaaaah qu’est ce qui va se passer ??? Aaaaah !!!’, aussi).

Bref, un joli coup de cœur que je ne saurais que te recommander, si tu es du genre fleur bleue ascendant guimauve (mais pas complètement niaise non plus, bien entendu).

Strobe edge, Tome 1 sur Amazon

Milky, le joli livre de Lilidoll…

26 juin 2011  |  Coups de coeur  |  2 Comments

 

Peut-être connais-tu déjà le travail de Lilidoll. De mon côté, je croise souvent ses illustrations, et je me retrouve à chaque fois avec des étoiles pleins les yeux. Elle a un univers bien à elle, plein de jolies filles, d’une nature pétillante et d’animaux mignons. Pourtant, dans Milky, livre pour lequel elle a eu carte blanche et publié sur le label VenusDea (comme le merveilleux Sabine par exemple), Lilidoll nous propose un univers toujours aussi beau, mais plus sombre et mystérieux…

Milky est une promenade, une visite guidée d’un monde enchanté mais aussi terrifiant, parfois. Le mignon se mêle au cruel, le kawaïï au sanguinolent. Pourtant, toujours, on retrouve la douceur et la poésie qui émanent de tout le travail de Lilidoll.

Milky, à la lecture, donne l’impression d’une balade au fil de l’eau, où l’on se laisserait porter, à la fois rêveuse et captivée par ce qui nous entoure. Ce n’est pas une bande dessinée mais un livre illustré, où les textes (que l’on peut lire, sur chaque page, en français ou en anglais, le label VenusDea étant international) se fondent dans les superbes illustrations et laissent la part belle aux songes…

Un vrai coup de cœur que ce joli livre, doux et poétique, mais aussi surprenant, et pleins de petits frissons, et j’ai eu la chance de pouvoir poser quelques questions à l’adorable auteure…Je la laisse donc vous en dire plus…

 

 

Qui est Lilidoll ? Pouvez-vous vous présenter pour celles qui ne vous connaitraient pas encore ?

Bonjour Madmoizelle,
Je m’appelle Lilidoll, je vis et travaille à Nantes depuis 3 ans.
Je suis illustratrice freelance pour la presse, l’édition de livre, la publicité, la papeterie et le design d’objet de décoration.

Quel est votre parcours ?

J’ai toujours aimé le dessin, et les arts en général.
Mais l’envie d’en faire ma profession est venue sur le tard, et je me suis orientée vers le dessin après un baccalauréat général.

J’ai commencé par un BTS de Communication Visuelle (graphisme, publicité et design éditorial).
Ensuite, comme je voulais m’orienter plus précisément vers le dessin, j’ai rejoint l’école de bande-dessinée d’Angoulême (EESI).
L’école de BD est un lieu très vivant et dynamique, j’y ai fait de belles rencontres qui ont marqué mon travail actuel de manière très profonde.
C’est là que j’ai commencé à travailler en tant qu’illustratrice freelance.

Après mon diplôme, je suis restée trois ans à Angoulême, en résidence d’artiste à la Maison des Auteurs (MDA) pour travailler sur mes projets.
J’ai ensuite emménagé à Nantes, où avec mon ami nous avons rejoint l’atelier « La Baie Noire », qui regroupe des artistes nantais.

Comment est né Milky ?

Il y a plusieurs années, Barbara Canepa m’a proposé de faire un projet pour le label Venusdea, qu’elle commencait tout juste à mettre en place, aux cotés de Clotilde Vu.

J’avais rencontré Barbara Canepa pendant mes études, à Angoulême, lors du festival BD.
Elle s’intéressait beaucoup à tout ce qui se faisait en marge du festival.
A ce moment-là, nous organisions des expositions avec un groupe d’amis, et nous réalisions des fanzines et des revues de bande dessinée qui sortaient pour le festival (Chococreed…).

Barbara et Clotilde m’ont donné carte blanche pour un projet, cette confiance m’a beaucoup touchée.
Le plus délicat a été de cerner ce que je souhaitait dessiner.
MILKY était l’occasion rêvée d’explorer mon travail de manière plus intime, et de trouver de nouvelles directions.
J’ai pu remettre en question mes acquis graphiques, car je travaillais déjà depuis un moment, mais dans une direction plus ronde et enfantine.
J’avais envie d’aller à la rencontre d’un autre univers, et de voir ce qu’il en sortirait.

Je me rends compte finalement que ces deux directions de travail (jeunesse et plus adulte) se mélangent dans MILKY.
Ce n’est pas un livre destiné aux enfants, mais on y retrouve des éléments proches du conte, et une certaine candeur.

Comment raconteriez-vous votre livre à quelqu’un qui ne l’a pas encore ouvert ?

L’histoire de MILKY peut se présenter comme la découverte d’un nouveau monde, c’est une promenade dans des lieux fantasmés, où l’ombre et la lumière cohabitent en douceur.

Je souhaitais mettre en place un petit monde inventé, pour le développer de manière libre et joyeuse.
Le personnage de Milky est le fil directeur de cet endroit que l’on imagine plus complexe.
En la suivant dans son parcours, on va au devant de cet univers, pour le découvrir de l’intérieur.

Lorsque je rencontre les lecteurs autour du livre, je suis agréablement touchée par les réactions, je crois que chacun aborde le livre d’une manière différente, selon son vécu ou ses goûts personnels, et cela me plaît beaucoup :)
Je voulais que l’univers de Milky pousse à rêver, et à lâcher prise avec la réalité.

Comment s’est déroulée la création du livre ?

Le projet s’est monté petit à petit, il a évolué sur la longueur.
Je l’ai laissé mûrir un long moment, tout en travaillant sur d’autres projets.

Au départ, j’ai montré à Barbara Canepa et Clotilde Vu des recherches graphiques, dont le personnage principal, pour définir une direction de travail, et quelques éléments narratifs.
Elles m’ont fait confiance pour la suite.
Le projet a beaucoup changé entre temps, mais j’ai toujours gardé ces dessins préparatoires en tête lors de la réalisation.
Ils ont été le fil directeur de mon travail.

Pour l’histoire, j’ai défini à l’avance les univers dans lesquels je voulais que les personnages évoluent et les rencontres que je voulais déclencher..
Le texte et l’image se sont enrichis durant le projet, car je ne souhaitais pas travailler dans une forme trop rigide.

Quelles ont été vos influences, qu’est ce qui vous a inspirée pour créer cet univers ?

Il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, autant dans la vie de tout les jours que dans les arts.
Il y a des moments que je trouve magiques dans le quotidien, et qui vont me marquer durablement, et imprégner mon travail.

Je suis une grosse lectrice, de tout type de littérature, et je vais beaucoup au cinéma, ou voir des concerts, des expos…
La musique m’apaise, elle a une très grande importance dans la genèse de mes images.

Avez-vous lu récemment un livre ou une bande dessinée qui vous a particulièrement marquée ?

Sans réfléchir, mon dernier coups de coeur BD serait « Les Derniers jours D’un Immortel » de Vehlmann et Bonneval. J’ai adoré « Fables Nautiques » de Marine Blandin aussi, vraiment superbe, un vrai coup de coeur ! Et je viens de lire « Polina » de Bastien Vivès, j’ai bien aimé.

Quels sont vos prochains projets ?

J’ai commencé une adaptation littéraire pour la collection Métamorphose, qui sortira en 2012.
Il s’agit d’un texte qui a beaucoup marqué mon enfance, et que j’ai toujours rêvé d’illustrer.
J’ai hâte d’en donner ma vision, et de le partager avec les lecteurs !

Il y aussi un projet de livre pour enfant en route, j’en suis à la phase d’écriture actuellement et j’espère qu’il prendra forme l’année prochaine.

Conjointement à mes projets d’édition, je travaille pour une grande marque de parfum depuis décembre dernier, sur un projet de longue haleine, qui sortira en 2013.
Je me suis remise à la presse jeunesse aussi, car cela me manquait de travailler pour les enfants.

Et je prépare une nouvelle collaboration en papeterie et objets de décoration pour 2012-2013, ainsi qu’un nouveau projet de t-shirt, que j’aimerais (enfin) concrétiser cet été.

Je continuerai à participer à des expositions aussi, collectives ou personnelles (autour de MILKY) à partir de novembre prochain,
j’en reparlerai sur mon blog le moment venu !

Book : http://lilidoll.ultra-book.com/

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Blog : http://lilidoll-minidoll.blogspot.com/

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Atelier : http://www.labaienoire.net/

Drakka tome 1

Encore une nouvelle série cool de chez Ankama ! Mafieux pourris version New York futuriste, monstres affreux et armes lourdes. De quoi en prendre plein la tête.

Tout commence donc dans une luxueuse chambre à New York, où un vieux boss de la mafia est en train de crever. Loin de verser une larme à son chevet, son fiston se frotte les mains. La Hyène (c’est son surnom, qui laisse présager que la relève est bien assurée niveau salopard) trépigne d’impatience que son géniteur lâche enfin son dernier souffle, et qu’il puisse récupérer l’héritage (les sous, le POUVOIR). Mais le vieux machin n’a pas tout à fait dit son dernier mot, convoque sa progéniture et lui fait part d’un grand secret : dans l’histoire, la Hyène n’est pas seul, il y a un second héritier. Drakka. Bâtard qui aux yeux du papa, mérite autant d’avoir sa chance que l’officiel. Alors voilà, pour départager celui des deux qui remportera le gâteau (on ne partage pas, dans la mafia), il n’y a qu’un moyen, une lutte à mort.

Le petit Drakka, qui a vécu toute une vie de débrouille dans un bidonville où règne la violence, pourrait bien donner du fil à retordre à son cher grand frère qu’il ne connait même pas. Et pour cause, si le sang paternel qui coule dans leur veine est pourri jusqu’à la moelle, l’apport génétique de sa maman n’est pas non plus du genre sympa. Et sa famille ne ressemble pas beaucoup à un petit groupe émouvant sur une photo sépia. Ils sont plutôt du genre poilus, difformes, très puissants, et ils ont beaucoup, beaucoup de dents.

C’est drôle, un rien débile, ça pète dans tous les coins, et les armes lourdes à haut niveau technologique trouvent adversaires à leur taille quand il s’agit de se battre contre des monstres.

Le dessin et les couleurs nous en mettent pleins la tête, et ça fait encore plus de bien qu’un très bon film d’action.

Qui donc sera le plus rusé, le plus méchant, le plus doué, dans cette lutte où il n’en restera qu’un ?

Drakka, Tome 1 : Le sang du vioque sur Amazon

Beauté tome 1 Désirs Exaucés

 

Voici un véritable petit bijou. Le genre de bd à laquelle on fait des câlins, et qu’on pourra relire mille fois…

C’est un superbe cadeau que nous font Hubert (au scénario) et Kerascoët (au dessin), qui ont déjà travaillé ensemble, et uniquement pour le meilleur, avec Miss Pas Touche (dont te parlait Pénélope ici). Les Kerascoët (c’est un couple d’auteurs) ont également sorti une de mes bandes dessinées préférées du monde entier, Jolie Ténèbres (et Marie Pommepuy, la femme du duo, était également au scénario sur le merveilleux Cœur de Glace).

Bref, voici donc le trio de retour avec une nouvelle série répondant au doux nom de Beauté, et qui se veut un très joli conte de fée, ou un détournement de conte de fée, enfin bref, c’est comme un conte de fée sauf que ça ne s’arrête pas au « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Et, tu l’auras compris, cette bd est elle aussi directement rentrée dans la courte liste de mes bandes dessinées préférées du monde entier.

Mais plutôt que de continuer à tergiverser, reste à te raconter l’histoire…

Morue est laide, vraiment laide. En plus elle passe ses journées à écailler du poisson, résultat elle pue. Moche et puante, en faudrait-il vraiment plus pour être la risée de tout son village ? La jeune fille subit moqueries et mauvais tours sans discontinuer. Mais un beau jour, Morue, qui cache sa tristesse seule au fond d’un bois, prend dans ses mains un petit crapaud, et verse une larme contre lui, petit être laid et difforme qui ne peut que comprendre sa souffrance.

Mais le crapaud n’en est pas vraiment un (pour rappel : nous sommes dans un conte de fée) et l’esprit qu’elle délivre par la magie de ses larmes lui offre, pour remerciement, de lui exaucer un vœu.

Elle ne réfléchit pas longtemps avant de demander ce qui lui manque si cruellement, la beauté. Mais le petit être ne pouvant la transformer, il change uniquement la perception que les autres auront de Morue. Laide elle est née, laide elle restera, mais tous ceux qui poseront le regard sur elle verront face à eux la plus belle femme qu’ils aient jamais croisée.

Mais être sublime est-il plus reposant que d’être laide ? Dès qu’un homme la voit, il ne songe plus qu’à lui sauter dessus, et la jeune fille devra fuir aussitôt. Tout s’arrange pourtant quand le beau Seigneur la croise et s’éprend d’elle…Enfin jusqu’à ce qu’elle commence à s’ennuyer seule dans son château, pendant qu’il part à la chasse toute la journée…Morue, rebaptisée Beauté par son amoureux, s’interroge. Une femme aussi belle qu’elle ne mérite-t-elle pas un destin plus beau, plus grand ?

Tu l’auras compris, Beauté c’est comme un conte de fée, mais avec une héroïne qui ne se contente pas d’attendre le Prince Charmant en soupirant. Elle change, évolue, apprend, et réaliser son vœu le plus cher ne la rendra pas pour autant plus heureuse. Au contraire, sa naïveté, et son espoir de mériter le bonheur l’empêchent de voir la chance qu’elle avait déjà, et de comprendre qu’il vaut mieux quelqu’un qui nous aime pour ce qu’on est, que pour ce qu’il croit voir en nous…

Le dessin est aussi beau que ce à quoi les Kerascoët nous ont habitué, les couleurs rendent parfaitement l’ambiance d’un conte de fée ancien, et les dialogues sont savoureux. On y retrouve vraiment les ingrédients d’un conte, mais avec toujours la petite touche de profondeur supplémentaire qui change tout. C’est drôle, savoureux, on s’émeut, on rit, on s’interroge. on s’énerve même parfois contre cette héroïne qui ne fait, après tout qu’espérer des jours meilleurs. Même si les fées semblent avoir décidé de ne pas se pencher sur son berceau. Et je trépigne déjà d’impatience de lire le deuxième tome…

Beauté, Tome 1 : Désirs exaucés sur Amazon

La Belle Mort

3 juin 2011  |  Coups de coeur  |  3 Comments

 

Encore (toujours !) une nouveauté de chez Ankama qui déboite. Décidément, cet éditeur ne cessera jamais de me surprendre.

L’histoire se déroule dans un futur proche. 5 ans que des bestioles ont envahi la terre et décimé la population. Au milieu de cette jungle urbaine, dangereuse et vide, trois hommes survivent encore, ne s’arrêtant presque jamais de marcher, afin de trouver de quoi se nourrir et un endroit où dormir en sécurité, et continuant de garder en eux l’espoir un peu fou que peut-être, ils ne sont pas les seuls. Ils ne sont pas amis de longues dates, simplement ils sont toujours là et forment donc un trio involontaire, mais nécessaire à leur survie.

Mais malgré la peur constante, les questions ne cessent de s’insinuer dans leurs esprits. D’où viennent ces insectoïdes de toutes tailles, rampants, grouillants, et qui ont semé la désolation sur notre monde ? Et cette lutte entamée par les trois héros pour survivre a-t-elle un sens ? Ont-ils un destin particulier, ou bien cela ne rime-t-il à rien ? Pourquoi s’acharner à vivre quand la date de péremption des boites de conserves trouvées ça et là indiquent froidement la dernière des échéances ?

À la fois bd d’horreur, de science fiction, et réflexion sur le sens de la vie, La Belle Mort est superbe. Bon, si tu as la phobie des mille pattes et autres cafards, prépare-toi à quelques frissons dans la nuque, mais je suis pour ma part complètement sous le charme de cette première bd de Mathieu Bablet (qui nous offre là un titre incroyablement dense et maitrisé, pourtant né en 1987…). Un très beau dessin, qui colle parfaitement à l’esprit du label 619, une histoire bien plus profonde qu’il n’y paraît, à l’atmosphère lourde, lancinante, mais en même temps très belle.

T’en dire plus serait déjà gâcher le plaisir, mais ce qui est sûr c’est que pour moi la Belle Mort est un gros coup de cœur, de ceux qui marquent et nous suivent un bon moment…

La belle mort sur Amazon

7 Survivants

30 mai 2011  |  Coups de coeur  |  4 Comments

La série des 7 chez Delcourt avait connu un beau succès, tout à fait mérité. Le principe était simple et en même temps très original : 7 one-shot  (histoire complète), avec 7 duos scénaristes/dessinateurs, sur 7 thèmes complètement différents. Oui mais reprenant toujours comme fil conducteur un groupe de 7 personnages. Le meilleur de la série était sans aucun doute (même s’ils sont tous bien) 7 Missionnaire, avec Ayrole au scénario, qui parlait de 7 moines loser envoyés évangélisés les vikings.

Delcourt a la très bonne idée de remettre ça (oui, soyons d’accord, réutiliser une recette qui a fonctionné n’est pas toujours une bonne idée, mais là aucun risque de redite ou de tourner en rond, puisque ce sont toujours des auteurs différents). Et ça commence ce mois-ci avec 7 Survivants, une histoire qui fait peur.

Dans les Alpes, plusieurs personnes,  dans plusieurs voitures et ne se connaissant pas, paumés dans une tempête de neige et sans aucune information sur où ils sont (même les GPS ne fonctionnent plus) finissent par atterrir dans un tunnel. Un très long tunnel, qui semble même sans fin. Un neurologue accompagné de sa femme et de son frère, deux criminels en fuite et un flic qui les poursuit, et un homme qui tombe en panne.

Mais comment expliquer que chacun de leur côté roule, roule, pour toujours finir par repasser par les mêmes endroits, et qui sont ces hommes bizarres qui ne semblent pas leur vouloir que du bien ?

Un soupçon de fantastique pour au final, une véritable plongée dans la nature humaine. Et quand on y pense, la haine n’est-elle pas encore plus dangereuse qu’une tripotée de zombie ?

Encore une fois, donc, un bon one-shot qui se lit avec plaisir. Il faut aimer les histoires qui font peur, les scènes dégueus et les scénarios assez simple (il faut quand même raconter une histoire qui se tienne dans une bd de 64 pages), mais vraiment, je ne peux que vous conseiller cette série, et d’attendre vous aussi impatiemment les six prochains…

Sept survivantssur Amazon

Curiosity Shop tome 1

26 mai 2011  |  Coups de coeur  |  1 Comment

Attention gros GROS coup de cœur que ce Curiosity Shop. J’aimais la couverture, déjà, mais l’intérieur ne m’a pas déçu un instant…

Décembre 1913, en Espagne. Maxima n’a pas vu son père depuis trois ans. Trois ans qu’il l’a envoyée en pension, et que son comportement (qui n’a pour seule but que de se faire renvoyer) provoque l’effet contraire, elle est à chaque fois privée de sortie.

Pourtant cette fois, ça y est, elle a atteint son objectif, elle rentre chez elle, libre.

Mais ça n’est pas le visage inquiet mais aimant de son père qui l’attend à son retour. Car il est mort. Un suicide, lui dit-on…Un père qui attend sa fille se suicide-t-il vraiment ? Et pourquoi ? Mais dès son arrivée, Maxima, que sa mère surnommait Curiosity, découvre qu’il n’était pas vraiment celui qu’elle imaginait…et qu’elle ne peut se fier à personne.

La voilà qui s’enfuit pour Madrid, échapper à un destin dont elle ne veut pas. Ou alors suivre exactement le chemin que son père lui a tracé ?

L’ombre de la Guerre plane déjà, et le futur de Maxima n’est fait que d’absence et de doute. Pourtant, cette demoiselle aussi belle que caractérielle, intrépide et courageuse, n’arrêtera jamais d’aller de l’avant, pour découvrir la vérité.

Le dessin est absolument splendide (tout comme la mise en couleur), le scénario très prenant, mêlant l’histoire de cette héroïne à la grande Histoire, dans un contexte sombre et inquiétant. On y croise des personnages tous plus denses qu’il n’y parait, et il flotte malgré tout une certaine légèreté sur cette bande dessinée, sans doute grâce à l’optimisme à toute épreuve de Maxima, aussi jolie que têtue, aussi insupportable qu’attachante. Science et ésotérisme, religion et politique, pauvreté et bourgeoisie, tout se mélange en un cocktail délicieux. Comme à chaque fois que j’ai un gros coup de cœur, j’ai du mal à être satisfaite de mes alignements de mots mais vraiment : foncez !

Curiosity shop, Tome 1 sur Amazon (avec quelques extraits, pour admirer le superbe dessin…)

Perle Blanche

23 mai 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Perle Blanche est un dyptique (mais qui continue de donner envie de lire la suite à la fin du tome 2…) plein d’action, d’humour, et au dessin très très très beau.

Perle et Blanche sont sœurs, sans être du même sang. L’une est aussi blanche que l’autre noire, mais elles luttent ensemble contre l’esclavagisme, et causent bien des soucis à ceux venus en Afrique pour faire fortune de cette manière. Mêlant piraterie et vaudou, elles semblent aussi mystérieuses que dangereuses pour leurs ennemis, qui veulent s’en débarasser au plus vite.

Perle Blanche mêle ainsi les genres sans jamais en faire trop, et le duo d’auteurs nous offrent ici une bd d’action des plus agréables. Les personnages sont intéressants, les scènes d’actions se succèdent, et on en regretterait presque le fait que ça soit une série courte (ce qui d’habitude me plait toujours). J’aime le vaudou, j’aime la piraterie, j’aime les filles à fort caractère. je ne peux donc que vous conseiller cette série :)

Perle blanche, Tome 2 sur Amazon (avec quelques extraits)

Encyclopedia Diabolica tome 2

21 mai 2011  |  Coups de coeur  |  No Comments

Bon, j’avais déjà fait un résumé assez long du principe de cette encyclopédie à l’occasion de la sortie du tome 1, mais le deuxième opus étant toujours fort agréable à lire, je ne résiste pas à vous en reparler.

L’Encyclopedia Diabolica, ou Dictionnaire des Yokai est un mélange aussi farfelu que réussi entre les deux cultures de l’auteur (française et japonaise). le folklore japonais revisité à la sauce Régions de France. Ou comment nos mythes et légendes peuvent d’un coup être dépoussiérées, et racontées différemment.

C’est aussi original que rafraichissant, et c’est vraiment le genre de titre qui change, quand on est amatrice de contes et légendes.

Encyclopedia Diabolica tome 2 sur Amazon