Archive for janvier, 2013

Simon Hureau, un auteur à découvrir dans deux jolies nouveautés

30 janvier 2013  |  Coups de coeur

Le hasard des sorties a fait que mes deux derniers coups de cœur sont signé du même auteur (l’un où il était seul maitre à bord, et l’autre où il dessine sur un scénario de Rabaté), ç’aurait été dommage de n’en choisir qu’une des deux. L’occasion de vous parler, donc, de cet auteur très talentueux à travers ses deux nouveautés. Il avait déjà notamment signé des titres comme Tout doit disparaitre ou Intrus à l’étrange, Prix du polar à Angoulême l’an passé.

Crève saucisse, de Rabaté et Simon Hureau chez Futuropolis

Didier est boucher, et amateur de bd. Pendant les vacances, il a découvert que sa femme le trompe avec leur meilleur ami. Il ne leur a rien dit mais il rumine dans son coin, devenant fou face à leur petit manège. Et puis un jour, il élabore un plan diabolique…

Rabaté sait raconter le quotidien comme personne, inventant des personnages plus vrais que nature, aussi attachants qu’insupportables par moment. Ici, il a donc confié l’histoire de Didier au trait de Simon Hureau, et l’association de leurs deux talents fait mouche. Car Simon Hureau sait lui aussi donner aux personnages qu’ils dessinent beaucoup d’humanité. Didier, c’est le boucher qu’on pourrait tous avoir et on oublie trop facilement qu’en face de nous, il y a un homme avec ses joies et ses peines, et des secrets plus ou moins inavouables…

Crève saucisse est une histoire pleine d’humour noir, où le boucher à qui l’on a fait pousser des cornes est bien décidé à ne pas se laisser faire…

Le massacre, le musée insolite de Limul Goma, de Simon Hureau chez La Boîte à Bulles

Ici, Simon Hureau fait revenir sur le devant de la scène un personnage de Hautes Oeuvres, une de ses précédentes bandes dessinées éditées chez la Boîte à Bulle (sous le pseudonyme Simon Hache). Limul Goma est un collectionneur, du genre très riche et farfelu. Quand l’histoire d’un objet pique sa curiosité, il sera prêt à tout pour l’obtenir…Cette fois-ci, c’est un trophée de buffle poussiéreux qui l’intéressait, et il a investit une somme folle pour l’obtenir. Pourquoi ? C’est ce qu’il va nous raconter, ainsi qu’aux différents acteurs de son enquête sur l’origine de ce trophée…Il va nous emmener avec lui sur les routes du Cambodge, dans les années 30. Tout commence avec le témoignage de celui qui tua le buffle, et qui vit depuis persuadé d’avoir, par ce geste, entrainé la mort de milliers de personnes…

Cette bande dessinée est un vrai bijou, aussi drôle que passionnant. Limul Goma nous entraine dans une intrigue historique dont on ne sait vite plus démêler la fiction de l’Histoire véridique, tant Simon Hureau s’est documenté, pour ensuite mêler à la réalité son talent de conteur. On découvre le Cambodge des années 30, ses paysages magnifiques mais aussi les drames qui ont touchés son histoire depuis. Les dessins sont emplis de mille détails et les personnages ont beaucoup de caractères . Parmi eux, il y a bien sûr, surtout, ce collectionneur un peu fou, chez qui on aimerait bien entrer pour admirer le véritable cabinet de curiosité qu’est sa maison, tout en l’écoutant nous raconter les histoires incroyables qui se cachent derrière chaque objet.

Crève Saucisse et Le massacre : Le musée insolite de Limul Goma sur Amazon (mais aussi chez votre libraire bd préféré !)

Et petit bonus, sur le site de l’éditeur Ego Comme X, dont Pénélope vous parlait dans sa dernière chronique, vous pourrez découvrir d’anciens livres de Simon Hureau, et d’autres auteurs, en lecture gratuite (dans la catégorie exclusif web). Info trouvée sur le blog d’EspritBD où vous pouvez d’ailleurs lire une interview de l’auteur.

Flowers for Seri (+ deux jolies suites)

28 janvier 2013  |  Non classé

Cela faisait un peu trop longtemps que je n’avais pas parlé shojo ici (ça fait toujours trop longtemps, j’aimerai bien en lire tous les jours, je souffre d’une légère addiction). Voici donc quelques titres à se mettre sous la dent !

Flowers for Seri d’abord, un premier tome qui vient de paraitre chez Soleil. Seri est une jeune fille dont la famille est très riche, mais sans titre. Elle a été promise depuis son enfance au fils d’un couple de nobles ruinés, afin que chaque famille profite des ‘qualités’ de l’autre. Oui mais voilà Seri ne l’entend pas du tout de cette oreille. Surtout que Yuzuki, son fiancé, s’est transformé en un garçon cynique et désagréable. Pourtant, leurs parents semblent désormais bien décidés à organiser le mariage dans les plus brefs délais, et Seri va de fait se retrouver de plus en plus souvent avec Yuzuki. L’occasion pour elle de découvrir que son caractère taciturne cache beaucoup de choses…notamment un lourd secret de famille qui dicte sa conduite depuis l’enfance. Dès lors, Seri va découvrir que leur union n’est pas qu’une histoire d’argent…

Un peu inégale par moment, Flowers for Seri n’en reste pas moins un shojo mignon, teinté de fantastique et bien dessiné. En plus l’héroïne n’est pas une petite chose sans défense face à un mec fort et charismatique qui la sort de tous les pétrins, c’est même tout le contraire.

Et puis il y a aussi le second tome de Coelocanth, qui oscille entre le shojo et le polar. L’histoire d’une adolescente renfermée au passé difficile. Alors qu’un de ses professeurs a été assassiné, elle croise la route d’un garçon, qui a un lien direct mais flou avec un des drames de son enfance. Leurs destins sont liés, et la jeune fille est en même temps effrayée et attirée par les souvenirs qu’il réveille en elle…Une relation complexe où les souvenirs reviennent en pointillés, le tout sur fond d’enquète policière. Une jolie histoire, sombre et bien menée, servie par un dessin très délicat.

Enfin, si vous voulez du shojo vraiment choupi, Love so life devrait vous plaire. L’histoire d’une adolescente orpheline qui devient la baby-sitter des deux jumeaux qu’élève seul un jeune présentateur télé. L’occasion pour elle de découvrir la douceur d’un foyer, sensation qui n’existait plus que dans de très lointains souvenirs. Un dessin très ‘kawaïï’ et des petites scènettes légères et mignonnes. C’est le troisième tome qui vient de sortir, et ça reste toujours aussi agréable à lire.

Flowers for Seri tome 1, Coelacanth tome 2 et Love so life tome 3 sur Amazon ‘vous les trouverez aussi chez votre libraire préféré !)

Zéro pour l’éternité tome 1

24 janvier 2013  |  Coups de coeur

Kentarô a lâché ses études après une série d’échecs à ses examens. Depuis, il n’a plus envie de rien, au grand désespoir de sa sœur. C’est cette dernière qui, au milieu d’un coup de fil anodin, va bouleverser son quotidien et le changer en profondeur. Elle veut l’embaucher pour faire des recherches sur leur grand-père, mort à la guerre comme kamikaze. Depuis la montée du terrorisme dans le monde, les kamikazes ont mauvaises presses et sont eux aussi considérés comme terroristes. La jeune femme, journaliste, demande donc à son frère d’enquêter sur ce grand-père dont ils ne savent rien pour lui servir de base à un reportage sur le sujet.

Kentarô se met donc à la recherche de ceux qui ont connu cet homme, et va apprendre énormément sur l’histoire de son pays, sur sa famille, mais aussi sur lui-même…

Dans ce premier volume, il rencontre un pilote qui était sur la même base que son grand-père…

Ce manga, très documenté, nous invite à découvrir une partie de l’Histoire récente du Japon, car si l’on étudie la guerre pendant notre scolarité on reste trop souvent du point de vue strictement européen. Ici, c’est donc la guerre côté japonais qui est abordé, et plus particulièrement le délicat sujet des kamikazes. Dans ce tome, on sent que l’auteur va prendre son temps, pour nous expliquer le contexte dans le détail et ne pas faire de raccourcis malheureux. Le trait de Souichi Sumoto est assez classique mais beau, et riche en détail. Tout comme pour la partie scénaristique, on sent qu’il y a un énorme travail de documentation derrière chaque case. Les uniformes militaires, tout comme les navires, avions…sont dessinés avec beaucoup de minutie. Les planches qui illustrent des scènes de vols militaires sont vraiment superbes.

Un très beau manga historique sur un sujet peu abordé, même au Japon, avec une narration sous forme d’enquête vraiment captivante, et des personnages très émouvants.

Zéro pour l’éternité tome 1 sur Amazon (vous le trouverez également chez votre libraire préféré !)

La guerre des Lulus & Whaligoë, deux jolies nouveautées chez Casterman

Bon, j’ai pour habitude de mettre en avant une chronique du blog chaque semaine, mon plus gros coup de coeur. MAIS, cette semaine, deux nouveautés m’ont tout autant séduite l’une que l’autre, et je n’ai pas su faire un choix. Du coup voici une double chronique de deux très jolies bandes dessinées publiées par l’éditeur Casterman : La guerre des Lulus et Whaligoë.

1914, dans un petit village picard. L’instituteur de l’orphelinat est mobilisé. Mais, avec le Père qui dirige l’établissement, ils décident de ne pas parler aux enfants de la guerre, pour ne pas les effrayer inutilement. Après tout ce n’est l’histoire que de quelques semaines…

Parmi les enfants de l’orphelinat il y a les Lulus, quatre gamins inséparables, et toujours prêts à faire les quatre cents coups. Leur spécialité ? Échapper à la surveillance des adultes pour s’activer à la construction d’une cabane dans la forêt.

Un jour, les militaires arrivent et font évacuer le village en urgence. Mais les Lulus sont dans les bois, comme toujours, et trouvent l’orphelinat vide à leur retour. Au début, cette liberté les grise et a des airs d’école buissonnière. Manger des confitures et faire ce qu’on veut c’est amusant…Jusqu’à l’arrivée des allemands. Et tout à coup, ces quatre-là, déjà pas vraiment épargnés par le destin, se retrouvent au milieu de la guerre, et sont contraints de survivre seuls.

Cette bande dessinée est une vraie surprise, mais surtout un grand coup de cœur. En même temps drôle et touchante, elle nous plonge au beau milieu de la guerre. Valencourt, qui passe en quelques heures d’un lieu plein de vie à un village fantôme, avant de se retrouver occupé par l’armée allemande, est presque un personnage de l’histoire. Cette bande dessinée est vraiment tout public. Le thème semble pourtant difficile à aborder avec des enfants, mais ils liront ce titre avec autant de plaisir que d’intérêt.  Car les héros sont eux aussi des enfants et que l’histoire est adaptée à leur niveau de compréhension. Mais même adulte, on prend énormément de plaisir à suivre les Lulus. Les drames qui ont déjà jalonnés leur courte existence les ont rendus plus adultes et débrouillards, mais en même temps ils restent des enfants, et portent un regard plein de naïveté sur ce qui leur arrive. Faire parler des enfants n’est pas un exercice aisé, mais Régis Hautière, le scénariste s’en sort à merveille, et les dialogues regorgent d’humour. Et les auteurs se sont vraiment bien trouvés car le dessin, très beau, oscille lui aussi entre émotion et légèreté. Les personnages ont des traits pleins de personnalités et attachants, et les décors fourmillent de détails. On se croirait avec eux dans l’orphelinat, comme dans la cabane….

Ce premier tome est vraiment réussi, le sujet n’est pas très joyeux et pourtant, au milieu de la guerre, le courage et l’envie de vivre des Lulus donnent le sourire. Au delà-même de l’aspect historique, leur amitié est jolie, émouvante, et leu relation aussi complexe que solide. Les quatre garçons ont des âges et des histoires très différentes, mais on sent à quel point le lien qui les unit est indestructible. Vivement la suite !

La Guerre des Lulus, Tome 1 : 1914 : La maison des enfants trouvés sur Amazon (vous le trouverez également chez votre libraire préféré !)

On remonte ensuite le temps d’un siècle et l’on se dirige vers l’Écosse. Whaligoë est un petit village un peu perdu, où échouent Lord Douglas Dogson, un dandy, ancien écrivain renommé en panne d’inspiration, et Speranza, qui fut sa muse mais avec qui rien ne va plus. Ils fuient un scandale qui va les tenir éloignés un moment des salons londoniens, mais leurs manières délicates font tâche dans la petite auberge où ils ont fait halte.

Alors que le Lord envisage de mettre fin à ses jours, il aperçoit une jeune fille aux allures spectrales qui éveille sa curiosité. De son côté, Speranza est toute émoustillée par une découverte faite en discutant avec les habitants. Ellis Bell, un mystérieux écrivain que tout le monde croit mort, vivrait en fait à Whaligoë. Elle n’a dès lors plus qu’une chose en tête : le rencontrer.

Cette histoire, où les genres s’entremêlent, et légèrement teinté de fantastique, est une vraie merveille. On s’amuse de voir ces deux aristocrates déchus devoir s’acclimater à un environnement des plus rustiques et leurs dialogues sont de vraies joutes verbales, dont on ne sait jamais qui sortira vainqueur. Mais en arrière plan, les liens qui unissent tous les personnages sont bien plus complexes qu’ils ne le semblent de prime abord. Car l’écrivain et sa muse sont loin d’être les seuls acteurs de cette histoire…

Ce scénario plein de surprise est remarquablement servi par le trait de Virginie Augustin (qu’on a pu découvrir sur la série Alim le Tanneur). Son dessin est emprunt d’énormément de délicatesse, et elle glisse sur le visage de ses personnages des expressions qui en disent bien plus longs que des mots. Ses décors valent également le coup d’œil, que ce soit les landes écossaises, ou les scènes en intérieur, pleines de détails.

Walhigoë est prévu en deux parties, et ravira tout autant les amateurs-rices de policiers et ceux-celles de fantastiques. Un excellent premier tome, aussi beau que mystérieux.

Whaligoe tome 1 sur Amazon (mais aussi en librairie)

Un joli concours sur k.bd

23 janvier 2013  |  Non classé

En plus du blog bd, vous pouvez aussi me retrouver, entourée de supers chroniqueurs, sur le blog collectif k.bd, où vous pourrez retrouver chaque dimanche une chronique bd à plusieurs mains. Pour les 3 ans de k.bd, un joli concours est organisé et, si j’ai un peu tardé à vous en parler, il vous reste encore largement le temps de participer !

Pour participer il suffira d’aller ici, de bien lire toutes les modalités, et de répondre à trois questions par mail. En jeu, la bd de votre choix parmi une sélection de 40 (très bons) titres. Plutôt cool non ?