Tale of sand

12 décembre 2012  |  Coups de coeur

Aimez-vous les jolies histoires ? Parce qu’aujourd’hui j’en ai une pour vous. C’est d’abord une histoire d’amitié entre Jim Henson et Jerry Juhl. Si jamais leurs noms ne vous disent rien, ils sont derrière des émissions et films cultes, comme The Muppets Show ou Dark Crystal. Et parmi les scénarios qu’ils ont écrit, il y en a un qui leur tenait particulièrement à cœur, mais qui n’a jamais vu le jour sur grand écran : Tale of Sand. Un projet un peu trop fou qui n’a jamais trouvé de producteurs. 30 ans plus tard, ce scénario a été retrouvé par hasard parmi les archives de la Jim Henson Company, et c’est là qu’est née l’idée d’en faire quelque chose. La bande dessinée sait, avec des auteurs talentueux, se rendre très cinématographique, et le justement très talentueux Ramon K. Pérez s’est vu confié cette mission un peu folle d’adapter ce scénario en comics…

Mac est un jeune homme comme tous les autres, au milieu de la foule, en pleine fête, dans une petite ville américaine. Il atterrit sans bien comprendre comment dans le bureau du shérif, qui lui confie une carte et un sac à dos rempli avec deux-trois trucs qui pourraient lui servir. Et il lui promet 10 minutes d’avance. Sur qui sur quoi ? Il n’en sait fichtrement rien, mais il va vite comprendre que, s’il veut se tirer de ce pétrin incompréhensible, il va falloir qu’il soit aussi rapide que malin…

Ce comics complètement surréaliste file à cent à l’heure, et il va falloir retenir son souffle pour tenir le rythme. Dans le désert où court Mac, il croise autant de décors improbables que de personnages haut en couleurs, qui pour la plupart ne lui veulent pas vraiment du bien. Mac détale à toute allure, n’a pas le temps de réfléchir à l’étrangeté de la situation ni à pourquoi qui que ce soit lui en voudrait. C’est son instinct qui dicte ses pas, et il va vite comprendre qu’il ne peut faire confiance à personne, dans cet étrange désert.

Si, parmi les gens que vous voulez gâter à noël, vous avez un cinéphile amateur de bd, vous risquez bien de l’épater avec cette merveille. Tale of sand est déroutant, surprenant, mais surtout très prenant. La bd est quasiment muette et pourtant très bruyante, ce sont des pages immobiles mais on la termine presque exténué. Jim Henson et Jerry Juhl ont créé là une histoire pleine d’humour, d’action et de folie, et Ramon K. Pérez a su rendre par le dessin toute l’énergie que le scénario dégageait. Son trait est fin et beau, ses personnages très élégants et ses décors riches de mille détails. Sa mise en scène s’affranchit des statiques cases bien ordonnées. Ici elles sont de toutes les tailles, dans tous les sens, parfois même les unes sur les autres. Ce qui n’empêche pas la lecture d’être incroyablement fluide. La mise en couleur est en même temps totalement farfelue et parfaite, alternant les passages où elle est classique et réaliste et d’autres où elle ne ressemble plus à rien de connu. Le désert devient violet ou bleu, la pénombre d’un bar abandonné jaune moutarde…

Tale of sand est en même temps une excellente bd et une vraie expérience de lecture, qui nous fait perdre tous nos repères et nous mènent par le bout du nez.

Ce comics est un double coup de maitre. D’abord Jim Henson et Jerry Juhl, qui ont su raconter une histoire complètement folle, avec le génie qui les caractérise, puis Ramon K. Pérez qui a réussi à transformer ce scénario dingue en bd géniale.

Jim Henson’s Tale of sand sur Amazon (avec les premières pages en lecture)


 


2 Comments


  1. J’ai hésité à me le procurer, justement à cause de la couleur… Je dois revoir ma copie et donc voir me le (faire) offrir pour Noël !!

  2. Tu me diras ce que tu en as pensé ! ça peut paraitre étrange mais j’ai trouvé que la mise en couleur participait à la fluidité de lecture justement !

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