Archive for décembre, 2012

Blog bd – Le meilleur de 2012

Et voici venu le temps du traditionnel retour sur cette année 2012, question bd. J’ai tenté d’y compiler pour vous mes plus gros coups de cœur, ça pourrait bien vous donner quelques idées lectures pour bien commencer l’année ! (bon par contre c’est un peu long, trop de jolies choses que je ne pouvais pas laisser de côté)

D’abord, deux séries jeunesses qu’on aurait bien tort de laisser aux enfants, tant elles sont parfaites. Elles arrivent ex-aequo parce qu’elles compilent toutes les deux un dessin magnifique et une histoire géniale. Elles sont d’ailleurs sélectionnées à Angoulême. Il y a d’abord Hilda, la petite héroïne aux cheveux bleus de Luke Pearson. Hilda est une petite fille qui a le pouvoir de parle avec pleins de créatures magiques, avec qui elle vit d’incroyables aventures. Le Géant de la Nuit se passe à la campagne, et la Parade des Oiseaux en ville, mais les deux tomes contiennent la même dose d’humour, de poésie et de merveilleux. Un vrai bijou.

Et puis il y a les Carnets de Cerise, qui mixe journal intime tenu par l’héroïne, et bande dessinée. Cerise est une petite fille débordante d’imagination, qui décide de mener une enquête sur un vieil homme mystérieux, qu’elle voit sortir de la forêt recouvert de peinture. Une aventure jolie et drôle, pleine de fantaisie et de rebondissements, et un dessin absolument magnifique. Voilà la preuve par deux qu’il ne faut pas hésiter à aller fouiller au rayon jeunesse !

Ensutie, un conte, un très beau conte mais que, pour le coup, il ne faut pas laisser entre les mains des petits…Enrique Fernandez signe avec les Contes de l’Ère du Cobra (histoire complète en deux volumes) un incroyable hommage aux contes du monde entier. C’est d’abord les Contes des 1001 nuits auxquels on pense, mais on se rend vite compte de la diversité des inspirations et de la richesse de l’univers. Une histoire d’amour tragique, pleine de méchants pas si méchants, et de personnages à l’incroyable destinée. Parfois violente, et par moment érotique aussi, cette bande dessinée ravira tous les amateurs de contes, tant son histoire est belle et prenante. Le dessin d’Enrique Fernandez est, comme à son habitude époustouflant, et la mise en couleur est un délice pour les yeux.

Pour rester sur le thème du romantisme, mon shojo préféré cette année, c’est Piece. L’auteure du Sablier revient ici avec une nouvelle histoire pleine de nostalgie et de sensibilité. Une jeune femme froide et introvertie va plonger dans les secrets d’une fille qui était avec elle au lycée, et récemment décédée. L’occasion pour elle de revivre des bribes de sa propre adolescence mais peut-être, aussi, de changer. C’est une série très sensible, au rythme lent, et qui, derrière la nostalgie, est pleine d’une envie discrète mais tenace d’être enfin heureux…

Le meilleur polar, c’est sûrement Batman Année Un (lui aussi sélectionné à Angoulême). Une histoire impeccable, qui date des années 80, avec Frank Miller au scénario. Lui et David Mazzuchelli se sont attaqués au début de l’homme chauve-souris, dans une histoire qui nous raconte en parallèle l’arrivée du Commissaire Gordon à Gotham, et l’entrainement que s’est imposé Bruce Wayne pour devenir le héros que l’on connait. La première année qui a amené ces deux personnages à devenir le duo que l’on connait. Une histoire dense, servie par un dessin sombre et superbe.

Pour rester du côté des justiciers, la meilleure série de super-héros, c’est clairement Rising Stars. Les deux premiers tomes sont sortis cette année chez Delcourt (le premier tome avait déjà été publié, il y a un petit moment, chez Semic). Ce comics, par le créateur de la série Babylon 5, nous raconte l’histoire de 113 enfants nés la même année dans une petite ville américaine, et qui ont tous obtenus des dons, tous différents. Le premier tome est une enquête, qui démarre après l’assassinat de deux d’entre eux, le deuxième, qui se déroule dix ans plus tard, mêle action pure et réflexion sur le sens que nous devons donner à notre vie.

Les adaptations de roman en bande dessinée se font de plus en plus, pour des résultats plus ou moins heureux. Dans la collection Noctambule chez Soleil, elles mêlent des auteurs incroyablement talentueux à de très beaux romans. De plus, ce sont toujours ici des adaptations libres, qui laissent aux auteurs la possibilité de vraiment se réapproprier l’œuvre et de nous proposer quelque chose de très personnel. La meilleure des adaptations de roman en bd cette année c’est pour moi Le Loup des Mers, librement adapté du roman de Jack London par Riff Reb’s (que j’ai eu le plaisir d’interviewer). Une histoire qui mêle l’aventure et la philosophie, et qui laisse une belle place à la mer, majestueuse et puissante.

Pour rester chez Noctambule, la bd la plus poétique et pleine de fantaisie, c’est sûrement Au Pays des Ombres (pour laquelle j’ai également interviewé les auteurs) qui aborde le deuil d’un être cher à travers l’imagination débordante d’un petit garçon.

De la poésie, du fantastique, beaucoup d’humour et un dessin à tomber par terre, Billy Brouillard tome 3 est la meilleure suite, celle que j’attendais en trépignant d’impatience depuis que j’ai refermé le tome 2. Même si Guillaume Bianco nous a toujours émerveillé jusque là, que ce soit sur cette série ou sur toutes les autres sur lesquelles il a travaillé, on appréhende toujours un peu. Une série vraiment chère à notre cœur, on a peur qu’un jour elle perde un peu de sa magie… Aucun souci à se faire ici, son Chant des Sirènes (encore une interview !) est une nouvelle fois parfait. Savant mélange de bd, de textes illustrées, de poésie, de cryptozoologie, et de pleins d’autres choses encore, ce troisième tome est joli joli joli, et on en redemande !

Le plus beau voyage, c’est Fred Bernard qui nous le propose, avec sa nouvelle aventure de Jeanne Picquigny. Après l’Afrique et l’Amérique, cette fois-ci Jeanne et sa petite tribu partent en Inde, à la recherche d’un trésor…Le trait fin et plein de sensualité de Fred Bernard magnifie encore ses talents de conteur. Il nous emporte avec lui sur les traces de son héroïne, et le voyage est autant concret, car l’on découvre l’Inde des années 20, que spirituel, car les personnages discutent énormément, sur des sujets aussi variés que passionnants. La Patience du Tigre a d’ailleurs tout autant séduit Pénélope, comme elle vous le raconte en vidéo.

La bd la plus cool, elle vient de chez Ankama (j’ai envie de dire forcément). Il faut dire qu’avec comme auteurs ElDiablo (Les Lascars) pour le scénario et Cha au dessin, le résultat ne pouvait être que génial. Pizza Roadtrip est une bande dessinée qui nous donne l’impression d’être devant un bon film, un roadtrip noir, avec des dialogues géniaux et le dessin de Cha qui colle parfaitement avec l’univers créé par ElDiablo. Un cocktail des plus réussis, drôle et vraiment prenant.

(Edit – oui parce que j’étais persuadée d’en avoir parlé en 2011, et qu’on ne peut décemment pas passer à côté de cette merveille) La meilleure saga, c’est sans conteste Gyakushu, également chez Ankama (et d’ailleurs dans la même excellente collection Hostile Holster). Une quête meurtrière menée par la haine et le besoin de vengeance, un univers fascinant, un scénario implacable et un dessin sublime. L’histoire est terminée en trois tomes et c’est une vraie tuerie (au sens propre comme au figuré, d’ailleurs).

La bd la plus émouvante, c’est à mes yeux Daytripper (lui aussi dans la sélection Angoulême). Les jumeaux Gabriel Ba et Fabio Moon nous racontent les morts de leur personnage, Bras de Oliva Domingos. A chaque chapitre, ils ont imaginé la mort de leur héros à un moment différent de sa vie. L’histoire n’est pas construite chronologiquement, les morts possibles sont dans le désordre, et avec leur talent narratif, ils composent une superbe ôde à la vie. Un comics qui, une fois refermé, donne envie de vivre pleinement son présent, en chérissant son passé et en ne se souciant pas trop de l’avenir, sur lequel on n’a jamais de prise, de toute façon.

Le plus beau dessin, c’est celui de Benjamin Flao, qui est mon dessinateur préféré du monde entier, et qui cette année a sorti Kililana Song. Une très belle bande dessinée qui se déroule en Afrique, où le quotidien d’un petit garçon et d’un vieil homme se retrouvent bousculé par de vieilles légendes…Chaque case est à couper le souffle.

Le scénario le plus fou, c’est celui de Billy Bat. Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki nous offrent une série fascinante, à la construction impeccable. Ils nous promènent à travers l’Histoire du XXème siècle, par un jeu de flashbacks savamment orchestré. A la grande Histoire se mêlent des tonnes de petites histoires, de destinées bouleversées par le pouvoir d’un symbole mystérieux. Ils en profitent pour rendre hommage au comics autant qu’au manga, mais aussi au cinéma, et c’est vraiment un manga addictif, passionnant, dense, génial. A découvrir absolument !

En parlant de scénario, l’auteur qui m’a le plus marqué cette année en écrit des magnifiques. Zidrou, que l’on a d’abord connu pour l’Elève Ducobu, Tamara, ou d’autres séries avec des personnages à gros nez comme il le dit lui-même, raconte des histoires comme personne. Il est de plus capable d’aborder tous les thèmes avec le même talent. Les mémoires d’un vieux gangster ? Vous trouverez ça et bien plus encore dans La Peau de l’Ours. Et pour pleurer, il y a Les Folies Bergères, une histoire bouleversante qui se déroule dans les Tranchées.

Et puis il y a END. END qui a sans nul doute le plus bel univers parmi toutes les sorties de 2012. Barbara Canepa et Anna Merli ont créé un univers sublime, riche de symbolique et d’une extrême poésie. L’histoire est encore très mystérieuse mais le monde mélancolique d’Elisabeth nous transporte et nous interroge, tout en nous invitant à la rêverie…Pour en savoir plus, les auteures ont répondu à mes questions dans une loooongue interview sur Madmoizelle (avec un superbe diapo plein d’extraits, mais aussi de croquis inédits !).

Enfin, la bande dessinée qui n’a laissée personne indifférent, c’est le nouveau tome de Lou! Attendu depuis un moment, Julien Neel est revenu, avec son héroïne, dans un septième tome différent, et très surprenant. Quand je l’ai lu, j’ai été déstabilisée mais très enthousiaste, et force est de constater qu’il a fait une impression forte à tous ceux qui l’ont ouvert. Il y a les déçus, les sceptiques, les conquis, et ceux, nombreux, dont la curiosité a été piquée par tous ces mystères, je vous invite vraiment à lire les commentaires sous la chronique, il y a des pistes très intéressantes pour mieux comprendre l’univers de l’Âge de Cristal.

Une longue liste donc, mais autant d’émotions provoquées par leur lecture…Et maintenant, je serais curieuse de savoir les bandes dessinées qui vous ont marqués cette année !

 

Batman Année Un et Rising Stars, deux comics géniaux à rajouter sous le sapin

Il n’est jamais trop tard pour un conseil-cadeau de dernière minute n’est-ce pas ? Bon, la seule condition c’est d’avoir accès à la bibliothèque de la personne à qui vous voudrez les offrir, car le premier est une réédition, sortie en juillet dernier, et le second est une série dont c’est le deuxième tome. Mais s’ils n’y sont pas, vous pouvez foncer les yeux fermés, c’est du très très bon (et puis sinon, c’est aussi un cadeau à vous faire avec les bons cadeaux que vous allez peut-être recevoir).

Batman Année Un

Batman Année Un, qui fait partie de la sélection Angoulême 2013, est un petit bijou noir qui date de la fin des années 80. En 1985, DC décide de donner un coup de jeune à toutes ses séries, et charge des scénaristes de réécrire l’histoire de pas mal de super-héros. Pour Batman, c’est plus compliqué, parce que bon, déjà c’est Batman, et puis que son passé est vraiment intéressant. C’est finalement le grand Frank Miller (Sin City, 300…il avait d’ailleurs déjà travaillé sur la série Batman avec The Dark Knight) qui s’y colle, mais seulement au scénario cette fois. Au dessin, il demande David Mazzuchelli, et force est de constater qu’il a eu raison.

Bruce Wayne revient à Gotham City après de nombreuses années passées à l’étranger. Ses parents sont morts quand il était enfant, et il veut aujourd’hui trouver un moyen de lutter à son échelle contre la criminalité à Gotham. Alors il s’entraine, à peu près discrètement, sur le terrain, à devenir celui que l’on connaitra bientôt sous le nom de Batman. Parallèlement, James Gordon vient d’arriver au sein de la police de Gotham. C’est une mutation disciplinaire, et il aurait préféré tenir sa femme éloignée d’une ville pareil, surtout maintenant qu’elle est enceinte. Flic intègre, il va vite découvrir la corruption de ses collègues, et décider de faire son job, même si ça n’est pas du goût de tout le monde…

Batman Année Un est un polar hyper réaliste, passionnant et génial. Tout le long de ce one-shot (histoire complète), on suit, en parallèle, l’arrivée à Gotham des deux personnages principaux de la série Batman. Ils ne se connaissent pas encore mais partagent le même sens aigu de la justice. Peu à peu, les rouages du destin les rapprochent l’un de l’autre…Frank Miller a su re-créer le héros, mais aussi son univers, en lui donnant une densité exceptionnelle. Tout à coup Batman n’est plus un riche homme d’affaire qui veut se venger, c’est un homme façonné par les drames qui ont jalonnés sa vie et qui, aujourd’hui, ne veut plus que quiconque connaisse les mêmes souffrances. Le commissaire Gordon gagne lui aussi en épaisseur, avec des doutes et des remises en questions qui le rendent plus fort. Miller apporte en fait énormément d’humanité à chacun de ses personnages…car Wayne et Gordon ne sont pas les seules têtes connues à évoluer dans ce Année Un, il y a aussi cette jeune femme, criminelle sublime qui vit entourée de chats…Le trait de David Mazzuchelli colle si parfaitement à l’histoire de Miller qu’on sent tout de suite qu’ils sont fait l’un pour l’autre. Sombre, rétro, beau et réaliste, il nous plonge dans une ambiance de vieux polar 50′s à la sauce Gotham City.

Ce comics est un véritable indspensable pour tous les fans de l’homme chauve-souris. Petit bonus, mais pas des moindres, le comics est agrémenté d’un superbe dossier hyper bien réalisé et documenté, avec des croquis, des extraits de scénarios et de storyboard, une postface des deux auteurs et de nombreux autres documents.

Batman Année Un sur Amazon, vous le trouverez également chez votre libraire !

Rising Stars

J’en avais déjà parlé à l’occasion de la sortie du tome 1, mais ce deuxième tome est l’occasion de remettre le couvert. Sincèrement, aucun amateur de comics ne devrait passer à côté de celui-ci. C’est une série d’une telle qualité, et vraiment si incroyablement cool que tous ceux qui aiment les histoires de super-héros devraient l’avoir dans leur bibliothèque.

J. Michael Straczynski est un mec un peu fou. Créateur de la série Babylon 5, il a décidé de s’attaquer au monde du comics en créant un univers de toute pièce. Et plutôt que de se contenter d’imaginer un super-héros, il s’est dit que ce serait plus rigolo d’en créer…113. C’est ainsi qu’est né Rising Stars. 113 enfants nés dans une petite ville américaine en 1969, après qu’une boule de feu en ait traversé le ciel, développent sans qu’on comprenne pourquoi des pouvoirs plus ou moins exceptionnels. Étudiés mais aussi formés pendant toute leur enfance, ils ne sont pas tous égaux en puissance. Certains peuvent lire dans les pensées, voler, etc…Certains ont pu tirer profit de leur don en devenant adultes, mais d’autres en ont des complètement inutiles, et vivent une vie plutôt banale. Dans le premier volume, conçu comme un polar, on retrouve ces ‘spéciaux’ alors que deux d’entre eux ont été assassinés. Et il est assez clair que c’est un des cent onze autres qui a fait le coup. Alors Poète mène l’enquête, sans pouvoir imaginer où cela va le mener…

Dans le deuxième tome, on retrouve une Amérique bouleversée par les évènements du premier opus, survenus dix ans plus tôt. Les habitants vivent dans la terreur depuis que les spéciaux n’en font plus qu’à leur tête, allant même jusqu’à s’octroyer pour certains la ville de Chicago, sous les ordres de Stéphanie Maas, ou Maas Critique. Et même ceux qui ne veulent aucun mal à leurs concitoyens vivent comme des parias. Alors Poète, Ravenshadow et Chandra, trois des spéciaux qui faisaient partie des héros du premier volume décident d’arrêter les agissements de Maas critique, en espérant ramener la paix.

Ce nouveau tome est tout aussi cool, prenant, et explosif que le premier. On quitte le ton du polar pour de l’action pure, mais on retrouve tous les personnages géniaux rencontrés précédemment. Ils ont vieillis, mûris, et leurs actes sont influencés par leur expérience et leurs réflexions sur ce qu’ils doivent apporter au monde, en contrepartie de ces dons qu’ils n’avaient jamais demandé à obtenir. C’est sans doute là la grande force de Rising Stars, mêler bastons incroyables et réflexions sur le destin, et notre rôle à jouer sur terre. Bien plus profond qu’il n’en a l’air, ce comics nous interroge sur la soif de pouvoir, mais aussi la dualité entre notre envie d’être quelqu’un d’exceptionnel tout en aspirant à une vie paisible. Les personnages de Rising Stars n’ont pas demandés à être spéciaux, mais doivent vivre avec ce fardeau. Cela ne les empêchent pas d’aimer, de haïr, d’avoir des rêves et des aspirations comme tout le monde. Aucun ‘méchant’ ne l’est par hasard et la plupart des spéciaux cachent en eux des souffrances qui font d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. J. Michael Straczynski prend vraiment le temps de développer les intrigues entre ses personnages, et distille par endroit des détails qui semblent insignifiants, avant de jouer un rôle majeur quelques chapitres plus loin, rendant la lecture encore plus plaisante et prenante. Graphiquement, le trait est classique mais n’en est pas moins superbement réussi, ce qui achève de rendre cette série si indispensable. Rising Stars sera une série complète en trois volumes (le troisième n’étant pas encore paru).

Rising Stars Tome 2 sur Amazon et chez tous les bons libraires.

Tale of sand

12 décembre 2012  |  Coups de coeur

Aimez-vous les jolies histoires ? Parce qu’aujourd’hui j’en ai une pour vous. C’est d’abord une histoire d’amitié entre Jim Henson et Jerry Juhl. Si jamais leurs noms ne vous disent rien, ils sont derrière des émissions et films cultes, comme The Muppets Show ou Dark Crystal. Et parmi les scénarios qu’ils ont écrit, il y en a un qui leur tenait particulièrement à cœur, mais qui n’a jamais vu le jour sur grand écran : Tale of Sand. Un projet un peu trop fou qui n’a jamais trouvé de producteurs. 30 ans plus tard, ce scénario a été retrouvé par hasard parmi les archives de la Jim Henson Company, et c’est là qu’est née l’idée d’en faire quelque chose. La bande dessinée sait, avec des auteurs talentueux, se rendre très cinématographique, et le justement très talentueux Ramon K. Pérez s’est vu confié cette mission un peu folle d’adapter ce scénario en comics…

Mac est un jeune homme comme tous les autres, au milieu de la foule, en pleine fête, dans une petite ville américaine. Il atterrit sans bien comprendre comment dans le bureau du shérif, qui lui confie une carte et un sac à dos rempli avec deux-trois trucs qui pourraient lui servir. Et il lui promet 10 minutes d’avance. Sur qui sur quoi ? Il n’en sait fichtrement rien, mais il va vite comprendre que, s’il veut se tirer de ce pétrin incompréhensible, il va falloir qu’il soit aussi rapide que malin…

Ce comics complètement surréaliste file à cent à l’heure, et il va falloir retenir son souffle pour tenir le rythme. Dans le désert où court Mac, il croise autant de décors improbables que de personnages haut en couleurs, qui pour la plupart ne lui veulent pas vraiment du bien. Mac détale à toute allure, n’a pas le temps de réfléchir à l’étrangeté de la situation ni à pourquoi qui que ce soit lui en voudrait. C’est son instinct qui dicte ses pas, et il va vite comprendre qu’il ne peut faire confiance à personne, dans cet étrange désert.

Si, parmi les gens que vous voulez gâter à noël, vous avez un cinéphile amateur de bd, vous risquez bien de l’épater avec cette merveille. Tale of sand est déroutant, surprenant, mais surtout très prenant. La bd est quasiment muette et pourtant très bruyante, ce sont des pages immobiles mais on la termine presque exténué. Jim Henson et Jerry Juhl ont créé là une histoire pleine d’humour, d’action et de folie, et Ramon K. Pérez a su rendre par le dessin toute l’énergie que le scénario dégageait. Son trait est fin et beau, ses personnages très élégants et ses décors riches de mille détails. Sa mise en scène s’affranchit des statiques cases bien ordonnées. Ici elles sont de toutes les tailles, dans tous les sens, parfois même les unes sur les autres. Ce qui n’empêche pas la lecture d’être incroyablement fluide. La mise en couleur est en même temps totalement farfelue et parfaite, alternant les passages où elle est classique et réaliste et d’autres où elle ne ressemble plus à rien de connu. Le désert devient violet ou bleu, la pénombre d’un bar abandonné jaune moutarde…

Tale of sand est en même temps une excellente bd et une vraie expérience de lecture, qui nous fait perdre tous nos repères et nous mènent par le bout du nez.

Ce comics est un double coup de maitre. D’abord Jim Henson et Jerry Juhl, qui ont su raconter une histoire complètement folle, avec le génie qui les caractérise, puis Ramon K. Pérez qui a réussi à transformer ce scénario dingue en bd géniale.

Jim Henson’s Tale of sand sur Amazon (avec les premières pages en lecture)

Paola Crusoé tome 1

11 décembre 2012  |  Coups de coeur

Paola est partie en vacances avec son père, son grand frère et sa petite sœur. Malheureusement, le bateau fait naufrage au beau milieu de leurs vacances. La petite fille retrouve vite son frère, son père, mais sa sœur n’est pas réapparue. Une jeune femme a elle aussi survécu au drame et cohabite donc avec la famille, qui s’organise petit à petit pour survivre. Construction, recherche de nourriture et bien sûr de la petite sœur, et réfléchir à comment se sortir de ce pétrin, autant de situations que le sort met sur la route de la petite famille. Pendant ce temps, la maman de Paola, restée à Paris à cause de son travail, essaye de garder espoir…

Cette nouvelle série jeunesse, dont le premier tome est sélectionné à Angoulême, est une jolie surprise pleine de fraicheur et d’aventure. Le dessin de Mathilde Domecq, déjà connue pour sa série Basile et Melba, est joli et pétillant, et sa mise en couleur joyeuse. Les personnages sont tous vraiment attachants, et cette histoire de famille qui essaie de rester groupée pour survivre est vraiment mignonne et pleine d’humour. Il y a le papa des villes qui s’improvise aventurier, l’ado complètement déprimé loin de sa copine et de ses réseaux sociaux, et puis Paola qui aimerait bien pouvoir faire plus, même si elle n’est encore qu’une petite fille.

Paola Crusoé, Tome 1 : Naufragée sur Amazon

Simon’s cat tome 4 Envers et contre tous

10 décembre 2012  |  Non classé

Ce nouveau tome de Simon’s Cat n’est en fait pas une bd, mais une compilation d’illustrations pleines pages et en couleur. Les fans seront sans doute un peu déçus, mais ça peut être une bonne idée cadeau pour faire découvrir l’univers de Simon Tofield aux amateurs de chats.

Simon Tofield raconte les aventures trépidantes de son chat, sur papier mais aussi en dessin animé (on peut en retrouver la compilation sur son site), et a des milliers de fan à travers le monde. La raison en est simple, il sait épingler ce qui rend les chats si attachants et en même temps si insupportables. Ici on retrouve donc tous les personnages des tomes précédents, dans de grandes scènes pleines pages. Ça reste drôle mais les habitués resteront un peu sur leur faim.

Simon’s cat envers et contre tous !